Chroniques de @latrentainetmtc : un ouvrage hilarant pour les trentenaires qui s’assument

Depuis quelques années maintenant, les influenceurs ont investi la sphère du livre et les éditeurs chassent désormais sur le terrain de jeu du célèbre réseau au logo multicolore. La maison Robert Laffont ne viendra pas infirmer ce postulat, avec ses quelques centaines de milliers d’exemplaires de Toujours plus, de Léna Situations vendus en 2020. Il y a quelques mois est né un nouveau « bébé » livresque issu d’Instagram : Chroniques de la trentaine (TMTC), du compte @latrentainetmtc qui rassemble aujourd’hui plus de 100 000 abonnés. 

Un ouvrage bien pensé, qui va au-delà du compte Instagram éponyme

L’instagrammeuse dénommée @latrentainetmtc n’est pas comme ceux et celles qui mettent leur quotidien en scène pour vendre du rêve à travers des filtres et des images laqués. Elle ne se montre pas, préférant dépeindre le quotidien des trentenaires d’aujourd’hui, les « adulescents » de la génération Y, à travers des illustrations accompagnées de légendes sarcastiques. 

De prime abord, le livre à la couverture criarde semble être une reconstitution du feed Instagram. Alors, cela vaut-il vraiment le coup de verser une dizaine d’euros pour avoir le plaisir de laisser bruire entre ses doigts les pages joliment illustrées au lieu de les contempler sur un écran pixelisé ? 

La réponse est oui, sans conteste. 

Une dénonciation subtile des diktats de la société

Dès le sommaire, on peut constater que l’ouvrage est pensé avec intelligence, divisé en sections qui évoquent chacune une thématique propre aux trentenaires : la crise existentielle, le célibat, les difficultés professionnelles, le sexe, la famille, la parentalité. À travers son coup de crayon et sa plume très orale (un mélange de verlan et de franglais), l’autrice dénonce gentiment les injonctions de la société, les diktats liés au couple ou les désillusions qui jalonnent la vie professionnelle. Sous une apparence très humoristique, Chroniques de la trentaine (TMTC)  évoque en fait des sujets profonds, épineux ainsi qu’une certaine nostalgie de l’enfance. 

Un ouvrage à l’humour gentiment caustique

Finalement, la combinaison d’illustrations et de légendes caustiques fait mouche, Chroniques de la trentaine (TMTC) est un redoutable page-turner que l’on n’a pas envie de lâcher. Les illustrations sont simples mais très efficaces et il se dégage de ces pages une authenticité qui touche. Les sourires du lecteur fleurissent incessamment et laissent même place, de plus en plus rapidement, à de francs éclats de rire. Car au final, en tant que jeune trentenaire, on se reconnaît dans absolument chaque petit travers décortiqué, de l’excuse vaseuse pour esquiver une soirée à la tisane du soir, qui remplace les shots d’antan. Même ce qui paraît caricatural ne l’est pas et, derrière l’humour, on trouve une certaine dose de réconfort : réconfort de ne pas se savoir seul à expérimenter cette drôle de période, un âge équivoque dans lequel les chemins de vie des uns et des autres s’éloignent et les amitiés s’effilochent. 

Fondamentalement, l’autrice perçoit le monde avec une grande sensibilité, elle parvient à mettre des mots sur des situations dont on pouvait ne pas avoir conscience jusqu’alors et c’est probablement ce qui fait le succès de son compte : la possibilité de s’identifier, d’en rire, d’en rougir gentiment. 

Un véritable bijou de drôlerie, exquis. À offrir de toute urgence à tous vos proches trentenaires ou en passe de l’être.

Chroniques de la trentaine (TMTC), @latrentainetmtc
Éditions Mango Society, septembre 2021, 192 pages

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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