Un nouveau volume du One Piece Magazine

Dans ce quinzième volume publié par Glénat, le One Piece Magazine s’intéresse à One Piece Film : Red. Riche en entretiens, croquis préparatoires, analyses musicales et documents de production, il dévoile les dessous d’un film pensé autant comme une expérience visuelle que comme une œuvre musicale. Un numéro qui se lit comme une véritable exploration de la fabrique du film.

Pas de doute, One Piece Film : Red constitue bel et bien la matrice autour de laquelle s’organise toute la ligne éditoriale de ce numéro. Superviseur général du long métrage, Eiichiro Oda revient par exemple, au cours d’un long entretien, sur la place que la musique y occupe. Le lecteur comprend rapidement que le film s’est bâti en sens inverse des habitudes de la franchise : non pas un récit auquel on ajoute des chansons, mais une héroïne dont la musique devient le langage premier. Toujours sur la musique, on pourra notamment lire Ado détailler avec une étonnante franchise la genèse et l’interprétation de plusieurs morceaux composant l’ossature émotionnelle du film.

À mesure que l’on avance, le magazine met en lumière une autre facette, souvent invisibilisée : celle des interprètes. Le double témoignage Ado × Kaori Nazuka est à ce titre passionnant. L’une incarne le chant, l’autre la voix parlée d’Uta. Les deux artistes évoquent leur manière d’habiter le personnage, ses failles, ses changements d’humeur et la difficulté de suivre sa trajectoire dramatique. Autour d’elles gravitent Mayumi Tanaka (Luffy), Shuichi Ikeda (Shanks) ou encore Kenjiro Tsuda (Gordon), qui détaillent l’approche adoptée pour ce film plus intériorisé qu’à l’accoutumée. 

En parallèle, un vaste cahier visuel dévoile les arcanes du travail de conception. Les Art Boards révèlent des croquis d’architectures immenses, tantôt solaires, tantôt inquiétantes : la cathédrale aux vitraux mouvants, le château aux proportions presque gothiques, les couloirs souterrains baignés de teintes acides, jusqu’à la chambre d’Uta esquissée comme un sanctuaire suspendu. Ces dessins sont souvent accompagnés de leurs premières versions crayonnées.

Le Character Guide prolonge cette démarche en dévoilant les tenues inédites de l’équipage du Chapeau de paille. Luffy s’y pare d’un manteau sombre et de motifs pirates revisités, Zoro arbore un costume pop au détail ciselé, Nami mêle élégance de scène et clin d’œil burlesque au style pirate. Ces variations vestimentaires racontent probablement autant le film que les personnages eux-mêmes.

Comme à son habitude, le magazine ne se limite pas au strict dossier central et parsème son volume de respirations : une nouvelle inédite dans la série des One Piece Novel Heroines, des illustrations exclusives d’Orihara, un reportage sur le One Piece Premier Summer 2022. En fin de parcours, une large section présente la collaboration Hobonichi × One Piece Magazine, une collection d’agendas, d’accessoires de bureau, qui prolonge l’esthétique d’Oda jusque dans la papeterie, preuve supplémentaire de la transversalité de la série.

Au terme de cette lecture dense et agréable, on en sait davantage sur les tenants du film, sur ses coulisses. En réunissant artistes, doubleurs, musiciens, designers et croquis préparatoires, Glénat nous offre un accès privilégié à l’envers d’une production devenue, un peu plus, un phénomène culturel.

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Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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« Les Trois Maisons de Michel Foucault » : les demeures de la pensée

Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.