Un colosse en lauragais

Ce livre peu épais (126 pages, remerciements compris), signé Pascal Dessaint, est une sorte de biographie (légèrement) romancée d’un étonnant personnage nommé Pierre Mazas, né du côté de Lavaur (Tarn) en 1847 et décédé à Toulouse en 1901, déclaré comme laboureur.

Pascal Dessaint s’est fait sa réputation comme auteur de romans policiers situés dans la région toulousaine qu’il connaît bien. À force de sillonner la région, il a pris connaissance de l’existence de Pierre Mazas puis souhaité en savoir plus pour en faire un livre. La réputation de Pierre Mazas s’est faite comme géant (2,20 m au meilleur de sa forme) d’une force incroyable (quelques-uns de ses actes dans la vie courante sont cités parce que restés dans les mémoires et les annales) et surtout comme lutteur de foires.

Sources et repères

L’auteur utilise des renseignements glanés dans les registres locaux (état civil) et les archives où il a retrouvé un certain nombre d’articles de journaux relatant les exploits de Pierre Mazas comme lutteur. Avec toutes ces informations, il ne se contente pas de dresser le portrait physique et psychologique de Pierre Mazas, puisqu’il donne également à revivre toute une époque, en donnant des repères historiques chronologiques (évolution politique), avec des descriptions d’habitations notamment. Celles et ceux qui connaissent bien la région toulousaine trouveront quelques repères qui les feront réagir.

Une vie de lutteur

Enfin, l’auteur propose une description très vivante (et convaincante) des affrontements livrés par Pierre Mazas sur les différentes foires de la région. On comprend comment sa notoriété s’est établie, sur une durée d’environ 8 ans. Les affrontements avec celui qui se faisait appeler Millehomme sont d’autant plus un régal que l’auteur fait la part des choses entre les descriptions dans des articles de presse et ce qu’il sait du personnage et de l’époque. Et puis, Pascal Dessaint s’attarde sur la brusque dégradation de l’état physique de Pierre Mazas, qui lui fit perdre beaucoup en taille, amena sa déchéance et le fit s’éloigner de sa famille (une femme et trois enfants), pour survivre à Paris (à l’époque de l’exposition universelle), comme curiosité de la nature (du genre freak), allant jusqu’à attirer l’attention d’Edouard Brissaud, célèbre médecin qui va le convaincre de venir le consulter. Grâce à ce médecin qui publiait dans des revues scientifiques très sérieuses, Pascal Dessaint a obtenu de précieuses informations sur l’état réel de Pierre Mazas sur la fin de sa vie.

Conclusion

Sans prétention (ce livre relève avant tout de l’anecdotique), Pascal Dessaint livre un témoignage de qualité sur un personnage qui pourrait tomber dans l’oubli, bien qu’il ait marqué celles et ceux qui l’ont côtoyé à l’époque. La rigueur de son travail de recherche lui permet d’extrapoler de façon intelligente et très vivante sur tout ce qui fit la vie de Pierre Mazas. En parallèle, toutes les connaissances accumulées par l’auteur lui permettent de faire sentir l’atmosphère d’une époque, avec de nombreux détails judicieux.

Un colosse, Pascal Dessaint
Rivages : sorti le 5 mai 2021
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3.5

Festival

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"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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