Salomon et la reine de Saba (1959), de King Vidor : une ressortie en DVD-Blu-ray qui flatte la rétine

Les années 50 sont celles des grands péplums hollywoodiens, qui riment avec un déploiement de moyens ahurissants permettant des reconstitutions historiques crédibles. Si tous n’ont pas toujours bien vieilli, les redécouvrir en DVD/Blu-Ray offre tout de même la possibilité de se délecter de panoramas magnifiques, ou de plonger encore mieux au cœur des courses de chars. Salomon et la reine de Saba, de King Vidor, est un de ceux-là.

Synopsis : À la mort du roi David, Salomon est désigné comme successeur, malgré les intrigues de son père Adonias. C’est alors que la troublante reine de Saba décide de séduire le nouveau monarque.

Avec sa durée conséquente de 2h21, Salomon et la reine de Saba souffre d’un rythme qui aujourd’hui ne passe plus : souvent bavard, étirant chaque scène plutôt que d’aller à l’essentiel, monté sans grande inspiration, etc. Cela dit, l’intérêt de cette version DVD/Blu-Ray est ailleurs, à savoir dans la redécouverte visuelle d’un péplum grandiose et souvent somptueux esthétiquement. L’assaut final et la fameuse scène des boucliers réfléchissant la lumière du soleil sont ressuscités avec grâce ; la dimension épique du film est dans l’ensemble plus qu’honorée par cette version HD, qui rend vraiment très bien, pour peu que l’on ait un écran suffisamment grand.

Certains petits défauts sont néanmoins à souligner : l’image assez granuleuse, quelques sauts des bordures du cadre (sans doute dus au passage d’un ratio 2.35:1 à 2.20:1 entre les deux versions du film), et une colorimétrie parfois inconstante (peu dérangeant, mais assez voyant sur les surfaces unies, comme le ciel). Du reste, la netteté parfaite permet de contempler les magnifiques paysages désertiques filmés en Espagne, et le Technicolor rend dans l’ensemble justice aux décors et aux costumes.

D’un point de vue audio, le mixage sonore est inégal, comme souvent avec les films de cette période (les musiques sont très fortes durant les scènes d’action, puis les dialogues sont très bas durant les conversations) ; on aurait pu espérer de cette nouvelle version qu’elle corrige le tir de ce point de vue-là. La VF, quant à elle, a pour elle d’avoir Yul Brynner et Gina Lollobrigida pour se doubler eux-mêmes, parlant tous deux français ; un accent bienvenu pour la reine de Saba qui fera oublier le reste du doublage pas toujours convaincant, malheureusement. De toute façon, la VO est à privilégier, comme d’habitude.

Parmi les suppléments composant cette édition DVD/Blu-Ray proposée par Sidonis Calysta, on notera tout de même un documentaire de près d’une heure consacré à Yul Brynner, et une présentation du film en lui-même, d’une dizaine de minutes . Le documentaire n’est pas un inédit, mais demeure un document digne d’intérêt pour en apprendre plus sur la vie et la carrière de Yul Brynner à travers les témoignages de grands acteurs l’ayant côtoyé (Eli Wallach, par exemple). La présentation quant à elle s’attarde sur le tournage compliqué du film, et notamment la tragique mort de Tyrone Power lors de la scène finale qui nécessita de retourner l’entièreté des scènes où Salomon apparaissait, avec un nouvel acteur en la personne de Yul Brynner. Deux bonus qui agrémentent un peu plus la dimension mythique du film, devant et derrière la caméra.

Bande-annonce :

Contenu :

Salomon et la reine de Saba (141 min)
Yul Brynner, l’homme qui devint roi (VF/VOSTFR, 58 min)
– Présentation par Patrick Brion (VF, 11 min)
– Bande-annonce (VO, 2 min)

Caractéristiques du DVD/Blu-Ray :

– Vidéo : 2.35 16/9 MPEG-4 AVC 1080p (24 fps)
– Audio : Français (DTS-HD Master Audio 2.0 48 kHz 24-bit) / Anglais (DTS-HD Master Audio 2.0 48 kHz 24-bit)
– Sous-titres : Français
– Durée totale : 212 minutes

Fiche technique :

Titre original : Solomon and Sheba
Réalisation : King Vidor, assisté de Noël Howard et Bernard Vorhaus
Scénario : Anthony Veiller, George Bruce et Paul Dudley d’après l’histoire de Crane Wilbur inspirée du récit biblique
Décors : Richard Day, Alfred Sweeney, Dario Simoni
Costumes : Ralph Jester
Photographie : Freddie Young
Société de production : Theme Pictures (États-Unis)
Genre : péplum, historique
Durée : 141 minutes
Pays d’origine : États-Unis
Dates de sortie : 18 décembre 1959 (FR), 25 décembre 1959 (US)

Festival

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Jules Chambry
Jules Chambry
Cinéphile compulsif enfermé dans le cinéma d'antan, passionné de mélos des années 30, de comédies italiennes et de westerns de l'âge d'or. Mes influences vont de John Ford à Fellini, en passant par Ozu, Tati, Pasolini ou encore Capra. J'écris des articles trop longs.

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