« - TOI… L’EPERVIER DE CROZON, rossé par des valets de ferme et mené à pendre comme un chapon…
- Oh ! Arrête tes sermons, tu veux ?
- … Sans parler de ta fuite de Brest dans les jupes de cette… cette…
- Le mot… PUTAIN vous écorcherait-il la bouche, maître Caroff ?
- Peuh !... En tout cas, si l’écho de cette aventure vient à se répandre, on se gaussera de l’Épervier dans tous les ports de la côte…
- Que veux-tu… ? La mort du comte de Kermellec m’a complètement retourné les sangs !... »
« Une fois propre et sec, il noua ses cheveux dans un ruban, puis enfila une chemise de fine toile presque neuve qu’il glissa dans un haut-de-chausse en daim couleur cuisse de nymphe émue – rose. Pour l’assortir, Justinien s’était choisi un pourpoint à manches tailladées fait dans un satin gaufré orangé et une paire de courtes bottes noires évasées en entonnoir démodées depuis la mort de Louis le Treizième. Il enveloppa ses poignets dans des manchettes de toile et de dentelle fermées par des rubans de soie et se coiffa d’un large chapeau de feutre couleur Espagnol malade – brun à reflets verdâtres – orné d’un panache fait de plumes d’autruche défraîchies, choisi pour son large bord qui jetait une ombre propice sur son nez de bois. »
« Elle entama sa course contre le soleil, progressant entre les arbres à pas lents et sûrs. Elle gravissait la pente des éboulis, sur l’herbe sombre, à travers des clairières lumineuses et des ruisseaux glacés, toujours entourée de pins immenses tandis que leurs aiguilles glissaient et craquaient sous ses nouvelles bottes. »
« -Ah ouais, et toi quand une patricinha te siffle comme ça…
- Bah ouais, j’accours ! Comme ça, ouais ! Mais il y a juste un problème… C’est que… Hmpf… C’est que je me souviens plus de son visage.
- Ha ha ha ha ha !
- Arrête, je suis sérieux ! Mais je pense que je peux la reconnaître à ses jambes. Elle avait des jambes parfaites !
- Arrête, tu dis toujours que ça existe pas, les jambes parfaites.
- Oui, c’est vrai, ça existe pas. Mais je les cherche quand même. Et elle, cette nana, elle en était pas loin. Les chevilles fines, le galbe des mollets, même le petit arrondi sous le genou… C’est super rare, ça… »
« … Il y a Môssieur Mogniaud, actuellement professeur d’histoire dans une institution privée, dégommé du haut poste qu’il occupait à la Tour Pointue, service des Étrangers, pour ses peu gammées opignons. Il y a papa Bonnechose, avokâ-docteurendrouâ, ivrogne, cacochyme et rabougri, accompagné de deux ou trois rigolos souventes fois d’Henri Vergnolle, grand et gros lippu, architecte et chochialiste mais pour l’instant rangé des voitures pour l’unique raison qu’il n’y a plus de voitures, sauf celles de la Wehr-heim. »
« - Sadima ! Prenez place. J’ai pensé que nous pourrions apprendre à nous connaître.
- Oui milord.
- Appelez-moi Adrian.
- Bien milord
- Sadima, je dois reconnaitre que nous ne sommes pas partis sur le meilleur pied. Je ne sais pas me comporter avec les gens. Préoccupé par ma situation, je ne vous ai pas suffisamment prêté attention. Je serai plus attentif dorénavant. Discutons un moment, voulez-vous ?
- Si vous le souhaitez. Nous allons commencer par la météo. Après quoi nous évoquerons les patrons de robes, les sujets d’aquarelle…
- Vous avez l’air de connaitre votre sujet. Je vous laisse diriger la conversation.
- C’est pourtant le rôle de l’homme, milord.
- Appelez-moi Adrian
- Mais enfin ! Certainement pas. »
« Tout ça, c’est la faute du gros, voilà ce qu’il allait leur dire. La faute de Franco Andrade et de son obsession pour madame Marián. Polo n’avait fait que lui obéir, suivre les ordres qu’il lui donnait. Cette femme le rendait complètement fou, Polo en avait été témoin, depuis plusieurs semaines le gars ne parlait que de se la faire, la posséder, d’une manière ou d’une autre ; il n’avait que ça à la bouche, il le répétait comme un disque rayé, le regard perdu et les yeux rougis par l’alcool, les doigts tout gras à cause du fromage en poudre que ce gros porc n’essuyait avec sa langue que lorsqu’il avait fini tout le paquet de chips, format familial. »
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.