The Beatles, Eight Days A Week : The Touring Years, un documentaire de Ron Howard

Sorti juste après le 50ème anniversaire du concert final des Beatles en Août 1966, The Beatles, Eight Days a Week the Touring Years est une invitation à un voyage à vitesse grand V, dans les coulisses de l’un des plus grands groupes du monde, les Beatles.

Synopsis : Avec des images rares et exclusives, The Beatles : Eight Days A Week – The Touring Years retrace les premières années de la carrière des Beatles de 1962 à 1966, marquées par les tournées incessantes à travers le monde. Des centaines de dates, des milliers de fans, des heures de concerts ont permis aux Beatles d’entrer dans la légende, mais aussi d’apprendre à se connaître, à se chercher, à se renouveler et à écrire ensemble toujours plus de chansons mythiques. Du Cavern Club de Liverpool à leur dernier concert au Candlestick Park de San Francisco, découvrez les Beatles comme vous ne les avez jamais vus et jamais entendus, à travers des enregistrements live et archives inédites.

« Je suis fils unique et je me retrouvais soudainement avec trois frères » – Ringo Starr

L’expression « Eight Days a Week » est née d’une blague de Ringo Starr qui évoquait l’intensité des plannings de travail du groupe, qui gagna une renommée internationale en seulement quatre ans. De l’Angleterre à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis, le film célèbre les quatre années de tournée mondiale qui les ont fait et les ont brisé.

Les Beatles comptaient initialement John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Pete Best. Cependant, lorsque ce dernier ne put jouer pour un show en Février 1962, ils firent appel à Ringo Starr, rencontré des mois plus tôt à Hambourg en Allemagne, où le groupe de Ringo Starr, Rory Storm and the Hurricanes et les Beatles jouaient. Ringo Starr rejoint officiellement la bande en Août 1962, formant ainsi le monstre à quatre têtes qu’était les Beatles.

« Un super petit groupe de rock and roll » – Paul McCartney

L’acteur Ron Howard, qui porte cette fois-ci la casquette de réalisateur et à qui l’on doit déjà les films Apollo 13, Frost/Nixon, l’heure de vérité et Un homme d’exception, a été approché par la compagnie des Beatles, Apple Corps. afin de raconter dans ce film documentaire leurs plus grandes années. À travers des images d’archives, ils voulaient rendre compte du succès du groupe (pionnier des concerts en stades) et de la pression extérieure que subissaient les quatre rockstars pendant les années de la Beatlemania.

Le documentaire, qui démarre en fanfare en 1963 avec de vibrantes images en couleur de leur prestation live du titre She Loves You sur le plateau d’ABC Cinema (pour la chaîne britannique ITV), témoigne du travail méticuleux entrepris par l’équipe du réalisateur qui a obtenu ces images d’archives des quatre coins du monde. Polies et restaurées pour le film ces images, d’archives ou issues de vidéos amateurs, ont été ramenées à la vie avec brio. Même chose pour la bande son arrangée par le fils de Georges Martin (producteur des Beatles), Giles Martin. C’est ainsi que la chanson I Saw Her Standing There, jouée lors de la première performance du groupe aux Etats-Unis, à Washington DC en 1964, semble avoir été enregistrée hier.

Ponctué par des hits du célèbre quatuor, ce long métrage est l’occasion de se délecter des titres She Loves You, Can’t Buy Me Love, Ticket To Ride, ou Day Tripper, remastérisés pour l’occasion. Comme une volonté de ressusciter les émotions que produisaient ces sons vintages, on est notamment émerveillé par la facilité déconcertante avec laquelle ils créèrent le titre folk/rock/psychédélico-oriental, Norwegian Wood.

« C’est un peu bête de séparer les gens… Je pense que c’est juste stupide. On ne peut pas traiter un autre être humain comme un animal…Il n’y a jamais eu de ségrégation dans nos salles de concerts en Angleterre -et s’il y en avait, nous n’y aurions pas joué »  – Paul McCartney

Réussissant à rassembler des images inédites des médias d’époque, des images d’archives télévisées internationales, de fans et des Beatles eux-même pour dépeindre la Beatlemania à son apogée, Howard comprend que l’histoire des Beatles perdrait sans doute de sa teneur, si les tournées américaines en 1964, où la frénésie de la Beatlemania atteignait son paroxysme, n’étaient pas évoquées. Le journaliste américain Larry Kane, qui suivit le groupe emblématique pendant ses 25 dates américaines, se souvient de ces instants comme s’il avait assisté à une troisième guerre mondiale.

Brillamment cousu, un des moments forts du documentaire est la mention de la lutte des Beatles pour les droits civiques aux Etats-Unis : alors que Brian Epstein, manager du groupe, avait spécifié dans leur contrat de tournée qu’ils ne pouvaient jouer devant une foule ségréguée, les quatre jeunes hommes insistèrent pour performer devant un public mixte, sans aucune ségrégation. Dans cette hagiographie de la vie du plus célèbre groupe d’Angleterre, impossible donc de croiser l’Histoire et ses grands moments clés, comme l’assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy. On comprend bien vite qu’Howard implante les Beatles dans cette chaîne historique, avec une frise pointant les époques clés de leurs quatre années de tournée intensive.

« On voulait juste jouer » – Ringo Starr

Pionniers des concerts joués dans les stades, le film se penche particulièrement sur l’aspect périlleux que prenait de manière exponentielle chacune des interventions des rockstars britanniques. Et plus le lieu où se tenait le concert était grand, plus la menace était grande. Les images de leur concert au Shea Stadium en Août 1965 mettent particulièrement en exergue cette insécurité latente : le manque de sécurité, alors qu’une horde de fans se ruait sur la scène, témoigne du danger encouru par les Beatles à chaque show, et même à chaque sortie. Cette insécurité atteignit son paroxysme lorsque John Lennon affirma que les Beatles étaient plus populaires que Jésus. Cette déclaration entraîna une pluie de menaces de morts, qui s’ajoutèrent à celles du Ku Klux Klan qui promettait de les assassiner.

eight-days-a-week-thebeatles-documentaireOn assiste là à la détérioration de l’image du groupe, dont toute l’euphorie et la vitalité diminuaient pour laisser place au drame. Adeptes du cannabis et du L.S.D., Ron Howard évoque furtivement cette période sombre des stars anglaises, qui finit d’achever leur volonté de jouer sur scène et les poussa, en Août 1966, à mettre définitivement fin à leur tournée mondiale. La dernière performance publique du groupe britannique se déroula toutefois à Savile Row à Londres, le 30 janvier 1969. Ce célèbre concert sur le toit, achève l’histoire de la tournée sur deux morceaux phares du groupe Don’t Let Me Down et I’ve Got A Feeling.

Composé de quatre personnages charismatiques et intelligents, les Beatles ont été capables de créer une musique ambitieuse et une identité authentique. Parfaitement illustrées dans ce documentaire, l’hystérie et la frénésie que les Fab Four produisaient lors de leurs folles années de tournée ont fait d’eux un véritable mythe pour la pop culture.

The Beatles, Eight Days A Week : Bande Annonce

The Beatles, Eight Days A Week : Fiche Technique

Réalisation : Ron Howard
Musique originale : The Beatles
Sociétés de production : White Horse Pictures, Imagine Entertainment
Production : Nigel Sinclair, Scott Pascucci (White Horse), Brian Grazer et Ron Howard (Imagine) et Marc Ambrose
Producteurs délégés : Jeff Jones, Jonathan Clyde (Apple Corps), Michael Rosenberg (Imagine), Guy East, Nicholas Ferrall (White Horse), Matt White, Stuart Samuels et Bruce Higham (OVOW)
Montage : Paul Crowder
Scénarisation : Mark Monroe
Consultant au scénario : P.G. Morgan
Producteur de la trame sonore : Giles Martin

Sortie en France le 15 Septembre 2016

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