The Office (US) Série TV : Critique

Le concept de la version originale de The Office créée par Ricky Gervais et Stephen Merchant en 2001 a tellement plu que la série a été adaptée dans plusieurs pays, en France (le Bureau), au Canada ainsi qu’en Allemagne.

Synopsis : The Office (2005-2013) est une série comique tournée à la façon d’un documentaire parodique qui présente le quotidien des employés d’une société de vente de papier, Dunder Mifflin, à Scranton, Pennsylvanie. Il s’agit du remake de la série britannique du même nom.

Travailler dans un open space n’a jamais été aussi amusant.

Mais c’est de toute évidence le remake américain qui a eu le plus de succès (56 nominations et des millions de téléspectateurs à chaque épisode). Gervais qui était auparavant sur tous les fronts : producteur, scénariste, réalisateur mais aussi acteur, reste cette fois derrière la caméra et signe avec Merchant une série culte, qui a conquis le public bien au-delà de l’Amérique.

Si The Office est si réussie, c’est avant tout grâce à son panel de personnages tous plus hilarants les uns que les autres. Tout d’abord Michael Scott, joué par le grandiose Steve Carell (Little Miss Sunshine, 40 ans toujours puceau, The Big Short) qui est la caricature du patron insupportable par excellence : humour douteux, zéro tact et bien sûr méprisé par tout son personnel (ou presque). Jim l’employé cool qui ne sait pas vraiment ce qu’il fait là et passe ses journées à embêter son collègue Dwight, geek et fayot de service qui ne vit et respire que pour impressionner Michael. Pam la gentille et fragile secrétaire qui doit subir les blagues cruelles de son boss. Et enfin, tous les autres salariés qui, quoique plus secondaires, ont tous leur importance et savent nous faire rire chacun à leur manière. Que ce soit le désabusé Stanley, le plus que louche Creed, l’insupportable Kelly ou encore le pauvre Toby, souffre-douleur injustifié de Michael, chaque rôle est finement écrit, interprété avec justesse et a toute sa place dans la série.

Tous ces personnages sont aux antipodes les uns des autres : Angela, catholique coincée et maniaque doit partager son espace de travail avec Kevin, sa nourriture et ses blagues “inappropriées” ; de leur côté, Jim et Dwight ne peuvent qu’être dans la confrontation, et le couple que forment Kelly, bavarde et superficielle et Ryan qui a accepté un rencard un peu par hasard, est tout à fait improbable et c’est ce qui le rend si comique. Une fois mis ensemble, ces employés forment un groupe hétéroclite et pourtant si complémentaire qui donne des situations burlesques et incongrues et des dialogues inattendus. C’est sur cet humour absurde et la plupart du temps politiquement incorrect que repose toute la série (qu’il est préférable de regarder en VO afin d’y percevoir toute la subtilité).

Ni les personnages ni leurs relations ne stagnent, on suit l’évolution de l’histoire attendrissante entre Jim et Pam qui hésitent entre amour et amitié ou encore celle de Dwight et Angela, plus amusante. Quant à Michael, il dévoile au fil des épisodes une profondeur insoupçonnée, celui qui ne semblait être qu’un type lourd à la limite du racisme et de l’homophobie laisse apparaître une maladresse touchante et surtout une solitude intense qui en font un personnage pathétique auquel on finit par s’attacher et le fait qu’il ne réalise pas l’énormité de ses propos ajoute au comique de la situation.

L’aspect faux-documentaire est parfaitement maitrisé (Parks and Recreation et Modern Family s’en sont notamment inspirés), les employés n’ont de cesse de rappeler l’existence de la caméra, certains en sont mal à l’aise, Michael cherche constamment sa présence et Jim lui lance de nombreux regards complices créant un lien direct avec le public. Cette proximité est renforcée par les tête-à-tête avec les protagonistes au cours desquels ils nous confient leurs pensées, nous faisant entrer dans leur intimité. On en apprend par exemple plus sur les sentiments que Pam et Jim nourrissent l’un pour l’autre, ces derniers nous dévoilent plus facilement leur amour lorsqu’ils sont seuls face à la caméra. Les entretiens permettent aussi aux personnages de commenter la scène qui vient de se jouer, ils nous expliquent alors leurs ressentis et la raison de leurs agissements, ce qui peut être comique, notamment lorsque plusieurs entretiens sont mis à la suite et que les personnages se répondent.

The Office repose sur le principe d’un sujet par épisode (“La journée de la diversité”, “Harcèlement sexuel”, “L’incendie”…) et chacun d’eux dure 20 minutes, ce qui permet d’avoir un récit structuré et d’aller droit au but : pas de plan inutile ou de dialogue dont on pourrait se passer. Tous les éléments sont soigneusement travaillés et chaque détail est susceptible de faire rire, que ce soit une intonation, un regard ou même un petit élément à l’arrière plan. A partir de la saison 3 cependant, la série change de format et nous offre des épisodes de 30 minutes parfois 1 heure, ce qui casse le rythme et la légèreté du show, qui certes reste drôle, mais perd de son charme et de la justesse de ses débuts.

Pour finir, c’est son réalisme qui fait de The Office une série à part. On trouve de nombreuses séries dramatiques réalistes mais des séries humoristiques, beaucoup moins. Elle ne cherche pas à embellir les personnages, leurs histoires ni quoique ce soit, au contraire elle se sert de ce réalisme et en fait quelque chose de beau et de drôle. On se retrouve forcément dans cette série, que ce soit dans les personnages ou les situations dans lesquelles ils sont, on a tous vécu des moments de solitude, de gêne en public et on s’est tous un jour ennuyés au boulot. Elle met en scène notre vie quotidienne et nous montre à quel point elle est drôle si on prend un peu de recul. C’est une série proche de nous et c’est pour cela qu’on s’attache tant aux personnages et qu’on la trouve hilarante. Et c’est aussi cela qui en fait plus qu’une simple série comique, parce qu’elle nous donne l’impression d’être face à un miroir et nous fait alors réfléchir sur le monde du travail, nos relations aux autres ou encore notre comportement. C’est une série sincère, profonde et surtout honnête.

The Office est une série de qualité, incroyablement bien écrite et justement interprétée, qui sait nous faire rire avec brio et nous laisse heureux et souriants (“That’s what she said”) rien qu’en entendant les premières notes du générique d’ouverture. Beaucoup d’humour et de légèreté qui nous rendent presque impatients de retourner travailler (oui, bon… presque).

Fiche Technique : The Office US

Producteur Exécutif / Productrice Exécutive : Steve Carell, plus…
Créateurs : Mindy Kaling, Greg Daniels, Michael Schur, Lee Eisenberg, Gene Stupnitsky, Daniel Chun, Ryan Koh
Casting : Steve Carell, Rainn Wilson, John Krasinski, Jenna Fischer, B. J. Novak, Ed Helms, Melora Hardin, David Denman, Leslie David Baker, Brian Baumgartner, Creed Bratton, Kate Flannery
Musique :Jay Ferguson
Nationalité : Américaine
Genre :   Comédie / 9 Saisons Série NBC
Golden Globe Award 2006 : Meilleur acteur dans une série comique pour Steve Carell
Emmy Awards 2006 : Meilleure Série Comique

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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