Olga Kurylenko: Interview pour le film Code Momentum

Interview Olga Kurylenko

interview-actrice-Olga-Kurylenko-cineseriesmagA l’occasion de la sortie en E-Cinéma de Code Momentum, premier film de Stephen Campanelli (cadreur habitué de Clint Eastwood), nous avons pu rencontrer son actrice principale, Olga Kurylenko dans le chaleureux cadre du Park Hyatt Vendome, à Paris. L’occasion rêvée pour revenir sur le film voyant l’actrice incarner une braqueuse impliquée dans un casse qui tourne mal, tout comme sur sa carrière, l’ayant vu enchaîner un James Bond (Quantum of Solace), un film tourné sous la houlette de Terrence Malick (A la Merveille) et pléthore d’adaptations de franchises vidéoludiques (Hitman et Max Payne). Mais celle qui déplore de n’avoir pu s’adonner jusque alors à la comédie dans sa carrière est aussi une actrice très plaisante, qui répond de manière sincère et enjouée aux questions.

Code Momentum est le premier film de Stephen Campanelli, jusque alors cadreur habitué de Clint Eastwood. Est-ce que son passif et sa carrière a joué dans votre décision d’accepter le projet ? D’ailleurs, comment ce rôle vous a-il été proposé ?

  • Olga Kurylenko: Oui bien sûr c’est important. J’adore les films de Clint Eastwood comme à peu près tout le monde, vous me direz. Savoir que c’est Stephen qui a tourné la plupart des  films d’Eastwood est forcément un gage de qualité. Mais je connaissais déjà Stephen de 7 Psychopathes (ndlr : film de Martin McDonagh sorti en 2012 avec Colin Farell, Sam Rockwell et Christopher Walken). Je l’ai rencontré sur le tournage du film. Il m’a dit que plus tard il allait faire son premier long-métrage et m’a donc proposé le rôle, ce qui m’a forcément touché parce que c’est son premier film et parce que c’est un gros rôle. J’ai dit oui donc, et vu la sympathie dégagée sur le tournage, j’ai su que j’avais fait le bon choix. Il est très drôle, il a un grand cœur, il traite les gens bien, il est simple, et il n’est pas snob.

Code Momentum est aussi un film ou vous donnez de votre personne. Combat rapprochés, maniement d’armes à feux, conduite, est-ce que vous avez suivi un entrainement particulier ?

  • Olga Kurylenko: Je viens un petit peu préparée quand même depuis James Bond (ndlr : Quantum of Solace) parce que j’ai eu des bases. C’est vrai qu’avec chaque film, j’apprends plus et c’est des choses qui restent. Mais c’est sûr qu’avant de commencer un film d’action, il faut se replonger dans l’entrainement. Surtout que je ne le fais pas dans ma vie de tous les jours.  Je ne suis pas très sportive. J’ai fait de la danse quand j’étais jeune, donc c’est la seule base sportive que j’ai mais je ne le fais pas tous les jours. Donc c’est vrai que mon corps subit un choc à chaque fois. Les premières semaines sont difficiles et ensuite je rentre dans le rythme. Mais là, c’était intense. Je peux le comparer à l’entrainement pour James Bond en termes d’intensité. Mais là c’était différent puisque j’avais le premier rôle.  

Comment s’est passé le tournage en Afrique du Sud ? Au niveau des cascades, il semblerait que vous ayez tout effectué vous-même. Vous confirmez ?

  • Olga Kurylenko: Ah c’est toujours le but. J’adore faire les films d’action pour ça car c’est moi qui fait tout. C’est gratifiant de pouvoir se dire : j’ai réussi à faire ça. Ça prend un certain temps à apprendre mais je prends un immense plaisir à faire ça. Le tournage en Afrique du Sud était génial. L’équipe était cool, Stephen est une personne très sympathique par rapport à cette compréhension. On a beaucoup rigolé. Je pense d’ailleurs que c’est le tournage ou j’ai le plus rigolé. Et James (ndlr : Purefoy, qui joue l’autre personne principal), est un super acteur, il donne beaucoup. Comme endroit je pense que c’était parfait. Et puis quand j’avais des moments libres, j’ai grimpé des montagnes, je faisais des safaris.

Le film se termine par une fin ouverte : une suite est-elle prévue ?

  • Olga Kurylenko : C’est fini avec cette possibilité. Ça pourrait continuer oui mais ça dépendra évidemment du succès rencontré par le film.

Par rapport à James Bond dont vous parliez tout à l’heure, quel est votre regard sur le rôle que vous avez apporté à la franchise ? Et qu’avez-vous gardé du tournage de toute cette aventure ?

  • Olga Kurylenko : J’ai une bonne mémoire mais ce que je garde, c’est qu’ils m’ont beaucoup appris. C’était le début ma carrière. Tout était impressionnant. Je voulais bien faire car il y avait Daniel Craig. J’étais contente car le personnage était très différent de la figure habituelle de la saga, car très actif. J’étais très impliqué dans les scènes d’actions pas comme les James Bond girl qui paradent en tenue de soirée donc j’étais contente de changer ça.

On vous voit souvent dans les films d’actions. Voudriez-vous vous essayer à d’autres genres ?

  • Olga Kurylenko : Mais j’ai fait d’autres genres. Du drame avec Malick notamment et tout ça. J’aimerais bien faire de la comédie. J’ai bien fait ça sur les 7 Psychopathes, mais le rôle était petit. Les bonnes comédies j’adore.

En parlant de genres, vous avez tourné avec Joseph Kosinski (Oblivion), avec Russel Crowe (La Promesse d’une Vie), Terrence Malick (A la Merveille) mais y’a-t-il des réalisateurs spécifiques pour lesquels vous aimeriez tourner ?

  • Olga Kurylenko : Oui il y a toujours des réalisateurs que j’adore. Il y en a tellement de bons. Puisqu’on parle des comédies, Woody Allen, j’adore ce qu’il fait. Mais j’aime beaucoup Lars Von Trier, Michael Haneke, David Cronenberg, Martin Scorsese et Sam Mendes. J’adore les films de Sam Mendes.

Ce n’était pas loin.

  • Olga Kurylenko : Ah je me suis trompé de James Bond (en riant)

Vous pouvez demander à Daniel Craig de vous renvoyer l’ascenseur.

  • Olga Kurylenko : N’empêche, mon personnage n’est pas mort donc on peut espérer un retour.

En parlant de James Bond Girl, quelle est votre opinion sur la place de la femme à Hollywood ?

  • Olga Kurylenko : On me pose beaucoup cette question aujourd’hui. A Londres, on ne la pose pas beaucoup, mais ici en France ça n’arrête pas. Il doit y avoir quelque chose en France. Pourquoi ce genre de questions ? On commence à avoir de plus en plus de rôles intéressants chez les femmes. Après, c’est difficile car il y a plus de rôles, des bons rôles ou des rôles principaux pour les hommes, mais ça bouge pour les femmes. Ça ne peut pas bouger du jour au lendemain. 

Léa Seydoux, elle aussi James Bond girl, que l’on retrouvera dans Spectre, a récemment dit préférer jouer en langue anglaise. Est-ce, au vu de votre carrière résolument internationale, votre cas aussi ?

  • Olga Kurylenko : En fait je ne sais pas. Moi, je préfère (ne le dites pas aux anglais) la langue française en générale. Je trouve que c’est une langue plus poétique. La langue est plus belle. J’ai fait plus de films en anglais c’est sûr. Mais peut-être que je préfère tourner en français, car ça me manque et que c’est plus facile pour moi au niveau de la prononciation. Je ne vis plus en France donc j’ai perdu un peu mon français, mais à chaque fois que je reviens, je reprends l’habitude.

En parlant d’expérience, vous avez travaillé avec Terrence Malick sur A la Merveille. On dit souvent que les tournages avec lui sont compliqués, qu’il tourne beaucoup de scènes et qu’au montage, on ne se retrouve pas énormément. Qu’est-ce que vous gardez de ce tournage ?

  • Olga Kurylenko : Moi j’ai de la chance, il ne m’a pas coupé (rires) par rapport à tous les autres. Je me suis dit : waouh mais je suis là ! Donc je n’ai pas à me plaindre. J’ai tourné 10 fois plus que ce l’on en voit à l’écran. Il en a tourné de quoi faire 10 films. Il a tellement de matériel, c’est fou comment il transforme tout ça au montage. Le tournage a duré 2 mois mais il tourne tout le temps. En une journée, il n’y jamais de pauses. C’était intense. Le souvenir est super. J’ai entendu dire que des acteurs trouvaient ca difficile, mais moi ça me va cette manière de travailler. On ne sait pas ce que l’on va faire dès que l’on arrive sur le plateau. Parfois, il nous donnait des pages le matin-même donc on n’a pas le temps de se préparer ou trop réfléchir. Ça m’intriguait de ne pas savoir. Ça ne me faisait pas peur, mais ça m’excitait bien au contraire. J’aime me jeter dans quelque chose ou je ne suis pas trop sûr. Avec lui, je n’avais pas peur de faire des erreurs. Il m’a donné la confiance en moi, alors qu’on ne l’a pas toujours sur le tournage. Ca dépend du réalisateur.

Le film Momentum, sort en E-Cinéma. Que pensez-vous de cette alternative ?

  • Olga Kurylenko : C’est la frontière entre le cinéma et la télévision qui s’efface. De toute façon, avec tout le matériel qu’on a aujourd’hui, avec un bon écran et un bon son, il n’y a presque plus de différence. Ça ne fait rien. Finalement, si on peut avoir ça au cinéma, c’est encore mieux.

Un grand merci à l’agence ayant pu organiser cette rencontre et en espérant la retrouver très rapidement pour d’autres interviews aussi alléchantes et riches sur le plan humain.

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Le Passage : Sur la corde de l’humanité

Entre thriller haletant et drame humaniste, le premier long"métrage de Brandt Anderson plonge le spectateur au cœur de la crise des réfugiés syriens. "Le Passage" est une œuvre chorale, tendue et bouleversante dont la maitrise narrative ouvre sur une émotion absolue.

En nous : une ode immersive et viscérale dans le travail de création

Premier documentaire de Juliette Binoche, "En nous" est un coup de maître. Né du spectacle de danse créé en 2007 avec Akram Khan, ce film nous immerge dans l'intimité d'un processus artistique tout en ressuscitant la magie de cette œuvre scénique.
Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

Entretien avec Victoria Verseau sur « Trans Memoria »

Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.

Rencontre avec Tudor Giurgiu pour « Libertate »

Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.

Cinemania 2024 : Interview portrait de la réalisatrice Zabou Breitman pour Le Garçon

Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.