Louis-Ferdinand Céline, de Emmanuel Bourdieu : Sortie DVD le 6 septembre

Louis-Ferdinand Céline réalisé par Emmanuel Bourdieu, sortie DVD le 6 septembre.

Synopsis : 1948. Accusé par la justice française d’avoir collaboré avec les Nazis, Louis-Ferdinand Céline s’est exilé au Danemark avec sa femme, Lucette. Milton Hindus, jeune écrivain juif américain, qui l’admire et le soutient avec ferveur, le rejoint au fin fond de la campagne danoise, avec l’intention de tirer de leur rencontre un livre de souvenirs. De la confrontation entre les deux hommes, personne ne sortira indemne…

Le dernier film d’Emmanuel Bourdieu brosse un portrait sans fard d’un maître de la littérature

L’avis de la rédaction à propos de Louis-Ferdinand Céline : Denis Lavant fait partie de ces acteurs français dont le talent n’est plus à prouver. Ses collaborations avec Leos Carax (Boy Meets Girls, Mauvais Sang, Holy Motors…) ont fait de lui un acteur à part entière au physique singulier. Devant la caméra d’Emmanuel Bourdieu, Denis Lavant se conforme dans sa place d’acteur talentueux. La voix, le phrasé, et même la ressemblance physique entre les deux hommes confortent le spectateur dans son idée que Denis Lavant est un des plus habiles et ingénieux acteurs de notre époque. Interpréter ce personnage tiraillé qu’était Louis-Ferdinand Céline n’est pas chose aisé, mais c’est ici un défi remarquablement relevé. Et sous ses dimensions cinématographiques, le jeu de Denis Lavant interpelle et ne peut que rappeler le théâtre, art cher à l’acteur (il avait d’ailleurs déjà incarné l’écrivain sur les planches). Mais la vie de l’écrivain est aussi rythmée par la présence de sa femme, Lucette Destouches, qui ne sera rien d’autre que sa muse, ici interprétée par Géraldine Pailhas. Le jeu de l’actrice est beaucoup plus nuancé, et elle ne parvient pas à égaliser le maître. Elle reste dans l’ombre d’un acteur ravageur, et ne parvient pas à attribuer à son personnage le rôle qu’il aurait dû avoir au sein du récit. Ce certain pathos et cette interprétation insipide font de Lucette Destouches une femme qui n’est pas considérée à sa juste valeur, elle qui n’a pourtant jamais trahi l’homme si contesté et critiqué, mais néanmoins talentueux, Louis-Ferdinand Céline.

L’œil du réalisateur, Emmanuel Bourdieu, sur les faits racontés, est à la hauteur du personnage qu’était l’écrivain et de la prestation de Denis Lavant. La mise en scène est minutieuse, d’apparence simpliste, mais incroyablement réfléchie. Quel plaisir d’apprécier une telle pureté en terme de réalisation. Bourdieu et ses acteurs se complètent, et se fondent dans un Danemark magnifié, prodigieusement projeté dans le passé.
Louis-Ferdinand Céline est donc une réussite, de laquelle émane tout le talent de son acteur principal et de son réalisateur.

Louis-Ferdinand Céline Recap DVD

Caractéristiques techniques du DVD 

DVD-9 – Zone 2 – PAL – Format film 1.85 (16/9 compatible 4/3)

Couleur – Langue : français

Sous-titres : français – Stéréo et 5.1 – Durée : 1h37 minutes

Réalisateur : Emmanuel Bourdieu
Casting : Denis Lavant, Géraldine Pailhas, Philip Desmeules, Rick Hancke…
Distribution France : Paradis Films

Louis-Ferdinand Céline : Bande-annonce

 

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Fjord : La Grande Fureur des bien-pensants

"Fjord", Palme d'or 2026 de Christian Mungiu, suit une famille roumano-norvégienne accusée par les services sociaux d'un pays scandinave, entre conservatisme religieux et progressisme libéral. Un film ambigu et intelligent, mais un peu trop scolaire et démonstratif, qui questionne nos préjugés.

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

La trilogie du « Docteur Mabuse » de Fritz Lang : quarante ans d’une saga criminelle allemande

Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.