Joie sur pellicule : Simon Jérémi, le rire pur dans La Cité de la peur

Avec son rire inoubliable, son allure de grand enfant attachant, et ses gags indémodables, Simon Jérémi de La Cité de la peur est un modèle de joie au cinéma.

Quand j’suis content je vomis. Et là, j’suis hyper content.

Si vous êtes francophone, vous connaissez forcément cette réplique culte du personnage non moins culte qu’est Simon Jérémi : l’acteur principal du faux film Red is Dead dans le – vrai – film La Cité de la peur. Cette « comédie familiale », comme elle se définit elle même, fut réalisé en 1994 par Alain Berbérian sur un scenario du trio comique Les Nuls composé d’Alain Chabat, de Chantal Lauby et de Dominique Farrugia, l’interprète de Simon Jérémi.  Elle fête donc ses 25 ans cette année, et les célèbrera avec un retour sur les toiles en version restaurée le 5 juin et une ressortie en DVD et BluRay prochainement. En attendant de pouvoir le redécouvrir, retour vers La Cité de la peur et son personnage phare, qui inspire toujours et encore le rire et la joie au cinéma.

S’il y a bien un mot pour définir La Cité de la peur, c’est bien le mot culte.

On pense tout de suite à ses répliques classiques, que tout le monde a déjà entendu au moins une fois et peut réciter, même sans avoir vu le film. Simon Jérémi est avant tout l’icône de cette comédie qui a su traverser le temps et les générations : il est le visage souriant qui illustre la joie et les rires que La Cité de la peur donne à son public. Cela s’explique par le fait qu’il est le personnage le plus facilement identifiable du trio principal : Dominique Farrugia était en ce sens le meilleur choix possible pour incarner ce personnage. Car c’est d’abord grâce à son physique et à ses manières que l’on associe si logiquement Simon Jérémi à la joie : avec son énorme sourire toutes dents déployées et sa personnalité puérile. Le film l’introduit d’ailleurs un ballon à la main et accompagné d’une hôtesse qui le guide, tel un enfant, lors de la scène de l’aéroport. Ce personnage a tout du simplet attachant, celui qui rigole en toute situation et à toutes les blagues des autres personnages. Mais il rappelle également à bien des titres l’archétype du bouffon : ce « fou » a l’humour souvent trivial – comme l’est le principal comique de répétition de Simon Jérémi : vomir quand il est content – dont l’unique objectif est de faire rire l’audience.

Le comique de La Cité de la peur repose surtout sur une accumulation de gags qui s’enchaînent sans aucun temps mort.

Ce qui permet de tabler sur tous les types d’humour et donc forcément de faire rire quels que soient les goûts du spectateur. On passe ainsi de la parodie – avec le pastiche de la célèbre séquence de Pretty Woman – à l’humour gras à la limite du potache qui a fait la renommée de Les Nuls – le fameux « oh, juste un doigt » – sans oublier le comique de mots, de situation, et surtout d’absurde. Il y a fort à parier qu’au moins une scène saura vous donner le sourire et vous mettre en joie. La force de La Cité de la peur, c’est aussi de s’être basée sur un comique plus anglo-saxon, plutôt que sur ce qui se faisait traditionnellement en comédie française. On y retrouve l’empreinte de l’humour des Monty Python mais surtout du collectif américain « ZAZ », l’une des principales influences de Les Nuls, formé de David et Jerry Zucker et de Jim Abrahams. En bref, La Cité de la peur est un film dont l’unique but est de faire rire – quitte à ne pas se prendre au sérieux – et qui pousse cette volonté jusque dans son générique de fin et même dans sa bande-annonce.

C’est surement ce qui explique qu’il reste, même après 25 ans, l’une des comédies françaises chouchous du grand public.

Prenez-en pour preuve l’existence d’une pétition sur le site Change.org dont la seule demande était de revoir danser la fameuse Carioca d’Alain Chabat et de Gérard Darmon lors du festival de Cannes de cette année. La Cité de la peur, c’est un cocktail réunissant les ingrédients essentiels pour un film qui inspire la joie, même après plusieurs visionnages. Mais c’est aussi le film qui a marqué l’arrivée sur grand écran de Les Nuls, influençant grandement la suite de leur carrière au cinéma. Alain Chabat et Dominique Farrugia ont depuis réalisé d’autres comédies françaises devenus cultes à leur tour, notamment Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre – à la 15e position des films préférés des Français selon un sondage BVA/France 2 tout de même – ou encore La Stratégie de l’échec. Tandis que Chantal Lauby s’est épanouie en tant qu’actrice dans plus de 20 films, dont Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? – quant à lui à la 13e place dans le cœur des Français. C’est au final bien plus que 25 ans de rire et de répliques d’anthologie que l’on doit à La Cité de la peur et à son adorable bouffon. C’est sans doute pour cela que le simple sourire de Simon Jérémi nous évoque autant la joie.

Auteur : Jeap Horckman

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