Engrenages saison 8 : décryptage des premiers épisodes

La communauté des fans d’Engrenages est étendue, elle n’a cessé de  grandir en quinze années de diffusion. Aujourd’hui la chaîne cryptée mise beaucoup sur cette série pour rassembler ses abonnés. Cependant, la série policière la plus passionnante de France va tirer sa révérence en dix épisodes. Le 7 septembre, les deux premiers épisodes ont été diffusés en direct sur Canal+ (mais l’intégralité de la saison 8 est déjà disponible sur MyCanal). L’occasion de parler (encore) de Laure, Gilou et les autres…

Une série sans chichi

Une bonne série se reconnaît par sa capacité à rassembler une communauté qui la suit fidèlement. Engrenages est de celles-là puisqu’en quinze ans d’existence, elle n’a pas perdu un gramme de sa superbe ni de ses spectateurs. Et pourtant, comme il a été laborieux de patienter à ses débuts (car beaucoup de temps séparaient deux saisons, c’est moins le cas depuis la saison 6). C’est qu’Engrenages n’est pas une série policière vite faite, mal faite où le tueur est arrêté en cinquante minutes chrono. Ici, on filoche, on cherche, on souffre, on se plante et on recommence. Le tout, en flirtant sérieusement avec les limites. De quoi faire des enquêtes de véritables obsessions humaines pour nos protagonistes qu’ils soient juges, avocats ou tout simplement flics.

Ultime saison

Nous avions quitté, encore une fois, nos héros en pleine tourmente à la fin de la saison 7. S’ils avaient l’habitude de prendre leurs enquête très (trop?) à cœur, les flics avaient cette fois enquêté sur la mort de leur ancien patron, l’inimitable Herville. S’il était déjà question pour Laure et Gilou de bousiller les limites, voilà qu’ils les ont explosées. Mais cette fois, la justice les a rattrapés et Gilou est derrière les barreaux en début de saison 8. Quant au juge Roban, il a définitivement pris sa retraite. Ce regretté et si passionnant personnage est remplacé par une jeune juge. Car il s’agit bien en cette début de saison de faire comprendre au spectateur qu’il est temps de dire adieu à tout ce qu’il a vu pendant quinze ans. Place à la jeunesse, stop aux dérapages !

Tout change ? Vraiment ?

Ce programme est en partie respecté puisque Laure, bien qu’apaisée en partie, est toujours aux commandes de l’enquête et ne s’en laisse toujours pas compter. Quant à Gilou, même en prison, il ne cesse de penser flic et enquête tout en flirtant cette fois presque légalement avec les limites. Joséphine bataille encore une fois entre sa volonté d’être une avocate as des procédures et des réussites, tout en étant une femme blessée qui veut changer de voie. Tout est réuni pour que nos héros aillent encore une fois au bout de leurs efforts, de leurs limites et de leurs vies. La série tente quand même de trouver une issue et un peu de lumière au bout du tunnel. Nouveauté, nous voyons Laure, l’impeccable Caroline Proust, se réjouir de passer du temps avec sa fille. On la voit même, ironise un de ses collègues, s’excuser ! Ce qui n’empêche cependant pas qu’elle reste une femme forte. Car c’est aussi l’ADN de la série depuis ses débuts, des personnages de femmes fortes et jamais figées qui évoluent au gré des événements qui parsèment leur chemin et des combats féministes jamais assénés qui nous entourent et sont à mener. Et que d’embûches elles rencontrent en chemin depuis 2005 !  La série accepte même de les lier autant qu’elle les confronte, rien qu’à voir la relation teintée d’amitié-détestation qu’entretiennent Laure et Joséphine, même en ce début de saison.

Sortir l’affaire à tout prix, sans être sorti d’affaire pour autant

La dernière pierre à l’édifice et non des moindres, c’est l’enquête en elle-même. Ancrée plus que jamais dans son époque, dans le Paris qu’elle occupe avec brio, Engrenages est comme ses flics, une série de terrain. Nous voilà donc la tête dans un sèche linge près du corps d’un jeune migrant marocain que la 2e DPJ soupçonne d’avoir été assassiné par un… autre enfant. L’occasion de se « promener » Porte de la Chapelle et sur la colline du crack, bref d’être au cœur de ce qui préoccupe notre époque moderne. Encore une fois, ça s’engueule, ça parle franchement. Les êtres sont déchirés mais solides sur leurs pieds, parfois (souvent même) drôles car servis par des dialogues franchement cash et pas ampoulés. Mention spéciale à Gilou alias Thierry Godard qui se balade en prison comme chez lui, sans hésiter ! Quant à la recrue miracle de la saison 7 (après le départ du un peu trop fade – en vrai on dit intègre!!!- Tintin alias Fred Bianconu), Ali (Twefik Jallab), il semble être la clef de voûte de cette ultime saison.

Porte de sortie

Dès le début, bien plus que la juge qui demande encore à être étoffée car elle a montré un peu trop de scolarité dans ces premiers épisodes, Ali montre qu’un vent nouveau souffle sur Engrenages. Une volonté de bien faire, de le faire jusqu’au bout mais sans s’opposer frontalement à la hiérarchie, sans cracher sur les procédures. Est-ce là ce qu’Engrenages voudra dire dans sa dernière saison ? Rien n’est moins sûr, car Ali lui aussi se heurte à l’absurdité du système, à cette notion de « groupe » qu’entretient la série depuis ses débuts et qui boycotte un peu ledit système. Pas sûr non plus qu’il soit fini le temps où l’affaire prend le pas, dangereusement, sur la vie privée jusqu’à étouffer celui qui doit « la sortir » au plus vite. La recette fonctionne, on est déjà pris dans l’engrenage… Vivement lundi prochain pour ceux qui suivront la diffusion de deux épisodes par lundi en « live » sur Canal+. Pour les plus impatients, rendez-vous sur MyCanal.

Engrenages saison 8 – Bande annonce

 

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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