PIFFF 2015 : Soirée d’ouverture

17 Novembre 2015, 20h: Soirée d’ouverture du PARIS INTERNATIONAL FANTASTIC FILM FESTIVAL

Pour sa cinquième édition, le toujours plus ambitieux PIFFF se délocalise dans la plus grande salle d’Europe, le Grand Rex. Alors que le maintien du festival a –courageusement– été annoncé la veille, il n’a pas réussi à faire salle comble comme les années précédentes quand il avait lieu dans les locaux, plus petits, du Gaumont Opéra.

Dans un court discours de bienvenue, le trio d’organisateurs de l’évènement, le Président Gérard Cohen accompagné de Cyril et Fausto, n’a pas pu s’empêcher d’évoquer les fréquents drames qui ont secoué notre Capitale et de faire, comme tous les ans, l’apologie du cinéma fantastique comme dernier bastion du non-conformisme et de la créativité cinématographique. Après cela, ils nous offert un court-métrage surprise : Portal to Hell !!! avec et dédié à Roddy Piper, l’acteur d’Invasion Los Angeles décédé cet été. Un court-métrage basé sur un point de départ tout simple, celui de confronter un concierge bricoleur à la porte vers une dimension infernale qu’ont ouvert dans sa cave deux des habitants de l’immeuble, adeptes d’un culte lovecraftien. Un délire radical à la mise en scène pleine d’idées.

Puis vint le tant attendu film d’ouverture : The Scream Girl. Les organisateurs eux-mêmes nous annoncèrent que le pitch et le passif du réalisateur dans le clip et la pub (et, en guise de seul long-métrage le très médiocre Joyeux Noël d’Harold et Kumar!) ne les convainquirent pas jusqu’à ce qu’ils se rendent compte du degré d’émotion que celui-ci y a mit. En effet, au-delà du concept de mêler des personnages « réalistes » à ceux issus d’un film dont ils sont spectateurs (une idée déjà parfaitement utilisé dans Last Action Hero ou, dans un genre tout différent, La Rose Pourpre du Caire), l’idée d’avoir inclus parmi les personnages la fille de l’actrice récemment disparue du fameux film apporte à ce méta-film une charge émotionnelle et un réflexion sur le deuil des plus surprenantes. Le fameux en question est un slasher qui répond aux codes les plus caricaturaux du genre, un sous-vendredi 13 pour dire vrai. Et c’est avec ces codes que le film va jouer, sans jamais sombrer dans la parodie moqueuse mais avec une intelligence cinéphilique qui rappelle celle des premier et quatrième Scream ou de La Cabane dans les Bois. De quoi réjouir les fans du genre mais aussi tous les amateurs de cinéma qui apprécieront de voir la confrontation pleine de gags et de répliques décalées entre des personnages caricaturaux issus de deux époques. En plus d’un amas de décalages filmiques  (notamment de constater que les effets spéciaux sont plus convaincant dans le film que dans la réalité!) et d’un détournement astucieux des nombreux clichés, avoir réussi à nous faire passer du rire aux larmes est l’aboutissement le plus remarquable de cette excellente surprise dont il n’est pas étonnant qu’il est été plébiscité par le public des autres festivals auxquels il a déjà été présenté et qu’il rencontrera un certain succès lors de sa prochaine distribution en VOD. Le film est justement disponible chez Sony Pictures Home Entertainment.

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Festival

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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