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World War Z, un film de Marc Forster : Critique

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World War Z est un blockbuster calibré pour le grand public, un film de zombies édulcoré au montage épileptique qui ne manque pas de rythme mais d’audace et d’hémoglobine. En un mot du Cinéma fast-food.

Synopsis : Gerry Lane, un ancien enquêteur réputé de l’ONU s’est rangé de son passé tumultueux et passe des jours tranquilles avec sa famille. Un matin, bloqué par les embouteillages, il assiste impuissant, à un carnage dévastateur : le monde est envahi par un virus fulgurant d’origine animale, qui a subi une mutation, et qui transforme les hommes en morts-vivants par le biais de morsures. Gerry en réchappe de peu avec sa famille. Les forces de l’ordre viennent le chercher en hélicoptère, le contraignent à reprendre du service et à enquêter sur les origines de la pandémie à travers le monde. Pour protéger sa famille, Gerry n’a d’autre choix que d’accepter cette mission hautement périlleuse… 

Invasion de Zombies rapides, guerre sans hémoglobine 

World War Z est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Max Brooks, dont les droits ont été achetés en 2006. Le fils du grand Mel Brooks est reconnu en tant que spécialiste de la « culture zombie » grâce notamment à son célèbre « Guide de survie en territoire zombie » (2003). Dans son roman « World War Z » (2006), il adopte un point de vue réaliste dans les faits, et psychologique. L’agent des Nations-Unies qu’il incarne, intervient après l’invasion pour recueillir les témoignages et raconte comment les zombies ont envahi petit à petit la planète, visant ainsi une description universelle, une collection de points de vue individuels, sous la forme d’interviews entre l’auteur et les personnages. Cette réalisation a connu de sérieux problèmes d’écriture. Le tournage qui devait commencer en 2009, s’est vu retarder par un script non achevé et le projet a vu bon nombre de scénaristes défiler. Le final a dû être réécrit quasiment à la dernière minute avant d’être remis à Marc Forster. Ce touche-à-tout suisse, lancé par le très beau et dramatique A l’ombre de la haine (2001), également réalisateur de Quantum Of Solace (2008), du thriller Stay, (2005), du mélodrame Neverland (2004) ou de l’intriguant Les Cerfs-volants de Kaboul (2007), n’a pourtant jamais eu l’occasion de vraiment s’illustrer dans des blockbusters aux budgets conséquents. World War Z est donc son coup d’essai dans le genre catastrophe-infection à l’échelle planétaire. Des rumeurs de difficultés de budget et de mésentente entre Brad Pitt et le réalisateur, ont également circulé. Il faut « laisser du temps au temps » disait Lamartine. Est-ce que le temps a profité à ce projet, à la gestation si difficile ?

war-world-z-attaqueLe très attendu World War Z est un film de zombie sous une forme inédite, un blockbuster, qui marque le retour de Brad Pitt à l’affiche. A 50 ans, l’acteur américain s’accorde une petite pause récréative dans une carrière remplie, ces dernières années, de films d’auteurs et de réalisateurs virtuoses. Même s’il n’est pas un spécialiste du genre, l’acteur réussit à porter ce blockbuster sur ses épaules avec charisme et talent et interprète un Gerry Lane à l’instinct de survie incroyable, omnipotent, omniscient, et surtout indestructible, au brushing parfait, dans cette traversée tumultueuse d’un monde rempli de zombies. Les personnages secondaires sont peu développés : Mireille Enos (The Killing, 2011, Gangster Squad, 2013) est cantonnée au rôle de femme éplorée ; Elyes Gabel (Dr Andrew Fassbach), le virologue d’Harvard, fait une apparition éclair avant de mourir aussi subitement que stupidement. De même pour David Morse, en ancien agent de la CIA, dans un rôle manquant cruellement d’épaisseur. Même Matthew Fox (acteur principal de la série Lost) en est réduit à un piètre rôle de parachutiste. Nous soulignerons néanmoins l’excellente prestation de Daniella Kertesz (Seguen) en jeune soldat israélienne, seule véritable humanité du film. Outre les valeurs bien américaines que tous ces personnages véhiculent (parfaite famille américaine, superpuissance et héroïsme de l’armée, idéologie orientée sur la barrière de protection israélienne, héroïsme sans borne de Gerry…), ils manquent surtout de profondeur psychologique. Les fans du livre de Max Brooks risquent d’être déçus tant le coté géopolitique et psychologique de son œuvre ont été exclus du film, pour se recentrer sur l’aventure personnelle du personnage de Gerry.

L’intrigue quant à elle, se situe à mi-chemin entre Contagion (2011) pour l’aspect scientifique et 28 jours plus tard (2002) pour le rythme et les zombies survitaminés. Elle plonge immédiatement le spectateur dans l’action, en offrant une vision apocalyptique d’une rapide propagation du virus à l’échelle planétaire. L’ensemble tient la route et contient des petits bijoux de grand spectacle, comme le début de l’épidémie et les mouvements de foule à Philadelphie, l’échelle de zombie sur le mur de Jérusalem, ou le crash aérien. Les effets spéciaux sont réussis. Les prises de vues aériennes sont superbement filmées, ce qui n’est pas toujours le cas des courses-poursuites filmées caméra à l’épaule pour un plus grand réalisme, mais qui aboutissent à une mise en scène saccadée et décousue.

attaque zombieLa portée du spectacle est également réduite par la volonté de Marc Foster de faire un divertissement tout public. L’absence d’effets gore et de violence, vue d’obtenir une mention « PG-13 », nuit à l’intensité de l’ensemble. Les fans de The Walking Dead entre autres, risquent d’être déçus : ils ne verront pas des hectolitres d’hémoglobine ou autres viscères dégoulinantes… En outre, les zombies du film font plus rire que fuir : ils sautent, sont incroyablement agiles et rapides et réagissent de façon très réactive aux bruits. Le long-métrage regorge de hors-champs, ce qui est un de ses gros points négatifs : le spectateur ne voit jamais une scène de violence directe. La dernière partie du film ne parvient pas, pour ces mêmes raisons, à se transformer en véritable thriller horrifique dans des couloirs cliniques comme dans Resident Evil (2002). Les couloirs du bâtiment de l’OMS offraient pourtant le cadre idéal à un huis-clos haletant. Le scénario dans l’ensemble est assez prévisible, souffre de nombreuses invraisemblances et le dénouement est bâclé. D’ailleurs, la fameuse enquête de Gerry à travers le monde (les États-Unis, La Corée, Israël, la Russie et l’Irlande), dans l’espoir de retrouver le patient 0, n’aboutira finalement à rien ou presque, hormis une théorie du camouflage intéressante certes, mais non aboutie. Le spectateur aurait aimé au final, en savoir plus sur l’origine même du virus.

world-war-z-vaccinSi la bande son s’accorde très bien avec les scènes épiques du film (Isolated System de Muse), il est toutefois regrettable, une fois n’est pas coutume, que la bande annonce dévoile les scènes les plus impressionnantes, que la 3D n’apporte pas grand-chose au film, et que l’on place une publicité du héros buvant une canette de Pepsi au cours du dénouement. De même, les dialogues ne sont pas d’une profondeur abyssale mais ont au moins le mérite de faire rire, comme cette réplique déjà culte : « La cervelle c’est nickel, mais les rotules c’est pas nul ».
Avec un budget titanesque de 190 millions de dollars, World War Z ne parvient pas à révolutionner le genre du film zombie. Il n’atteint jamais la critique sociale, l’esprit contestataire du maitre du genre Georges A. Romero dans La nuit des morts vivants, ni la virtuosité d’un Zack Snyder dans L’Armée des Morts, et encore moins la beauté lyrique d’un Danny Boyle dans 28 jours plus tard. C’est une œuvre inégale, inachevée, et manquant d’ambition et de suspense. A défaut d’avoir une véritable personnalité, ce film demeure un divertissement acceptable, qui possède une énergie réelle, mais qui manque d’esprit. Une suite est déjà en préparation, et réservera espérons le, son lot de surprises.

World War Z : Bande-annonce

World War Z : Fiche technique

Réalisation : Marc Forster
Scénario : Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof d’après l’oeuvre de Max Brooks
Interprétation : Brad Pitt (Gerry Lane), Mireille Enos (Karen Lane), Elyes Gabel (Dr. Andrew Fassbach), James Badge Dale (Captain Speke), David Morse (Ex-CIA Agent), Matthew Fox (Parachutiste)…
Photographie : Ben Seresin
Montage : Roger Barton, Matt Chesse
Musique : Marco Beltrami
Décors : Nigel Phelps
Production : Brad Pitt, David Ellison, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Ian Bryce
Distribution : Paramount Pictures France
Genre : Action, horreur
Durée :  116 minutes
Date de sortie française : 3 juillet 2013

Etats-Unis – 2013

The Bay, de Barry Levinson : Critique

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The Bay : Invasion d’isopodes et scandale politico-sanitaire

Synopsis : Baie de Chesapeake dans le Maryland, 4 juillet 2012, jour de la fête nationale. Une journaliste débutante revient avec des documents inédits sur les événements passés 3 ans plus tôt, où elle fut le témoin d’une contagion par un parasite non identifié qui contamina le lac et provoqua en quelques heures des centaines de morts … Interdit aux moins de 12 ans

Barry Levinson, réalisateur de plusieurs chefs d’œuvre dans les années 80-90 [i] , effectue un come-back aussi inattendu qu’improbable avec un film-documentaire fantastique à micro-budget, filmé en 18 jours, présenté en septembre 2012 au Festival international du film de Toronto et produit par Jason Blum et Oren Péli [ii]. : le récit d’une panique générale suite à une épidémie mortelle causée par un parasite toxique.

A l’instar du Projet Blair Witch (1999) pionnier en la matière, le réalisateur américain choisit la technique du found footage [iii] pour donner à son récit une plus grande crédibilité. Par ailleurs, il fait le choix astucieux à travers une mosaïque de portraits, de présenter différents intervenants, dont celui d’une jeune journaliste, incarnée par Kristen Connolly [iv], d’océanographes, ou d’analystes du Centre de contrôle des maladies, et d’utiliser habilement les médias contemporains pour rendre compte du développement et de la propagation de l’épidémie. Ainsi Levinson exploite tout le panel des armes de communication virale contemporaines, pas moins de 21 supports médias différents (radio, podcasts, réseaux sociaux Facebook, Twitter, YouTube, GPS, e-mails, blogs, Skype, Wikipédia, webcams, télésurveillance, smartphones, appareils photos, produits Apple …), et montre avec ingéniosité à quel point toute cette technologie de pointe ne permet nullement d’enrayer la pandémie.

The Bay impressionne, tant par sa maîtrise des mécanismes de la peur que par son propos écologico-réaliste. Aux yeux du spectateur, la distinction entre réalité et fiction est rapidement brouillée. A partir d’une base plutôt classique de la théorie du complot, Barry Levinson élabore le scénario malin d’une enquête scientifiquement très convaincante, qui présente tour à tour les intervenants d’une catastrophe survenue et montre l’engrenage implacable qui conduit au désastre sanitaire. L’irresponsabilité du gouvernement et son silence face aux risques écologiques, ainsi que le retard des autorités sanitaires dans la prise en charge de la contamination accentue la psychose collective au fil de ce drame. Levinson pose un regard d’une grande acuité sur la batterie de poulets que nous sommes, gavés de nos rêves de bien-être consumériste et de nos déjections qui finiront par avoir notre peau.

L’effet « reportage » nous plonge dans la réalité du sujet, et du coup le spectateur se fait surprendre mais aussi s’inquiète. Quelques frissons garantis lors de certaines séquences : une ville jonchée de cadavres, un peu d’hémoglobine, des éruptions cutanées ou autres pustules peu ragoutants, des langues arrachées, des insectes écœurants ou autres isopodes rampants rongeant littéralement les corps humains, le suicide comme unique alternative …

The Bay une fiction fantastique efficace, à l’ambiance sinistre et anxiogène. Un film-documentaire épuré, vraiment flippant et au caractère écologique et prophétique, que ne dénigreraient pas David Cronenberg ou Guillermo del Toro. Bonne baignade !

Teaser du film The Bay de Barry Levison


[i] Barry Levinson est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain. Dans les années 80-90, il fut l’auteur à succès de Diner (1982), Le secret de la pyramide (1985), Good Morning, Vietnam (1987), Rain Man (1988), Sleepers (1996), Des hommes d’influence (1997), Sphere (un peu sous-estimé, 1998) ou encore Liberty Heights (1999). Un peu en marge du monde hollywoodien, après l’échec de Bandits (2001), il revient en 2012 avec le téléfilm You don’t know Jack. Ce vétéran du cinéma était peu attendu dans l’essai cinématographique du found footage.

Jason Blum et Oren Péli sont des spécialistes des films rentables à petit budget. Ils sont les producteurs de la saga Paranormal Activity, Insidious (2011), Sinister (2012), et Dark Skies (2013).

[iii] Souvent décrié, le found footage désigne la récupération de pellicules impressionnées dans le but d’enregistrer un autre film. Le procédé accroît la crédibilité de ce qui pourrait être un vrai documentaire. Cette mode fut initiée par le Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato (1980), puis par Le projet Blair Witch (1999), REC (2007) ou de Cloverfield (2008).

Kristen Connolly fut révélée dans le film d’horreur La Cabane dans les bois de Drew Goddard (2012).

Electrick children : une musique pétillante pour un film singulier

Electrick children – la BO  du film – Musique composé par Eric Colvin

Le premier long métrage réalisé par Rebecca Thomas, Electrick Children est un conte touchant, captivant, magnifiquement raconté, avec un casting de charme.  Eletrick Children est un hommage aux rebelles de toutes sortes, une collision entre religion et musique, irrésistiblement pétillant comme un sachet de Pop Rocks.

L’histoire commence par la découverte d’une cassette bleue qui changera à jamais la vie d’une jeune fille vivant dans une communauté mormon dans l’Utah. Fascinée par ce qu’elle écoute, une musique écrite par Jack Lee Hanging on the phone, créée par le trio américain The Nerves,  rendu célèbre par Blondie à la fin des années 70.

Rachel interprétée par l’actrice Julia Garner part à la recherche de l’homme chantant sur la cassette, persuadée qu’il est lié à sa mystérieuse grossesse, affirmant avoir une subie une immaculée conception à l’écoute de la musique.L’utilisation du son est certainement la partie la plus fascinante du film, cet étrange mélange audio où se mêle le crépitement de la voix enregistrée de Rachel sur la cassette lors de son anniversaire et la fameuse chanson Hanging on the phone.

Tracklist Eelectrick Children

1. Top Of The Hill — Conduits

2. Hanging On The Telephone — Flowers Forever

3. Vampires — Refried Ice Cream

4. Scotch on the Rocks — Mars Black

5.A Gentleman Caller — Cursive

6. Computer Screens & TVs — Capgun Coup

7. Ghosts Outside Of My Hands — Nona

8. Love this track

9 . Fine Line — Bloodletters

10. Keep Comin’ Back — Taylor Hollingsworth

11 The Best Treasure Stays Buried — Zoey Van Goey

12. Misery Train (Enso Remix)

Paroles Hanging on the phone

I’m in the phone booth, it’s the one across the hall If you don’t answer,
I’ll just ring it off the wall I know he’s there, but I just had to call
Don’t leave me hanging on the telephone
Don’t leave me hanging on the telephone
I heard your mother now she’s going out the door
Did she go to work or just go to the store
All those things she said,
I told you to ignore Oh why can’t we talk again Oh why can’t we talk again Oh why can’t we talk again
Don’t leave me hanging on the telephone Don’t leave me hanging on the telephone
It’s good to hear your voice, you know it’s been so long If I don’t get your call then everything goes wrong I want to tell you something you’ve known all along Don’t leave me hanging on the telephone
I had to interrupt and stop this conversation Your voice across the line gives me a strange sensation I’d like to talk when

I can show you my affection Oh I can’t control myself Oh I can’t control myself Oh I can’t control myself Don’t leave me hanging on the telephone
Hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah oh oh oh run to me

Electrick Children, de Rebecca Thomas

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Electrick Children de Rebecca Thomas : Immaculée conception, fable biblique et initiatique

Sélectionné en 2012 aux festivals de Deauville et de Berlin (section Generation), ce premier long métrage autobiographique, au style épuré, de la réalisatrice américaine Rebecca Thomas, est une œuvre mystérieuse et sensible, d’une grande poésie, et qui malgré ses imperfections, saura satisfaire les amoureux du cinéma d’auteur.

Rachel (la lumineuse Julia Garner) est le personnage central qui symbolise une problématique universelle, celle de la rupture avec sa communauté, la recherche de ses origines, le « connais-toi toi-même ! » de Socrate.

Rachel étant convaincue d’avoir été fécondée par la voix entendue sur un vieux magnétophone, cherche sa voie résolument, opiniâtrement, même si pour cela, elle est prête à affronter l’inconnu, la ville, ses dangers, ses tentations, l’ennemi même : Las Vegas, avec ses néons tapageurs, ses rencontres fortuites, des jeunes désœuvrés et blasés, filant cheveux aux vents sur leur skateboard, jouant aux jeux vidéos et amateurs de rock. Elle entraîne dans son sillon son jeune frère, M. Will (Liam Aiken), lui aussi chassé de la communauté persuadée qu’il est le père, mais qui ne parvient jamais à s’en détacher véritablement. Dans ce voyage initiatique, elle rencontrera aussi peut-être l’amour réaliste en la personne de Clyde (Rory Culkin), jeune rocker aux cheveux longs, au vécu similaire qui devient son confident salvateur. Lui aussi vit cette rupture avec ses parents.

Rebecca Thomas, elle-même issue d’une famille mormone, évite l’écueil de la caricature, du règlement de comptes ou du prosélytisme mais souligne avec une ironie bienveillante et une grande finesse, ces existences bannies de la réalité. L’interprétation des tous les acteurs est juste, et la lumière somptueuse de ce film dégage une impression de douceur.

Electrick Children n’est pas seulement une fiction initiatique sur l’adolescence en quête de vérité, mais une expérience singulière, une fable mystique et biblique, une relecture contemporaine de l’histoire de la vierge Marie. La réalisatrice laisse d’ailleurs planer le doute quant à savoir si cette immaculée conception est réelle ou fictive. Même si le scénario est un peu faible, ce film demeure une riche idée de cinéma à la façon de Gus Van Sant [ii], tant les thématiques abordées sont universelles : l’origine de l’enfant, la conception, la rupture sociale, l’arrachement de soi, le feu de la révolte adolescente face à l’iniquité, une quête sociale, mais aussi mystique et religieuse. Une belle fable nocturne au charme indéniable !

Fiche technique : Electrick Children

Réalisation : Rebecca Thomas
Interprétation : Julia Garner (Rachel), Rory Culkin (Clyde), Liam Alken (Mr Will), Bill Sage (Tim), Billy Zane (Paul), Cynthia Watros (Gay Lynn)
Scénario : Rebecca Thomas
Image : Mattias Troelstrup
Décors : Elizabeth Van Dam
Costumes : Stacey Berman
Montage : Jennifer Lilly
Musique : Eric Colvin
Producteur(s) : Richard Neustadter, Jessica Caldwell
Production : Live Wire Films
Distributeur : Bac Films
Durée : 1h33
Date de sortie : 26 juin 2013

Synopsis : Rachel vit avec ses parents dans une communauté mormone fondamentaliste de l’Utah. Le soir de ses 15 ans, portée par un élan d’ailleurs, elle découvre par hasard une cassette bleue, contenant une chanson « Hanging on the telephone » [i], interprétée par un rocker du coin, une révélation pour l’adolescente. Lorsque trois mois plus tard Rachel tombe enceinte, elle est persuadée que ce morceau de musique en est la cause. Ses parents veulent alors la marier de force. Rachel s’enfuit à Las Vegas, à la recherche de l’interprète de la chanson, persuadée qu’elle pourra appréhender le mystère de cette immaculée conception.

Electrick Children Extrait du Film


[i] La fameuse chanson « Hanging on the telephone » a été écrite par Jack Lee et immortalisée par Blondie
[ii] Ce film évoque les thèmes abordés par le réalisateur américain Gus Van Sant, notamment dans son Paranoid Park (2007), un drame émouvant sur la transformation adolescente.

Critique : Moi, moche et méchant 2

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Moi, moche et méchant 2 : Hommage au film d’espionnage et gloire des minions

Trois ans après le premier épisode, un succès incroyable au box office mondial avec une recette de 543 millions de dollars qui permit de lancer un nouveau studio d’animation Illumination Entertainment, Gru et ses adorables minions, toujours aussi loufoques, sont de retour !

Moi, moche et méchant 2 est un film d’animation très drôle, sincère et bien rythmé. Ce film est un véritable hommage aux vieux films d’espionnage des années 70, principalement les James Bond. C’est aussi une collaboration franco-américaine avec aux commandes les réalisateurs Chris Renaud et Pierre Coffin.

Les minions ont ici une place de choix : leur naïveté, leur potentiel humoristique, leurs mimiques et leurs gags incessants sont superbement exploités. Le personnage de Gru reste malgré tout bien présent à travers une intrigue travaillée sur fond d’enquête policière déjantée, des décors futuristes, et des gadgets en pagaille, comme le rouge à lèvre taser. Les 3 fillettes sont toujours aussi émouvantes, attachantes et sympathiques.

Dans le premier épisode, Gru devenait père ; ici, il jouit toujours de sa paternité avec Agnès, mais subit également l’adolescence de Margo et son affection naissante pour le séduisant Antonio, le fils d’Eduardo Perez, le propriétaire du restaurant Salsa & Salsa. Gru trouve également une partenaire, et sait se montrer touchant. rachel moi, moche et méchant

L humour et l’amour sont donc bien présents dans ce second volet. On peut également faire l’éloge d’une bande annonce, qui pour une fois est honnête, et ne dévoile pas la majeur partie du film. La 3D est réussie, et l’animation sensationnelle. A la bande son on notera le retour de Pharrell Williams. Il y a également Pitt Bull, David Guetta, Nicki Minaj ou encore Flo Rida, et surtout une reprise hilarante de la chanson « I Swear » du groupe « All 4 one » par les minions, à la fin du film. Il faut rester jusqu’au générique pour apprécier une petite animation qui exploite la 3D et qui annonce un spin-off exclusivement consacré aux aventures des minions, annoncé pour la fin 2014 : Les minions, le film.

Si on peut regretter une intrigue un peu paresseuse, une fin spectaculaire et un happy-end final attendu, Moi, moche et méchant 2 demeure un film divertissant, très amusant et attendrissant, où l’humour côtoie les bons sentiments et dont le message pacifiste fera sourire petits et grands. En 2014, le spectateur connaîtra la joie de retrouver sur grand écran une multitude de petites créatures jaunes, pour une aventure n’en doutons pas, toujours aussi enlevée et délirante…

Synopsis  : Gru, le plus méchant de tous les temps est désormais devenu le plus gâteau des papas poules. Il s’épanouit à présent dans une existence tranquille en compagnie de ses filles adoptives, Margo, Édith et Agnès et de ses hilarants minions. Alors qu’il commence à peine à s’adapter à sa nouvelle paternité, une organisation ultra-secrète menant une lutte acharnée contre les crimes dans le monde enlève Gru et lui confie avec sa charmante coéquipière Lucy, la responsabilité d’arrêter les méfaits d’un nouveau criminel impitoyable et beaucoup plus coriace que prévu : El Macho… A partir de 6 ans.Avec les voix VF de Gad Elmaleh (Gru), Audrey Lamy (Lucy Wilde), Eric Cantona (Eduardo Perez, propriétaire du restaurant)

Fiche technique : Moi, moche et méchant 2

Titre original : Despicable me 2
Réalisateurs : Pierre Coffin – Chris Renaud
Acteurs : Eric Cantona, Steve Carell, Kristen Wiig, Audrey Lamy
Genre : Animation, 3D
Date de sortie : 26 juin 2013
Durée : 1h39mn

Extrait Moi, moche et méchant 2

 

Man of Steel, de Zack Snyder

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Man of Steel : Homme sans slip, cinéma sans épaisseur

L’impressionnante et décoiffante séquence d’introduction d’une vingtaine de minutes part d’une idée originale, l’explication des origines extra-terrestres de Kal-El, suite à la l’implosion de la planète Krypton n’ayant pas été véritablement approfondie dans les versions précédentes. Sous fond de plaidoyer écologique sur l’épuisement des ressources naturelles, cet épisode fondateur ne prend jamais consistance : s’il nous permet d’en apprendre un peu plus sur les origines extra-terrestres de Superman, cela se fait malheureusement aux dépens des origines terrestres de Clark Kent.

Man of Steel est un film sombre, beaucoup moins lisse que la concurrence de Marvel. Dans cette relecture du mythe par Snyder, le spectateur a droit à un nouveau Superman, beaucoup plus sérieux, beaucoup plus noir, une sorte de demi-dieu solitaire, perdu loin de sa planète d’origine. Le super-héros torturé est décidément à la mode, après Iron Man 3 ! Pourtant, très vite, le scénario à coups de flash back sur la jeunesse de Superman expédiée à la va vite, déçoit : au Superman torturé à la recherche de ses origines et découvrant ses pouvoirs, laisse place un super héros classique qui sauve l’humanité du vilain méchant voulant la détruire. Certes, les effets spéciaux peuvent apparaître comme prodigieux pour beaucoup, quoique trop nombreux et trop proches du style jeux vidéos : la bataille sur Krypton, les séquences de vol (ou Superman transformé en avion de chasse), la tornade ou le final démesuré au cœur de Metropolis…

Ces plans en mouvement, la caméra à l’épaule, les zooms incessants, aboutissent souvent à une image saturée et une prise de vue épileptique, bref à une réalisation parkinsonienne.Sans un véritable scénario, il est également difficile de faire briller un casting même de premier choix : Russell Crowe est crédible en Jor-El. Si les parents apportent une touche d’émotion, Diane Lane (Martha Kent) et Kevin Costner (Jonathan Kent), l’épisode de la tornade et le passéisme du héros ruinent au ressort dramatique. Amy Adams campe une Lois Lane convaincante mais qui n’a pas de véritable rôle dans l’histoire. Henry Cavill (Clark Kent/Kal-El), bodybuildé, n’a pas beaucoup de charisme et son visage ne fait ressentir aucune émotion ; Michael Shannon (Zod) est un très grand acteur et a un grand charisme, mais ce n’est pas Man of Steel qui rendra justice à son talent [iii]. Les dialogues étant d’une grande médiocrité, parfois à la limite du ridicule et la 3D inutile, seule la bande originale signée Hans Zimmer vaut le détour.

Man of Steel est un film à peine divertissant et surtout prétentieux, une espèce de superproduction américaine bancale et mal rythmée, aux incohérences nombreuses, très éloignée de The Dark Knight de Christopher Nolan.

L’atmosphère de la bande-annonce ne reflète pas du tout l’univers du film, une arnaque de plus. Si Snyder maîtrise les effets numériques, il ne sait pas raconter une histoire : Superman enfant est un faux-jeton des cours de récréation qui lit Platon ; l’histoire d’amour entre Lois et Clark tombe comme un cheveu sur la soupe au milieu d’immeubles qui s’écroulent ; Clark Kent devient Superman avant de devenir reporter au Daily Planet ; Zod le méchant est détruit par Superman par un simple brisage de nuque, un Superman qui ne se préoccupe jamais des dommages collatéraux, tandis que Metropolis est réduite à néant, les habitants aux regards ahuris scrutant le ciel, l’espoir peut-être ? Les personnages sont vides et ne véhiculent aucune émotion.

Les fans des DC comics ou des premières adaptations [iv], fuiront sans doute cette surenchère visuelle, ce long documentaire sur le 11 septembre 2001 qui ne pourra pas cacher la vacuité de ce film catastrophe à l’Independance Day ou à la Michael Bay, malgré un budget indécent de 225 millions de $. Il est grand temps que les scénaristes américains se remettent à l’écriture et cessent de nous pondre des blockbuster bourrins !

Synopsis : Un petit garçon doté de pouvoirs extraordinaires dus à ses origines extraterrestres cherche à découvrir quelle est la mission de sa venue sur terre, lorsque l’ennemi juré de son défunt père, le Général Zod, flaire sa piste et menace de révéler son identité…Après le succès de la phénoménale trilogie Batman de Christopher Nolan [i], DC Comics, éditeur des aventures du chevalier noir et de l’homme de fer, et Warner Bros, font appel à Zack Snyder [ii] pour lancer le reboot d’un Superman 2013, après la tentative décevante de Bryan Singer et de son Superman Returns (2006).

Fiche Technique : Man of Steel

Réalisateur : Zack Snyder
Scénario : David Goyer, Kurt Johnstad, Jonathan Nolan
Avec : Amy Adams, Henry Cavill, Kevin Costner, Russell Crowe, Laurence Fishburne, Diane Lane, Christopher Meloni, Michael Shannon, Ayelet ZurerPhoto : Amir M. Mokri
Musique : Bear McCreary, Hans Zimmer
Durée : 2h23
Sortie : 19/06/2013
États-Unis, 2013


[i] Christopher Nolan est ici le coproducteur  de Man of Steel avec David S. Goyer (son co-scénariste de Batman Begins, 2005). Découvert dans les années 90 pourses premiers longs-métrages qu’il convient de redécouvrir, The following (1998), Memento (2000), Insomnia (2002), il est surtout connu pour la trilogie Batman (Batman Begins, 2005, The Dark Knight, 2008, et The Dark Knight rises, 2012).
[ii] Zack Snyder est un cinéaste ambitieux mais aux succès mitigés. Ses réalisations les plus connues sont L’Armée des morts (2004), 300 (2007) Watchmen (2009) et Sucker Punch (2011)
[iii] Michael Shannon s’est déjà illustré il est vrai, dans certains films catastrophe comme World Trade Center d’Oliver Stone (2001), mais on préfèrera et de loin, son magnifique jeu dramatique dans le grandiose Take Shelter de Jeff Nichols (2001)[iv] On citera entres autres Superman de Richard Donner (1978) et Superman 2 de Richard Lester (1980).

L’Inconnu du lac, un film d’Alain Guiraudie : Critique

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L’inconnu du lac : Chasse à l’homme, passion amoureuse et thriller sexuel

Précédé d’un excellent accueil à Cannes et de ridicules polémiques à propos d’une affiche qui heurterait les âmes sensibles (A Versailles et St Cloud, l’affiche a été interdite. Rappelons simplement que cette affiche ne présente que deux hommes s’embrassant sur des teintes d’aquarelle, rien de vraiment choquant !), le quatrième long-métrage d’Alain Guiraudie, est un savant mélange de genres, entre comédie sentimentale et film policier.

Au début du film, le réalisateur aveyronnais nous propose une ballade solaire et érotique sur une plage ensoleillée, un lieu de rencontres pour hommes d’âges différents qui se dorent au soleil, nagent, se draguent, cherchent le compagnon éphémère d’une étreinte, puis se quittent, le plus souvent s’oublient, le lendemain reviennent. Le lieu du parking symbolise ce huis clos à ciel ouvert, ce mouvement perpétuel, cette routine filmée avec un grand réalisme. Un film sur le désir, sur l’attirance physique, sur la passion, sur l’essence même de la vie. Alain Guiraudie revendique le même regard de libertin classique qui a présidé à l’ensemble de son œuvre. Il aborde frontalement les codes de l’homosexualité.

Ensuite, le film bascule dans un polar angoissant où le plaisir rejoint la douleur et la mort. Franck veut s’attaquer à l’amour passion. Il a bien vu cet homme, Michel, ce tueur charismatique aux mobiles mystérieux, noyer un compagnon de plaisir, mais tout le pousse vers lui, un irrésistible élan, un irrésistible amour. Aussi va-t-il le suivre, goûter ses caresses alors même qu’il sait que la mort ne peut que s’ensuivre. L’inconnu du Lac décrit le chemin de nos vies entre Eros et Thanatos. La lumière et la photographie sont sublimes. La mise en scène épurée, de style classique, est solaire et sombre à la fois. C’est un film d’une grande beauté plastique, au rythme lent, une vraie poésie de la nature, pas très éloignée de La nuit du chasseur de Charles Laughton (1955), où l’on prend le temps de contempler, avec de grands plans larges et fixes, comme la scène de la noyade, filmée à distance, dans une sorte de discrétion glaciale. La langueur crée une atmosphère reposante accentuée par une bande-son se limitant aux bruits naturels : clapotis du lac, vent dans les arbres, déplacements dans les fourrés, étreintes des corps….

Soulignons également le talent de ses interprètes : Pierre Deladonchamps (Franck) en personnage naïf et sentimental, vivant sereinement son homosexualité, faite de désirs soudains et d’étreintes rapides : Christophe Paou (Michel) au rôle complexe et dont les motivations restent floues : un homosexuel refoulé, un psychopathe aux intentions criminelles, une sorte de Barbe-bleue homosexuel ou une métaphore plus profonde du sida ? De ce film ressort aussi la solitude de certains personnages, leur besoin de lier connaissance, de se lier d’amitié, à travers le jeu magnifique de Patrick d’Assumçao (Henri) avec sa prestance charnelle, incarnant un personnage moral et docile qui tente de se faire une place d’acolyte et qui n’y parviendra que par un ultime sacrifice.

Si L’Inconnu du Lac bâcle sa part d’ombre criminelle et son dénouement, il n’en demeure pas moins un grand film sur la passion et le désir, une œuvre hédoniste oscillant avec intelligence entre thriller et comédie sentimentale, un conte de fées inclassable, lumineux et sidérant, avec un petit Poucet et un prédateur qui sort du bois la nuit tombée. A conseiller à un public averti et éclairé.

Synopsis: L’été, un lac quelque part dans le sud de la France, un lieu de drague pour hommes. Franck (Pierre Deladonchamps) tombe amoureux de Michel (Christophe Paou) un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Une histoire d’amour démarre. Un cadavre remonte à la surface… Frank sait que Michel est le tueur, mais il se laisse submerger par cette passion destructrice…

L’inconnu du lac : bande-annonce

L’inconnu du lac : Fiche technique

Réalisateur : Alain Guiraudie
Scénario : Alain Guiraudie
Interprétation : Pierre Deladonchamps (Franck), Christophe Paou (Michel), Patrick d’Assumçao (Henri), Jérôme Chappatte (Inspecteur Damroder)…
Photographie : Claire Mathon
Montage : Jean-Christophe Hym
Direction artistique :  Roy Genty, François Labarthe et Laurent Lunetta
Producteurs : Sylvie Pialat et Jean-Laurent Csinidis
Société de production: Les Films du Worso
Distribution : Les Films du Losange
Budget : 900 000 euros
Festivals et récompense : Selection officielle à Cannes où il a gagné le prix de la mise en scène et, parallèlement, la Queer Palm
Avertissement : Interdit aux moins de 16 ans
Durée : 97 minutes
Genre : Policier, romance
Date de sortie : 12 juin 2013

France – 2013

Teen Wolf saison 3 : une vraie bonne surprise

Teen Wolf saison 3 vient de commencer en introduisant de nouveaux personnages, une meute d’Alphas rivale débarque à Beacon Hills, tandis que Jackson Whittemore incarné par « Colton Haynes » que l’on a pu voir se transformer en super loup-garou lors de la final saison 2, parti pour Londres est allé rejoindre la série Arrow.

La série commence bien avec des animaux qui ont perdu la boule, un cerf fonce dans la voiture de Lydia sans parler de la scène des oiseaux rappelant celle Hitchcock, volant de manière chaotiques et agressives sur une classe plein d’élèves.Quant aux Alphas ils ont l’air bien méchant, un mystérieux chef, aveugle, et des créatures étranges et dangereuses comme les jumeaux Aiden et Ethan « Max et Charlie Carver » vus dans « Desperate Housewiwes« , s’infiltrant dans le lycée de nos héros.

Teen Wolf une saison 3 avec plus d’actions, de mystères, d’intrigues, de tensions et une maturité qui fait de cette série plutôt axée sur les 14/16 ans, une vraie bonne surprise, de série sympathique, elle passe à série intéressante.Malgré une ambiance plus dramatique, l’humour est toujours présent avec Stiles Stilinskj interprété par Dylan O’Brian, toujours là pour détendre atmosphère. Son humour n’est pas son seul atout, son esprit de déduction est mis à contribution, à la fin du 3ème épisodes, il est persuadé que les meurtres des jeunes gens sacrifiés n’ont rien à voir avec les loups-garous.

Cette troisième saison de 24 épisodes promets de véritables mystères, plongé dans une mythologie qui ne cesse de approfondir, les personnages prennent plus d’épaisseur, de profondeur, Scott Mac Call « Tyler Posey » devient un jeune homme, un leader, qui ne cherche pas à foncer dans le tas, concevant des plans et des stratégies. Bien entendu, il reste aussi ce Teen toujours plongé dans son histoire d’amour à la Roméo Juliette avec Alison, bien que l’épisode 4 semble annoncer un rapprochement avec Isaac. Un personnage qui dans la série va certainement prendre de l’importance…

Par ailleurs, dans l’épisode de la semaine prochaine, Scott aura du mal à retenir Isaac, qui souhaite affronter les deux étranges jumeaux, fraîchement débarqués en ville. Quant à Lydia,  »

Holland Roden » elle est toujours contrôlée par un personnage aux intentions pour le moins néfastes, lui faisant totalement perdre toute notion du temps et de l’espace, un mystère à élucider, lui aussi…

De toute évidence la série commence à prendre une ampleur, une profondeur bien plus mature, le rapprochement entre Derek Hale joué par « Tyler Hoechlin », Isaac « Daniel Sharman » et Scott, formant une véritable meute, cible d’un groupe d’Alpas annonce de l’action et des rebondissements intéressants. L’introduction de nouveaux personnages comme la sœur de Derek, Cora « Adelaide Kane » et l’évolution des rôles va sans doute permettre à cette série d’exister sur la durée.

After Earth : Shyamalan en mode écran de veille

Critique du film After Earth

Pour planter le décor, un vaisseau spatial se trouve contraint d’atterrir sur la Terre, une planète devenue interdite, mille ans après que l’humanité ait été obligée de l’évacuer, chassée par des événements cataclysmiques. Sur cette Terre désormais hostile, le père Cypher, inteprété par Will Smith grièvement blessé, doit rester dans une position de surveillance dans le vaisseau, tandis que son fils Kitai Raige incarné par Jaden Smith, s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Kitai va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et dominent à présent la planète, et combattre une créature extraterrestre redoutable qui s’est échappée au moment du crash. Pour avoir une chance de rentrer chez eux, père et fils doivent apprendre à communiquer et se faire mutuellement confiance…

Après les films, Sixième Sens (1999), et Incassable (2000), Shyamalan avec Le Village (2004) réalise un film plus politique, mettant en scène une communauté fondée sur des croyances et des peurs et leur rupture. Entre temps soulignons que le réalisateur a fait des films dont a assez peu entendu parler comme La Jeune fille et l’eau (2006) et Phénomènes (2008).

C’est un réalisateur, qui à la manière d’un Michael Bay², semble cristalliser une forme de haine de la part des critiques, alors qu’il tente à juste titre de mettre de la poésie, une forme de philosophie et de réflexion dans ses films, malgré le formatage imposé par l’industrie hollywoodienne.

After Earth est d’abord l’adaptation cinématographique d’une bande dessinée After Earth : Innocence, et d’un roman After Earth : Ghost Stories. Mais on peut regretter un scénario prévisible qui le résume à un blockbuster, mené par des producteurs qui certainement n’arrivent plus qu’à voir la machine à fric facile, au détriment de la création. C’est un genre d’Heroic Fantasy classique où le fils du héros, ce père commandant, entouré d’une aura de guerrier sauveur, revient sur la Terre fondatrice de l’humanité, pour affronter des épreuves aussi bien physiques que mentales.On peut reprocher à ce film, la quasi inexistence des vestiges humains, un passage un peu trop rapide sur la flore et la faune terrestre, et une intrigue un peu plate mais avouons-le, ça reste un bon divertissement. Les paysages sont magnifiques, et dans l’ensemble les effets spéciaux sont à la hauteur des espérances.

De plus, Syamalan a encore une fois tenté d’introduire des thèmes dans cette œuvre de science-fiction, d’une part la relation entre un père et son fils avec ses complexités, et un traumatisme en fond de toile, un choix qui peut déstabiliser le spectateur par conséquent. Le thème de base, quant à lui, concerne l’affrontement de la peur, et la détermination à y faire face.Même si on passe rapidement sur le sujet comment affronter ses peurs, c’est probablement ce qui accroche le plus, ce point de vue sur nos frayeurs est atypique bien que tout à fait logique si on y pense une minute.

Cette phrase « La peur n’est pas réelle. Elle est un produit des pensées que tu crées… Le danger est très réel. Mais la peur est un choix » peut tout aussi bien faire référence au livre Dune ² : »Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. »Cela montre aussi que le réalisateur n’a pas complétement succombé à cette industrie où les requins de la finance se sont introduits.

Les thèmes du film After Earth

After Earth est un film qui a plusieurs reprises, met en avant un point de vue sur la peur qui n’est qu’une illusion, une sorte d’énergie morte dans notre mental. La solution pour y faire face, consiste à revenir dans le temps présent.

C’est une idée philosophiquement très intéressante, revenir dans « maintenant » pour ne pas succomber : être conscient de son environnement en le touchant, d’où les scènes où le fils touche la terre, entend les bruits…  En fait, il prend conscience de qui est là à l’instant présent pour faire face aux dangers réels.Hélas la fragilité de l’intrigue vient ternir le véritable potentiel de l’histoire, qui est dans la phrase la peur est un choix, le danger est réel, et on passe trop vite sur cette idée, pour aller vers une fin bien trop prévisible. Notons au passage qu’un autre thème est sous-jacent, celui de l’écologie, bien que mineur, à travers la scène des baleines nombreuses et libres depuis le départ de l’humanité, un appel à protéger notre Terre de la destruction.

On peut au final se poser la question si Syamalan ne devrait pas lui aussi affronter ses peurs, sortir du mode écran de veille, pour aller vers le cinéma indépendant, et prendre une autre voie, lui aussi, loin d’un Entertainement castrateur ! Avec plus de liberté en effet, et en s’éloignant davantage des conventions hollywoodiennes, le réalisateur aurait pu magnifier son thème central et réaliser un grand film. Remarquons que l’affiche d’After Earth, avec Will Smith, reprend à peu de choses près le thème abordé par Oblivion.


Note : ²Michael Benjamin Bay est un réalisateur et un producteur américain connu pour avoir réalisé des films d’action et catastrophique avec gros budget, caractérisés par leur utilisation massive d’effets spéciaux. ²Dune est un roman de science-fiction écrit par Frank Herbert et publié aux États-Unis en 1965, un film réalisé par David Lynch en 1984 et 2000 une mini-série américaine en 3 épisodes, adaptée et réalisée par John Harrison.

« Star Trek : Into Darkness » : un blockbuster hollywoodien dans les règles de l’art

Le réalisateur J.J Abrams vient de s’offrir un blockbuster de la série la plus geek au monde : « Star Trek : Into Darkness »

Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive. Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.

En effet, le réalisateur J.J Abrams qui a été choisi pour prendre la succession de Georges Lucas pour être aux commandes de ce Star Wars, nous offre dans ce second opus Star Trek un bon blockbuster festival respectant toutes les règles du genre. C’est un très bon divertissement, surpassant le premier opus. Nous avons un bon méchant charismatique John Harrison, incarné par l’acteur britannique Benedict Cumberbatch, remarquable dans la série Sherlock.

Un méchant autour duquel le scénario est bâti, un personnage dont les agissements provoquent le chaos et happent nos héros dans un tourbillon de violences et de sacrifices. L’intrigue repose sur la bonne idée toutefois de ne pas faire un méchant trop caricatural. Les motivations de ce dernier pourraient presque être compréhensibles…

C’est le genre de méchant que l’on aime, avec du relief faisant passer à la trappe le triste souvenir d’Eric Bana en Nero, vilain Romulien qui avait fait rire tout le monde !L’équipe est la même bande de copains, des héros sympas. Certes, les personnages sont présentés rapidement mais on comprend très vite le rôle de chacun. Zachary Quinto que l’on a pu voir dans Americain Horror Story est excellent dans le rôle d’un Spock innocemment rigide.

Par contre, le capitaine Kirk interprété par Chris Pine, est presque vide : il lui manque une âme.Les effets spéciaux sont à couper le souffle. Dès les premières minutes du film, l’action happe le spectateur. La scène du volcan est énorme. L’humour est présent sans tomber dans l’excès, les scènes dans l’espace sont dantesques et la narration bien soutenue.

Le film reste basé sur la série : nous sommes à bord de l’USS Enterprise, le capitaine T.Kirk, Spock le second du capitaine et enfin le docteur Mc-Coy ont pour but d’explorer de nouveaux mondes sans interférer dans leurs évolutions.Un blockbuster où l’action coule à flot, techniquement un Space Opera irréprochable. Les combats sont magnifiquement tournés mais « Star Trek : Into Darkness » ne suscite aucune émotion.

Ceci est regrettable car l’univers de Star Treck est très riche et il faut bien avouer que le respect des règles de l’art du blockbuster ne  suffisent ici pour en faire un film vivant. C’est une expérience cinématographique agréable mais vide avec un scénario trop prévisible même si la musique sans être grandiose reste efficace.Au final, « Star Trek : Into Darkness » est à l’image du Docteur Carol Marcus, qui ne semble n’être là que pour montrer sa belle plastique…

Synopsis : Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…

Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir, un film de Kiyoshi Kurosawa

Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir : Un thriller du traumatisme et de la pénitence, et satire sociale.

Shokuzai est l’adaptation d’un roman de Minato Kanae mis en scène par Kiyoshi Kurosawa, l’un des meilleurs réalisateurs japonais, pour un diptyque au cinéma, mais qui est à l’origine une mini-série de la chaîne nippone Wowow en cinq épisodes. « Shokuzaï » veut dire pénitence, la pénitence marquant le destin de quatre fillettes quinze ans après le viol et le meurtre d’une amie. Kivoshi Kurosawa nous propose un récit haletant et brillamment mis en scène présenté à la Mostra de Venise et au Festival Deauville Asie. L’œuvre de Kurosawa naît de l’envie de narrer les changements perceptibles dus à un traumatisme. L’auteur est travaillé par la question du vide ; dans Shokuzai, c’est le vide de la vie dont le souffle s’échappe dans l’horreur. L’horreur est le viol et le meurtre de la petite Emili par un homme dont l’identification est impossible en raison blocage mémoriel des 4 fillettes. L’intrigue glisse alors dans la culpabilité et la quête de rédemption suite à la promesse macabre d’une mère vengeresse, Asako. Cette dernière représente le fantôme du passé, jetant la malédiction, attendant même Sae, dans le premier épisode, sous un pont à la manière des esprits dans la tradition japonaise. Elle incarne la toute-puissance du désir de détruire autrui pour simplement être.

Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir impose un mélange des genres : drame glacial, tragédie intime mais aussi thriller et satire sociale. Kurosawa s’amuse à varier les genres dans chaque chapitre, et parvient à tenir le spectateur en haleine jusqu’au bout. Cette dénaturation de l’homme est aussi visuelle. Le film s’ouvre sur les couleurs douces de la campagne japonaise dans laquelle les robes des fillettes sont comme des coups de pinceaux. De l’après-midi ensoleillé, le film bascule soudainement dans la nuit noire symbolisant le voile épais de l’horreur qui s’abat sur leur destin. La lumière rouge des voitures de police amène également une lueur macabre. Le rouge chez Kurosawa est la couleur de l’au-delà : c’est le fantôme d’Emili qui couvre les visages et les culpabilisent. Puis, la photographie bascule dans des couleurs pastelles et dénaturées symbolisant le voile de l’évènement sur les vies brisées que Kurosawa dépeint. L’esthétique de ce film demeure toujours épurée avec une distance pudique envers les personnages, magnifiquement interprétés, et situe davantage le récit dans le mystère que dans l’émotion. Ici, les deux premières filles sont parfaitement antagonistes : Sae (1er chapitre) est calme, vierge, réservée et stérile. Elle a développé une phobie du contact et a mentalement bloqué son corps dans l’enfance s’interdisant la fertilité. Elle se déshumanise sous les traits d’une poupée fantasmée par son mari. Maki (2ème chapitre) est une institutrice coléreuse et combattive qui soigne son remord dans sa relation avec les enfants. C’est dans la rigueur du cadre scolaire qu’elle tente d’inculquer les valeurs qui auraient sans doute pu empêcher le drame. Elle se protège par des cours de Kendo qu’elle mettra en pratique lors d’une scène mémorable d’attaque à la piscine devenant ainsi l’héroïne temporaire qu’elle n’a pas pu être jusqu’alors, dans une société nippone où la réputation est fondamentale, mais peut se défaire aussitôt. C’est ainsi qu’elle paye sa dette [i]. Le spectateur ressent une étonnante fascination de ce film envoûtant, une bouleversante incursion soudaine dans le monde dur des adultes et la société nippone mais surtout au monde sexué de la gente masculine. Shokuzai est un bel exercice de style d’une mise en scène légère et intelligente dans sa manière de susciter un effroi qui peut surgir de nulle part, un malaise qui sourd, renforcé par une musique troublante.

Shokuzai est un film qui traite clairement des capacités de chacun d’assumer les traumatismes de son passé et les capacités de les résoudre et à devenir un adulte responsable : le poids de la culpabilité et de la rédemption. Un thriller très subtil et superbement mis en scène, sans concession avec ses personnages aux destins brisés mais également une satire sociale très fine qui met en exergue la solitude des hommes, le vide moral dans une société profondément atomisée et violente ne fonctionnant qu’en réseau de connaissances, le poids des traditions. De plus, se dégage de l’œuvre de Kurosawa une interrogation sur la place des femmes, un certain machisme social avec des mariages arrangés, des femmes-objets. Si le rythme est un peu lent, Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir est un beau film psychologique.

Synopsis : Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili (Hasuki Kimura), leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako (Kyoto Koisumi), la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae (Yû Aoi) et Maki (Eiko Koike) veulent se souvenir…

Réalisation : Kiyoshi Kurosawa
Scénario : Kiyoshi Kurosawa
Acteur : Yu Aoi, Eiko Koike, Kyoko Koizumi, Hazuki Kimura, Mirai Moriyama, Kenji Mizuhashi
Auteur : Kanae Minato
Image : Akiko Serizawa
Montage : Koichi Takahashi
Musique : Yusuke Hayashi
Producteur/-trice : Tomomi Takashima, Yumi Arakawa, Nobuhiro Iizuka
Production : Django Film, WOWOW
Image : HD, 16/9
Son : Stereo
Genre Drame
Nationalité Japonais
Date de sortie 29 mai 2013 (1h 59min)


[i] Nous retrouverons cette stagnation de l’enfance avec Akiko (3ème chapitre) mais Kurosawa la pousse à l’extrême (voire au fantastique) avec cette « femme-ourse », sorte d’adolescente éternelle au comportement animal. Elle s’exclue de la communauté des hommes, qu’elle ne retrouvera seulement pour revivre une enfance à travers la fille de la copine de son frère. Dans le 4ème chapitre, Mayu (4e Episode) se détache un peu des 3 autres protagonistes. Elle est sans doute celle à qui le sous-titre celles qui oublient va le mieux. Cependant son comportement de fille volage repose belle et bien sur la perte d’opinion du corps et des atouts féminins.

Very Bad Trip 3, de Todd Philips

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Very Bad Trip : Comédie policière au Caesars Palace

Afin de clore définitivement la trilogie, Todd Philips évite l’écueil de l’auto-remake et propose à notre « meute » un retour aux USA avec un petit passage par le Mexique, après l’escapade en Thaïlande dans Very Bad Trip 2 (2009). Allan, Phil et Doug se lancent dans une aventure complètement délirante et plutôt différente des deux précédents opus. Après les mariages et les enterrements de vie de garçon, les lendemains de fêtes endiablées et les gueules de bois, il fallait bien commencer par un enterrement tout court, celui du père d’Allan ! Mais cette fois, au lieu de devoir rassembler leurs bribes de souvenirs pour comprendre ce qui s’est passé, nos trublions doivent se lancer à la recherche de Leslie Chow et de ses lingots d’or, afin que Doug pris en otage, ne se fasse pas tuer. Sur fond de comédie policière, le pitch est un peu plus complet, amenant son lot de surprises, de rebondissements avec de nombreux clins d’œil aux épisodes précédents. Ce qui est annoncé comme le dernier volet de la saga a gardé toute son énergie pour clore une série ennemie du politiquement correct.

Very Bad Trip 3 prend un virage plus sentimental autour du personnage d’Alan, donnant à Zach Galifianakis, véritable mascotte de la série, son plus beau rôle. Tour à tout, pleurnichard puis donneur d’ordres, parfois inquiétant, souvent attendrissant, sa folie et sa jouissive désinvolture ont un véritable ressort comique tout au long de cette aventure ponctuée de situations toujours aussi loufoques et de répliques plus déroutantes que jamais. Le Chinois, l’emblématique vilain Chow, le trafiquant de drogue hilarant et psychopathe, campé par Ken Jeong, n’est pas en reste : toujours aussi déjanté et n’en faisant qu’à sa tête, ses pics de colères, sa dimension totalement incontrôlable, valent au spectateur quelques moments de grâce come le cambriolage dans la maison en mode chien, ses « You, Fuuuckers », la découpe des films d’alarme avec Phil en mode daltonien, ou encore son survol cocaïné du Caesars Palace en chantant « I believe I can fly, I believe I can touch the sky ». On n’oubliera pas non plus la scène d’entrée de la girafe décapitée par l’inconscience de notre cher Alan, et ses crises de larmes hilarantes. Ce nouvel épisode laisse donc un peu Stu et Phil sur le banc de touche, mais le spectateur a droit à de nombreux caméo comme le retour de Carlos ou le tatouage de Stu et le retour peu approfondi de quelques visages familiers: Mike Epps (le Doug noir), Heather Graham (l’escort-girl) et son fils (le bébé Carlos). On accueille parallèlement un nouveau venu : John Goodman qui cartonne dans son rôle de mafioso pourri jusqu’à la moelle. Le film est accompagnée d’une bonne mise en scène et d’une bande son adéquate à cet univers si particulier. Surtout, la scène post-générique est très drôle et demeure fidèle à l’esprit des premiers épisodes.

Si l’intrigue de Very Bad Trip 3 est un peu tirée par les cheveux, Todd Phillips clôture la trilogie avec un film légèrement meilleur que le second volet, qui n’était qu’un copié collé version Thaï, aux blagues réchauffées mais n’arrive pas pour autant à égaler le premier opus. Les bases même de la saga ne sont pas reprises, les fêtes déjantées, les cuites monstrueuses, la perte de mémoire et les aventures délirantes qui en découlent, ce qui pourra décevoir les fans de la première heure. Ici, c’est plutôt une chasse hilarante à l’homme.  Mais l’esprit de la saga n’est pas mort, loin de là. Alan est toujours aussi taré, Stu s’en prend plein la gueule et crie comme une gonzesse, tandis que Phil subit ses deux camarades pour notre plus grand plaisir. C’est la fin d’une grande histoire, tout au long remplie de situations cocasses, de dynamisme et surtout d’amitié. Avec ce dernier volet, Very Bad Trip devient non seulement une trilogie très rentable mais surtout indéniablement culte, au même titre que d’autres comédies américaines comme Mon Beau-Père ou encore Rush Hour. Ce troisième opus est surtout un super moment de rigolade, une bonne comédie d’aventures à l’énergie communicative, un Very Good Trip, excellent remède à la morosité ambiante !

Deux ans ont passé. Phil (Bradley Cooper), Stu (Ed Helms) et Doug (Justin Bartha) mènent des existences tranquilles et heureuses. Suite à l’enterrement du père d’Alan (Zach Galifianakis), la meute est à nouveau réunie. Face aux extravagances toujours plus folles de leur pote Alan, Phil, Stu et Doug, décident de l’accompagner jusqu’à un centre de soins psychiatriques. Bien-entendu, rien ne se passe comme prévu et les quatre compères se font kidnapper en route par un mafieux psychopathe. Pour se tirer de ce pétrin, la bande doit retrouver leur ingérable compagnon de virée, Leslie Chow (Ken Jeong), récemment évadé d’une prison thaïlandaise, et le convaincre de rembourser les millions en lingots d’or volés au truand. Pour boucler la boucle, ce périple mène la petite bande là où tout a commencé : Las Vegas…

Very Bad Trip 3 : Bande-annonce