7 Psychopathes, un film de Martin McDonagh : Critique

Dans le cadre de la rétrospective sur les psychopathes sur OCS, intéressons-nous à 7 Psychopathes, une comédie noire aux influences tarantiniennes dans laquelle Martin McDonagh met sa vie de scénariste en abîme.

Synopsis : Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…

Une histoire barrée, un casting en or et des influences rock’n’roll, les 7 Psychopathes s’annonçait comme un film cynique et décalé. Le film s’ouvre sur un dialogue incongru qui renvoie directement à l’univers de Tarantino. Un clin d’oeil appréciable mais les inspirations sont très voire trop présentes et transforment le film en un mélange de références cinématographiques auquel il manque une réelle unité. Voulant jongler avec de nombreuses pistes narratives et créer un puzzle à la manière de Pulp Fiction ou encore Rock’n’Rolla, McDonagh s’y perd et nous offre un récit décousu au rythme mal maîtrisé qui plombe l’essence du film.

Le jeu d’acteur est toujours juste et malgré un narrateur (Colin Farrell) quelque peu effacé on apprécie ces quelques moments cocasses où, dépassé par la situation, il finit par craquer. On jouit aussi de quelques interactions savoureuses notamment la confrontation entre un mafioso et le personnage de Christopher Walken qui, pacifique jusqu’au bout, ne cèdera pas à la menace d’une arme à feu ; va alors s’ensuivre un dialogue insolite. Ce côté subversif et cynique qui semble être la volonté de départ du film, ne prend malheureusement pas du à un rythme éreintant et lourd qui nous empêche à chaque instant d’entrer pleinement dans le récit, et le casting quatre étoiles n’arrive pas à sauver la mise.

Censé nous offrir un film aussi barré que les psychopathes qui le composent, 7 Psychopathes déçoit par sa maladresse et son inégalité qui perdurent tout au long du film nous laissant une impression fade.

7 Psychopathes : Bande-annonce

 7 Psychopathes : Fiche Technique

Titre original : Seven Psychopaths
Réalisation : Martin McDonagh
Scénario : Martin McDonagh
Interprétation : Colin Farrell (Martin “Marty” Faranan), Sam Rockwell (Billy), Christopher Walken (Hans Kieslowski), Woody Harrelson (Charlie Costello), Linda Bright Clay (Myra Kieslowski), Abbie Cornish (Kaya), Tom Waits (Zachariah Rigby)…
Direction artistique : David Wasco
Décors : John Dexter
Costumes : Karen Patch
Photographie : Ben Davis
Montage : Lisa Gunning
Musique : Carter Burwell
Production : Graham Broadbent, Peter Czernin et Martin McDonagh
Sociétés de distribution : Blueprint Pictures, Momentum Pictures
Pays d’origine :  Royaume-Uni
Genre : comédie
Durée : 110 minutes
Dates de sortie :  05 décembre 2012

Royaume-Uni – 2012

 

Festival

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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