La Promesse d’Une Vie, un film de Russel Crowe : Critique

40 ans après ses débuts comme acteur dans la série australienne Spyforce, Russel Crowe fait ses premières armes derrière la caméra avec ce long métrage, The Water Diviner traduit en La Promesse d’Une Vie pour la version française.

40 années au compteur, 25 comme acteur de cinéma. Il s’est donné le temps de travailler son sujet : La Grande Guerre, peu traitée sur le grand écran avec une centaine de films seulement. Mais quel déclencheur conduit un réalisateur en herbe à aborder un chapitre si sérieux ?

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont combattu aux côtés de la France à Gallipoli pour libérer le détroit des Dardanelles de la marine britannique et démobiliser les troupes ottomanes qui se battaient contre les Russes dans le Caucase. Aujourd’hui encore, cet épisode revêt une importance particulière pour les australiens et les néo-zélandais. L’A.N.Z.A.C. Day (Australian and New Zealand Army Corps) est célébré chaque année le 25 Avril. Si le titre original se déchiffre sans peine, son adaptation francophone révèle facilement l’une des clés du métrage, au mépris du travail artistique déployé.

Sur le fond, le récit est particulièrement documenté, ponctué de références pour respecter au plus juste la chronologie. À la mesure du diptyque Mémoires De Nos Pères/Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood, Russel Crowe s’affaire non sous l’angle du patriote effarouché, mais avec l’œil et le cœur de l’humaniste, qui rend hommage à son pays et à l’ennemi tout aussi valeureux. On ressent d’emblée un film très personnel, très intimiste, qui s’articule autour de deux thèmes conjoints : la guerre et le drame. La guerre, c’est les idéaux qui s’affrontent et les tranchées qui se creusent. Le drame, le traumatisme d’une violence inouïe, difficilement appréciable si des Maurice Genevoix (Ceux de 14, publié chez Flammarion) n’avaient pas tenu de journaux. C’est l’opposition invraisemblable entre l’insouciance des jeunes soldats d’alors et ces inconnus morts par bataillons entiers. C’est le prisme familial qui éclate et avec lui la question absolue qu’est la vie.

Sur la forme, Russel Crowe concrétise ses idées en optant pour le bipartisme linguistique. Cela lui donne l’avantage de placer les protagonistes sur le même pied d’égalité, partageant la présence face à la caméra, leur permettant enfin de se mouvoir en personnages, puis en personnes qui s’épaulent les unes les autres. Le tournage dans des conditions extrêmes, en plein désert par 49,5 °C, ne l’a manifestement pas refroidi. Pioche à la main ou vêtu de noir, l’acteur métamorphose un Joshua malmené par les éléments. Russel Crowe a su tirer parti de ses collaborations avec Ron Howard, Michael Mann et de ses multiples récidives avec Ridley Scott. Dans une interview pour la promotion du film, il confiera avoir profité de son expérience d’acteur et retenu tous les codes de la réalisation. Les prises de vues montrent l’immensité de la nature sans jamais oublier sa rudesse. On s’immerge dans les villes et marchés de la Turquie d’époque. Pourtant, les plongées, les plans larges, les travelings et les quelques flashbacks qui donnent un certain rythme, ne surprennent ni ne suffisent à forger le caractère de la pellicule. La trame du romantisme académique semble, au contraire, vouloir encore s’imposer, occasions de quelques situations convenues ou faciles.

Malgré quelques embuches, malgré des prises de risques avec le volet historique que l’on ne retrouve pas forcément côté narration, Russel Crowe transforme l’essai. Le film est sincère et reste intéressant. Les décors sont riches et soignés, la B.O. épouse l’image pour quelques superbes séquences emplies de sagesse. Il convient de saluer son réalisateur pour s’être attaqué à un sujet encore aujourd’hui douloureux, à l’heure du centenaire où la communauté internationale espère la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie.

Synopsis : Joshua Connor a le don de trouver l’eau qui se cache dans les entrailles du désert australien. Cette eau, précieuse, presque divine, lui permet de donner à boire à ses bêtes. C’est ce même don qui l’aidera à retrouver ses 3 fils disparus sur le champ de bataille.

La Promesse d’Une Vie : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Wok-Ssq-WY8

Fiche Technique – La Promesse d’Une Vie

Titre original: The Water Diviner
Réalisation: Russel Crowe
Scénario: Andrew Anastasios & Andrew Knight
Décors: Chris Kennedy
Costumes: Tess Schofield
Montage: Matt Villa
Musique: David Hirschfelder
Sociétés de production: Fear Of Ogd Films & Hopscotch Features
Distribution: Russel Crowe, Olga Kurylenko, Jai Courtney, Jacqueline Mckenzie, Yılmaz Erdoğan

 

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