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Un nouveau volume du One Piece Magazine

Jonathan Fanara Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées et des actualités DVD/bluray

Dans ce quinzième volume publié par Glénat, le One Piece Magazine s’intéresse à One Piece Film : Red. Riche en entretiens, croquis préparatoires, analyses musicales et documents de production, il dévoile les dessous d’un film pensé autant comme une expérience visuelle que comme une œuvre musicale. Un numéro qui se lit comme une véritable exploration de la fabrique du film.

Pas de doute, One Piece Film : Red constitue bel et bien la matrice autour de laquelle s’organise toute la ligne éditoriale de ce numéro. Superviseur général du long métrage, Eiichiro Oda revient par exemple, au cours d’un long entretien, sur la place que la musique y occupe. Le lecteur comprend rapidement que le film s’est bâti en sens inverse des habitudes de la franchise : non pas un récit auquel on ajoute des chansons, mais une héroïne dont la musique devient le langage premier. Toujours sur la musique, on pourra notamment lire Ado détailler avec une étonnante franchise la genèse et l’interprétation de plusieurs morceaux composant l’ossature émotionnelle du film.

À mesure que l’on avance, le magazine met en lumière une autre facette, souvent invisibilisée : celle des interprètes. Le double témoignage Ado × Kaori Nazuka est à ce titre passionnant. L’une incarne le chant, l’autre la voix parlée d’Uta. Les deux artistes évoquent leur manière d’habiter le personnage, ses failles, ses changements d’humeur et la difficulté de suivre sa trajectoire dramatique. Autour d’elles gravitent Mayumi Tanaka (Luffy), Shuichi Ikeda (Shanks) ou encore Kenjiro Tsuda (Gordon), qui détaillent l’approche adoptée pour ce film plus intériorisé qu’à l’accoutumée. 

En parallèle, un vaste cahier visuel dévoile les arcanes du travail de conception. Les Art Boards révèlent des croquis d’architectures immenses, tantôt solaires, tantôt inquiétantes : la cathédrale aux vitraux mouvants, le château aux proportions presque gothiques, les couloirs souterrains baignés de teintes acides, jusqu’à la chambre d’Uta esquissée comme un sanctuaire suspendu. Ces dessins sont souvent accompagnés de leurs premières versions crayonnées.

Le Character Guide prolonge cette démarche en dévoilant les tenues inédites de l’équipage du Chapeau de paille. Luffy s’y pare d’un manteau sombre et de motifs pirates revisités, Zoro arbore un costume pop au détail ciselé, Nami mêle élégance de scène et clin d’œil burlesque au style pirate. Ces variations vestimentaires racontent probablement autant le film que les personnages eux-mêmes.

Comme à son habitude, le magazine ne se limite pas au strict dossier central et parsème son volume de respirations : une nouvelle inédite dans la série des One Piece Novel Heroines, des illustrations exclusives d’Orihara, un reportage sur le One Piece Premier Summer 2022. En fin de parcours, une large section présente la collaboration Hobonichi × One Piece Magazine, une collection d’agendas, d’accessoires de bureau, qui prolonge l’esthétique d’Oda jusque dans la papeterie, preuve supplémentaire de la transversalité de la série.

Au terme de cette lecture dense et agréable, on en sait davantage sur les tenants du film, sur ses coulisses. En réunissant artistes, doubleurs, musiciens, designers et croquis préparatoires, Glénat nous offre un accès privilégié à l’envers d’une production devenue, un peu plus, un phénomène culturel.

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3.5
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Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées et des actualités DVD/bluray