The Witch de Robert Eggers en DVD/Blu-Ray le 18 Octobre 2016

Pourvu d’une aura mystique en festival, The Witch s’impose comme une référence horrifique de 2016, grâce à une approche novatrice de la peur.

Nous sommes en 1630 en Nouvelle Angleterre. William et Catherine, un couple dévot, décide de vivre en marge d’une société soumise aux préceptes des nouveaux évangélistes, préférant vivre dans la tradition chrétienne. Ils décident alors de s’établir dans une ferme, pour cultiver la terre et mener une vie pieuse auprès de leurs cinq enfants. Se croyant dur comme fer être protégé par une bénédiction divine, la famille devra faire face à une succession d’événements surnaturels qui dévoileront leurs véritables natures. Alors que Thomasin, l’ainée, se charge de Samuel, le nouveau né de la famille, ce dernier disparait et est enlevé par une sorcière qui le tue et s’abreuve de son sang. Secouée par cette perte, la famille commence à s’entredéchirer quand la récolte vient à être voler.

Un conte mystique et cauchemardesque

Véritable machine à buzz outre-Atlantique en remportant le prix du meilleur réalisateur au festival de Sundance, The Witch (ou Vvitch) témoigne d’une forme d’horreur à l’opposée des normes Hollywoodiennes de bienséance. Ayant passé quatre longues années à chercher le financement nécessaire au montage final, Robert Eggers s’est spécialisé dans les mythes et contes de l’époque pour parfaire son sujet, transformant son histoire en récit d’un réalisme cru. C’est donc dans une optique intimiste et réaliste que la peur se concentre, proposant une véritable réflexion sur la cohésion et la condition humaine. Dans cette démonstration viscérale de la nature humaine, Eggers en appelle aux peurs les plus enfouies des spectateurs. Le metteur en scène se sert donc d’une esthétique classieuse, sans pour autant être classique, afin de transmettre un effroi viscéral, perturbateur, notamment en brouillant les frontières entre le réel et le surnaturel, un rendu à la hauteur d’une photographie remarquable. De ce fait, narrer un récit à ce point mystique dans un contexte étatique en proie à de nombreux conflits théologiques, déstabilise le spectateurs au point d’être mal à l’aise face à l’image. La musique accentue également cette ambiance spirituelle et fataliste, avec une composition lancinante et poétique, semblant faire un lien troublant entre sonorité classique et rythmes nouveaux du cinéma d’horreur actuel. C’est donc cette superposition d’éléments brillants qui magnifie le talent certain de Robert Eggers, un réalisateur à suivre dans le cinéma de genre. The Witch est un exploit aussi réel que troublant. Une claque mystique et ecclésiastique qui renoue avec la sève matricielle de l’horreur au cinéma tout en proposant sa propre vision de l’effroi. Grâce à une esthétique irréprochable, une photographie éblouissante et une musique mélancolique, la froideur de The Witch fait paradoxalement de lui une œuvre qui sent la fraîcheur. Une évolution brillante dans le cinéma de genre prouvant, encore une fois, les nombreuses qualités de ce type de cinéma.

Une jolie édition, avare en bonus

Si la mise en scène et la photographie sont, en grande partie, responsables de l’exploit que constitue le film, on ne peut que féliciter Universal, pour la bienveillance que le studio a accordé à l’édition DVD/Blu-Ray de son film. Que ce soit le grain apporté par l’édition DVD ou la propreté de l’image en édition Blu-Ray, tout est fait pour que The Witch accède au rang de film culte par la vente vidéo. De part la qualité sonore du long métrage, on exigeait également un montage son au petit oignon pour cette édition. Une fois n’est pas coutume, Universal n’a pas fait les choses à moitié et propose un superbe format Dolby Digital pour les cinq langues disponibles sur le CD. De même, la beauté graphique de la jaquette permettra d’attirer, sans l’ombre d’un doute, tout spectateur fanatique du cinéma de genre. Cependant, malgré les louanges que l’on pourrait apporter techniquement à cette édition, une interrogation subsiste : pourquoi ne pas avoir ajouté des bonus vidéo ? Véritable prolongateur d’expérience, le bonus vidéo permet souvent à une œuvre d’accéder au rang d’anthologie. En témoigne notamment les ajouts d’Interstellar ou de Batman vs Superman : L’Aube de la Justice de chez Warner Bros, qui promulguent un plaisir supplémentaire non négligeable. Une petite déception qui ne gâchera certainement pas notre plaisir du film, au vu de la qualité du long métrage proposé.

Universal Pictures Vidéo annonce la sortie de The Witch en DVD et BR pour le 18 Octobre 2016

The Witch : Recap DVD/Blu-Ray

Caractéristiques techniques du DVD :
Durée: 1h32
Image: 2.35:1
Audio : Allemand, Espagnol, Français, Italien, Anglais
Caractéristiques techniques des Blu-ray™:
Disque 1 (film):
Image: 2.35:1
Audio: Italien (DTS 5.1), Allemand (DTS 5.1), Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS 5.1), Espagnol (DTS 5.1)
Sous-titres : Allemand, Espagnol, Français, Italien, Turc, Anglais pour Sourds et Malentendants
Bonus: Pas de Bonus Vidéo
Long métrage interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles

The Witch : Bande-Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=YYiTQMQxQtU

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Louis Verdoux
Louis Verdouxhttps://www.lemagducine.fr/
Louis Verdoux : Lycéen passant en première économique et sociale, j'ai commencé ma passion cinéphilique avec le film Spider-Man de Sam Raimi, devenu mon super héros préféré. Cependant mon addiction au cinéma s'est confirmé avec deux films, The Dark Knight de Christopher Nolan et surtout Drive de Nicolas Winding Refn que je considère encore comme mon film préféré. En si qui concerne mes goûts, je suis quelqu'un de bon public donc je déteste rarement un film et mes visionnages ne se limite à aucun genre, je suis tout aussi bien tenté par Enemy que par Godzilla. Le cinéma est bien plus qu'un art et j'espère vous le faire partager

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