Scorpion saison 2, une série de Nick Santora : critique

Synopsis : l’équipe Scorpion,  constituée de quatre génies, d’une mère de famille et d’un agent de la Sécurité Intérieure, est séparée et son chef, Walter O’Brien, est soigné pour un traumatisme suite à son accident de voiture. Mais la Sécurité Intérieure va à nouveau faire appel à eux.

Retour sans surprise de l’équipe de génies

Le succès de la première saison de Scorpion, qui avait enregistré entre 9 et 13 millions de téléspectateurs aux États-Unis, a incité les producteurs de la chaîne CBS de commander 24 épisodes supplémentaires.

Cette deuxième saison reprend exactement la même formule, sans le moindre changement, mais en exagérant un peu les qualités ou les défauts des premiers épisodes.

Ainsi, la série est toujours atteinte d’un manque flagrant de réalisme. On sauve un barrage qui menace de s’écrouler, on envoie un missile nucléaire dans le tunnel d’une mine, on infiltre même la fameuse Zone 51. Les scénaristes sont visiblement animés d’une intention d’en faire toujours plus. Certes, cela permet d’avoir un rythme soutenu et de l’action en permanence, mais en contrepartie on s’éloigne de plus en plus de tout souci réaliste. Même les « explications » scientifiques sont de plus en plus extravagantes et bâclées.

Et si les scénarios se veulent de plus en plus grandioses, les moyens mis en œuvre, hélas, ne suivent pas. Les trucages sont franchement mauvais. Pour simuler un tremblement de terre, on se contente de faire bouger la caméra. La série veut se donner l’apparence d’un divertissement à grand spectacle mais le résultat à l’écran n’y est pas.

C’est l’intérêt porté aux personnages qui peut sauver la saison. Si Walter paraît de plus en plus insupportable dans son arrogance et si Happy semble rester statique, c’est surtout Sylvester qui gagne en charisme. Son rôle auprès de la sœur de Walter, les nombreuses occasions qu’il a de se surpasser, que ce soit en prison ou dans un immeuble en flammes, tout cela permet de développer son personnage.

La saison est aussi sauvée par l’apparition de deux personnages secondaires récurrents, deux paumés sympathiques : Ray, un petit malfrat roi de la débrouille, et un prétendu avocat au nom improbable.

En conclusion, cette saison 2 de Scorpion confirme l’identité de la série : des improbabilités de plus en plus énormes, des solutions tirées par les cheveux, mais des personnages sympathiques et attachants qui sauvent l’ensemble du naufrage, si l’on est bienveillant.

Scorpion saison 2 : bande Annonce

Scorpion saison 2 : Fiche Technique

Créateur : Nick Santora
Réalisateurs : Sam Hill, Mal Damski, Omar Madha, Sylvain White, Bobby Roth, etc.
Scénaristes : Nick Santora, Nicholas Wootton, Rob Pearlstein, Paul Grellong…
Interprètes : Elyes Gabel (Walter O’Brien), Katharine McPhee (Paige), Eddie Kaye Thomas (Toby), Jadyn Wong (Happy), Ari Stidham (Sylvester), Robert Patrick (Cabe).
Photographie : Ken Glassing, Robert LaBonge, David J. Miller, Gyula Pados
Montage : Eric Seaburn, Anthony Miller, J.J. Geiger, Christopher Petrus
Musique : Tony Morales, Brian Tyler
Producteurs : Scott Manson, Troy Craig Poon, Don Tardino, Marco Black
Sociétés de production : K/O Paper Products, Blackjack Productions, Perfect Storm Entertainment, SB Films, CBS Television Studios
Diffusion : CBS
Format : 24 épisodes de 40 minutes (sauf un épisode de 80 minutes)

Etats-Unis- 2015

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Des Minons et des monstres : Banana Boulevard

"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.