Mandy de Panos Cosmatos avec Nicolas Cage : La critique

Panos Cosmatos opte avec Mandy pour un film de vengeance et nous livre un OVNI bis furieux, poétique, lent et d’une splendeur visuelle à couper le souffle.

Synopsis : Mandy et  Red  vivent dans les montagnes. Lui est un bûcheron mutique, calme. Mandy, elle, tient un magasin dans un trou paumé et passe son temps libre à lire et dessiner. Quand sa route croise celle de Jérémiah Sand, chanteur raté devenu gourou, à qui elle tape dans l’œil, son destin va rapidement sombrer.

Ancré dans les années 80, le deuxième long du fils de George Pan Cosmatos (réal abonné au cinéma B aux punchlines du style « La loi c’est lui » pour Cobra avec Sylvester Stallone) est à nouveau un film de genre. Après le totalement sensique Beyond the black rainbow où les images et les sons prenaient le dessus sur les dialogues (rares) et le scénario (prétexte). Mandy nous plonge, lui, dans un bon vieux revenge movie.

D’un pitch vu mille fois  ailleurs, avec pour ne citer que les meilleurs, J’ai rencontré le diable (Kim Jee Woon), Kill Bill (Quentin Tarantino), Death sentence (James Wan),… Cosmatos livre un film qui prend le temps de présenter ses personnages et surtout une ambiance. Accordant une nouvelle fois une place maître à la bande son et aux images ultra-saturées et léchées façon Dario Argento (de la bonne époque) sous acide, l’auteur nous prouve qu’un genre rebattu peut encore surprendre. Piochant à droite à gauche dans le cinéma des années 70/80, le film de Cosmatos ne ressemble, malgré tout, à rien de ce qu’on y a déjà vu.

Quand l’horreur arrive Nicolas Cage (Red), relégué à quelques apparitions quasi muettes se transforme sous nos yeux pour retrouver une folie qu’on ne lui avait pas vu depuis Volte face de John Woo et pour ainsi dire jamais à un tel degré. L’acteur prend son pied en surjouant tout avec un talent et une audace à faire pâlir le Pacino de Scarface ou le De Niro des Nerfs à vifs.

Côté bad guy, Linus Roache campe un ersatz de Charles Manson (son personnage est lui aussi un chanteur raté ayant ensuite eu une emprise sur des cerveaux faibles pour créer sa secte) avec un talent rare. Tour à tour inquiétant, pitoyable mais toujours furieusement iconique, l’acteur brille dans chacune de ses scènes.

Les images sont d’une beauté hallucinantes comme provenant d’un trip et mélange allègrement les plans aux couleurs saturées et les scènes en anime à mi-chemin d’un trip à la Métal Hurlant et des tableaux de Franck Frazetta.

Malgré toutes ses qualités, et en dépit de critiques élogieuses via les festivals l’ayant présenté, aucune sortie officielle française n’est annoncée. Si vous l’avez manqué lors du Festival de l’Étrange, dernière présentation en salle à Paris, probable que vous ne puissiez le voir qu’en vidéo vers la fin de l’année.

Un nouveau film (l’un des meilleurs de cette année) à échouer sur les plages de plus en plus imposantes des DTV (comprendre Direct To Video) incompréhensibles au vu de la qualité de l’œuvre et de sa réputation de bête de festivals, mais de plus en plus courant dans le genre sous-estimé du film de série.

Fiche Technique :

Mandy
Réalisation : Panos Cosmatos
Scénario : Panos Cosmatos et Aaron Stewart-Ann d’après une histoire de Panos Cosmatos
Musique : Johann Johannsson
Production XYZ Films
Genre: Thriller / Action
Durée : 121 minutes
Sortie US : 19 janvier 2018
Sortie France : non communiquée

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Olivier Pastorino
Olivier Pastorinohttps://www.lemagducine.fr/
Auteur du recueil de nouvelles "Nouvelles des Morts" aux éditions Edilivre et du livre de science fiction "Avant la Fin". Féru de Cinéma, de littérature et de Rock.

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