Mark Dixon, Détective d’Otto Preminger enquête en coffret Blu-ray, DVD et livret

Le 4 avril dernier est sorti en coffret Blu-ray + DVD + livret Marx Dixon, Détective (When the sidewalk ends). Édité par Wild Side, le film noir de Otto Preminger suit le parcours obscur de l’enquêteur homonyme aux méthodes efficaces mais brutales. Alors qu’il décide de se reprendre, l’interrogatoire d’un suspect tourne à la mort accidentelle de ce dernier. Les supérieurs de Dixon croiront-ils à cette mésaventure ? Dixon décide de maquiller le décès, mais sera-t-il prêt à tout pour s’en sortir ?

Synopsis : Mark Dixon est un policier new-yorkais doué, déterminé et… brutal. Ses méthodes lui valent régulièrement les foudres de sa hiérarchie. Peu lui importe, il en a fait une affaire personnelle : quitte à flirter avec l’illégalité, il livre une guerre sans merci contre la pègre et le gangster Tommy Scalise qu’il soupçonne d’être lié au meurtre d’un riche Texan. L’enquête le conduite jusqu’à un homme de main, Ken Paine, mais l’interrogatoire tourne court… En effet, ce dernier agresse violemment Dixon qui réussit à le repousser. Paine, blessé de guerre, chute tête la première et décède. Que va alors faire le détective : cacher l’accident, le lier à Scalise, ou avouer les faits ? Mais ses supérieurs croiraient-ils à la légitime défense et au décès accidentel ?

« Le fils Dixon »

Le film démarre le long d’un trottoir sur lequel sont écrits à la craie les grands titres du générique. Aucune musique accompagne le générique et « l’entrée » dans le quotidien nocturne des policiers. Tous les sons sont diégétiques – c’est-à-dire qu’ils appartiennent à l’univers représenté dans le film. C’est alors qu’arrive le drame. L’accident qui va être l’objet de l’intrigue du film. Dixon, ce policier efficace mais brutal, doit se défendre contre Ken Paine, un ex-soldat alcoolisé et dangereux. Ce dernier est d’ailleurs le suspect numéro un d’un homicide venant d’avoir lieu lors d’une partie de dés illégale. Le détective réussit à le repousser. Le suspect chute. Mais ce que l’enquêteur ne savait pas, c’est que le vétéran avait une broche au crâne. Ainsi l’ex-soldat meurt à la réception de sa chute pourtant loin d’être violente. Dixon lui demande se relever, puis sent l’effroi lui saisir lentement le coeur. Il prend le pouls de l’homme à terre. Il est mort. Dixon se relève, terrifié ; la musique extra-diégétique s’emballe. Le film noir est bien lancé, là, au moment où les sentiments des hommes s’emmêlent dans les ténèbres de l’action. Que doit faire Dixon ? Ses chefs le croiront-ils ?

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Mark Dixon (Dana Andrews) laissera-t-il des innocents porter le chapeau ? Des innocents tels que la douce et sublime Morgan Taylor (Gene Tierney) ?

Le détective est terrifié par les conséquences mais aussi par autre chose. « Le fils Dixon », c’est ainsi que l’appelaient les autres enfants du quartier, puis ses premiers collègues policiers. Et il se pose la douloureuse question : et s’il était un criminel comme son père l’avait été jadis ? S’ensuit un périple obscur pendant lequel le coeur de l’enquêteur va balancer entre la culpabilité insupportable mais occultée, et la volonté de ne pas devenir un truand. Un innocent est arrêté, il devient le coupable idéal pour les collègues de Dixon. L’innocent n’est autre que le père de Morgan Taylor, la femme de Paine. Cette dernière est séparée de son mari qui était un être torturé, explique-t-elle. L’amour naissant entre Mark et Morgan va lui inspirer un acte héroïque qui n’est pas celui auquel on s’attend. Cette action a lieu alors que Dixon récolte gloire et réputation dans une séquence lumineuse, et non une scène gouvernée par les ombres. En effet, ce dernier, en tant que héros, va décliner toute cette gloire liée à des actions résultant de la fameuse mort accidentelle. Car tout héros est au service de la vérité et du bien commun, et non de soi. Dixon, celui qui voulait être meilleur, va alors perdre beaucoup, mais il ne sera jamais plus « le fils Dixon ». Aussi, ce nouvel héros, une fois terminée la nouvelle épreuve qui l’attend, sait que l’amour et la paix seront prêts à l’enlacer. Ainsi Mark Dixon, Détective est bel et bien un film de Preminger, ce génie réalisateur qui captait le monde dans ses contradictions et nuances, et qui alors, permettait à ses personnages d’exister au-delà de l’absolutisme social qui tend à tous nous accabler.

Blu-ray noir

L’édition proposée par Wild Side est à nouveau soignée. Rien à redire concernant l’image et le son de la copie du film. Celle-ci, formidable, est accompagnée de deux bonus vidéo dont un qui fera battre le coeur des cinéphiles à la simple lecture de ces mots : Otto Preminger, cinéaste par Peter Bogdanovich. D’une trentaine de minutes, l’interview de l’un des plus érudits des cinéastes – aussi l’un des plus formidables passeurs de connaissance – constitue un parfait complément au film. Le deuxième bonus vidéo est un documentaire sur la sublime Gene Tierney, une star oubliée. Hélas, ce « portrait de la star d’Hollywood, héroïne des plus grands réalisateurs » n’était pas présent sur le disque test envoyé par Wild Side. Enfin, comme à son habitude, Wild Side complète les bonus de l’édition avec un livret exclusif de soixante pages écrit par Frédéric Albert Lévy et illustré des sempiternelles « photos d’archives rares ». Enfin, si l’entrevue de Peter Bogdanovich réfléchit l’ensemble de la carrière de Preminger, le livret de FAL, concentré sur Mark Dixon, Détective, fera écho avec l’interview, tissant alors un dialogue transmédiatique créant de façon synergique une réflexion cohérente et pertinente sur le film et son réalisateur Otto Preminger.

Extrait – Mark Dixon, Détective

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Noir & Blanc – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Anglais Dolby Digital Mono 1.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h32

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré – Noir & Blanc – Format image : 1.33 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais DTS Master Audio Mono 1.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34

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COMPLEMENTS

– Otto Preminger, cinéaste par Peter Bogdanovich (30′)

– Gene Tierney, une star oubliée : portrait de la star d’Hollywood, héroïne des plus grands réalisateurs (52′)

+ Livret exclusif de 60 pages, écrit Frédéric Albert Lévy dit FAL – journaliste cinéma et co-fondateur de la revue Starfix –, illustré de photos d’archives rares

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Coffret Blu-ray+DVD+Livret

Festival

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