McWalter, loin d’une vidéo youtube à gros budget

Révélé sur Internet en 2008, Mister V – de son vrai nom Yvick Letexier – n’a jamais renié ses origines. Derrière l’humour absurde et l’énergie enfantine qui ont fait sa renommée, se cache un créateur en quête permanente de nouvelles idées pour amuser son public, mais aussi lui-même. De YouTube au rap, en passant par la pizza, l’artiste a multiplié les terrains de jeu sans jamais perdre sa signature. Aujourd’hui, il franchit une nouvelle étape avec son premier long-métrage. Au cœur du projet, McWalter, personnage qu’il a façonné il y a déjà une décennie. Devenu culte au fil des vidéos, ce héros burlesque a atteint un pic de popularité avec un troisième épisode particulièrement marquant, où la mise en scène, plus ambitieuse, témoignait déjà d’une volonté de cinéma. Ce film, réalisé par l’excellent Simon Astier, est disponible ce vendredi sur Prime Video : McWalter is back !

Vous appelez sur le téléphone d’un mort

Comment décrire McWalter ? Pour certains, il est le meilleur agent au monde. Invincible, capable de se tirer de n’importe quelle situation. Pour d’autres, il n’est qu’un boulet monumental, détruisant tout sur son passage. Sa femme, elle, le résumerait en un mot : distrait, affublé de sérieux problèmes de mémoire. Sans amis, entouré d’ennemis, McWalter n’en reste pas moins un héros — voire le héros. Mais que devient ce modèle d’efficacité lorsqu’il se retrouve accusé d’être… le plus grand terroriste que la Terre ait jamais connu ? Un point de départ qui semble reprendre les codes éculés du film d’action. Pourtant, difficile de le voir comme une faiblesse : Mister V a toujours assumé son goût pour les clichés, s’en amusant pour mieux les détourner. Son arme secrète reste la même : une punchline au bon moment, qui transforme l’attendu en éclat de rire.

Pendant près d’une heure quarante, le récit entraîne le spectateur exactement là où il s’y attend : un scénario qui puise sans complexe dans les codes du film d’espionnage, avec James Bond en figure principale. Mais la véritable force du film ne réside pas dans son intrigue, plutôt balisée, que dans l’absurde qui irrigue chacune de ses situations — des situations qui seraient mortelles pour tout personnage privé de suspension consentie de l’incrédulité. McWalter est généreux : dans sa volonté de faire rire, mais aussi de raconter. Certaines séquences flirtent habilement avec l’émotion, quand d’autres enchaînent les répliques aussi débiles que brillantes à un rythme effréné. On retrouve évidemment la marque de fabrique de Mister V, notamment son goût assumé pour les jeux sous la ceinture. Difficile d’ignorer la volonté de balancer cinquante jeux de mots différents, quand la cellule antiterroriste du film s’appelle la NUS… surtout quand on apprend qu’« elle a pété » après l’explosion d’une bombe.

Le film, il a une vraie gueule, j’vous ferai dire !

Si Mister V occupe naturellement le premier rôle, l’intrigue laisse aussi de l’espace à des seconds rôles solides, incarnés par Géraldine Nakache ou encore l’excellent William Lebghil. Loin, très loin de l’égo-trip que l’on aurait pu redouter pour un projet porté par une figure née sur YouTube, le film respire le collectif. Une question demeure pourtant : pourquoi Yvick Letexier n’a-t-il pas réalisé lui-même le film ? La réponse est limpide : parce qu’il reconnaît ne pas en avoir les compétences. Et au vu du résultat, difficile de ne pas saluer cette lucidité. Car derrière la caméra, on retrouve Simon Astier. Connu pour son rôle d’Yvain (Chevalier au Lion) de Kaamelott, mais aussi pour ses créations audacieuses comme Hero Corp ou Visitors, il livre ici une mise en scène soignée, efficace et ambitieuse.

Tout n’est pas parfait. Malgré trois mois d’entraînement intensif, Mister V ne peut pas totalement dissimuler ses limites physiques, et les scènes d’action, lisibles mais souvent surcutées, peinent à convaincre. C’est regrettable, d’autant que certains choix de mise en scène, notamment en vue aérienne, auraient pu se prêter à de superbes plans-séquence. Même constat pour les effets spéciaux : parfois étonnamment réussis, parfois franchement ratés. Ces faiblesses techniques ne gâchent toutefois pas le plaisir général, même si l’on perçoit par moments un manque de souffle – et sans doute de budget – dans certains décors. Plus surprenante encore est l’absence quasi totale de faux raccords comiques, pourtant véritable signature de Mister V et culminant dans McWalter 3. Faut-il y voir un oubli, ou une volonté d’ancrer la mise en scène dans une forme de réalisme, malgré l’absurde ambiant ? Il est impossible de trancher. Un choix d’autant plus étonnant que ce procédé, récemment remis en valeur dans Y a-t-il un flic pour sauver le monde, continue de prouver son efficacité comique.

In fine, à qui conseiller McWalter : le film ? Aux fans de Mister V, bien sûr, mais aussi à ceux de Freddy Gladieux et Vincent Tirel, co-scénaristes complices dont l’empreinte comique se ressent à chaque dialogue. Les amateurs de Simon Astier y trouveront également leur compte : le cinéaste de Hero Corp et Visitors imprime suffisamment sa patte pour que son univers transparaisse à l’écran. L’influence des Nuls, des Inconnus, mais aussi des Monty Python ou de la saga Y a-t-il un flic ? saute aux yeux, assumée sans complexe par Yvick et ses camarades. Reste que l’expérience sera rédhibitoire pour quiconque rejette l’humour absurde ou pipi-caca, auquel cas la projection relèverait plus de la torture que du divertissement. Pour les autres, McWalter s’impose comme une proposition sincère : pas un chef-d’œuvre, ni même une grande comédie, mais un film fait avec passion et avec le cœur. L’œuvre d’un créateur né avec Internet, soutenu par son public, et qui signe ici une véritable déclaration d’amour à ceux qui l’accompagnent depuis ses débuts.

Bande-annonce : McWalter 

Fiche Technique : McWalter 

📽️ Réalisateur

Simon Astier
Connu pour son rôle d’Yvain (Chevalier au Lion) dans la série Kaamelott.
Réalisateur de séries audacieuses comme Hero Corp et Visitors.
Livre ici une mise en scène décrite comme « soignée, efficace et ambitieuse ».

✍️ Scénaristes

  • Yvick Letexier (Mister V) – Créateur du personnage de McWalter il y a une décennie. Auteur connu pour son humour absurde et son énergie enfantine.
  • Freddy Gladieux – Co-scénariste et complice de Mister V.
  • Vincent Tirel – Co-scénariste et complice de Mister V.

🎭 Acteurs Principaux

  • Yvick Letexier (Mister V) – Rôle principal : McWalter.
  • Géraldine Nakache – Second rôle solide.
  • William Lebghil – Second rôle, décrit comme « excellent ».

📀 Distributeur
Prime Video
Plateforme de streaming sur laquelle le film est disponible.
🎞️ Genre
Comédie absurde / Action / Espionnage
Le film puise dans les codes du film d’espionnage, avec James Bond en figure principale.
Absurde et humour « pipi-caca » comme marque de fabrique.
📅 Date de Sortie
Disponible sur Prime Video
🗺️ Pays d’Origine
France
🗣️ Langue Originale
Français
⏱️ Durée
1h51
📝 Résumé
McWalter, un personnage à la fois considéré comme le meilleur agent au monde et un boulet monumental, se retrouve accusé d’être le plus grand terroriste que la Terre ait jamais connu. Le film suit ses aventures absurdes alors qu’il tente de prouver son innocence, dans une trame narrative qui reprend et détourne les clichés des films d’action et d’espionnage.
🎉 Particularités et Notes
Origine du personnage : McWalter est un personnage créé par Mister V il y a déjà une décennie, et devenu culte au fil de vidéos publiées sur YouTube.

Note des lecteurs30 Notes
3

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Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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