Sortie DVD du film K.O, chez Wild Side

À l’occasion de la sortie DVD & VOD de K.O ce mercredi 25 octobre, chez Wild Side, retour sur un film ayant divisé la critique, pourtant rempli de qualités. Tenu par un Laurent Lafitte tout à fait à sa place, K.O use de références pour faire tomber son héros.

Synopsis : Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulièrement oppressante, il est plongé dans le coma.  À son réveil, plus rien n’est comme avant : rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ?…  Il est K.O.

Le film de Fabrice Gobert a tout des grands thrillers américains où le psycho rejoint le sombre pour captiver le public. Après sa série Les Revenants, le réalisateur impose un peu plus son style à travers l’histoire d’un homme aux commandes d’une grande chaîne de télévision que le pouvoir a assombri. K.O fait vaciller entre folie et réalité tout comme l’esprit de Laurent Lafitte (Antoine dans le film) se perd jusqu’à chuter. Le rôle du salaud va aussi bien au teint à l’acteur que ses rôles légers. Entouré de comédiens de qualité qu’il trouve en Pio Marmaï et Chiara Mastroianni, le trio fait de ce film noir une œuvre profonde et déstabilisante. Le spectateur plonge dans les dédales d’un esprit torturé et se croirait de temps à autre dans un Hitchcock moderne où règnent les faux semblants. L’arrogant sombre dans la violence et ne trouve plus d’issue à ce tunnel obscur sans fin.

C’est habilement que le réalisateur montre que tous nos démons finissent par se retourner contre nous voire par nous hanter. Sa misogynie, Antoine se la prend dans la figure à de multiples reprises en voyant sa femme devenir sa boss. Son arrogance, il la paye aussi en subissant les réflexions désobligeantes qu’il faisait subir aux autres auparavant. Le film noir livre sa morale.

K.O ne fait pas nécessairement partie des grandes sorties de 2017. Pourtant, le distributeur fait l’effort de placer un petit bonus sur le DVD : le making of du film. Il est toujours passionnant de voir la construction d’une œuvre, les secrets cachés, le travail des équipes et des acteurs.

[irp posts= »103391″ name= »K.O. un film de Fabrice Gobert : Critique »]

 

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD KO

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3

KO-DVD

Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital Stereo 2.0,

Audiodescription Aveugles & Malvoyants

Sous-titres: Français pour Sourds & Malentendants

Durée : 1h50

COMPLÉMENTS DVD : Making-Of du film

 

 

 

 

 Prix public indicatif : 14,99 €

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Hope : Korean Rollercoaster!

Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.
Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

Le Destin du fugitif (1948) de Alfred E. Green : la cavale du gentleman cowboy

Sorti aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, "Le Destin du fugitif" est une ode à l’humanité et à la conciliation, et défend encore une vision optimiste de l’Homme, alors que le western s’apprête à devenir de plus en plus cynique, violent et ambigu. Une découverte qui vaut assurément le détour.

Le Cuirassé Potemkine (1925), de Sergueï Eisenstein : de la propagande au firmament du septième art

Le talent d’Eisenstein fut initialement mis au service de la machine propagandiste soviétique. Un siècle plus tard, le temps a débarrassé ce film de toute la dimension polémique attachée au régime criminel. Ne reste aujourd’hui plus que la substantifique moelle du génie de son metteur en scène.

Le Grand Duel (1972), de Giancarlo Santi : pour quelques plans de Leone

Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.