À travers une série de contributions consacrées à la pandémie, au climat ou encore au vieillissement démographique, l’ouvrage paru aux PUR observe avec acuité l'état et la lente métamorphose des systèmes sociaux. France, Japon : partout, la crise agit comme révélateur, accélérateur, et parfois même en tant que mise en demeure.
Sébastien David et Hélène Valmary dirigent aux PUR un ouvrage collectif intitulé Les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain. Ce dernier prend le blockbuster au sérieux : plus qu'un produit industriel ou le symptôme patenté de l’hégémonie Marvel, le super-héros y est analysé comme carrefour de formes, de gestes, de sons, de corps ou encore de croyances. Un laboratoire où le cinéma contemporain rejoue, parfois malgré lui, toute une histoire des images.
Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.
Avec sa brève "Histoire de la bande dessinée en France", Benjamin Caraco propose bien davantage qu’une synthèse chronologique : une mise en ordre documentée d’un champ longtemps considéré comme périphérique, mais aujourd’hui pleinement intégré aux études culturelles. En 128 pages denses mais parfaitement limpides, l’opuscule paru aux éditions La Découverte réussit un exercice délicat : restituer la complexité historique, sociale et esthétique de la bande dessinée française sans céder ni à l’érudition sèche ni à l'inventaire de noms.
« Le mec du rez-de-chaussée, il me montre des images et des vidéos sur son téléphone. Y en a une avec un homme qui filme et sa femme et lui rient ensemble parce que quelle idée cette fumée au port. Ils disent que c’est la preuve de l’incompétence de l’Etat et ils sont d’accord avec le Premier ministre avant même qu’il ne soit lui-même au courant de sa propre incompétence. Sa voix à elle est douce comme celle de ma femme… J’en parlerai pas. Puis il y a une première explosion et elle dit de sa voix qui est comme celle de ma femme : « Mon amour, mon amour, rentrons », et puis pendant que le nuage blanc grossit, la voix de ma femme crie : « Mon amour, mon amour, rentrons tout de suite. » Et puis il y a une deuxième explosion rouge en champignon comme celui de la bombe nucléaire et le souffle prend la femme qui aurait pu être ma femme et l’homme et le téléphone avec, et la vidéo s’arrête et peut-être ils sont morts eux aussi avec ma femme. Sûrement qu’ils sont morts eux aussi vu qu’ils étaient encore plus proches que l’explosion que mon quartier. Seul leur téléphone a survécu. Pas comme moi, moi je suis juste pas mort. On garde les traces qu’on peut. »
Dans "Les Grands Noms du rock", Ernesto Assante propose une autre manière d’écrire l’histoire du rock : non comme une succession de dates et de styles, mais comme un mouvement vivant, contradictoire, indocile, arrimé à ses stars les plus talentueuses.
Bel ouvrage, le "Dictionnaire des cinémas chinois" propose une cartographie analytique et critique d’un continent cinématographique éclaté, traversé par l’histoire, la censure, les évolutions du marché et les métamorphoses des formes visuelles. Dans son édition la plus récente, enrichie, le livre dirigé par Nathalie Bittinger assume pleinement son ambition : penser ensemble les œuvres, les corps, les industries et les imaginaires.
Dans ce quinzième volume publié par Glénat, le "One Piece Magazine" s’intéresse à "One Piece Film : Red". Riche en entretiens, croquis préparatoires, analyses musicales et documents de production, il dévoile les dessous d’un film pensé autant comme une expérience visuelle que comme une œuvre musicale. Un numéro qui se lit comme une véritable exploration de la fabrique du film.
Dans cette somptueuse édition où les poèmes de Baudelaire se glissent entre les velours sombres, les ors patinés et les fièvres chromatiques d’Olivier Ledroit, "Les Fleurs du Mal" renaissent avec intensité. Plus qu’un livre illustré, c’est une traversée sensuelle et parfois inquiète, où chaque page s'anime au rythme du texte.
À travers "Taylor Swift – La Totale", somme monumentale qui dissèque près de vingt ans de chansons, se dessine autant une discographie qu’un portrait : celui d’une artiste qui a bâti sa carrière par intuitions, par crises, par reconquêtes successives. Le livre révèle, en filigrane, une personnalité d’une cohérence rare, capable de transformer chaque épreuve en sève créative.
Chanter pour survivre, chanter pour résister. Tel pourrait être le fil rouge de cet ouvrage collectif, "Siamo tutti antifascisti", paru aux éditions du Détour. Étienne Augris, Julien Blottière, Jean-Christophe Diedrich et Véronique Servat – historiens et enseignants – y convoquent vingt-cinq chants de lutte, du cri révolutionnaire de 1791 aux voix insurgées de l’Iran contemporain. Le livre constitue une traversée politique, sensible et savante, de deux siècles de résistances sonores.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.