Irma la Douce arrête le tapin en DVD et Blu-ray chez les éditions Rimini

Ce mardi 24 avril sort en DVD et Blu-ray dans une nouvelle version remastérisée Irma la Douce. Mis en boîte aux éditions Rimini, le film réalisé en 1963 par le grand Billy Wilder suit Irma « la douce », jeune prostituée française qui, grâce au complot de son amoureux ex-policier, va pouvoir arrêter le tapin.

Synopsis : À Paris, pour sortir de la rue celle qu’il aime, Irma, Nestor, ancien gardien de la paix, n’hésite pas à se déguiser en un certain lord X, gentleman anglais. Ce bon gentleman donne mille francs par semaine à la belle pour jouer au double solitaire avec elle. De quiproquo en quiproquo, lord X et Nestor ne feront plus qu’un pour la plus grande joie d’Irma la très douce…

Au-delà de la carte postale colorée

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Irma la Douce surprend. Déjà visuellement, puisque Wilder filme en couleur (ce qui est plutôt rare car le cinéaste n’aimait pas ça), et quelles couleurs : les tomates n’ont jamais été aussi rouges, les choux aussi verts… Le quartier des Halles relié à la rue où se situe la majorité de l’action est vivace dans ses couleurs et dans leurs mouvements : les viandes sont portées ; les prostituées se vendent à travers de petites actions ou infimes déplacements ; un jet d’eau nettoie la rue chaque matin noyant deux cœurs dessinés au rouge à lèvres sans jamais réussir à noyer la couleur… La reconstitution de Paris de Wilder est digne d’une carte postale picturale. Mais, comme introduit plus haut, la carte postale est en mouvement. Et elle expose des scènes parisiennes que la capitale n’a pas dû apprécier voir à l’écran à l’époque : un réseau de prostitution dans lequel tout le monde semble s’être creusé une place, des flics aux macs, en passant par l’hôtel Casanova et les clients. Wilder présente ainsi une machine économique portée par « l’autre beauté parisienne » cachée derrière la capitale-carte postale que l’on connaît.

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Nestor Patou (Jack Lemmon) débarque aux Halles et dans cette rue d’à côté où les trottoirs sont occupées par des prostituées. Naïf, il commence toutefois à douter…

Le cinéaste oppose à ce cynique tableau le consciencieux Nestor Patou, interprété par le brillant Jack Lemmon. Le bonhomme, avant d’être affecté aux Halles, gardait la paix dans un parc dominé par les enfants. Au début de sa nouvelle affectation, Nestor va voir son monde de bien, de mal et de « petit agneau tout blanc » perturbé par ce qu’il va découvrir : le réseau de prostitution bien connu par la police qui y a même une bonne place ; lors de la rafle des prostituées, il se retrouve coincé avec elles, découvrant l’humanité de ses filles loin d’être mauvaises, et aussi son propre désir pour ces corps qui se vendent au gré du client ; il perd son travail le même jour à cause d’un malentendu et devenir le mec/mac d’Irma (formidable Shirley MacLaine) après une folle bagarre. Problème : Irma veut travailler davantage pour rendre son homme heureux, riche, et bien habillé, mais Nestor, amoureux, la veut pour lui tout seul.

Ainsi, d’une carte postale aux couleurs explicites, Wilder nous plonge tel Nestor dans une réalité parisienne toute en nuances dans laquelle le dilemme amoureux devra résister et faire face avec inventivité et bravoure. La dernière partie du film semble embrasser la fiction délurée et irréaliste – pour ne pas dire cartoonesque –, ne pourrait-on interpréter ce changement comme une réponse du cinéma à cette bien plus obscure réalité ? Que ce soit avec passion et une certaine drôlerie ironique dans Certains l’aiment chaud ; lors d’une prise de conscience digne d’un acte de foi dans La Garçonnière ; ou encore avec un soupçon de nostalgie romanesque et amoureuse dans La Vie privée de Sherlock Holmes ; Wilder répond au cynisme et à la noirceur du réel en utilisant finalement la machine cinématographique pour mettre en image une utopie humaniste capable de faire face à tous les maux du monde.

Enfin le long métrage fait son retour vidéo dans une version soignée. Si le début du film est perturbé par une instabilité importante de l’image, la remasterisation est, sur l’ensemble, réussie : les couleurs sont vives avec un contraste nuancé ; et les images sont détaillées avec un léger grain préservé et malgré la présence d’un peu de poussière. Le film est accompagné d’intéressants bonus dont un livret exclusif écrit par Marc Toullec.

Bande-annonce – Irma la Douce

COMPLÉMENTS DES ÉDITIONS DVD & Blu-ray

– Conversation entre les journalistes Mathieu Macheret (Le Monde) et Frédéric Mercier (Transfuge)
– Interview de Laurent Valière (France Culture) à propos de la comédie musicale originale
– Les décors d’Irma la Douce revisités par Didier Naert, peintre architecte.

+ Un livret écrit par Marc Toullec

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Prix de l’édition DVD : 14,99 €

Prix de l’édition Blu-ray : 19,99 €

Festival

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