TIFF 2016 : zoom sur les films les plus attendus de la sélection

Après Venise et Deauville, direction le Canada avec le Festival International du Film de Toronto (TIFF), qui fête cette année ses quarante ans.

Ce festival non compétitif, véritable marché du film, est souvent considéré comme l’antichambre des Oscars, à l’instar des Golden Globes. Occasion pour les professionnels et les cinéphiles de découvrir les films qui feront la tendance de cette rentrée. L’édition 2016, qui se déroulera du 8 au 18 septembre, affiche une sélection foisonnante qui réunit plus d’une centaine de longs métrages, dont certains ont déjà été présentés à Sundance, Cannes ou encore Venise. Pourtant, le catalogue du TIFF affiche également quelques nouveautés inédites : zoom sur les films les plus prometteurs de cet événement majeur.

Un remake de remake en ouverture

Après Les Sept Samouraïs de Kurosawa en 1954, son adaptation américaine de John Sturges quatre ans plus tard et sa série dérivée, Les Sept Mercenaires s’offre une énième jeunesse sous la houlette d’Antoine Fuqua. Le cinéaste, connu pour ses productions musclées (Training Day, Shooter, La Rage au ventre) s’attaque à un grand classique du western en mettant en scène un groupe de « badasses » hollywoodiens en quête de justice. Porté par Denzel Washington, Chris Pratt ou encore Ethan Hawke, le blockbuster s’offre même Lee Byung-hun, une vedette sud-coréenne spécialisée dans les arts martiaux. Avec un casting de renom et un style qui décoiffe, cette superproduction aux accents de film d’action, qui sera présentée en ouverture, risque fort de dynamiter le festival qui va démarrer sur les chapeaux de roues !

Des producteurs prestigieux

Si le fameux réalisateur italo-américain Martin Scorsese ne signe pas de film cette année, cela ne l’empêche pas pour autant de se montrer très actif en coulisses, puisqu’il est le producteur exécutif de Bleed for This et Free Fire, deux longs métrages qui seront présentés à Toronto. Tandis que le premier s’impose comme un rise and fall qui met en vedette Miles Teller dans la peau d’un boxeur à la carrière foudroyante frappé en pleine ascension par un accident de voiture quasi-fatal, le second, signé Ben Wheatley, s’apparente plutôt à un mélange entre comédie noire et thriller d’action où se croisent trafiquants d’armes et activistes de l’IRA, avec Brie Larson en prime. Autres producteurs de poids, Harvey Weinstein, qui va tenter de rafler un Oscar avec Lion de Garth Davis ; et Brad Pitt, dont la société Plan B a participé à la production de Moonlight, un puissant récit d’apprentissage dont l’action se déroule en Floride.

Un festival engagé 

Cette année, le TIFF met le documentaire à l’honneur avec ABACUS: Small Enough To Jail, un film sur sur la crise financière. Réalisé par Steve James, le projet remet en cause le rêve américain en fustigeant le système bancaire de tout un pays et met en lumière les dérives d’une politique économique néfaste. Mais la finance n’est pas le seul sujet qui sera débattu lors du festival, puisque le cinéaste Werner Herzog revient quant à lui avec un documentaire écologique et environnemental sur les volcans, justement intitulé Into the Inferno. Autre moyen de s’engager : la fiction politique. Cette année, entre The Promise, qui revient sur la Première Guerre Mondiale et le génocide arménien ; et American Pastoral, le premier film d’Ewan McGregor adapté du roman de Philip Roth dont l’intrigue se déroule sur fond de terrorisme politique dans les années 60, le festival n’a pas peur de se mouiller en abordant des thèmes sensibles. Pour preuve, le biopic sur le très controversé Snowden sera également projeté, occasion peut-être pour Oliver Stone de signer un retour gagnant dans un registre qu’il affectionne : le film engagé (JFK ; Né un 4 Juillet…). Enfin, la pédophilie, problématique délicate, sera aussi portée à l’écran dans le drame Una, où Rooney Mara campe une jeune femme en quête de son bourreau (Ben Mendelsohn).

Une petite touche dark

Le néo-noir connaît manifestement un regain de popularité depuis quelques années, tendance qui se confirme avec la présence au catalogue de deux thrillers sombres. D’une part, on aura l’occasion de suivre Riz Ahmed (The Night Of) dans une plongée au fin fond des entrailles de la pègre londonienne avec City of Tiny Lights ; de l’autre, Message from the King nous proposera de découvrir le parcours houleux d’un sud-africain (Chadewick Boseman) qui se rend à LA pour enquêter sur le meurtre de sa soeur. Dans un registre différent, The Belko experiment, un thriller horrifique satirique aux allures de huis-clos, met en scène un groupe de personnes forcées de s’entretuer, tandis que Michael Fassbender prêtera ses traits à un membre d’une communauté rurale anglaise qui tente de s’affranchir de l’emprise d’un patriarche criminel dans Trespass Against Us.

Un peu de légèreté

Heureusement, le cinéma est aussi fait pour se détendre, et Toronto ne déroge pas à la règle, puisqu’au milieu d’une sélection relativement grave et sérieuse, on peut trouver quelques films plus légers, comme le dessin animé Sing, qui fait chanter des petits animaux dans une sorte de télé-crochet digne de The Voice ; ou encore le rafraîchissant Paris Can’t Wait, mi comédie romantique mi road movie réalisé par Eleanor Coppola, la veuve de Francis Ford Coppola.

En conclusion, le TIFF nous offre une fois encore un panel de films d’une grande diversité et place visiblement cette rentrée sous le signe de l’engagement et de la nostalgie avec ses nombreux films d’époque, ses thrillers politiques et ses documentaires. Quels seront les longs métrages les plus plébiscités par le public ? Réponse le 18 septembre avec la remise du People’s Choice Award !

Festival

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Marushka Odabackian
Marushka Odabackianhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile depuis ma naissance, j'ai vu mon premier film dans les salles obscures à 2 ans, puis je suis tombée en amour devant "Forrest Gump" à 4 ans, avant d'avoir le coup de foudre pour Leo dans "Titanic" à 8 ans... Depuis, plus rien ne m'arrête. Fan absolue des acteurs, je les place au-dessus de tout, mais j'aime aussi le Septième Art pour tout ce qu'il nous offre de sublime : les paysages, les musiques, les émotions, les histoires, les ambiances, le rythme. Admiratrice invétérée de Dolan, Nolan, Kurzel, Jarmusch et Refn, j'adore découvrir le cinéma de tous les pays, ça me fait voyager. Collectionneuse compulsive, je garde précieusement tous mes tickets de ciné, j'ai presque 650 DVD, je nourris une obsession pour les T-Shirts de geeks, j'engrange les posters à ne plus savoir qu'en faire et j'ai même des citations de films gravées dans la peau. Plus moderne que classique dans mes références, j'ai parfois des avis douteux voire totalement fumeux, mais j'assume complètement. Enfin, je suis une puriste de la VO uniquement.

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