Les meilleurs K-dramas historiques : Empress Ki, Mr. Sunshine, My country

Parfois jugés trop longs, fastidieux par la pléthore de leurs complots et joutes politiques complexes, les dramas historiques coréens peuvent de prime abord rebuter. Certes, ce ne sont pas des séries de tout repos devant lesquelles vous pourrez vous détendre avec une boisson chaude. Pourtant, le genre, en perpétuel renouvellement, mérite vraiment d’être étudié. Cette période de confinement représentait l’occasion idéale pour se plonger à corps perdu dans de somptueuses épopées historiques, d’un autre temps mais résolument modernes. Les deux dernières années nous ont offert deux dramas magnifiques, haletants et particulièrement riches, Mr. Sunshine (2018) et My country (2019). Un peu plus ancien, Empress Ki (2013) reste le grand classique de la catégorie. Par le prisme de ces trois dramas d’exception, procédons à une petite analyse des thèmes, figures et esthétismes élevant ces séries au rang de chefs d’oeuvre presque sans défaut.

Des fresques majestueuses : fictions au coeur de l’Histoire

Les dramas historiques se basent très largement sur des faits réels. En effet, les récits s’imbriquent tous dans une période bien précise de l’Histoire coréenne, principalement celle de Goryeo, située du début du Xème siècle à la fin du XIVème siècle. Cet État, placé sur la péninsule coréenne, faisait face au nord ouest au royaume des Yuans et au nord est à celui des Jurchens.

Empress Ki se déroule au plein coeur de la période Goryeo, lorsque les Yuans, avides de conquêtes, tentent de s’emparer et d’annexer l’État libre de Goryeo. Il raconte l’ascension d’une jeune femme originaire de Goryeo, Seung Nyang, qui deviendra impératrice de la dynastie Yuan. D’abord destinée à être amenée aux Yuans en tribut, elle s’échappe grâce à la compassion du Prince héritier de Goryeo et au sacrifice de sa mère. Déguisée en garçon, elle se réfugie chez le seigneur Wang Go dans l’espoir d’apprendre les arts martiaux et d’accomplir sa vengeance, jusqu’au jour où elle découvre que son maître est un associé de l’assassin de sa mère, le général Dang Gi Se. Si l’impératrice Ki a bel et bien existé, le récit du drama reste toutefois étoffé et très romancé.

My country inscrit son action juste après Empress Ki, entre la fin de l’ère Goryeo et le début de la dynastie Joseon lui succédant. Il montre l’accès au pouvoir du général Yi Seong Gye, fondateur et premier roi de Joseon, ainsi que ses affrontements avec son fils, Yi Bang Won. Ces deux personnages historiques, bien présents, ne constituent cependant pas le centre du drama. My country : new age se focalise sur l’amitié mêlée de rivalité entre deux jeunes hommes, Seo Hwi, le fils d’un général condamné, et Nam Seon Ho, le fils d’un ministre proche du roi Yi Seong Gye. Frères d’armes dans l’enfance, les deux héros s’éloignent progressivement au gré de leurs désirs et objectifs, au gré des intrigues politiques.

mr-sunshine-bataille-coreens-americainsMr. Sunshine en revanche, se déroule beaucoup plus tard, de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle. Une période passionnante de l’Histoire coréenne, malheureusement rarement abordée dans les dramas. La Corée, placée sous occupation américaine et japonaise, lutte pour le maintien de sa souveraineté. Face à la faiblesse de son roi, les armées vertueuses, formations irrégulières composées essentiellement de paysans et de roturiers, prennent le relais pour défendre l’indépendance de l’Etat. Dans ce cadre, une fille d’aristocrates, Go Ae Sin, s’implique secrètement dans les activités des armées vertueuses. Elle rencontre lors d’une fusillade un soldat américain d’origine coréenne. Celui-ci, ancien esclave ayant fui enfant la Corée, revient dans son pays natal en tant que représentant de l’ambassade américaine. Jugé coréen par les Américains et américain par les Coréens, le soldat Yu Jin Choi, revenu pour se venger, commence à douter de son identité.

En définitive, Empress Ki, My country et Mr. Sunshine traitent de récits fictifs emprunts de véritables contextes historiques, entremêlant étroitement l’histoire à l’Histoire, au sein d’un déluge d’affrontements personnels et collectifs.

L’art de la guerre : intrigues, complots et batailles

La grande spécificité des dramas historiques réside dans leurs lots de stratagèmes, d’alliances, de trahisons et de vengeances pour défendre des causes politiques ou s’emparer du pouvoir. La vision de la Nation, le choix du roi et du type de gouvernement, l’indépendance de l’Etat, sont autant de questions sources de divisions. Les conflits se réglant essentiellement à la lame tranchante du sabre, les scènes d’action, d’une qualité exceptionnelle, donnent du rythme aux séries.

La deuxième partie de Empress Ki nous plonge complètement dans cet univers d’intrigues grâce à un huis clos plein de rebondissements au coeur du palais impérial. Seung Nyang devra combattre le Grand conseiller, sa fille, épouse de l’empereur, ainsi que l’impératrice douairière. L’espionnage, la rumeur, le mensonge, la trahison et l’empoisonnement deviennent ainsi monnaie courante tout au long du drama.

My country présente également de tels complots dans l’entourage du nouveau roi Yi Seong Gye et dans la lutte de celui-ci  contre son fils, Yi Bang Won. Les deux héros, Seo Hwi et Nem Seon Ho, apparaissent presque tragiquement comme des pions utilisés pour leurs talents sur l’échiquier du pouvoir. En témoigne un plan séquence spectaculaire de plus de deux minutes en plein champ de bataille, dans lequel Seo Hwi se bat pour sa survie. Une scène à couper le souffle de l’épisode 3 qui n’a rien à envier aux combats de Game of Thrones.

L’approche de Mr. Sunshine reste sensiblement différente, le cadre d’un palais impérial n’existant pas véritablement dans la série, même si quelques scènes présentent l’impuissant roi de Corée donner audience sur son trône. Cependant, les enjeux liés à la lutte de l’armée vertueuse et à l’invasion des Japonais laissent la place à de belles intrigues. Ici encore, une scène d’action magistrale de près de dix minutes, retraçant le Sinmiyangyo (un combat intervenu en 1871 entre les Coréens et les Américains dans le cadre d’une expédition), nous marque dès l’épisode 1. Tout comme dans le plan séquence de My country, le spectateur est confronté avec violence et réalisme aux horreurs de la guerre.

Des drames épiques : du sang et des larmes

empress-ki-seung-nyangLes dramas coréens historiques ne misent pas uniquement sur leurs complots politiques et leurs scènes d’action pour tenir en haleine le spectateur. Ils s’attachent à développer des personnages fascinants, à la psychologie complexe, chargés d’émotions incroyablement puissantes. Le sang et les larmes, coulant à flot, rendent touchants et inoubliables les récits de ces séries.

Au coeur des sentiments, l’amour occupe la place centrale. Empress Ki, Mr. Sunshine, et dans une bien moindre mesure My country, mettent en scène des trios amoureux. L’amour fait donc partie des moteurs principaux des héros. Pourtant, loin de servir seulement à émouvoir, il constitue un véritable ressort dramatique en favorisant l’évolution des personnages, souvent confrontés à un choix entre l’amour et leurs causes, et en accentuant les enjeux politiques. Ainsi, dans Mr. Sunshine, c’est en tombant amoureux d’une jeune aristocrate que le soldat Choi commence à réviser ses valeurs et sa haine pour la Corée. Quant à Seung Nyang, elle reste tiraillée entre l’amour et sa quête de vengeance dans Empress Ki.

Que ce soit par désir de reconnaissance, d’amour, d’acquérir du pouvoir, ou de se venger, les héros des dramas, sans cesse éprouvés, souffrent et vont toujours jusqu’au bout de leur destinée. Les figures féminines comme masculines, toutes aussi puissantes, présentent des qualités bien spécifiques.

Les figures féminines : entre volonté, intrépidité et sensibilité

Dire que les femmes des dramas coréens historiques sont fortes paraît presque un euphémisme. Quel plaisir de trouver des personnages féminins courageux au caractère bien trempé, qui ne risquent pas de se laisser marcher sur les pieds. Car oui, les femmes savent ce qu’elles veulent, et font preuve d’une détermination et d’une bravoure hors norme pour parvenir à leurs fins.

La jeune Go Ae Sin de Mr. Sunshine, désireuse d’intégrer l’armée vertueuse, n’hésitera pas à affronter son père, à apprendre à tirer au fusil et à se mettre constamment en danger pour défendre l’indépendance de la Corée. De même, dans Empress Ki, Seung Nyang s’initie aux arts martiaux et recourt à tous les stratagèmes imaginables pour se débarrasser de ses ennemis.

La difficulté est d’autant plus grande que la place des femmes reste peu reconnue à ces époques. Hormis l’impératrice, qui jouit d’une position de pouvoir, les femmes sont peu considérées. Certaines sont d’ailleurs envoyées en tribut aux Yuans pour devenir malgré elles des concubines. Go Ae Sin et Seung Nyang ont ainsi toutes deux recours au déguisement pour apprendre à se battre. Han Hee Jae, l’héroïne de My country défend également des valeurs féministes avant-gardistes. Plus encore, Go Ae Sin, prisonnière d’un mariage arrangé par son père, témoigne du peu de liberté des femmes aristocrates au début du XXème siècle. Ces contextes peu propices ont contribué à faire de ces héroïnes des femmes martiales, qui ne sont cependant pas dépourvues de sensibilité.

Les personnages féminins des dramas cachent toujours, derrière leurs carapaces de guerrières inébranlables, une grande quantité d’émotions et de fragilité. Le choix de renoncer volontairement à l’amour, la peur de le perdre, ou les risques inconsidérés pris pour le sauver rendent ces femmes, d’un courage presque surhumain, parfaitement humaines.

Les figures masculines : entre férocité, rivalité et fraternité

Les héros masculins des dramas historiques, tout comme les femmes, font preuve de bravoure, même si celle-ci s’associe parfois à une certaine cruauté. Ainsi l’empereur Ta Hwan de Empress Ki, Nam Seon Ho de My country, et Gu Dong Mae, chef Yakuza de Mr. Sunshine, montrent dans quelques scènes une grande violence dans le cadre de leurs complots et vengeances respectifs.

Bien plus que les personnages féminins, les hommes peuvent devenir de véritables ennemis, qu’il s’agisse d’une rivalité amoureuse, personnelle ou politique. Dans Empress Ki, l’empereur Ta Hwan et le roi de Goryeo, Wang Yu, sont à la fois des adversaires amoureux, pour la possession du coeur de Seung Nyang, et politiques, pour le statut du royaume de Goryeo. Lors de My country : new age, Seo Hwi et Nam Seon Ho deviennent rivaux en choisissant différents camps politiques. Enfin, les trois héros masculins de Mr. Sunshine, Yu Jin Choi, Gu Dong Mae et Kim Hui Song, se battent pour l’amour de Go Ae Sin et s’affrontent en raison de leurs rôles et places respectifs au sein du contexte politique.

Pour autant, les dramas coréens donnent également à voir de belles histoires d’amitié et défendent l’idéal de la fraternité. Les hommes de Wang Yu, amis fidèles, sont prêts à tous les sacrifices pour défendre leur roi dans Empress Ki. Les trois héros de M. Sunshine, que tout semble initialement opposer, finissent par se respecter et à nouer d’inattendus liens d’amitié en devenant camarades de beuveries. Surtout, My country  porte directement sur une histoire de fraternité, contrariée entre Seo Hwi et Nam Seon Ho, inébranlable entre Seo Hwi et ses compagnons de combat.

Une esthétique sublime : costumes traditionnels et décors d’époque

Véritables marques de fabrique des dramas coréens historiques, les visuels très colorés, les palais et vêtements d’époque, les paysages sublimes et la réalisation picturale rendent ces séries magnifiques à contempler. Les tissus multicolores (My country, épisode 1), la lumière et la neige (Mr. Sunshine), les portes du palais impérial (Empress Ki) et les vastes paysages, champs de blé, plaines ou forêts de bambous (Mr. Sunshine, My country) constituent un cadre magnifique. Ces images éblouissantes nous restent longtemps dans les yeux. Difficile d’oublier également les somptueuses bandes-originales des trois dramas, qui savent parfaitement accentuer les émotions, le suspense et l’action.

Parmi les dramas historiques, Empress Ki, Mr. Sunshine et My country : new age occupent aujourd’hui une place centrale. Malgré la longueur de leurs épisodes, les intrigues se renouvellent, le suspense s’accroît, et les quelques lenteurs sont très rapidement oubliées. La réalisation, plus classique dans Empress Ki, atteint des sommets de beauté dans Mr. Sunshine et My country. En définitive, au sein de toutes les catégories de dramas coréens, seuls les dramas historiques conservent le réel pouvoir de successivement nous émerveiller,  nous tenir en haleine, nous plonger dans la bataille et nous faire pleurer. A quand le prochain chef d’oeuvre ?

 

Fiches Techniques (Empress Ki, Mr. Sunshine, My country) : 

Empress Ki (2013)

Episodes : 51 X 60 minutes (diffusion du 28/10/2013 au 25/04/2014
Genre : Historique, romance, action
Diffuseur : MBC
Réalisation : Han Hee, Lee Seong Jun
Scénario : Jang Yeong Cheol, Jeong Kyeong Sun
Acteurs : Ha Ji Won (Seung Nyang), Ju Jin Mo (Wang Yu), Ji Chang Wook (Ta Hwan)

Mr. Sunshine (2018)

Episodes : 24 X 80 minutes (diffusion du 07/07/2018 au 30/09/2018)
Genre : Historique, romance, action
Diffuseur : tvN
Réalisation : Lee Eung Bok
Scénario : Kim Eun Suk
Acteurs : Lee Byeong Heon (Yu Jin Choi), Kim Tae Ri (Go Ae Sin), Yoo Yeon Seok (Gu Dong Mae), Byeon Yo Han (Kim Hee Seong), Kim Min Jeong (Hina Kudo)

My country (2019)

Episodes : 16 X 70 minutes (diffusion en automne 2019)
Genre : Historique, romance, action
Diffuseur : JTBC
Réalisation : Kim Jin Won
Scénario : Chae Seung Dae
Acteurs : Yang Se Jong (Seo Hwi), Woo Do Hwan (Nam Seon Ho), Seol Hyun (Han Hee Jae), Jang Hyeok (Lee Bang won)

 

Trailers (Empress Ki, Mr. Sunshine, My country)

Empress Ki

Mr. Sunshine

My country 

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 
Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

L’Être aimé : l’autre « Abandon »

Prenant le point de départ du Valeur sentimentale de Joachim Trier, l'histoire d'un cinéaste qui tente de renouer avec sa fille par l'intermédiaire d'un projet cinématographique, Rodrigo Sorogoyen propose une tout autre approche. L'intensité de sa mise en scène raconte le poids d'un passé qui vient perturber le tournage. Un abandon qui hante ce père comme sa fille. Analyse, en cinq scènes fortes.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Woman and Child : la vengeance d’une femme

Avec "Woman and Child", Saeed Roustaee trace le destin d'une femme déterminée à trouver les coupables du malheur qui l'accable pour les châtier. Le portrait poignant d'une Médée autant que d'une Méduse qui, impuissante à se venger, finira par choisir une autre voie. Magistralement mise en scène.