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Transformers 4 : L’Âge de l’extinction, un film de Michael Bay : Critique

Synopsis : Quatre ans après les événements mouvementés de « Transformers : La Face cachée de la Lune », un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie. Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui de attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…

Tant qu’il y aura des robots 

Optimus Prime est de retour, et il n’est pas content ! Pour ce quatrième opus de la saga des robots transformistes, Michael Bay a choisi de faire table rase du passé. Sans être un reboot, ce nouvel épisode, qui se passe un temps indéfini après les événements du précédent, change complètement la donne. L’accroche du film l’annonce d’ailleurs : « Les choses ont changé ». La franchise va-t-elle opérer un virage à 180 degrés, et s’adresser à un public plus mature ? L’action à outrance laissera-t-elle la place à une réflexion philosophique sur la place de l’homme sur la Terre ? Michael Bay délaissera-t-il enfin la boîte à explosions ? Coupons court à tout suspens, la réponse est non.

On prend (presque) les mêmes et on recommence 

Non, non, rien n’a changé. Hormis Shia LaBeouf, qui laisse sa place à Mark Wahlberg, tout ce qui fait le charme (ou pas) de la série est présent, et bien présent. Attendez-vous donc à assister à plus de 2h30 de fusillades, de course-poursuite, de bastons robotiques et, bien sûr, d’explosions en pagaille. Michael Bay maîtrise parfaitement son art, et sait faire preuve de son efficacité coutumière, à grand renforts d’effets sonores et de musiques plus ou moins subtiles. Les connaisseurs retrouveront ses marques de fabrique coutumières, que ce soit dans ses cadrages ou dans l’enchaînement toujours aussi nerveux des plans. Petit bémol, que l’on retrouvait déjà dans les volets précédents, les scènes d’action, lorsqu’elles se font à grande échelle, sont rapidement illisibles, ou du moins difficiles à suivre. Le maître atteint là ses limites.

Concernant le scénario, rien de bien neuf non plus, on retrouve les gentils contre les méchants, (mini SPOILERS) avec l’arrivée d’une nouvelle race de Transformers, et des humains pris bien malgré eux dans le conflit. Mark Wahlberg apporte ses gros muscles à un nouveau personnage plus orienté action hero que son prédécesseur. Sans révolutionner le genre, c’est là un nouvel agréable changement. En revanche, côté personnages secondaires, on a droit à une belle enfilade de clichés ressortis du petit manuel du scénariste pour film d’action. Mention spéciale à Nicola Peltz, dont le personnage ne sert qu’à se faire enlever ou apporter un petit côté sexy au film. À quand un personnage féminin fort ?

Quand la publicité rencontre le cinéma 

On ne peut pas reprocher à Transformers 4 d’être ainsi ultra-formaté, et de suivre tous les codes du film d’action un peu décérébré que ses prédécesseurs ont aidé à élever au rang de modèle. Ce qu’on peut lui reprocher, c’est d’être ainsi calibré pour rapporter un max. Le placement de produit y est poussé jusqu’au ridicule, et on a parfois l’impression que la coupure pub a été incluse au sein même du film. C’est devenu habituel, mais Michael Bay pousse la logique un peu trop loin. Petite nouveauté, il a également déjà prévu l’exportation sur le marché asiatique, toujours aussi rentable et juteux. On a donc droit à une petite séquence en Asie, avec, ô merveille, du placement de produit destiné uniquement au public local.

Transformers 4 : L’Âge de l’extinction s’annonce comme le blockbuster pas très fin de l’été, et satisfera les amateurs du genre, en quête d’un divertissement pas trop cérébral. Son côté marketing forcé et une intrigue parfois peu compréhensible risquent cependant d’en rebuter plus d’un.

Transformers 4 : L’Âge de l’extinction : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=qH4OwQYiMrU

Transformers 4 : L’Âge de l’extinction : Fiche technique

Réalisation: Michael Bay
Scénario: Ehren Kruger
Interprétation: Mark Wahlberg (Cade Yeager), Stanley Tucci (Joshua Joyce), Kelsey Grammer (Harold Attinger), Nicola Peltz (Tessa Yeager) Jack Reynor (Shane Dyson)…
Image: Amir Mokri
Décor: Jeffrey Beecroft
Montage: William Goldenberg
Musique: Steve Jablonsky
Producteur: Lorenzo Di Bonaventura, Tom Desanto, Don Murphy, Ian Bryce
Production: Paramount Pictures
Distributeur: Paramount Pictures France
Durée: 2h45
Genre: Action, Science-Fiction
Date de sortie: 16 juillet 2014
États-Unis – 2013

Homeland – saison 3 : Critique serie

Homeland : Troisième saison, troisième coup de maître

Synopsis : L’attentat du siège de la CIA à Washington a causé de nombreuses victimes. Forcé de quitter le pays, Nicholas Brody se retrouve à Caracas, tandis que Carrie Mathison essuie les plâtres pendant l’enquête qui accuse clairement Brody d’être le responsable de l’explosion. Une explosion qui a également remis en question la crédibilité de la CIA. Pendant que Brody est activement recherché, Saul Berenson tente de remettre les choses en ordre…

La série Homeland est une Adaptation de la série israélienne Hatufim 

Une saison mal-aimée

Etonnant de voir à quel point cette troisième saison d’Homeland a été accueillie plutôt froidement par une partie du public qui lui aurait attribué, paraît-il, une baisse de régime. Pourtant, tous les ingrédients des deux saisons précédentes sont toujours bien là et n’ont rien perdu de leur redoutable efficacité, cette troisième saison tenant toutes les promesses qu’elle avait faites, jusqu’à un incroyable et inattendu dénouement dont on a toujours du mal à revenir. Homeland garde donc sa place au milieu des meilleures séries actuelles, de celles qui sont en train de modifier le paysage télévisuel aux Etats-Unis, mais aussi le nôtre, avec quelques années de retard.

Des scénarios béton

Le final de la saison deux voyait Brody obligé de prendre la fuite suite à un dramatique attentat, dont il devenait le suspect numéro un. il est maintenant planqué à l’étranger. Carrie a été écartée et Saul est en position délicate à la tête de la C.I.A. dont il est devenu directeur. Tout cela maintient la tension presque physique des deux premières saisons, qui reste toujours l’ingrédient essentiel d’Homeland qui se rapproche beaucoup de 24 sur la forme. D’ailleurs, le twist totalement imprévisible du milieu de saison le confirme, les scénaristes Alex Gansa et Howard Gordon entre autres, ont un immense talent pour créer les ressorts du rythme d’une série au développement assez lent.

La forme au service du fond

Le montage savant de la série permet tout autant que le scénario, de maintenir ce fameux rythme, tout en prenant le temps de développer une histoire. D’autant que dans cette saison, le téléspectateur voyage encore plus, puisqu’en-dehors des pays arabes et de Etats-Unis, il va devoir faire un tour en Amérique Latine où il assistera à la déchéance de Brody. Mais depuis sa création, Homeland a forgé son identité dès son générique, qui en plus d’être une réussite esthétique, plante le décor en retraçant l’histoire moderne du terrorisme depuis les attentats du 11 septembre 2001 jusqu’à aujourd’hui. D’un point de vue esthétique et formel, Homeland est une série pour laquelle la technique est entièrement au service de la thématique.

Le plus beau des castings

Tout comme les acteurs qui représentent peut-être le plus beau casting du paysage audiovisuel actuel, d’autant plus que cette saison trois voit débarqué l’immense F. Murray Abraham (Inside Llewyn Davis) en plus des déjà excellents Mandy Patinkin (Princess Bride), Damian Lewis (Band Of Brothers) et bien sûr Claire Danes (Romeo & Juliette), toujours bouffante dans ce personnage d’analyste de la C.I.A., torturé par ses problèmes psychologiques. Tous forment une troupe véritable, qui prend plaisir à jouer ensemble, visiblement ravie de participer à l’aventure Homeland et de contribuer à sa réussite. Car même si la qualité globale des séries made in U.S.A. s’est bien améliorée ces dernières années, Homeland parvient à se hisser encore un ton au-dessus.

A voir pour le final

Même si ce n’était que pour le dernier épisode de cette troisième saison, il est impératif de la voir, car si cette série est née du traumatisme des attentats du WTC et qu’elle ne cache pas par moments ses opinions républicaines, elle reste d’une efficacité redoutable, ménageant un suspens qui ne faiblit à aucun moment des douze épisodes. Elle est une très belle vitrine de ce qui apparaît désormais comme un « savoir-faire » américain en la matière car, même si chez nous une chaîne tente de hausser le niveau des séries hexagonales, il faut bien admettre que le Français moyen a du mal à se sortir de ces séries très politiquement correctes que produit notre système audiovisuel.

Fiche Technique: Homeland – saison 3

Origine : États-Unis
Créateurs : Howard Gordon, Alex Gansa, Gideon Raff
Réalisateurs : Lesli Linka Glitter, Clark Johnson, David Nutter, Carl Franklin, Seith Mann, Jeffrey Reiner, Keith Gordon, Daniel Minahan.
Acteurs: Claire Danes, Mandy Patinkin, Damian Lewis, Morena Baccarin, Morgan Saylor, Rupert Friend,Sarita Choudhury, F. Murray Abraham, Tracy Letts…
Diffusion d’origine: 29 septembre 2013
Chaîne: Showtime
Genre : Thriller/Drame/Adaptation
Diffusion en France : Canal Plus
Nombre d’épisodes : 12

Auteur de la critique : Freddy M.

Bad Words de Jason Bateman : Critique du film

Synopsis : Un homme aigri, approchant de la quarantaine, profite d’une faille de système pour s’inscrire à un concours d’orthographe pour enfants… 

The Jason Bateman Show

Pour sa première réalisation, Jason Bateman reste dans un genre qu’il maîtrise, la comédie. Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, il s’offre le premier rôle, celui de Guy Trilby, un homme solitaire, qui se moque de tout et de tout le monde. Pour participer à ce concours d’orthographe, il doit-être sponsorisé par un grand journal. Allison Janney est dépêchée pour relater cette aventure hors du commun. Une femme isolée et un brin dérangée, un couple bien assorti, en marge de la société et de ses conventions. Au cours de l’aventure, Jason Bateman va faire la rencontre de Rohan Chand, dont les origines lui permettent de faire toutes les réflexions racistes possible à ce charmant Slumdog. Un enfant de dix ans qui cherche à être son ami, lui aussi étant solitaire, malgré la présence de parents plus que discrets.

Jason Bateman n’est pas un acteur comique qui va montrer ses fesses ou grimacer bêtement. Son truc, c’est de sortir des punchlines corrosives. Un pince sans rire qui se régale dans cette comédie noire, qui rappelle un autre Bad, celui de Billy Bob Thornton dans le bien-nommé Bad Santa. Ce n’est pas politiquement correct : ses réparties visent autant son jeune ami, que la journaliste ou les parents qui viennent l’insulter ou lui cracher dessus. Même si Jason Bateman reste vêtu, ses répliques visent parfois au-dessous de la ceinture. Mais c’est aussi émouvant. Son rapport avec son jeune acolyte devient quasi paternel, comme le démontre la jouissive scène du super store au son des Beastie Boys. Puis, il y a la raison qui le pousse à faire ses concours. Elle se dévoilera doucement mais ne perturbera pas le rythme effréné de cette comédie plus que réussie.

Ce qui surprend, c’est surtout la réalisation impeccable de Jason Bateman. Pour un premier essai, c’est une belle réussite. La photographie est aussi sombre que l’humour noir qui imprègne chaque scène. Les différents ralentis sont toujours utilisés aux bons moments et pour les bonnes raisons. La comédie est une partition qui demande une certaine exigence. Jason Bateman démontre qu’il maîtrise déjà celle-ci et nous sentons l’influence de Jason Reitman dans son traitement de l’histoire, sur un scénario d’Andrew Dodge (son premier).

Jason Bateman est parfait dans son rôle, tout comme la révélation Rohan Chand. Allison Janney et Kathryn Hahn qui en bonnes habituées de ce genre de comédie, sont à l’aise comme un poisson dans l’eau, sans oublier le patriarche, l’excellentissime Philip Baker Hall.

Malheureusement, Bad Words n’est pas sortie dans nos salles françaises. Cette comédie mérite une séance de rattrapage, un petit bijou d’humour noir non dénué d’humanité, une vraie bonne surprise.

Fiche technique – Bad Words

USA – 2013
Réalisateur : Jason Bateman
Scénariste : Andrew Dodge
Casting : Jason Bateman, Kathryn Hahn, Rohan Chand, Allison Janney, Philip Baker Hall, Rachael Harris, Ben Falcone, Judith Hoag, Beth Grant, Anjul Nigam, Bob Stephenson
Durée : 88 minutes
Genre : Comédie noire
Musique : Role Kent
Photographie : Ken Seng
Production: Jason Bateman, Jeff Culotta, Sean McKittrick et Mason Novick
Sociétés de production : Aggregate Films et Darko Entertainment
Auteur de la critique: Laurent Wu

 

 

 

 

Band of Brothers : L’enfer du Pacifique -The Pacific- : Critique

Neuf ans après Band of Brothers, Steven Spielberg et Tom Hanks produisent une nouvelle minisérie pour HBO, Band of Brothers : L’enfer du Pacifique. Le format est le même avec 10 épisodes pour une seule saison, mais on va suivre 3 personnages différents dans 3 corps de marines dans la même guerre, au lieu d’une unique compagnie.

Dans l’enfer des tropiques 

L’intrigue se déroule dans le Pacifique, avec trois personnages très différents. Robert Leckie, journaliste sportif, un romantique qui s’est épris de sa voisine juste avant son départ. Il va vivre cette guerre au cœur des marines, voyant ses camarades tomber autour de lui. Alternant la jungle boueuse et pluvieuse, les séjours en Australie, l’asile et l’infirmerie ; John Basilone, fils d’immigrés italiens, fier d’être un marine, qui va devenir un héros pour sa nation et retourner au pays pour faire la publicité de l’armée. Mais c’est un homme de conviction et la sienne, c’est de se battre auprès des siens. Il retourne dans le Pacifique et va y rencontrer la femme de sa vie, une infirmière italienne ; enfin, Eugene Sledge voit son frère aîné partir à la guerre, lui étant retenu par un souffle eu cœur. Le souffle disparaissant, il va pouvoir rejoindre son ami d’enfance, lui aussi parti avec les marines. Sa sensibilité va être mise à rude épreuve : il va perdre son innocence et découvrir les horreurs de la guerre, qu’elles soient américaines ou japonaises.

C’est difficile de ne pas comparer les deux séries. Même si le traitement est différent, le thème reste la seconde guerre mondiale. Le fait de se retrouver dans trois corps de marines, rend l’ensemble un peu confus. Il faudra plus de temps pour identifier les divers personnages et comme pour son aînée, c’est mi-saison que The Pacific devient enfin passionnante.

Pourtant, elle évite l’abus de combats, mettant plus l’accent sur les conditions climatiques et humaines, le climat tropical étant plus dangereux que l’ennemi. Cette pluie qui tombe à tout moment, rendant le terrain boueux, l’impossibilité de sécher ses vêtements, épuisent ces hommes aussi bien physiquement, que psychologiquement. Les batailles sont vite expédiées. L’ennemi est invisible, il donne l’assaut de nuit. Cela peut semer la confusion et mener à la bavure. Un séjour en Australie permet de souffler un peu, cela apporte un peu de légèreté. C’est aussi un défaut : on sent l’envie de viser un public plus large avec des bluettes sans réel intérêt. On est loin de la testostérone émanant de Band of Brothers.

Néanmoins, le spectateur comprend les différents rouages de la guerre : le héros trop vite porté aux nues et renvoyé malgré lui au pays pour ramener de l’argent dans les caisses de l’armée, se servant de lui comme un simple objet publicitaire, loin de son ambition de servir sa patrie au front. L’idée romantique de la guerre vole rapidement en éclats. On est loin de l’image idyllique diffusée dans la presse et la télévision. Le japonais devient un sale macaque aux yeux de ces hommes, qui vont jusqu’à lui arracher ses dents en or pour arrondir leurs soldes, comme les nazis avec les juifs. La frontière est étroite entre le bien et le mal, très étroite….

Les marines ne sont pas représentés comme des super-héros ; ce sont des hommes comme les autres. En partant à la guerre, ils reviendront différents, aussi bien touchés dans leur chair, que dans leurs convictions. Le personnage de Sledge est le plus intéressant. Il veut absolument rejoindre les marines dans le Pacifique. Il sera celui qui rend la série passionnante, avec le soutien de Leckie et Basilone, devenant moins lisses. Leurs parcours nous permet de voir les différents aspects de la guerre. Ils ne sont pas érigés en héros, en exemple, du moins pour le spectateur. On voit leurs failles, on assiste à leurs interrogations et aux atrocités auxquelles ils sont confrontés : ces membres arrachés dévorés par les vers, les villageois se sacrifiant tel des kamikazes, mettant à mal leurs désirs de les secourir, au risque de se retrouver dans un piège, ce qui instaure un climat paranoïaque. Mais aussi la question la plus importante : Pourquoi cette guerre ? A aucun moment, le spectateur reçoit une explication. Ils doivent se battre pour leur pays, point.

Lors de la deuxième partie de saison, les combats se font plus présents, plus intenses, l’ennemi prenant enfin forme. Maintenant que les personnages sont identifiés, il est plus aisé de s’intéresser à l’histoire, à cette guerre qui se finira en une phrase : « On a lâché la bombe, la guerre est finie ». Hiroshima n’est même pas citée, tout comme le fait que ce soit une bombe atomique. Apparemment les américains assument encore mal cette victoire au goût amer.

Avec un budget conséquent (plus de 150M), la série avait les moyens de ses ambitions. La réalisation n’est pourtant pas transcendante au début. Tim Van Patten étant un habitué des séries télévisés, tout comme David Nutter. La vue d’ensemble est trop simpliste, trop conventionnelle, et les épisodes en pâtissent. Il faudra l’excellent épisode 5 dirigé par Carl Franklin pour voir la différence et avoir l’impression d’être devant un film et non une série classique.

L’interprétation est inégale. James Badge Dale (Leckie) est ennuyant : il est plus proche d’un personnage des Feux de l’amour, que d’un marine. Au fil des épisodes, il va remédier à cela mais il est clairement le plus faible du casting. Jon Seda est mal exploité au début, il est même presque absent mais à l’instar de Donnie Whalberg dans Band of Brothers, il va prendre de l’épaisseur et s’imposer dans la seconde partie. Joseph Mazzello débarquant en plein milieu, quand la série devient passionnante, est indiscutablement le plus doué de tous, même si Rami Malek est assez dérangeant, ce qui le rend fascinant. Jon Bernthal avait fait sa première apparition dans Band of Brothers. Cette fois-ci, il a un rôle plus conséquent aux côtés des chevronnés William Sandler et Annie Parisse. Le reste du casting n’ayant pas encore fait ses preuves, puis aucun ne sortant vraiment du lot, il faudra quelques années pour voir si certains ont eu une carrière intéressante ou confidentielle.

La série à un niveau correct, mais bien loin de Band of Brothers. Elle a du mal à décoller, et ne nous emmène jamais bien haut. Les personnages ne sont pas suffisamment passionnants pour que l’on s’y attache. Le côté romance est un peu ennuyant. Historiquement, on apprend peu : il n’y a jamais de dialogues avec l’ennemi ou trop brièvement ; tout reste en surface et ne va jamais au fond des choses. Assez décevant au final.

Synopsis : Suite à l’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, de jeunes américains pleins d’espoirs s’engagent dans l’armée pour défendre leur pays face à l’invasion japonaise. Ces soldats sont envoyés dans les îles du Pacifique où l’ennemi gagne du terrain. Ils n’ont aucune idée de l’enfer qui les attend. Les désillusions se mêlent vite à la peur, et la mort devient leur lot quotidien. Ce qu’ils vont vivre les changera à jamais. Suivez le parcours de trois marines américains – Robert Leckie, John Basilone et Eugene Sledge – au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor jusqu’au retour à la maison des soldats après la capitulation japonaise. 

Auteur de la critique : Laurent Wu

 

 

 

 

 

 

Devdas de Sanjay Leela Bhansali : Critique du film

Devdas de Sanjay Leela Bhansali : Roméo et Juliette au pays de Ghandi ?

Synopsis : Devdas, le fils d’un riche propriétaire, et Paro, la fille d’un modeste voisin, s’aiment passionnément. Malheureusement, le père de Devdas n’accepte pas l’entrée de Parvati dans sa famille en raison des différences de classe sociale. Paro va alors épouser contre son gré un propriétaire plus âgé qu’elle, et Devdas, parti à Calcutta, sombre dans l’alcoolisme…

Prêt à vilipender cette sucrerie Bollywoodienne qui avait tout l’air du parfait produit calibré pour plaire au plus large public occidental possible, je me réjouissais à l’avance des railleries que j’allais pouvoir en tirer à des fins purement démagogiques. Cette avalanche de mauvais gout kitchissime surlignée par de la musique sirupeuse pour midinettes en manque de merveilleuses romances ne pouvait évidement pas plaire au cinéphile exigeant que je suis. C’était couru d’avance : sitôt vu, aussitôt oublié. Et pourtant!

A mon corps défendant, et malgré toute la mauvaise volonté caractérisée que je n’avais de cesse de mettre en avant pour me persuader de le détester, je ne peux que m’avouer vaincu devant une telle merveille! Ma fourberie et ma mauvaise foi se sont littéralement effondrées devant ce qu’il faut bien considérer comme un véritable bijou.

Par où commencer? Choisir est un défi ardu car il y aurait tellement à dire et à argumenter sur la fascination qu’il exerce. Partons du principe que c’est bien plus qu’une simple comédie musicale sauce curry saupoudrée d’une pincée de Roméo et Juliette au pays de Gandhi. Derrière tout ce faste et cette préciosité, se cache en effet un appel d’air à une Inde faisant fi des singularités de cette immense territoire spirituel divisé par tant de rancœurs idéologiques et religieux vieux de plusieurs siècles. Composée de castes appartenant à différents milieux sociaux s’opposant avec acharnement, la famille hindou a cette particularité qui la déchire en son sein même. Rivalité, désir de revanche et envie d’élévation sociale sont un frein majeur à la prospérité et à la réunification de l’ancienne colonie anglaise. Dans un geste d’apaisement, ce film tente, à son petit niveau, une réconciliation fraternelle. Et il use pour cela de toute une tradition séculaire de l’expression artistique qui a fait la réputation à travers le monde de ce pays.

Constitué de tout un panel de séquences dansées et chantées qui correspondent à l’avancée et à l’état d’esprit des protagonistes (tristesse, espoir, joie…..), montées en plans séquences fluides et magiques, ce long-métrage sert ces morceaux de bravoures avec un enthousiasme démesuré plus que jouissif. Les immenses palais ornés d’or et de couleurs vives sont un pur enchantement pour nos rétines. La beauté irréelle de ces amants éplorés et de ses courtisanes finissent par nous achever pour de bon. Si la profusion d’intrigues de cours et de personnages peuvent facilement déstabiliser par instant, c’est pour mieux nous perdre dans ces sentiments exacerbés, aidés en cela par les différents points de vue nous permettant de mieux comprendre leurs raisons profondes. L’empathie que l’on ressent alors, bien qu’elle ne soit pas la même pour tous, en est alors plus aisée.

Car s’il s’agit bien d’une somptueuse et déchirante histoire d’amour entre deux magnifiques éconduits, elle prend une signification autrement plus symbolique qu’une simple amourette. Devdas (Shah Rukh Khan), ce riche héritier d’une famille de propriétaires revenu d’une très longue absence de Londres, sous des aspects lisses d’amoureux transi depuis sa plus tendre enfance de Paro (Aishwarya Rai, égérie de luxe pour une célèbre marque de shampoings qu’elle promeut tous les ans à Cannes, mais ici troublante car sublimement radieuse), ne sait qu’aimer par simple arrivisme et égoïsme et en paiera cher les conséquences. L’Amour est la grande question de sa vie car son manque d’assurance lui vient d’une profonde blessure qu’il cache sous des allures autoritaires. Fils d’une longue fratrie, rejeté par celle ci, mal aimé par sa mère mais surtout par son père, il reproduit inconsciemment ce schéma avec sa dulcinée.

Frustrée de ce manque de considération à son égard, elle qui l’a tant attendu, n’aura d’autre solution que de subir un mariage arrangé avec un homme fortuné pour ne pas déshonorer sa famille. La séparation brutale et l’exil forcé qui en découle lui serviront de prise de conscience de cette fatale erreur. La mort paternelle ainsi que sa rencontre avec une courtisane prostituée de rang et d’estime largement inférieure confirment son mépris exécrable envers la pureté du cœur. Cette rencontre décisive , si elle lui ouvre les yeux sur le chemin d’une possible rédemption, s’avère surtout le châtiment ultime pour ne pas avoir su saisir cette chance et s’être enfermé dans une auto destruction indigne d’une bonté à portée de main. Son dernier voyage est l’occasion d’un bouleversant plan séquence final, filmé avec une telle maestria qu’il en devient presque amer de terminer sur cette note là.

Fonctionnant sur un rythme frénétique particulièrement envoûtant et proposant une lecture radicalement différente de ce à quoi l’on pouvait s’attendre, le réalisateur nous propose une oeuvre unique en son genre qui fera sans doute date dans la longue histoire du cinéma. Un vrai bonheur qui a bien failli m’échapper par péché d’orgueil et dont vous auriez tort de vous priver !

Fiche Technique Devdas

Inde – 2002
Réalisation: Sanjay Leela Bhansali
Scénario: Sanjay Leela Bhansali, Prakash Kapadia d’après: la nouvelle de: Sarat Chandra Chatterjee
Interprétation: Shahrukh Khan (Devdas), Aishwarya Rai (Paro), Madhuri Dixit (Chandramukhi), Jackie Shroff (Chunnilal), Kiron Kher (Sumitra), Smita Jaykar (Kaushalya)…
Genre: Comédie Musicale, Drame
Durée: 3h02
Image: Binod Pradhan
Montage: Bela Segal
Musique: Ismail Darbar, Birju Maharaj, Monty
Producteur: Gajendra Mishra, Mohan Nayyar, Bharat Shah
Parolier: Sameer
Choréographies: Saroj Khan, Birju Maharaj, Vaibhavi Merchant
Voix de play-back: Udit Nurayan, Madhuri Dixit, Shreya Ghoshal
 Auteur de la critique : le Cinéphile Dijonnais

On a failli être amies de Anne Le Ny : Critique du film

On a failli être amies : Un film en demi-mesure

Synopsis : Marithé travaille dans un centre de formation pour adultes. Sa mission : aider les autres à changer de métier et à trouver leur vocation. Se présente alors Carole, qui vit et travaille dans l’ombre de Sam, son mari, énergique et talentueux chef étoilé. Ce n’est cependant pas tant de métier, dont Carole semble avoir besoin de changer, mais de mari. Marithé se donnera à fond pour aider Carole à se projeter dans une nouvelle vie. Mais quelle est la nature profonde de ce dévouement, quand Marithé ne semble pas insensible au charme de Sam, ni à sa cuisine ?

Devant et derrière la caméra

Plus connue pour ses rôles au cinéma et à la télévision, Anne Le Ny s’est essayée à la réalisation en 2007 avec le très réussi Ceux Qui Restent, film sensible et touchant sur le destin solitaire de ces gens dont le conjoint est hospitalisé pour une maladie grave. Elle revient sept ans plus tard avec On a failli être amies : tout à la fois vaudeville, film social, film gastronomique, film familial et comédie. Un film riche donc, trop riche peut-être, en tout cas un film qui aurait gagné à plus de sobriété scénaristique. Cette histoire d’une formatrice qui reçoit comme stagiaire l’épouse d’un grand chef cuisiner aurait largement suffit à la réussite d’un bien meilleur film.

Un film brouillon

On a failli être amie veut traiter trop de sujets à la fois, courir plusieurs lièvres pour finalement n’en attraper aucun. Si Anne Le Ny a un talent de réalisatrice certain, il semble être encore insuffisant pour parvenir à aborder dans une même œuvre les questions de l’adultère, de l’amitié, du chômage et bien d’autres encore. Aucune d’entre elles n’est suffisamment approfondie et perd alors beaucoup d’intérêt, cette dispersion du scénario fait du coup perdre sa profondeur à cette histoire qui ne trouve jamais vraiment son fil conducteur. Sa courte durée ajoute à ce goût d’inachevé qui persiste après la fin : cette idée que chaque histoire prise séparément aurait pu être plus belle, plus touchante ou plus drôle.

Un titre en trop

Le film commence en fait sur une erreur grossière, sur ce titre qui en dit trop avant même de s’asseoir dans la salle de cinéma. On a failli être amies, résume à la fois la conclusion du film et toute son histoire. On ne peut s’empêcher de la garder en tête tout en le regardant et de n’y voir, tout du long, cette conclusion dont on sait par avance qu’elle est inexorable. Pourtant, cette histoire de deux femmes qui ne se comprennent pas mais tentent malgré les circonstances d’être amies, aurait pu être plus convaincante si elle n’était éventée dès l’affiche. C’est d’autant plus dommage qu’on en oublierait presque les petits moments de grâce et d’humour qui le sauvent du naufrage. On repense bien sûr à l’ordinateur dévoilant à Carole qu’elle est sa véritable vocation, délicieux instant d’humour totalement absurde.

Mais d’excellents acteurs

Il n’y a guère que la troupe de comédiens pour jouer sans fausses notes, Emmanuelle Devos en tête ; désormais habituée des films d’Anne Le Ny, elle renforce de film en film un talent de plus en plus évident, qui fera un jour d’elle un mythe du cinéma français. Roschdy Zem campe lui un étonnant chef cuisiner et outre le fait qu’on ne l’attend pas dans de tel rôle, on découvre que cette « gueule » de cinéma peut se glisser dans tous les personnages. Ce triangle amoureux se referme avec Karin Viard, décidemment incapable d’une contre-performance et finalement aussi douée pour la comédie que pour le drame. Ces acteurs ont tout compte fait plus de relief que la réalisation d’Anne Le Ny, car certes son film ne se prête pas à des prouesses en la matière, mais un peu plus de fantaisie (en plus de celle du générique) aurait été appréciable. Dans le fond sa mise en scène n’est pas bonne ou mauvaise, mais laisse juste indifférent.

Pour un film plein de regrets

On A Failli Être Amies a failli être réussi, plutôt plusieurs films qui auraient pu être réussis et qui, mêlés les uns aux autres, font un amalgame souvent indigeste malgré le fait que quelques bons moments le traversent. Il confirme en tout cas que le cinéma français semble traverser une période de doute qui, à quelques exceptions près, fait qu’on n’a plus droit à ces étonnants succès critiques et publics que l’on n’attendait pas. Anne Le Ny est finalement dans l’air du temps, livrant un film en demi-teinte, plein de demi-mesure et finalement, guère plus qu’un demi-film.

Fiche Technique : On a failli être amies

Réalisation: Anne Le Ny
Scénario: Anne Le Ny
Interprétation: Karin Viard (Marithé), Emmanuelle Devos (Carole Drissi), Roschdy Zem (Sam Drissi), Anne Le Ny (Nathalie), Philippe Rebbot (Pierre), Annie Mercier (Jackie)
Date de sortie: 25 juin 2014
Durée: 1h31
France – 2013
Genre: Comédie
Image: Jérôme Alméras
Décor: Yves Brover
Costume: Isabelle Pannetier
Montage: Guerric Catala
Musique: Éric Neveux
Producteur: Bruno Levy
Production: Move Movie, Mars Films
Distributeur: Mars Distribution

Auteur de la critique: Freddy M.

 

 

In the Mood For Love de Wong Kar-wai : Critique

Sublime et envoutant, In Mood For Love de Wong Kar-Wai, est un chef-d’œuvre d’une perfection esthétique absolue.

In The Moood For Love est l’œuvre d’une vie, l’œuvre d’un auteur qui depuis toujours, a fait de son cinéma une exigence. Plus beau film du maître, il est l’aboutissement de toute une carrière qui vit s’enchaîner les chefs-d’œuvre pour aboutir à l’ultime sommet d’un talent artistique, œuvre unique dans le cinéma d’aujourd’hui. Pourtant, In The Mood For Love effraie, le cinéma de Hong-Kong impressionne par son exotisme et son univers qu’on imagine inaccessible. Cinéma du ressenti plus que du raconté, film de l’impression plus que de la narration, Wong Kar Wai captive par ce qu’il suggère, plus que par ce qu’il montre, mais reste accessible à tous les esprits.

L’histoire tient en quelques mots, écrits à l’encre de Chine sur le papyrus du scénario. M. Chow et Mrs Chan emménagent avec leurs conjoints dans la même pension. La promiscuité des lieux et les circonstances vont pousser leurs conjoints respectifs l’un vers l’autre, laissant M. Chow et Mrs Chan seuls face à face, hésitants sur l’attitude à adopter, d’autant que la vie semble vouloir les pousser eux aussi l’un vers l’autre. Le film de Wong Kar Wai tournera autour de cette idée des amours trahies, comme une variation sur le même thème, qui verrait peu à peu la naissance d’un amour refusant d’éclore pleinement.

 Wong Kar Wai impressionniste

Tout le talent du metteur en scène est là. Enchanteur de l’image, Wong Kar Wai est réputé pour son talent pictural. D’une histoire d’amour, il tire une galerie de peinture, parvenant à transmettre par sa mise en scène, par ses cadrages purement plastiques, les plus fortes émotions que peuvent ressentir deux êtres épris. Chaque plan, chaque accessoire, chaque ligne de fuite est voulue, à sa place et pleine de sens. Le hasard est prohibé; le travail de l’image est unique et sublime la beauté des décors, des personnages et de leurs sentiments.

Wong Kar Wai aime ses personnages presque physiquement. Il suffit pour cela de voir à quel point M. Chow et Mrs Chan sont d’une troublante beauté sous l’œil de sa caméra, suscitant un mélange unique de désir et de fascination. Maggie Cheung est sublimée comme jamais elle ne l’a été et jamais plus ne le sera. Mélange de fatale beauté et d’intense fragilité, elle devient la femme ultime : reine de beauté et femme universelle. Elle déambule d’une image à l’autre, d’une beauté grandissante qui gagne en force sous les ralentis de Wong Kar Wai.

C’est d’ailleurs une des autres forces de ce chef-d’œuvre : ses deux acteurs principaux, habitués des films du réalisateur et ici complémentaires comme jamais ils ne l’ont été auparavant. Ils rivalisent de délicatesse, retenant tout excès de jeu et pratiquant la suggestion par les gestes et les expressions, comme Wong Kar Wai le fait avec sa caméra. Tony Leung promène son flegme quasi britannique de long en large, alternant les sourires las et les regards tristes, donnant plus à voir par un simple regard que par des lignes de dialogues.

Ces dialogues jouent de la partition musicale, autant que les notes du compositeur Shigeru Umebayashi, auteur ici d’une des plus belles et sensibles partitions jamais entendues au cinéma. Les dialogues, le travail sur le son, la composition musicale et la mise en scène entrent en symbiose, créant l’œuvre cinématographique parfaite, débarrassée des oripeaux scénaristiques pour ne se consacrer qu’à la beauté formelle, rendant palpable sur pellicule la notion de beau. Car ce film est d’une beauté pure, de cette beauté capable d’émouvoir aux larmes comme seule la joie peut le faire. Les visages sont lascifs et les scènes d’une tendre intimité, qui embaume une douceur suave.

Wong Kar Wai, qui jusqu’ici faisait de chaque film une expérience, semble trouver sa voix artistique pour atteindre la maturité et le génie qui font désormais de lui un membre de la cour des grands. In The Mood For Love, sans être intellectualisant, amène quiconque le regarde à découvrir la beauté d’une caméra, experte à révéler ce que l’amour renferme d’intensité. Il ne faut pas craindre ce film, ses origines et son sujet. Il est une œuvre unique, qui jamais plus ne se laissera oublier, au risque d’être ému aux larmes, rien qu’en s’en repassant les images au film des pensées…

Synopsis: Hong Kong, 1962, Madame Chan originaire de Shanghai vient de trouver une chambre à louer dans l’appartement de Madame Suen, une compatriote de Shangaï. Le jour de leur déménagement, Monsieur Chow et sa femme emménagent aussi sur le même pallier chez la voisine de Madame Suen. Madame Chan travaille comme secrétaire dans ce qui semble être une agence de voyage. Monsieur Chow lui est rédacteur d’un journal local. Il a comme ami un collègue qui joue, parie son argent et fréquente les putains. Monsieur Chan voyage beaucoup à l’étranger et notamment au Japon d’où il ramène à sa femme et ses amis des objets à la mode , comme un sac à main ou un autocuiseur. Madame Chan et Monsieur Chow finissent par se parler et s’apercevoir que leurs conjoints sont amants…

Fiche Technique: In the Mood For Love

Titre Original : 花樣年華

Réalisateur: Wong Kar-wai
Scénariste: Wong Kar-Wai
Acteurs: Goo Gam-Wa, Kelly Lai Chen, Maggie Cheung Man-Yuk, Mama Hung, Rebecca Pan Di-Hua, Roy Cheung Yiu-Yeung, Siu Ping-Lam, Tony Leung Chiu-Wai
Pays: Chine
Genre: Mélodrame, Drame, Romance
Compositeur: Michael Galasso
Directeur De La Photographie: Christopher Doyle, Mark Lee Ping-Bin
Monteur: William Chang Suk-Ping, Wong Ming-Lam
Date De Sortie: 8 novembre 2000

Auteur : Le Cinéphile Dijonnais

Albert à l’Ouest de Seth MacFarlane : Critique du film

Albert à l’Ouest : 1000 façons de (mou)rire dans l’Ouest

Les amateurs d’humour outrancier et de blagues gratuites connaissent bien Seth Mac Farlane. Le créateur des Griffin et d’American Dad, deux séries à l’humour corrosif et aux répliques bien senties, a fait ses débuts dans le monde de la réalisation il y a deux ans avec Ted. Cette aventure centrée sur un ourson en peluche mignon mais grognon, amateur de pétards et de femmes à petite vertu, avait cartonné au box-office, et prouvé que son humour très particulier pouvait parfaitement s’exporter sur grand écran, sur une durée plus longue que les vingt minutes auxquelles il est habitué.

Pour son second film, Albert à l’Ouest, Mac Farlane fait le choix de voir plus grand. Fini le confort de Boston, place aux plaines désolées de l’Ouest américain, pour une comédie toujours aussi décalée prenant pour cadre l’univers du western. Un monde peuplé de brutes à la gâchette facile, dans lequel survit Albert, un gardien de moutons peu amateur de duels. Lorsque celui-ci est plaqué par sa petite amie (Amanda Seyfried), il sera pris en main par la belle Anna (Charlize Theron), qui va lui apprendre les vertus du courage. Seul problème, la jeune femme est la fiancée de Clinch Leatherwood (Liam Neeson), brigand de grand chemin et meilleur tireur de l’Ouest.

Les fans de Ted se retrouveront en territoire connu. Même type d’humour borderline, mêmes dialogues à se tenir les côtes, mêmes situations abracadabrantesques. Les vannes fusent dans tous les sens, souvent complètement inattendues, toujours totalement gratuites. Le choix de faire dans le film d’époque ne l’empêche pas d’effectuer de nombreux parallèles avec la nôtre, et certaines répliques sont totalement dans l’actualité. S’il est moins irrévérencieux que Ted, qui faisait aussi dans le name-dropping à outrance, l’humour d’Albert à l’Ouest n’en reste pas moins mordant.

Petit changement, comparé avec ses productions habituelles, Seth Mac Farlane a choisi de se passer de l’élément comique central que l’on retrouve d’habitude. Que ce soit avec Brian ou Steewie dans Les Griffin, Roger dans American Dad ou Ted dans Ted, le trublion aime provoquer l’hilarité aux dépens d’un personnage, souvent complètement irréaliste, autour duquel gravite les vannes. Ce n’est pas le cas dans ce film, où les blagues partent de tous les côtés sans être centrées sur un seul personnage.

On retrouve aussi les défauts de Ted, à travers une réalisation plate et parfois maladroite, qui confirme que Mac Farlane est un enfant de la télé, et vient avant tout de l’animation. Les passages visant à provoquer l’émotion sont ainsi souvent insipides, et attirent plus la gêne que l’empathie. Heureusement, il reste un dialoguiste hors-pair, et possède un excellent sens du rythme, qui permet aux deux heures de film de filer sans que l’on ressente la moindre longueur.

Les amateurs d’humour gras et un peu bas du front trouveront une nouvelle fois leur bonheur dans cette nouvelle réalisation signée du créateur des Griffin, qui confirme qu’il est un auteur talentueux. Encore plus barré que Ted, plus abouti aussi, Albert à l’Ouest est une comédie déjantée, férocement drôle, à ne pas manquer.

Synopsis : la couardise d’Albert au cours d’une fusillade donne à sa fiancée volage la bonne excuse pour le quitter et partir avec un autre. Une belle et mystérieuse inconnue arrive alors en ville et aide le pauvre Albert à enfin trouver du courage. Des sentiments s’immiscent entre ces deux nouveaux alliés, jusqu’au jour où le mari de la belle, un hors-la-loi célèbre, découvre le pot-aux-roses, et n’a plus qu’une idée en tête : se venger. Albert aura-t-il le courage nécessaire pour venir à bout du bandit ?

Fiche Technique : Albert à l’Ouest

Titre original : A Million Ways to Die in the West
Réalisateur : Seth MacFarlane
Scénaristes : Seth MacFarlane, Alec Sulkin, Wellesley Wild
Interprètes : Seth MacFarlane, Charlize Theron, Amanda Seyfried, Liam Neeson…
Date de sortie : 2 juillet 2014
Durée du film : 1 h 57
Photographie : Michael Barrett, Paul Elliott
Montage : Jeff Freeman
Montage musical : Charles Martin Inouye
Costumes : Cindy Evans
Décors : Stephen J. Lineweaver
Producteur : Bluegrass Films, Fuzzy Door Productions
Distributeur : Universal Pictures International France

Auteur : Mikael Yung

 

 

Jimmy’s Hall, un film de Ken Loach : Critique

Jimmy’s Hall : Un portrait historique d’un engagement politique

Ken Loach, reprend ici un thème qui lui est cher, celui de l’Irlande et son indépendance. Après le magnifique chef d’œuvre Le Vent se lève (Palme d’or 2006), c’est avec une vision plus légère et frivole, grâce au côté musical, que Jimmy’s Hall dépeint le combat de ces Irlandais pour la liberté.

Le combat pour la liberté sur fond de musique irlandaise

De manière documentaire, Jimmy’s Hall installe son décor dans la campagne irlandaise, verdoyante et brumeuse ; une image belle et lisse de plaines et paysages typiques. Cet arrière-plan brumeux est représentatif d’un pays en post-guerre civile, encore divisé et meurtri. Premier biopic sur la vie de ce militant peu connu, Jimmy Gralton, personnage remis en lumière, de manière touchante et romancé.

Barry Ward, gueule d’ange au petit accent de Dublin, est irréprochable et porte aussi bien le personnage que la parole révolutionnaire. Un caractère chaleureux et jovial. Loin de représenter le stéréotype de l’engagé morne, il fait du personnage ce passionné politique prêt à tous les sacrifices pour affirmer ses libertés, permettant au film de ne pas s’appesantir dans le drame, de garder ce côté léger sans faire de l’ombre au sérieux du discours.

Un discours politique contre l’oppression catholique

Très engagé, le fond du film dévoile cette guerre cachée entre deux générations, d’un côté les mœurs de l’Eglise catholique oppressive et de l’autre, les opinions progressistes et communistes apportés par Jimmy. Le discours gagne en intérêt politique dans les moments de débats sur la liberté entre Jimmy et ces jeunes.

C’est une vision d’une réalité sociale et d’une lutte pour la liberté, certes profonde en émotions mais qui malheureusement perd le spectateur dans ses moments de flashbacks répétitifs. Nous expliquant le tragique de son départ en pleine guerre, ces scènes coupent et perturbent le récit. Le rythme déjà assez linéaire est aussi ralenti par des scènes de romances, visant à trop nous attendrir.

La musique apporte la nouveauté et l’espoir

Tout au long, nos oreilles sont bercées par les chants et danses irlandaises réunissant la communauté lors des soirées dansantes. Le cabaret, devient le théâtre de partage et de convivialité, comme exutoire et espoir que le changement est possible. De même, le ton et les couleurs du film s’adoucissent aux premières apparitions du Jazz ; cette musique sensuelle et peu orthodoxe est un divertissement salvateur qui apaise le sentiment de rébellion qui sommeille en chacun. Au centre de l’image, le spectateur contemple cette nouvelle génération qui n’a pas connu la guerre et qui a avant tout soif de vie et de liberté.

Annonçant lors du dernier festival de Cannes, que Jimmy’s Hall était peut être son dernier long métrage, Ken Loach ne brode pas ici de nouveau portrait avec ce film certes intéressant, mais pas réellement passionnant, ne faisant que réaffirmer son engagement dans sa remise en question du passé, pour contribuer à un avenir meilleur.

Synopsis : 1932, dix ans après la guerre civile qui a dévasté l’Irlande, Jimmy Gralton, communiste Irlandais, revient sur sa terre patrie après avoir exilé aux Etats Unis. Les jeunes du village le sollicitent à rouvrir une salle de fête. Mais ce lieu, où ils peuvent librement débattre, danser et s’amuser, est vu d’un mauvais œil par la communauté bourgeoise et religieuse du patelin. 

Jimmy’s Hall : Bande-annonce

Jimmy’s Hall : Fiche Technique

Réalisateur : Ken Loach
Scénaristes : Paul Laverty, Donal O’Connel
Interprétation : Barry Ward (James Gralton), Simone Kirby (OOnagh), Andrew Scott (Père Seamus), Jim Norton (Père Sheridan), Aisling Franciosi (Marie), Brian O’Byrne (O’Keefe), Francis Magee (Mossy)
Montage : Jonathan Morris
Musique : George Fenton
Producteurs : Rebecca O’Brien
Genre : Biopic, Drame
Durée : 109 minutes
Date de sortie : 2 juillet 2014

Grande-Bretagne – 2014

Zero Theorem de Terry Gilliam : Critique du film

Le dernier long métrage de Zero Theorem nous évoque instinctivement une version plus moderne de Brazil (1985), prouvant que sa créativité dans le genre SF n’a pas de limites. Adapté du scénario de Pat Rushin, il témoigne d’une vision pessimiste d’un futur chaotique et bruyant, ou Christopher Waltz excelle dans le personnage de Qohen Lohen.

Un univers perturbant mais pas si futuriste

Dans le décor anachronique d’une église abandonnée, le personnage de Qohen symbolise l’image du savant fou, fuyant de peur le monde extérieur, qui ne s’adapte pas à lui. Dans cette société futuriste, les plans anguleux, les couleurs aveuglantes, et les nuisances sonores et visuelles, nous placent dans un monde effrayant et stressant. Mais cette société dominée par ManCom et régie par la publicité, n’est pas loin de ressembler à la nôtre. La population au look bariolé et à l’attention rivée sur les écrans, est tout aussi agressive et concentrée sur elle-même. Des caméras omniprésentes, comme dans Truman Show, indiquent le contrôle permanent de Management sur Qohen.

Un homme solitaire à la recherche d’un bonheur impossible

Il est facile de s’identifier à ce personnage particulier de Qohen, qui n’est pas à l’aise dans le milieu oppressant des fêtes, ou des gens en groupe qui se déshumanisent, deviennent animaux, et ne vivent qu’à travers les écrans. Lui-même s’isole derrière sa console informatique, et a pleinement conscience de son asociabilité, seul moyen pour lui de vivre paisiblement. Il dit lui-même qu’il n’éprouve aucun plaisir, et n’a jamais été heureux, et ce ne sont pas les séances particulières avec Tilda Swinton (Only Lovers left Alive) en psy délurée qui vont permettre de résoudre sa pathologie. Seul son travail lui sert d’exutoire, mais quand le théorème devient pour lui impossible à résoudre, détruisant petit à petit son esprit, sa vie n’a plus de sens. Le théorème zéro ne correspond jamais à 100% à la plénitude de son existence.

Des adjuvants bizarroïdes et indéfinissables

Au contrôle de cette société, le personnage mystérieux de Management (Matt Damon), qui oscille entre le » Big Brother », épiant à travers les caméras les moindres agissements de Qohen, et le « Deus ex Machina », lui apportant l’aide nécessaire pour résoudre son problème existentielle : le coup de téléphone libérateur. Il l’attend, mais n’agis pas, de la même manière qu’il attend que la vie s’offre à lui. Le jeune Lucas Hedges, qui  joue Bob, le fils de Management et petit génie, s’impose à l’écran, portant le discours le plus sensé du film. Il représente la seul aide sincère pour résoudre le problème de Qohen. Devenant son ami et tentant de lui faire réaliser qu’il est contrôlé par Management. Puis pour briser la coquille solitaire que Qohen s’est construite, la sulfureuse Mélanie Thierry dans son rôle de Bainsley, nous charme mais reste cantonnée à son rôle de poupée plastique, belle et manipulable. La call-girl apporte une sensibilité, un espoir d’échappatoire et de connaitre l’amour, pour ce personnage solitaire qui parle de lui à la première personne du pluriel.

Une réflexion sur la nécessité de s’ouvrir au monde

Au final, la réflexion de Zero Theorem ne se centre sur l’aspect effrayant de cette société totalitaire définie par ses caméras omniprésentes. Le film nous fait plutôt réfléchir sur cette recherche impossible d’un bonheur à atteindre. A attendant passivement cet appel qui consiste à donner un sens à sa vie, véritable clé du bonheur, Qohen est un exemple à ne pas suivre : il gâche sa propre existence et l’opportunité de vivre heureux avec celle qu’il aime. Une piste de réflexion très moderne et d’une grande acuité d’un Terry Gilliam devenu plus sage, mais qui garde une vision toujours aussi vive sur la société qui nous entoure.

Synopsis: Dans un Londres futuriste, Qohen Leth, un scientifique misanthrope, reste enfermé chez lui, à résoudre des problèmes mathématiques en attendant désespérément un appel important. Un jour, Managment, dirigeant de la société ManCom pour laquelle il travail, lui demande de résoudre un théorème impossible.

Fiche Technique – Zero Theorem

Réalisateur : Terry Gilliam
Scénariste : Pat Rushin
Date de sortie : 25 Juin 2014
Durée : 1h46
Genre : Science Fiction, Drame
Nationalité : Americain, Britannique, Roumain
Acteurs : Christopher Waltz (Qohen Leth), Melanie Thierry (Bainsley), David Thewlis (Joby), Matt Damon (Menagment), Tilda Swinton (Dr Shrink-Rom), Lucas Hedges ( Bob) …
Producteurs : Dean Zanuck, Nicolas Chartier
Directeur de la Photographie : Nicola Pecorini
Montage : Mick Audsley
Musique Originale : George Fenton

 

 

Le Conte de la princesse Kaguya : Critique du film

Le Conte de la princesse Kaguya : Un conte onirique au cœur des paysages naturels japonais

Après plus de 14 ans d’absence, le maître Isao Takahata, co-fondateur avec Miyazaki des Studios Ghibli, sort de son ombre pour nous délivrer l’œuvre d’une vie, celle de la Princesse Kaguya, vacillant entre ode à la nature et scepticisme de l’humanité. En effet, il adapte l’un des plus vieux contes, abordant des thèmes universels comme la famille, la religion, et l’amour dévoué. Une véritable merveille visuelle, reprenant l’esthétisme raffiné de la calligraphie japonaise du Xème siècle, cachant un discours moralisateur plus sombre et spirituel.

L’intrigue démarre par la naissance de cette petite fille, sortie magiquement d’un bambou, traitée comme une princesse par ce modeste vieux couple de paysan. Attachants et aux traits de caractère volontairement grossiers, les personnages nous amusent au début par leur naturel. Au fur et à mesure la petite fille croit à une vitesse miraculeuse, et expérimente les joies de l’enfance au milieu d’une nature intacte qui devient plus fleurie et plus fertile autour d’elle. Ainsi, on lui attribue le titre de princesse, pour ses dons hors du commun. Mais le vieux paysan, devient ambitieux et prétentieux, prétendant vouloir le meilleur pour sa fille. Il l’éloigne de la campagne pour la parer comme une véritable princesse.

La vie réglementée de Princesse

La suite de l’histoire devient plus rude et amère. Les traits deviennent violents pour dessiner ces décors urbains. La nouvelle vie de la jeune fille perd alors toute la joie et l’innocence du début. Désormais, elle est réduite à se plier aux codes de conduite et le diktat vestimentaire d’une princesse digne de ce nom, se privant de liberté, de rire ou de courir…

Dans cette nouvelle vie dictée par l’honneur et le devoir, on la promet au mariage d’un grand prince, comme clé de son bonheur. C’est pour l’honneur et la fierté de son père, qu’elle se plie à cette promesse de mariage. Les prétendants se bousculent, mais leurs intentions sont peu honorables entre la recherche de la beauté, la soif de pouvoir et la cupidité. Les hommes sont mauvais à coté de cette princesse (pas si humaine) maline, qui leur demande des choses impossibles en échange de sa main. S’ensuit un discours plus progressiste sur l’impossibilité de se marier sans amour véritable et partagé.

Une fin mystique et tragique

Cette seconde partie du conte est beaucoup plus pessimiste, nous livrant une magnifique scène emprunte de violence, où la jeune fille s’enfuit vers la Lune brillante, délivrée des apparats et diktats de princesse humaine. Comme pour clôturer son expérience sur terre, la jeune fille retourne à son village d’origine, retrouvant son amour d’enfance et la nature apaisante. La fin prend une tournure surnaturelle et mystique avec l’arrivée inattendue des habitants de la Lune sur Terre, venue récupérer leur princesse. La fin heureuse n’en ai pas réellement une. Cette scène d’adieux entre la princesse et ses parents adoptifs est très émouvante, mais sonne désespérément comme la conclusion que la vie sur Terre est trop triste à supporter. Le Conte de la princesse Kaguya doit être perçu comme le processus d’une année bercée par les saisons (printemps à hiver), de l’évolution du personnage de la naissance à la mort.

Un dessin perfectionniste dans un univers grave

Rien à redire sur les dessins, dont les ébauches de coups de crayons sont lisses et voluptueux, prouvant le côté perfectionniste de Takahata. Les costumes et détails caricaturaux des visages témoignent d’un grand réalisme, plus particulièrement les décors naturels : de cette forêt de bambous phosphorescents, à la perfection de cette lune pleine…

D’une rare beauté, simple et épurée, Le Conte de la princesse Kaguyasouffre en contraste d’une longueur pesante et d’un côté très portée sur la religion et l’importance de l’honneur. Le discours moraliste et écologiste de la fin, parfois lourd de sérieux, dénote avec le début lumineux et candide. Comme les traits noirs et durs contrastent avec la légèreté des tons pastel qui dessinent l’apparence de la petite fille.  A 78 ans, Isao Takahata signe sûrement son dernier projet qui aura germé pendant 50 ans, aboutissant à ce mélange d’accomplissement testamentaire et de constat désabusé.

Synopsis : Un coupeur de bambou retrouve une enfant dans un bambou. Malgré leur faibles moyens, lui et sa femme la recueille et l’élève comme leur propre fille.

Fiche Technique – Le Conte de la princesse Kaguya

Titre originale: Kaguya-hime no monogatari

Réalisateur : Isao Takahata
Scénaristes : Isao Takahata, Riko Sakaguchi
Date de sortie : 25 Juin 2014
Durée : 2h17
Interprètes VO : Aki Asakura, Kengo Kora, Takeo Chii, …
Genre : Animation, Drame, Fantastique
Nationalité : Japonais
Studio d’Animation : Studio Ghibli
Musique : Joe Hisaishi
Producteurs : Yoshiaki Nishimura, Seiichiro Ujiie

 

 

 

Les Voies du destin de Jonathan Teplitzky : Critique du film

Les Voies du Destin : Une incroyable histoire vraie traitée de manière académique

La Seconde Guerre Mondiale recèle encore bien des parts d’ombres. Un constat somme toute surprenant à l’heure où nous fêtons le 70ème anniversaire du D-Day, tant Hollywood a réussi à bâtir sa renommée sur ce genre de films avec une frénésie telle que l’on pensait la moindre parcelle de ce conflit éludé. Pourtant il arrive que parfois, des histoires resurgissent du passé ou jouissent d’une publicité inespérée, permettant alors de voir ces faits divers de nouveau sur les feux de la rampe.

Et l’année 2014 propose ainsi à travers 2 longs-métrages radicalement différents dans leurs constructions, de nouveaux faits sur ce conflit que l’on pensait depuis longtemps, qu’il n’avait plus rien à nous apprendre !

D’abord, la course aux œuvres d’arts à laquelle s’est adonnée la brigade des Monuments Men, brigade formée de chercheurs, de savants et d’artistes pour protéger le patrimoine culturel européen de la sauvagerie et de la soif démesurée de culture d’Hitler ; film ayant relativement déçu de par le traitement donné par le réalisateur George Clooney, qui a opté pour un buddy movie et a remplacé le suspense par un humour lourdingue made in USA.

Et ensuite avec le film Les Voies du Destin ou l’histoire incroyable et vrai d’Eric Lomax, jeune lieutenant écossais établi à Singapour et qui suite à la reddition anglaise, a dû participer à la construction d’un pont tristement célèbre et mondialement reconnu depuis le chef d’œuvre de David Lean en 1957 : le Pont de La Rivière Kwai.

Pourtant, là n’est pas l’aspect inédit de son histoire. En effet, torturé par ses geôliers japonais, celui-ci survivra à la guerre et sera alors confronté des années plus tard à un dilemme plus que cornélien, lorsqu’il retrouve la trace de son tortionnaire, encore en vie : Doit-il obtenir justice et vengeance ? Ou peut-il pardonner l’impardonnable ?

Cette incroyable histoire est dotée d’un potentiel rare. Car, après des décennies remplies de salves successives de films de guerre vantant le patriotisme et l’honneur, rares sont les films qui tout en offrant un réel divertissement arrivent à dresser un constat réaliste et non enjolivée des horreurs de la guerre.

Voyage au Bout de l’enfer, Full Metal Jacket, La Déchirure, Apocalypse Now, Taxi Driver, autant de longs métrages réalisés par des cadors du 7ème art, tels que Scorsese, Coppola, Kubrick ou Cimino, qui ont puisé leur succès de par leur proximité aux faits montrés à l’écran mais surtout de leur capacité à rendre plausible le quotidien de ces hommes, qui après un conflit violent, inhumain et dangereux, voient leurs vie brisées, les condamnant à errer sans but dans une société devenue aussi inhospitalière que l’enfer dont il se sont tirés.

De fait, l’histoire de ce lieutenant parait relativement intéressante, tant pour le conflit qu’elle cherche à éluder, à savoir la Seconde Guerre Mondiale, que pour sa propension à traiter les atrocités commises sur le continent asiatique, continent relativement oublié dans le traitement cinématographique de ce conflit, écrasé par la suprématie de l’Allemagne et de la France comme dans Les 12 Salopards ou encore Il Faut Sauver le Soldat Ryan.

Pourtant, le réalisateur, inconscient de la pépite qu’il a entre les mains, enterre tous les espoirs de voir une œuvre forte, mettant en avant le pardon, la dignité humaine et le sacrifice, et en livrant une œuvre purement académique.

Toutes les scènes attendues et purement clichées qu’un tel sujet peut véhiculer, se retrouvent en effet sur la pellicule. Entre la détresse psychique et émotionnelle que doit endurer le personnage de Colin Firth (qui joue merveilleusement bien et confirme le talent qu’on lui attribue depuis Le Discours d’un Roi), le rôle d’épouse décontenancée et impuissante campée par une Nicole Kidman presque transparente et faisant office de figuration et la première partie mettant en place les horribles hallucinations dont est victime Firth, l’entame du film est désastreuse non pas pour ses images, qui dans le plus pur style britannique sont réussies, mais plus pour son absence d’audace et sa flagrante conventionnalité.

Heureusement pourra-on compter sur une seconde partie, qui confronte alors le soldat face à son tortionnaire. L’affrontement, d’ordre verbal, est ici beaucoup plus travaillé, jouit d’élégants flash-back, et oppose ces deux hommes qui transformés par la guerre, se voient à l’heure de leurs retrouvailles comme autant détruits l’un que l’autre, entre regrets et déceptions pour l’un et vengeance et justice pour l’autre.

Une joute verbale qui non dénuée d’émotions et de tension parait pourtant à quelques moments comme relativement moralisatrice. Peut-être la faute à une mise en scène préférant s’attarder sur les scènes de guerre et expédiant bien trop rapidement les scènes se passant de nos jours. L’affrontement entre Colin Firth et Hiroyuki Sanada, vu précédemment dans Wolverine le Combat de l’Immortel, aurait gagné à être mieux exploité.

Cette histoire qui aurait pu avoir une odeur de brûlot si elle avait été réalisée par Coppola, Cimino ou Scorsese, voit son potentiel ravagé par une réalisation qui, emplie de classicisme et de retenue semble comme aseptisée et refuse d’en dévoiler trop.

Assurément une déception au vu de la sensationnelle histoire proposée, mais peut-être également le constat que les réalisateurs d’aujourd’hui sont trop jeunes pour aborder des histoires aussi complexes, humaines et réalistes sur un sujet aussi fort.

Synopsis: Le lieutenant écossais Eric Lomax, a été fait prisonnier par les Japonais à Singapour durant la Seconde Guerre mondiale et envoyé dans un camp en Thaïlande. Là-bas, il a été forcé de contribuer à la construction du fameux pont sur la rivière Kwaï. Des années après, il souffre toujours d’un stress post-traumatique. Sa femme, Patricia Wallace, décidée à l’aider à surmonter ses démons, découvre que le jeune officier japonais qui hante sa mémoire est toujours vivant. Doit-elle donner à Eric une chance de se confronter à celui qui l’a torturé ?

Fiche Technique: Les voies du destin

Les Voies du destin (The Railway Man)
États-Unis – 2013
Réalisation: Jonathan Teplitzky
Scénario: Andy Paterson, Frank Cottrell Boyce d’après: le roman Les armes du bourreau de: Eric Lomax
Interprétation: Colin Firth (Eric Lomax), Nicole Kidman (Patti Lopax), Jeremy Irvine (Eric Lomax jeune), Stellan Skarsgård (Finaly), Hiroyuki Sanada (Nagase), Sam Reid (Finlay jeune)…
Genre: Drame, Biopic
Image: Garry Phillips
Décor: Steven Jones-Evans
Costume: Lizzy Gardiner
Montage: Martin Connor
Musique: David Hirschfelder
Producteur: Andy Paterson, Chris Brown, Bill Curbishley
Production: Archer Street Productions, Latitude Media, Lionsgate
Interprétation: Colin Firth (Eric Lomax), Nicole Kidman (Patti Lopax), Jeremy Irvine (Eric Lomax jeune), Stellan Skarsgård (Finaly), Hiroyuki Sanada (Nagase), Sam Reid (Finlay jeune)…
Distributeur: Metropolitan FilmExport
Date de sortie: 11 juin 2014
Durée: 1h56