Sans un bruit 2, un film de John Krasinski : Un deuxième opus plus mouvementé

Après le succès d’un premier film efficace, John Krasinski se lance dans la mise en chantier d’un Sans un bruit 2 qui gagne en spectaculaire ce qu’il perd en surprise et en intérêt narratif.

Synopsis : Après la contre-attaque contre les créatures vues à la fin du premier film, la veuve Evelyn Abbott et ses enfants quittent leur demeure pour s’aventurer en dehors de chez eux. Mais ils découvriront, rapidement, qu’il y a d’autres survivants et qu’il existe d’autres menaces que les monstres.

On sent très rapidement que John Krasinski aura été dépassé par le succès de son premier film, et qu’il n’avait pas eu nécessairement l’idée d’en faire une suite. Plutôt original dans sa conception, maîtrisée dans son approche du rythme et de la tension malgré un scénario minimaliste mais prenant dans la simplicité de ses enjeux, Sans un bruit premier du nom était une agréable surprise qui se suffisait amplement à elle-même. Mais Hollywood n’est pas du genre à reculer face à un filon potentiellement juteux et on sent que la volonté du studio aura poussé l’envie d’une suite à son metteur en scène. Commençant directement là où s’achevait le premier film, Sans un bruit 2 débute d’un pas mal assuré, juste après une impressionnante et très réussie séquence de flashback qui revient au tout début de l’invasion des créatures. Une scène qui d’ailleurs souligne bien le fait que ce deuxième opus aurait plus gagné à être une préquelle plutôt qu’une suite.

Car assez vite, à vouloir élargir ses horizons et introduire de nouveaux personnages, Krasinski se trouvera confronté aux limites de ce qu’il a créé tant il ne parvient jamais à étendre ses enjeux et la crédibilité de son univers au-delà du petit cercle de la famille Abbott. Là où l’ignorance du premier film, et sa volonté de n’offrir que très peu de contexte, fonctionnait en sa faveur, on se rend compte ici de la maigreur narrative de ce qui nous est proposé. Il va donc rejouer peu ou prou la même formule mais avec juste un tout petit peu plus d’ampleur. Scindant très tôt ce qui reste de la famille pour suivre en parallèle deux intrigues différentes, il devient assez vite évident que dépossédé de la figure du patriarche Krasinski peine à savoir comment garder unis ses protagonistes et leur donner à tous un rôle significatif. On se retrouve avec deux intrigues simultanées mais à l’intérêt variable, notamment une qui repose beaucoup trop dans son déroulé sur les décisions stupides de ses personnages. Tandis que l’autre, celle qui se révélera être le cœur du film, s’avère plus efficace car non seulement elle cristallise les enjeux du film mais ne souffre jamais de grosses lacunes d’écritures.

On pourra lui reprocher une certaine redite avec le premier opus, notamment pour le fait que Krasinski réinjecte une figure paternelle dans son récit, même si cette fois-ci elle est plus controversée. Mais le duo qu’il forme avec ce nouveau personnage, assez réussi au demeurant, et la fille Abbott fonctionne plutôt bien. Tout particulièrement grâce à la présence charismatique et intense du toujours excellent Cillian Murphy. Gros atout de cette suite, il intègre un casting toujours aussi solide même si globalement moins bien exploité par le scénario. Notamment Emily Blunt qui se trouve avec très peu de matières avec lesquelles composer. Mais la vraie réussite de cette suite réside dans son emballage visuel. Techniquement irréprochable, John Krasinski démontre aussi plus d’assurance dans sa mise en scène et n’hésite pas à offrir un spectacle plus définitif et ce dès son impressionnante scène d’ouverture. Implacable, tendue et enlevée, elle pose les bases d’un film qui ne faiblira quasiment jamais dans sa gestion du rythme et de la tension jusqu’à un troisième acte qui parvient à gérer diverses actions simultanées et aux enjeux divers sans jamais se perdre ou manquer de souffle. Plus fluide encore que par le passé, John Krasinski démontre l’étendu de son savoir-faire derrière la caméra et offre quelques morceaux de bravoure particulièrement saisissants.

Sans un bruit 2 à tout du divertissement honnête. Même si son scénario tend à plus montrer les limites de son univers et que son récit fait preuve de certaines lacunes dans son exécution, avec une sous-intrigue maladroite et un systématisme quand il s’agit d’avoir recours à des personnages stupides pour faire avancer ses rebondissements. Il dispose néanmoins d’un duo principal attachant, d’un casting toujours aussi convaincant et une exécution formelle plus assurée qui offre un spectacle indéniablement plus maîtrisé et réjouissant. Perdant en originalité et en surprise ce qu’il gagne en spectaculaire et en tension, Sans un bruit 2 s’impose comme une suite dispensable mais jamais déplaisante. Sans être meilleur ou pire que son prédécesseur, elle en est peut-être même trop similaire pour le meilleur comme pour le pire, même si elle sera plus à réserver à ceux qui préfèrent la forme au fond.

Sans un bruit 2 : Bande annonce

Sans un bruit 2 : Fiche technique

Titre original : A Quiet Place: Part 2
Réalisation et scénario : John Krasinski
Casting : Emily Blunt, Cillian Murphy, Millicent Simmonds, Noah Jupe, Djimon Hounson, John Krasinski…
Photographie : Polly Morgan
Montage : Michael P. Shawver
Musique : Marco Beltrami
Producteurs : Michael Bay, Andrew Form et Brad Fuller
Production : Platinum Dunes
Distributeur : Paramount Pictures
Durée : 97 minutes
Genre : Action, horreur
Dates de sortie : 16 juin 2021

Etats-Unis – 2020

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Festival

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Frédéric Perrinot
Frédéric Perrinothttps://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma depuis mon plus jeune âge, j'articule depuis ma vie autour du 7ème art, un monde qui alimente les passions et pousse à la réflexion. J'aspire à faire une carrière dans le cinéma, ayant un certain attrait pour l'écriture et la réalisation. J'aime m'intéresser et toucher à toute sorte d'arts ayant fait du théâtre et de la musique. Je n'ai pas de genres de films favoris, du moment que les films qui les représentent sont bons. Même si je tire évidemment mes influences de cinéastes particuliers à l'image de David Lynch, mon cinéaste fétiche, Michael Mann ou encore Darren Aronofsky. Ces cinéastes ayant en commun des univers visuels forts et un sens du romantisme qui me parlent particulièrement.

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