Rencontre et débat avec Vincent Poymiro,Tony Grisoni : Séries Mania 2016

Festival Séries Mania 7ème édition : comment soutenir les auteurs dans l’innovation et rencontre avec Tony Grisony

Cette quatrième journée de festival est marquée par la rencontre avec Tony Grisoni, scénariste de Terry Gilliam et Michael Winterbottom, ainsi que membre du jury. Mais en premier lieu, se tenait la première table ronde professionnelle sur « comment mieux accompagner les auteurs dans l’innovation ? ». Pour animer le débat, le scénariste/metteur en scène/réalisateur et membre de la SACD, Laurent Levy. Autour de lui, Marie-Pierre Thomas, membre de la guilde des scénaristes et également membre de la SACD,  David Robert, auteur émergeant, membre du collectif européen « The Dirty Dozen », Vincent Poymiro créateur de la série Ainsi-Soient-Ils, Claude Scasso scénariste sur Caïn (France 2) et créateur de la prochaine série de science-fiction Transfert et Fabienne Aguado Responsable du Centre des écritures cinématographiques au Moulin d’Andé, résidence à l’écriture en Haute-Normandie.

Le débat en trois parties, a permis de pointer du doigt, notamment grâce à Vincent Poymiro, le monopole des grandes chaînes qui, sclérosées dans le « plaire au plus grand nombre » ne permettent pas l’innovation. Marie-Pierre Thomas, féministe convaincue, liste l’exemple du genre policier, médical, mais elle oublie l’univers scolaire/adolescent qui, avec la série Sam (TF1) à 20h, enfonce le clou sur la redite et le cliché éculé. Elle critique la proéminence du masculin dans la création, le manque de femmes dans la prise des décisions et leur absence dans les instances financières. Pourquoi n’y a-t-il que les petites chaînes pour bousculer les codes ? Implicitement, on pense à OCS, même si son nom n’est jamais désigné. Canal +, autre câblée permet à une autre échelle l’innovation. L’étiquette « création originale » suffit-elle à valider cette acceptation ? Si Baron Noir est mis en avant par la dernière intervenante citée, on pense dernièrement à Section Zéro d’Olivier Marchal (Braquo) qui reprend un genre rarement abordé en France : l’anticipation. C’était en effet Arte qui était représentée aujourd’hui par Claude Scasso et Vincent Poymiro qui revient sur Trépalium – cette dernière série était grandement attendue par la rédaction, plus que déçue par le caractère profondément froid et distancié, que ce soit dans la mise en scène ou le jeu des acteurs.

Pourquoi le modèle français n’arrive-t-il pas à innover à la manière des plateformes telles Netflix, Amazon ou Hulu? Claude Scasso y répond très pragmatiquement. « Tout est une question de budget… Nous doutons que cela suffise. Ne pouvons-nous pas ajouter à cela une certaine tradition nationale dont les institutions en seraient fières ? » Paradoxe, puisque quasi 50% des programmes à succès sont des adaptations notamment anglo-saxones. The Voice, Top Chef, Danse avec les stars… TF1 est quand même régulièrement sur le ring !

La création des programmes de deuxième partie de soirée (8 en un an) sur France 2 notamment était un point survolé puisque cette question ne pouvait être posée légitiment qu’aux distributeurs absents de cette table ronde, comme l’a fait remarquer un homme dans le public. On retient la prise de parole du créateur d’Ainsi Soient-Ils qui a utilisé la métaphore d’une petite fenêtre pour souligner l’ouverture étroite dans laquelle les auteurs doivent s’engager avec leurs producteurs. Car le duo créatif semble être une nécessité pour peser sur le marché face aux grandes imminences institutionnelles closes. D’autres, comme Tony Grisoni, peuvent tout simplement avoir la chance de tomber sur la bonne personne au bon moment…

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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