Festival Séquence Court Métrage : bilan de la 26ème édition

Comme chaque année à Toulouse, l’association Séquence Court-Métrage organise un festival afin de diffuser le plus largement possible l’art du format court. Durant ces quelques jours, le public a l’occasion de découvrir des court-métrages venus du monde entier,  certains, déjà reconnus et primés, d’autres ne font que débuter mais sont pleins de promesses. À travers sa sélection de 130 films sur les 1300 reçus par les organisateurs, l’équipe de Séquence propose des thèmes aussi riches que variés et des techniques aussi originales que surprenantes pour divertir son public.

De l’animation à la fiction, le format court se renouvelle et ne fait que marquer de plus en plus les esprits avec une originalité et une technique assez incroyable. La programmation a su saisir ses qualités pour faire du Festival Séquence Court Métrage quelque chose de singulier. Ajoutant aux cinq compétitions, des séances spéciales telles que comédies musicales, humour et même une nuit entière consacrée aux courts avec pour thème l’amour, le festival propose une variété de découvertes qui ne peut que séduire le public et en sortir quelques uns de leur zone de confort. Captivés ou non par les projections, les spectateurs en sortent forcément enrichis de cette expérience qui intrigue ou passionne. Au total, 32 pays étaient représentés, ce qui donne un aperçu de la diversité des programmes ; aussi bien sur le fond que sur la forme.

une-robe-d-ete-françois-ozonEn plein mois de novembre et alors que l’hiver commence à se faire sentir, l’équipe de Séquence choisit de placer sa soirée d’ouverture sous le thème de la plage. Avec des projections qui font honneur au sujet, le public découvre ou redécouvre un court métrage de François Ozon par exemple : Une robe d’été qui montrait déjà toute l’étendue du talent du réalisateur pour saisir les images et parler de sexualité dans les années 1990. De films d’animation étonnants aux fictions dont les images sont captivantes, les court-métrages font parler. Épatants de technique mais aussi de qualité, certains animés convainquent par la réussite de leur dessins pendant que d’autres laissent perplexes sur leur sens, que l’on trouverait sans doute après plusieurs visionnages. Le message n’est pas toujours clair et c’est en cela toute la difficulté des court-métrages qui ont un temps réduit pour dire ce qu’un long peut prendre le temps de développer. Cette exigence, elle est aussi dans les choix esthétiques des metteurs en scène qui doivent se montrer bien plus rigoureux sur ce type de création pour toucher le spectateur. Beaucoup sont d’ailleurs bien plus dans la contemplation que dans le dialogue et, lorsqu’à ce moment là, cela reste efficace, on saisit alors l’ampleur du talent d’un cinéaste. La soirée d’ouverture exploite alors le court sous toutes ses formes et propose plusieurs styles qui ont chacun leur propos à tenir. Des premiers pas d’Oulaya Amamra (Divines) dans Belle Gueule,  à La révolution des crabes qui finit la soirée en beauté, la programmation séduit par ses images et son humour pour cette première soirée.

Du côté de la compétition…en-cordee-matthieu-vigneau

Tout au long de l’année, l’association a proposé des soirées de présélection où étaient présentés 21 films. Il ne restait alors plus qu’au jury d’élire le grand vainqueur parmi les six finalistes. Et c’est la réalisation de Matthieu Vigneau qui a été primée : court métrage noir et blanc qui interpelle et attise la curiosité du spectateur. L’oeuvre a semblé conquérir le coeur du jury composé de professionnels du cinéma. Parfois insaisissable, parfois comique par son décalage, En Cordée a autant de qualités scénaristiques que de mystères dans sa réalisation.  Le public a, quant à lui, choisit un film aux abords plus politiques avec Kapitalistis, dénonçant le capitalisme de Noël de manière décalée et humoristique. L’accent belge est à son meilleur jour dans ce court-métrage qui divertit gentiment en plaçant tout de mêmes quelques doux messages provocateurs. Côté compétition internationale, c’est Timecode qui l’emporte. Palme d’or du Festival de Cannes en 2016, revoir ce court métrage ne fait que confirmer la poésie qui s’en émane malgré un cadre qui n’apparaît pourtant pas comme facilitateur. Le court-métrage espagnol de Juanjo Gimenez Pena convainc par ses pas de danse divins, ses suggestions habiles et la tendresse qu’il parvient à faire passer à travers simplement des post-it et des caméras de surveillance.

L’animation a également brillé pendant ce festival et offrait beaucoup de magie au jeune public comme aux plus grands, qui se laissaient facilement emportés par des histoires loufoques parfois, mais souvent très jolies. En parlant des plus jeunes, Séquence Court Métrage organisait également une compétition Collèges/Lycées pour laquelle des classes ont réalisés des films à l’aide de professionnels. Les deux vainqueurs pour cette catégorie montrent la grande surprise quant à la qualité des œuvres présentées. Un film d’animation totalement envoûtant pour le collège et un court-métrage à la qualité cinématographique quasiment irréprochable sur le thème de l’homophobie pour le lycée. À l’image du Festival en entier, ces deux réalisations étaient étonnantes mais surtout ravissantes.

Le palmarès : timecode-Juanjo Gimenez-Pena

Compétition Française Prix du Jury : En Cordée, réalisé par Matthieu Vigneau

Compétition Française, Prix du Public :  Kapitalistis, réalisé par Pablo Muñoz Gomez

Compétitions Internationales : Timecode, réalisé par Juanjo Giménez Peña

Compétition Animation 1ers films : Des résidus analytiques, réalisé par Jon Boutin

Prix des Collèges/Lycées : Le Secret (collège) / Under Pressure (lycée)

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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