Casting Sauvage, un film de Galaad Hemsi : Critique

Premier film d’un ancien élève de l’ESRA, soutenu par une petite société de production qui n’avait elle-même jusque-là jamais travaillé sur de longs-métrage, Casting Sauvage est une petite perle que personne n’attendait et qui devrait agréablement surprendre les spectateurs qui iront le découvrir dans les quelques salles d’arts et essais qui le distribueront. Une projection-presse et une brève rencontre avec le réalisateur dans les bureaux des Productions du Désert m’ont permis de comprendre et reconnaitre le travail d’orfèvre en amont de ce moyen-métrage inclassable.

Synopsis : L’histoire que raconte le film est simple : « Rémi apprend un jour que son père jusqu’alors inconnu vit à l’autre bout de la France. Il décide de partir à sa rencontre en mobylette. » Mais la singularité du film repose sur le fait que toute cette histoire est filmée dans le cadre unique d’une salle de casting et montée à partir de plus de 100 heures de rushes. 

Le méta-film à l’état pur

Durant quatre longues années, Galaad Hemsi a réuni des hordes d’acteurs amateurs dans le sous-sol d’une école d’art sous prétexte de leur faire auditionner pour un film en préparation devant sa caméra. A partir des dizaines d’heures de rushes qui ont découlé de ces castings, il a ensuite –avec, bien sûr, l’autorisation de droits à l’image des comédiens presque tous joué le jeu- monté un film de soixante-dix minutes.

Du début à la fin, le film se construit donc sur une compilation d’extrait d’auditions en décor unique, un exercice qui, dès les premières images, pourrait sembler rébarbatif s’il n’était entrecoupé de morceaux d’interviews des acteurs, dont on se moque des réponses toutes faites et du manque de confiance en soi, ou au contraire de leur ego surdimensionné,  à la façon d’épreuves pré-éliminatoires de la Star Academy. Le documentaire est amusant, en particulier pour ceux qui ont déjà vécu de pareilles situations, mais au bout d’une quinzaine de minutes, on en vient à se demander si une de plus est bien nécessaire. Et c’est là que la réalisation parvient à nous prendre à revers. Peu à peu, le recul qu’apportaient les conversations entre les acteurs et le metteur en scène se font rares tandis que l’ambiance sonore se met subtilement en place. Les morceaux de scènes qu’interprètent tour à tour les candidats forment un scénario cohérent, le parcours d’un prénommé Remi, identifiable à son écharpe rouge, partant à la recherche de son père qu’il n’a pas connu.

La magie du cinéma, et en particulier la notion « d’absorption diégétique » prennent alors tout leur sens : Emporté par l’histoire, le spectateur en vient à oublier l’absence de décor et d’accessoire mais aussi la ronde des comédiens, ne se demandant plus lequel d’entre eux est le plus juste pour le rôle mais bel et bien si Rémi va retrouver son cher papa et assumer ses propres responsabilités. Autant le scénario en soi n’aurait pas pu aboutir à un film brillant, autant ce processus inédit de le faire jouer à une multitude de non-professionnels lui donne une personnalité propre attachante. Et, preuve ultime de la perte de repère entre réalité et fiction, c’est uniquement l’attitude de certains candidats qui nous renvoie à la dimension artificielle de l’exercice, brisant ainsi la mécanique narrative et créant des décalages très drôles.

Du début à la fin, le film se construit donc sur une compilation d’extrait d’auditions en décor unique, un exercice qui, dès les premières images, pourrait sembler rébarbatif s’il n’était entrecoupé de morceaux d’interviews des acteurs, dont on se moque des réponses toutes faites et du manque de confiance en soi, ou au contraire de leur ego surdimensionné,  à la façon d’épreuves pré-éliminatoires de la Star Academy. Le documentaire est amusant, en particulier pour ceux qui ont déjà vécu de pareilles situations, mais au bout d’une quinzaine de minutes, on en vient à se demander si une de plus est bien nécessaire. Et c’est là que la réalisation parvient à nous prendre à revers. Peu à peu, le recul qu’apportaient les conversations entre les acteurs et le metteur en scène se font rare tandis que l’ambiance sonore se met subtilement en place. Les morceaux de scènes qu’interprètent tour à tour les candidats forment un scénario cohérent, le parcours d’un prénommé Remi, identifiable à son écharpe rouge, partant à la recherche de son père qu’il n’a pas connu.

Et c’est là que la magie du cinéma, et en particulier la notion « d’absorption diégétique » prennent tout leur sens : Emporté par l’histoire, le spectateur en vient à oublier l’absence de décor et d’accessoire mais aussi la ronde des comédiens, ne se demandant plus lequel d’entre eux est le plus juste pour le rôle mais bel et bien si Rémi va retrouver son cher papa et assumer ses propres responsabilités. Autant le scénario en soi n’aurait pas pu aboutir à un film brillant, autant ce processus inédit de le faire jouer à une multitude de non-professionnels lui donne une personnalité propre attachante. Et, preuve ultime de la perte de repère entre réalité et fiction, c’est uniquement l’attitude de certains candidats qui nous renvoie à la dimension artificielle de l’exercice, brisant ainsi la mécanique narrative et créant des décalages très drôles.

Casting Sauvage : Bande-annonce

Casting Sauvage : Fiche Technique

Réalisation : Galaad Hemsi
Scénario : Galaad Hemsi, Raphaël Delétang, Clément Vieu
Interprétation : Galaad Hemsi dans son propre rôle et une multitude d’acteurs qu’il serait impossible de répertorier ici!
Producteurs : Galaad Hemsi, Mehdi Yanat
Directeur de la photographie : Galaad Hemsi, Raphaël Delétang
Monteur : Galaad Hemsi, Loic Lallemand
Production : Les productions du Désert
Distributeur : Les productions du Désert
Genre : Documentaire, Comédie
Durée : 75 minutes
Date de sortie : 11 février 2015

France – 2014

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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