Le Vagabond des Etoiles – Seconde partie : Colère rouge et conséquences noires

Avec cet album, Riff Reb’s boucle son adaptation graphique du roman éponyme de Jack London. Pour Darrell Standing, le personnage principal, l’heure de la pendaison approche. Dans cette cruelle attente, il nous livre de nouveaux souvenirs de ses vies antérieures. La situation et le personnage inspirent toujours le dessinateur.

Après une première partie très réussie, cette suite était forcément attendue. Et, Riff Reb’s boucle cette histoire en y mettant la force nécessaire, assez naturellement me semble-t-il. L’ambiance étant bien installée, il explore les péripéties apportées par les multiples remontées de souvenirs de son personnage. Dans cette deuxième partie, on connaît déjà le principe selon lequel Standing parvient à un état mental extrême pour quasiment se détacher de son corps (en souffrance, car totalement entravé). Alors, l’effet de surprise ne joue plus. L’inconvénient aussi avec ce type de narration, c’est de produire une série de mini-aventures qui ressemblent essentiellement à un équivalent du recueil de nouvelles en littérature. Globalement, ces récits font leur effet, mais l’ensemble manque sans doute de la force et de la puissance qu’un seul récit bien développé pourrait produire. On a beau admettre que le personnage central est toujours le même, chaque épisode ne nous apporte rien de vraiment nouveau sur lui, un mot à modérer immédiatement puisqu’il nous présente également un épisode vécu en tant que jeune femme.

Struggle for life

Le ton convient toujours au dessinateur, puisque toutes les aventures vécues par son personnage sont assez mouvementées et lui font croiser de nombreux personnages aux forts caractères, qui l’obligent régulièrement à se sortir les tripes pour survivre et trouver une place dans ce monde cruel. Un constat qui ne varie jamais au cours des époques explorées qui vont de l’Antiquité à l’époque où Jack London écrivait (1915). Par contre, les séquences où Darrell Standing souffrait dans sa prison de San Quentin se font plus rares, ce qui est bien dommage, car ce sont les plus fortes à mon avis, aussi bien psychologiquement que visuellement (Riff Reb’s se montre très inspiré pour retranscrire les efforts mentaux de son personnage pour s’évader par l’esprit). Un seul court épisode revient sur l’enchaînement de profondes injustices conduisant le personnage vers sa situation désespérée de condamné à mort en attente. Et puis, contrairement à ce que laissait espérer le premier album, on ne trouve nulle explication à l’envolée lyrique (poétique et romantique) remarquée initialement. Finalement, il s’agissait de la manifestation d’un état d’esprit marquant un seul épisode. Cela correspond au personnage qui se montre capable de régulièrement faire abstraction de tout ce qu’il subit, en particulier la torture. Cette capacité se fait quand même jour au détriment de toute manifestation sentimentale. Bien évidemment, avec la mort qui approche, le personnage se durcit considérablement. Mais, cette mort il en a finalement de moins en moins peur.

Riff Reb’s comme un poisson dans l’eau

Le fait que le personnage de Standing doive se battre d’une manière ou d’une autre pour vivre (survivre) et donc rester debout, parce que les situations et personnages auxquels il se trouve confronté ne lui font pas de cadeau, convient bien au dessinateur qui croque encore une galerie de trognes assez menaçantes, comme il affectionne. Les différents épisodes sont dessinés en noir et blanc avec une autre couleur qui varie selon les épisodes. Ses préférées me semblent être un jaune verdâtre, ainsi qu’un rouge terreux qui rappelle le caractère du personnage en proie à des colères rouges.

Standing ovation

Finalement et sans hésitation, on peut qualifier l’adaptation de ce roman de Jack London par Riff Reb’s, de vraie réussite. Voilà qui mérite bien une standing ovation pour le dessinateur (en hommage à Standing, le personnage).

Le Vagabond des Etoiles (Seconde partie), Riff Reb’s
Editions Soleil, sortie le 21 octobre 2020, 102 pages
Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

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