Une dernière mission au service de Sa Majesté pour Daniel Craig

Après 15 ans et cinq films, l’ère 007 de Daniel Craig s’est terminée avec « No Time to Die ». Bien qu’il ait été un choix très critiqué à l’époque, Craig a non seulement prouvé aux sceptiques qu’ils avaient tort, mais il s’est également imposé comme l’un des plus grands agents 007 de l’histoire. En effet, l’ère Craig a montré ce qu’est vraiment 007 et ce qu’il peut devenir entre de bonnes mains. Ses cinq films réalisés par quatre réalisateurs différents ont donné un véritable univers à James Bond et une continuité entre les films, à l’inverse de certains des volets précédents. Évidemment, comme avec la plupart de ses prédécesseurs, les films James Bond de Craig présentent également un certain degré d’incohérence, allant de films qui comptent parmi les meilleurs de la franchise à certains de ses pires. Ainsi, à l’heure de dire au revoir à notre super espion, redécouvrons les cinq films Bond joués par Craig.

Casino Royale

Sorti en 2006, Casino Royale a été réalisé par le cinéaste néo-zélandais Martin Campbell. Vingt-et-unième volet de la série James Bond, cette nouvelle aventure a une continuité distincte des épisodes précédents. En effet, elle nous présente un James Bond qui en est à ses débuts en tant qu’agent double « 00 » du MI6. C’est la première fois qu’on découvre l’acteur britannique Daniel Craig dans le rôle de 007.

Comme plusieurs le savent désormais, l’intrigue du film est basée en partie sur le roman de l’auteur et ancien espion britannique Ian Fleming, publié en 1953. Dans le film, nous suivons Bond qui enquête sur un mystérieux gang criminel dirigé par un terroriste nommé Le Chiffre (incarné avec brio par Mads Mikkelsen). Il devra faire face à ce dernier pendant une partie de poker assez dangereuse au Casino Royale. Ce film s’inscrit ainsi dans la lignée des œuvres cinématographiques portant sur les activités de pari, avec des protagonistes qui se rendent dans des casinos légaux en Belgique, à Monaco, à Las Vegas ou autres et contournent les règles pour faire des coups spectaculaires. En sa qualité d’agent spécial, James Bond se soucie encore moins d’apprendre tout ce qu’il faut savoir à propos de la légalité du pari en Belgique, en France ou au Monténégro. Ses escapades dans les casinos légaux en Belgique ou au Monténégro dans l’exemple de Craig, ne sont que des prétextes pour remplir une mission. Au cours de cette mission justement, notre espion tombe amoureux de Vesper Lynd (Eva Green), une employée du ministère britannique des Finances, qui sera la « Bond Girl » de cet opus.

Notons que Casino Royale est reconnu par certains comme l’un des meilleurs longs-métrages sur le thème du casino. En effet, ses scènes de poker mêlant tension et autres émotions sont d’un autre niveau. Cela nous en apprend aussi plus sur le personnage de Craig qui reste sûr de son jeu, qu’il soit entouré ou non par des gangsters au Casino royale. Le public fait donc la connaissance d’un James Bond unique, original et fort. Les séquences d’action sont sublimes, faisant entrer la franchise dans le XXIe siècle. Cette nouvelle interprétation de Bond a défini le modèle et les normes pour la plupart des films à suivre.

Quantum of Solace

Sorti en 2008, Quantum of Solace est censé être une suite de Casino Royale. Dans cet opus, notre cher James Bond est déterminé à retrouver ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant White, 007 et M comprennent que son organisation est plus compliquée et dangereuse qu’ils ne le pensaient. Dans son aventure, Bond rencontre la belle et combative Camille (Olga Kurylenko), qui cherche tout comme lui à se venger. Elle l’amène sur la piste de Dominic Greene (Mathieu Amalric), un homme d’affaires impitoyable, et l’un des piliers de l’organisation. Pendant une mission qui le conduit en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, 007 découvre que Greene utilise le pouvoir de l’organisation afin de contrôler l’une des ressources naturelles les plus importantes au monde. Et tout cela en manipulant le gouvernement britannique, la CIA ainsi que d’autres organisations. C’est une course contre la montre qui commence.

Après les merveilleux débuts de Daniel Craig dans le rôle de James Bond, Quantum of Solace a été confronté à la tâche ardue de maintenir ce niveau. Toutefois, la grève de 2007-2008 de la Writers Guild of America n’a fait que rendre les choses plus difficiles. Le script est encore incomplet lorsque le tournage est censé débuter, et le réalisateur Mark Foster ainsi que Daniel Craig doivent travailler dur pour le terminer. Malheureusement, ces problèmes se reflètent dans le film lui-même. Sans surprise, l’histoire est déroutante et incohérente. Malgré les efforts fournis par Craig, le film manque d’humour et on remarque plusieurs coupures dans les scènes d’action. C’est l’un des plus mauvais films de la franchise.

Skyfall

Après une dernière mission ratée où il est censé avoir péri, Bond s’est exilé. Exil de courte durée cependant, car Londres tout comme M a besoin de notre espion. Des sites du MI6 ont été attaqués et Bond devra découvrir tout en gardant son identité secrète qui se cache derrière ses attentats. Sorti lors du 50e anniversaire de la franchise en 2012, Skyfall est considéré comme le plus grand film de l’histoire des Bond, encore meilleur que Casino Royale. De par son positionnement unique, c’est un film qui répond à toutes les attentes et plus encore. Il introduit enfin les personnages et les éléments clés de la franchise tout en leur apportant une touche de modernité.

Tous les éléments se trouvant dans Skyfall sont excellents. La relation entre M et Bond a été très bien reproduite à l’écran, lui donnant une profondeur sans précédent. Aussi, nous avons Silva qui représente le méchant idéal, alliant amusement et frayeur. Les jeux de lumière, les couleurs, le cadrage et le cadre choisi font de Skyfall une masterclass. Les scènes d’action sont brillamment filmées et soigneusement chorégraphiées, et même la bande originale chantée par Adèle est l’une des meilleures, une ballade puissante qui marque les esprits.

Spectre

Dans ce 4e opus, notre espion préféré James Bond mène une enquête sur une sinistre organisation après avoir reçu un étrange message de la défunte M. Il fera ensuite de son mieux pour découvrir la vérité épouvantable qui se cache derrière le spectre. Un homme inconnu nommé Oberhauser (Christoph Waltz) dirige cette organisation criminelle et semble très bien connaître monsieur Bond. Deux femmes aideront l’agent de Sa Majesté à traquer le spectre partout dans le monde.

Poursuivant la tendance « un bon et un mauvais » des films James Bond de Daniel Craig, Spectre est un film sombre influencé par trop d’idées et qui essaye de maintenir la franchise en se rattachant à son passé. Il nous montre les limites d’une aussi longue série que celle des Bond et la difficulté de lui donner un arc. Ajoutons aussi que Oberhauser, le méchant, est un peu décevant, car il n’a jamais pu devenir l’antagoniste emblématique qu’il devait être.

Il se dit qu’après Skyfall, Daniel Craig n’avait plus envie d’incarner James Bond. En effet, cela se voyait à l’écran tant l’acteur semblait non seulement à bout de souffle, mais aussi ennuyé. Cependant, cet opus reste bien meilleur que Quantum of Solace en raison du retour du réalisateur Sam Mendes à qui l’on doit les séquences d’action passionnantes, y compris la scène d’ouverture à couper le souffle au Mexique.

No Time to Die

Attention cet article peut contenir des spoils.

Dans ce dernier volet qui marque la fin de l’ère Craig, le monde a une nouvelle fois besoin de l’agent 007. Notre agent va devoir sortir de sa retraite et retrouver ses anciens collègues du MI6 (M, Moneypenny et Q), mais aussi un nouvel agent « double 00 » du sexe opposé qui est aussi efficace que lui. Ensemble, ils devront affronter non pas un, mais deux méchants.

Dans son dernier film en tant que James Bond, Daniel Craig se sent plus vivant ici que dans le précédent Spectre. No Time to Die est l’une de ses performances les plus réussies en tant que Bond, car elle couvre tout son arc, du tueur impitoyable à l’espion qui apprend à aimer. No Time To Die présente néanmoins de vrais problèmes, notamment au niveau du rythme. Le film dure près de trois heures et Bond est obligé de faire face à deux éléments : gérer Blofeld, mais aussi le nouveau méchant Lyutsifer Safin (Rami Malek). La collision de ces éléments complique inutilement l’histoire. Ajoutons que le nouveau méchant Safin ressemble à un antagoniste Bond d’une époque révolue.

Cependant, malgré tous les défauts, No Time to Die réalisé par Cary Joji Fukunaga réussit à s’en sortir. Le travail des personnages, des thèmes et des émotions est très bien effectué. Peu de films James Bond sont aussi déchirants que celui-ci, et il ne s’agit pas seulement de la performance complète de Craig, mais de la façon dont il combine des éléments de ses autres films.

À l’heure du bilan, ce qui reste le plus marquant dans ce volet est le fait que Daniel Craig ait décidé de faire quelque chose que les autres films de 007 n’ont pas eu le cran de faire : tuer James Bond. Il ne reste plus désormais qu’à attendre de voir quelle direction prendra maintenant cette franchise, et surtout quel acteur (ou actrice ?) devra désormais se mettre au service de la Couronne.

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