« Fear the Walking Dead » saison 5 : la première série ÉCRITE par des zombies

Dans cette cinquième saison du spin-off de The Walking Dead, le groupe de survivants désormais emmenés par Morgan (Lennie James) traîne dans les parages d’une centrale nucléaire et se lance dans l’exploitation pétrolière. Surtout, ils veulent sauver le monde et filmer des documentaires tout en se comportant comme s’ils n’avaient jamais vu un zombie de leur vie. Comment les nouveaux showrunners ont détruit une série qui avait un réel potentiel ?

La saison 4 et le début des ennuis

Sans avoir jamais été un chef-d’œuvre, Fear The Walking Dead avait le mérite d’offrir un regard différent sur le monde post-apocalyptique de la chaîne AMC. Ses personnages, créés par Robert Kirkman mais non tirés de ses comics, plus ordinaires, pas très sympathiques et sans leader affirmé, différaient de ceux de The Walking Dead. La famille recomposée dysfonctionnelle des Clark/ Manawa permettait de centrer le show sur les relations humaines plus que sur les zombies ou les conflits entre communautés (lesquels s’enchaînent ad nauseam dans TWD). Et la série était en progression constante jusqu’à la saison 3 incluse, peut-être bien l’une des plus réussies des deux séries réunies.

Les nouveaux showrunners, Andrew Chambliss et Ian Goldberg, arrivés à partir de la saison 4, ont pris le parti de faire un semi-reboot, si bien qu’il ne reste pas grand-chose de la série originale. Exit la Californie et le Mexique, un saut dans le temps emmène les personnages dans un Texas grisâtre beaucoup plus générique sur le plan visuel. Les deux personnages principaux, Nick (Franck Dillane, parti de son plein gré) et sa mère Madison (Kim Dickens, qui aurait peut-être bien voulu rester) ont été très maladroitement sacrifiés dans la première partie de la saison 4, laissant la place à Morgan, personnage secondaire iconique de TWD et toujours aussi peu désireux de tuer son prochain. Aux deux rescapés du casting original (Alicia, incarnée par Alicya Debnam-Carey, bien forcée de prendre du galon, et Strand, joué par un Colman Domingo dont on jurerait qu’il semble de moins en moins convaincu du bien-fondé de sa présence) se sont alors greffés toute une flopée de nouveaux personnages, au premier rang desquels Althea (Maggie Grace), journaliste intrépide toujours la caméra à la main, et John Dorie, ancien flic doux et lunaire interprété par le toujours sympathique Garrett Dillahunt. Le temps de dresser le portrait des nouveaux venus, FTWD a laissé planer le doute sur la direction du nouveau groupe. La saison 5 clarifie les choses : dans le mur.

Là où Madison et Nick assumaient leur passé trouble et leurs actes souvent discutables, Morgan se met en tête d’aider ses semblables en laissant des petites boîtes au bord de la route, transformant le groupe en une bande de bons samaritains benêts. Les atermoiements de Morgan étaient intéressants dans TWD, essentiellement en raison du décalage vis-à-vis de Rick, moins scrupuleux sur l’éthique de la survie post-apocalyptique. Mais un bon personnage secondaire ne fait pas forcément un bon leader, surtout si l’on n’a rien de plus à raconter sur lui. Morgan n’a non seulement pas les épaules pour assumer la direction d’un groupe, mais son état d’esprit contamine les autres, dont Alicia, qui traverse une crise existentielle au cours de cette saison, qu’elle résoudra en barbouillant de la peinture sur les arbres et en appelant ça de l’art…

La saison 5 voit l’adjonction de nouveaux personnages, et les retours pour le moins improbables de Daniel Salazar (abandonné au Mexique en fin de saison 3) et de Dwight (chassé de Virginie par Daryl à la fin de la saison 8 de TWD). Le charismatique ex-membre de la Sombra Negra, coiffeur de profession, finira même par couper l’abondante tignasse de l’ex-sbire de Negan. La réintégration de Daniel, sympathique au premier abord, tourne à la mauvaise blague : l’ancien tueur y est transformé en vieil abuelo trimballant son chat partout. Son interprète, Rubén Blades, étant avant tout un excellent chanteur de salsa, Daniel se retrouve à pousser la chansonnette à plusieurs reprises, ce qui ne colle pas du tout au personnage. Quant à Dwight (Austin Amelio), la quête de sa femme s’opère par un procédé assez nébuleux. Même si sa rédemption ne constitue pas l’intrigue la plus pénible de cette saison, on ne pourra que soupirer en constatant que Fear est exactement devenue ce qu’elle ne voulait pas être : un simple spin-off de la série-mère.

A force de creuser, on touche le fond… et on découvre du pétrole

Sur le papier, les deux nouveaux showrunners avaient quelques bonnes cartes en main. De la même manière que la saison 3 posait la question cruciale de l’eau potable dans un monde infesté de zombies, tout en évoquant un conflit entre des survivalistes et une communauté amérindienne (il est bon de rappeler que ce show a été audacieux), la saison 5 se penche sur deux thématiques cruciales.

Dans la première partie de saison, le groupe se retrouve (de manière rocambolesque) coincé à proximité d’une centrale nucléaire accusant quelques signes de fatigue et maintenue tant bien que mal par Grace (Karen David). Voir les survivants de l’apocalypse toujours confrontés aux déchets de la civilisation techno-industrielle avait théoriquement quelque chose de réjouissant. Malheureusement, cela ne va jamais plus loin que l’effet d’annonce. Les showrunners semblent plus intéressés à établir des liens avec TWD (Althea sympathise le temps d’un épisode avec une membre de l’organisation qui a exfiltré Rick) et à mettre en place des set-up qui n’accouchent pas de pay-off. Alors qu’on pouvait légitimement s’attendre à ce qu’Alicia ne survive pas au final de mid-season après avoir ingurgité du sang de zombie radioactif, la jeune femme semble se porter comme un charme (hormis, on l’a dit, ses surprenantes velléités picturales). Grace elle-même, persuadée d’être contaminée, tombe malade vers la fin de saison. Un cancer ? Non, on apprend dans les dernières minutes du final qu’elle est… enceinte. Le nucléaire ? Aussi inoffensif que l’usine Lubrizol.
La deuxième partie de saison aborde quant à elle la question de l’essence. Une fois siphonnés les réservoirs de tous les véhicules à proximité, et les stations-service n’ayant pas la caractéristique de se remplir toutes seules, le groupe se retrouve confronté à un dilemme majeur : comment sauver toutes ces pauvres âmes en peine si l’on ne peut pas remplir le réservoir de son camion ? Plutôt que de découvrir les vertus de l’équitation, le groupe de Morgan se lance donc dans l’exploitation pétrolière. Évidemment, ils ne sont pas les seuls à lorgner sur le précieux liquide et se retrouvent en conflit avec d’autres groupes… comme si, par ailleurs, il n’existait qu’un seul champ de pétrole dans tout le Texas.

Malgré quelques lourdeurs narratives, l’épisode 13 est sans doute un des plus regardables de la saison, encore qu’il sacrifie Logan, un faux bad guy plutôt intéressant, pour intégrer Virginia, insupportable sosie de Jessie dans Toy Story et appelée à jouer le rôle de l’antagoniste majeure de la saison 6. Cet épisode serait bien plus efficace s’il ne constituait pas précisément le premier (et unique) épisode où le champ de pétrole apparaît. Si Morgan et son groupe sont de toute évidence devenus les rois du pétrole entre les deux parties de la saison, les showrunners ont préféré se concentrer sur d’autres choses. C’est ainsi que l’on retrouve Morgan et Grace faire un tour de manège dans un centre commercial et qu’on fait la rencontre d’un rabbin dont l’histoire ressemble fort à celle du père Gabriel dans TWD. Et c’est surtout ainsi que l’exploitation pétrolière se retrouve occupée par Luciana, présente depuis la saison 2 et passée du statut de jeune femme forte et débrouillarde à celui de petite chose fragile maternant un groupe d’enfants rencontrés en chemin, un homme en fauteuil roulant et trois gamins : avec une telle équipe , difficile de résister face à un gang armé qui veut siphonner ce qui reste de ressources naturelles à votre place.

Fear the found footage

On pourrait lister toutes les incohérences du récit, énumérer les choix stupides des personnages, déplorer leur manque de développement, voire leur lente destruction. C’est surtout l’idée aberrante des documentaires d’Althea qui emmène la série à un point de non-retour. Dans l’épisode 9, les personnages, souhaitant se faire connaître et montrer qu’ils sont très gentils, ont l’idée de filmer leur quotidien et témoigner face caméra comme dans une émission de télé-réalité. Althea et ses camarades ne coupent jamais leur caméra, même lorsque Morgan se retrouve le pied sur une mine anti-personnelle. Entre ces aberrations narratives, l’improbabilité technique de l’affaire ou tout simplement la candeur de la démarche des personnages, on se demande encore ce qui était le plus consternant. Lorsque les showrunners ont jugé recevable de retenter l’expérience pour l’épisode 15, les réseaux sociaux frémirent d’horreur, et pas tout à fait de la manière dont ils l’auraient souhaité. Le groupe s’y fait attaquer par une horde de zombies, sur un pont menaçant de s’effondrer, mais nos cameramans improvisés continuent de filmer en dépit du plus élémentaire bon sens. Difficile de se sentir concerné par le sort de personnages devenus aussi inconséquents.

Plus globalement, l’importance des caméras et des velléités documentaristes d’Althea dans cette saison traduit, tout comme la dépendance du groupe au pétrole, l’incapacité des personnages à se déconnecter de leur ancienne vie et, par conséquent, à survivre dans un monde post-apocalyptique. C’est pour cette même raison qu’ils finissent par appeler Virginia au secours à la fin de l’épisode 15, se retrouvant au milieu de nulle part, sans eau ni nourriture… en théorie. Cette incapacité à se projeter dans ce nouveau monde n’est en réalité pas tant celle des personnages que celle des scénaristes, incapables de réfléchir concrètement aux conséquences de l’effondrement de la civilisation. Or, le spectateur connaît ces personnages depuis plusieurs saisons, qu’il s’agisse des survivants du groupe original, des transfuges de TWD ou des nouveaux venus comme John ou Althea, qui ont survécu seuls pendant des années avant leur apparition dans la série. Connaissant leur parcours, il est difficile d’accepter de les voir baisser les bras aussi rapidement face à des difficultés qui ne sont de loin pas aussi insurmontables que celles qu’ils ont déjà affrontées par le passé. Cet abandon, psychologiquement absurde, n’est qu’un artifice conduisant au grand chamboulement orchestré pour le finale, qui voit tous les personnages séparés de force par Virginia. De toute évidence, Chambliss et Goldberg voulaient en arriver là dès le début. Et ils ne sont pas embarrassés du fait que cela ne collait absolument pas aux personnages dont ils ont hérité, ni, et c’est encore plus consternant, à ceux qu’ils ont créés.

La saison s’achève sur un cliffhanger dont les deux issues possibles sont aussi consternantes l’une que l’autre. Grièvement blessé et cerné par quelques zombies affamés, Morgan y est laissé très mal en point. Bien que l’arrivée de son personnage constitue la première des nombreuses mauvaises idées à l’origine du déclin de la série, on ne peut qu’être déçu de voir disparaître un personnage historique de la franchise de manière aussi peu glorieuse. Et s’il survivait ? Des théories l’imaginent sauvé in extremis par la femme de Dwight, ou, beaucoup plus saugrenu, par Madison (dont on n’a jamais vu le cadavre) ou même Rick. Cela semble improbable et digne d’un soap opera, mais les showrunners ont largement montré cette saison qu’ils ne s’arrêtaient pas à ce genre de considération.

La série a donc été renouvelée pour une sixième saison malgré des audiences en chute libre et des critiques chaque semaine de plus en plus négatives. Une pétition a même été lancée pour réclamer le départ de Chambliss et Goldberg… On voit mal comment la barre pourrait être redressée : l’ADN du show a non seulement été détruit, mais le nouvel attelage bricolé depuis deux saisons s’est tellement embourbé dans les sables mouvants du non-sens que Fear the Walking Dead relève aujourd’hui presque du nanar. Face à ce marasme, on peut toujours se plaire à considérer qu’aucun des personnages présents sur le barrage à la fin de la saison 3 n’a survécu et que la série s’est achevée à ce moment. On se console comme on peut.

Fiche technique : Fear The Walking Dead

Créateurs : Robert Kirkman, Dave Erickson
Réalisateurs : Michael E. Satrazemis, Colman Domingo…
Scénaristes : Ian Goldberg, Andrew Chambliss…
Interprètes : Lennie James, Alycia Debnam-Carey, Maggie Grace, Colman Domingo, Danay Garcia, Garrett Dillahunt, Alexa Nisenson, Jenna Elfman, Karen David, Austin Amelio, Rubén Blades
Musique : Danny Bensi et Saunder Jurriaans
Production / Distribution : AMC
Genre : post-apocalyptique
Durée : 16×45 minutes

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