Mission to Mars, de Brian De Palma : mission inaboutie

En nous racontant l’histoire d’une mission de sauvetage en direction de Mars, Brian de Palma livre, avec Mission to Mars, un film singulier et bancal, capable de nous faire vivre de belles scènes, mais qui reste superficiel.

Synopsis : la première mission habitée est envoyée sur Mars. Mais un phénomène étrange décime les membres de l’équipage. Il faut partir à la recherche d’un éventuel survivant.

Mission to Mars ne figure sûrement pas parmi les chefs d’œuvre de Brian de Palma, mais le film n’est pas un échec complet non plus. Il est possible, au détour de certaines scènes, de retrouver la patte du réalisateur de Carrie ou L’Impasse, qui semble avoir cherché à sauver du naufrage un film auquel il ne croyait pas totalement.

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Le projet, piloté par Disney (à travers sa société Buena Vista Entertainment), est clairement un film commercial à gros budget (100 millions de dollars), et le cinéaste devait se plier à des exigences qui, visiblement, n’étaient pas de son choix. Mars était alors au centre des discussions scientifiques et de l’actualité de la science-fiction : en 1997, Mars Pathfinder atterrissait sur la Planète Rouge et ouvrait la voie à de nombreux imaginaires, tandis que la fameuse Trilogie de Mars, de Kim Stanley Robinson connaissait un succès de librairie conséquent. Le désir d’une science-fiction réaliste se faisait sentir, et c’est sans doute là le point de départ du film.

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Car il faut dire qu’une partie non négligeable de Mission to Mars se prend au jeu du réalisme spatial. En cela, on pourrait presque dire que le film est un précurseur de Gravity. Les difficultés rencontrées par les sauveteurs en approchant de la planète, avec ces mini-météorites qui attaquent la navette, en constituent des exemples flagrants. Il est évident que le cinéaste cherche, pendant une bonne partie du film, à éviter le sensationnel. Les scènes à suspense sont dénuées de musique et d’effets dramatiques grandioses. Le cinéaste se replie sur l’aspect humain de ce qui se déroule à l’écran et insiste sur l’immersion des spectateurs aux côtés de ses personnages. Les mouvements de caméra cherchent ainsi à reproduire les effets d’apesanteur ou de désorientation des astronautes.

Cela donne sans doute les meilleures scènes du film, à commencer par cette danse en apesanteur de toute beauté.

Le problème principal de Mission to Mars, c’est que le film part dans plusieurs directions différentes. A l’opposé de ce réalisme affiché et revendiqué, on retrouve des scènes dont la volonté est manifestement d’impressionner les spectateurs (on pense, bien entendu, à cette fameuse « tempête » qui va décimer l’équipage de la première mission), puis, ce final dont on ne sait trop quoi penser.

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Cette volonté de finir le film sur des considérations pseudo-philosophiques sur l’origine de la vie ne peut, bien entendu, que faire penser à un autre classique de la science-fiction qui fête ses 50 ans cette année. Et c’est là que le bât blesse. Car De Palma, malgré son talent, ses qualités visuelles, malgré même les réflexions qu’il a pu mettre en place dans une bonne partie de ses films, n’est pas Stanley Kubrick. Son film brouillon ne s’aventure sur le chemin de 2001 que de façon maladroite, multipliant les références (l’IA de la navette, la quête sur l’origine de la vie, le blanc aveuglant à l’intérieur du « Visage », etc.) de façon vide.

Finalement, l’ensemble donne une œuvre bizarre, où il est possible de retrouver la patte du cinéaste uniquement lorsqu’il s’écarte du scénario. Il nous livre alors quelques scènes contemplatives vraiment belles mais trop rares pour maintenir l’intérêt du spectateur sur un film pourtant relativement court (110 minutes).

Mission to Mars : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=zVuNC-ZR7Xc

Mission to Mars : fiche technique

Réalisation : Brian de Palma
Scénario : Jim Thomas, John Thomas et Graham Yost
Interprétation : Gary Sinise (Jim McConnell), Tim Robbins (Woody Blake), Don Cheadle (Luke Graham), Jerry O’Connell (Phil Ohlmyer), Connie Nielsen (Terri Fisher).
Photographie : Stephen H. Burum
Montage : Paul Hirsch
Musique : Ennio Morricone
Production : Tom Jacobson
Sociétés de production : Touchstone Pictures, Spyglass Entertainment, Jacobson Compagny, Red Horizon Productions.
Société de distribution : Buena Vista Pictures Distribution
Date de sortie en France : mai 2000
Genre : science-fiction
Durée : 114 minutes

États-Unis- 2000

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