Sortie DVD & Blu Ray de Viral, un film d’infectés avec des vers

Ce mercredi 1er Mars sort en Direct-To-DVD et Blu-ray Viral, un film d’infectés avec des vers manipulateurs de cerveaux, et qui n’aiment pas le scotch.

Synopsis : 2016. Le monde est subitement infecté par un mystérieux virus… Dans une petite ville des Etats-Unis, Emma et sa sœur Stacey découvrent horrifiées que les habitants contaminés se transforment en créatures féroces. Coupées du monde extérieur et prises au piège dans la ville, elles vont tenter de trouver un abri en attendant les secours. Mais le danger est partout…

Partout, en vous, en moi, dans la rue… PARTOUT !

Quel synopsis alléchant n’est-il pas ? Le film, vendu comme « le nouveau choc des producteurs de Sinister, Insidious et Ouija ! », a aux commandes « le duo explosif ultra courtisé Henry Joost et Ariel Schulman, réalisateurs du phénomène Nerve ». Ça vous donne envie de supplier votre banquier de vous accorder un micro-crédit de vingt euros pour vous acheter le Blu-ray du film, n’est-ce pas ?

Si oui, mettez-vous une claque, respirez longuement et lisez attentivement les quatre mots qui suivent : Viral est une daube.

Du teenage boursouflé, plat, cliché et puritain à en mourir (notez que les survivants seront les deux qui n’auront pas consommé leur passion ardente), aux dialogues stupides d’un film de genre plus bête qu’il ne l’est, Viral accumule tout ce qu’il ne faut plus avoir et faire dans un film de genre, et même dans un film tout court. 

Un infecté (le beau-père du lycéen tout gentil, Evan Klein, joué par un acteur beaucoup trop vieux, Travis Tope, 26 ans) a essayé de forcer la porte, puis il rôde autour de la maison. On le voit passer devant les fenêtres, on l’entend faire son bruit étrange avec sa gorge. Que dit le jeunot joué par le vieillot ? Réponse : « Il est tout près… », puis le beau-père saute à travers la fenêtre et pénètre donc dans la demeure. Ah Evan… Ce « Captain Obvious » (Capitaine évidence) qui nous manquait tant en ces temps troubles… Non merci.

L’héroïne, Emma, jouée par Sofia Black D’Elia (aperçue dans le récent et inattendu remake de Ben-Hur), est plus intelligente que ça, enfin presque. Après qu’elle ait dû faire un acte difficile pour elle à coup de flingue, Evan lui dit qu’ils doivent se sauver. Bien sûr, elle oublie l’arme de poing. Beh oui. Ils passent par une fenêtre, qu’ils ne referment pas, eh oui. D’ailleurs, ils n’avaient pas pris leurs masques, ce qui aurait pu les aider à éviter une possible infection mais non. Au début du film, son papa – ancien doctorant devenu prof’ de chimie et qui aurait trompé sa maman, rendant instable son couple et sa famille – oui le background est « très recherché » comme vous pouvez le lire –, explique aux élèves ce que sont les organismes multicellulaires et unicellulaires, notamment les parasites, qui apparaissent à l’écran à de multiples reprises sous la forme de vers. Le papa ajoute d’ailleurs que pour les retirer, il suffit de mettre un scotch sur leur ouverture, étouffant alors le parasite qui se doit de sortir pour respirer. Et devinez quoi, l’infection du film se fait sous la forme de vers monstrueux. Ainsi Emma, intelligente comme tout, va vouloir sauver un être cher en écoutant son père. S’en suit une séquence très absurde où elle étudie les boîtes de médicaments, digne de la séquence d’entraînement de Rocky avec Apollo dans Rocky III. Puis elle vient sur le toit pour vérifier si elle a retrouvé du réseau mais surtout pour placer un dialogue avec Evan. Que de scénaristes doués ! Bref, reprenons. Elle va au final donner des somnifères à sa sœur, puis placer un scotch sur l’ouverture placée sur sa nuque. Elle a un scalpel et de l’alcool. Devinez quoi, la bébête sort, et est vaincue ! Comment a-t-on pu écrire et encore plus accepter de réaliser une idée pareille ? On ne saurait dire, mais l’un des scénaristes et/ou réalisateurs a su rester raisonnable et ne pas laisser la situation se terminer proprement sur le ver crevé à coup de pieds du gentil Evan. Mais ça n’est pas pour autant que la suite vaut le coup. L’avant dernière séquence, digne d’un film catastrophe de haut niveau, est ainsi ridicule au possible, que ce soit dans l’action même que dans sa résolution improbable semblable à celle d’Aliens vs Predator Requiem. C’est pour dire…

« D’après le jeu vidéo multi-récompensé The Last of Us » ou presque.

En parlant des bruits de gorge de l’autre beau-papa transformé… Il faut aussi dire que le film n’apporte rien d’original au genre des histoires d’infectés. Du son de gorge/langue des infectés – devenus à un certain stade de l’infection – aveugles traquant leur proie à partir du bruit avec quelques augmentations physiologiques dues au parasite, en passant par les nids avec divers individus regroupés ensemble, Viral emprunte beaucoup trop au formidable, inspiré et original jeu de Naughty Games, The Last of Us, sorti en 2013 sur PS3, ressorti en version remasterisée pour la PS4 l’année suivante. De la séquence en véhicule après celle du lycée où la famille et Evan croisent en route deux voitures de police gyrophares allumés, tout droit sortie du premier épisode de l’adaptation éponyme signée Telltale, The Walking Dead, aux reprises d’éléments de The Last of Us, mêlées aux clichés et au pire d’un genre déjà bien riche, Viral n’apporte rien à ce genre. L’image est propre malgré le fait qu’on retrouve éternellement des plans clichés (parfois incohérents dans leur montage), les décors manquent souvent de figurants, et le récit est une mécanique de moments d’épouvante mêlés à d’autres d’horreur, ainsi que des instants de discussion teenage et de romance prépubère. Pire que ça, Viral, produit aussi par les frères Weinstein, nous apparaît comme une production infectée, voire même le fruit de l’infection increvable qui dégrade le cinoche malgré quelques rares surprises produites (Sinister et American Nightmare par exemple) : l’appât du gain.

Viral n’invente donc pas l’eau chaude. L’édition vidéo présentée non plus.

Elle ne contient aucun bonus, que vous achetiez l’édition DVD ou Blu-ray. Oh si, pardon, il y a les crédits et la bande-annonce dans les « Compléments » du support. La bonne blague n’est-ce pas ?

L’image du Blu-ray est propre, malgré du bruit vidéo et un manque de détails, peut-être plus dû à la pauvreté de ceux-ci dans les images (et même à la pauvreté de celles-ci) du film qu’à cause de l’édition de la version HD. Viral est vendu à 14,99 euros en DVD et 19,99 en Blu-ray. Au final, une déception tant par ce choix de film à éditer que par le contenu de l’édition pour Wild Side, qui nous a habitués à bien mieux.

https://www.youtube.com/watch?v=2a2ymd614go

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Viral-DVD-sortie-film

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Anglais & Français Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Français

Durée : 1h29

Prix public indicatif : 14,99 €

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Viral-Blu-ray-sortie-film

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 24p

Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres : Français

Durée : 1h32

Prix public indicatif : 19,99 €

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