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Game of thrones : saisons 1-4 : Critique

Cela fait maintenant trois ans, que Game of thrones s’est faite une place dans la culture populaire. Au fil des épisodes, nous  découvrons le monde de Westeros, ses intrigues complexes, ses personnages haut en couleurs, sa violence et ses guerres de successions. Au cours des 4 saisons qui ont tenu en haleine une bonne partie des spectateurs, le succès n’a jamais été démenti et l’accueil critique extrêmement positif, annonçant déjà la série comme le nouveau standard de qualité télévisuelle.

Fruit d’une union illégitime de Lord Stark, Jon Snow se prépare à intégrer la fameuse Garde de Nuit. Depuis des siècles, cette confrérie protège le royaume de toute créature pouvant provenir d’au-delà de l’immense Mur protecteur septentrional. En Orient, sur le continent d’Essos, l’héritier «légitime» en exil des Sept Couronnes, Viserys Targaryen, se prépare à reconquérir le royaume. Prêt à tout, le fils d’Aerys projette de marier sa jeune sœur Daenerys à Khal Drogo, seigneur de guerre des Dothrakis, afin d’obtenir une alliance avec la puissante horde de cavaliers nomades qu’il dirige. Mais le lunatique Viserys n’a peut-être pas hérité que du titre de son père.

Game of thrones : saisons 1-4  : Où nous mène la folie des hommes ?

Mais beaucoup de show tendent à perdre de leur superbe au fil du temps, en témoigne les dernières saisons d’How I met your Mother bien inférieures à ses débuts prometteurs. C’est sur cette voie que semble s’engager la saga portée par David Benioff et D.B Weiss, car si pendant ses premières années, Game of thrones est un colosse inattaquable, depuis quelques temps, les légers bruissements d’une lassitude commencent à se faire sentir. Tout le monde n’aime pas le trône de fer : certains méprisent tout simplement la série, et d’autres finissent par trouver que cela ne mène finalement nulle part.

La série dispose encore d’une communauté de fans assez conséquente. Cette critique qui résulte d’un avis personnel, n’a aucune vocation à devenir canonique, et ne porte que sur la série elle-même (son écriture, son interprétation, sa réalisation), sachant qu’il ne sera pas fait ici référence aux livres de G.R.R Martin.

Bien sur les qualités de la série sont indéniables, la première de toute étant bien sur son interprétation générale. Les directeurs de castings ont du flair : chaque acteur est à sa place et joue son rôle parfaitement. D’autant plus étonnant qu’aucun acteur ne peut être considéré comme une tête d’affiche. Sean Bean qui fut le méchant dans Goldeneye et Boromir dans La communauté de l’anneau, est peut être le seul à pouvoir prétendre à ce titre, et encore, il n’est qu’un visage familier. Tous les autres sont souvent de parfaits inconnus aux yeux de la majorité, et n’ont pas toujours l’occasion de briller. Qui se souvient que Jason Momoa avait le rôle titre dans le reboot de Conan avant d’être Khal Drogo le chef barbare, ou que Lena Headey était la reine Gorgo dans 300 avant d’être Cersei Lannister ? Beaucoup de seconds couteaux qui ont explosé à l’écran en jouant des personnages cyniques, pervers, machiavéliques. L’exemple le plus marquant étant celui de Peter Dinklage, quasiment inconnu avant son interprétation de Tyrion, le nain plus intelligent que la moyenne.

Nous pourrions écrire des pages entières sur chaque protagoniste et la manière avec laquelle chaque acteur s’est approprié le rôle avec aisance. Nous pourrions également démontrer comment certains choix de casting tiennent de l’évidence même, comme Charles Dance, le tueur à l’œil de verre de Last Action Hero, qui campe un Tywin fascinant et glacial. Ses dialogues avec Maisie William/Arya Stark font partie des moments d’anthologies de la série tant la tension est à son paroxysme. Le credo est donc simple, à chaque figure, l’acteur qui lui faut. Simple mais parfois trop efficace, car emportés dans leurs élans, certains se retrouvent trop charismatiques dans leur propre rôle. C’est le cas d’Oberyn Martell, incarné avec malice par le chilien Pedro Pascal, lui aussi quasiment inconnu, qui est rapidement devenu la nouvelle coqueluche des fans avant d’être brutalement éliminé. C’est l’un premiers défaut de la série : elle provoque trop souvent la frustration, celle de voir un personnage que l’on apprécie grandement être trop rapidement éliminé. Après avoir glané quelques renseignements ça et là, il apparaît que le personnage en question, Oberyn, n’a pas tant d’importance que cela dans le roman. Pourtant les créateurs en on fait une sorte de nouvel héros providentiel, séduisant et rayonnant, sûrement pour retarder certains twist des livres, et  laisser du temps à Martin pour continuer sa saga. Mais voilà certaines choses sont écrites et à moins d’assumer totalement une rupture avec le matériau originel (le roman) et partir dans une autre direction, il est impossible de se soustraire à ce qui est prévu. Après nous avoir fait miroiter ce nouveau personnage haut en couleur, ils le suppriment, donnant à son histoire de vengeance l’apparence d’un pétard mouillé. Ce décès ne révèle pas seulement l’erreur d’un trop bon casting (espérons que Pedro Pascal aura une belle carrière après Game of thrones), mais également un certain ralentissement de l’intrigue.

Les premières saisons filent à une vitesse folle, mais dans la 4ième on se surprend souvent à penser qu’il ne se passe rien : les errances d’Arya et du Limier n’en finissent pas, le procès de Tyrion s’éternise, la bataille du mur ne vient jamais et Daenerys reste la plupart du temps assise sur son trône à écouter des doléances. Où sont passés les complots, les conversations fascinantes ? Quand on sait que la série risque dangereusement de rattraper la publication, on peut alors comprendre que les auteurs tentent le tout pour le tout avec du remplissage, seulement il faut assumer ses choix, et terminer sur une image gore, ne cache pas forcément la vacuité du procédé. En cela, l’écriture de la série accuse quelques faiblesses, devant jouer entre les standards télévisuels (60 minutes par épisodes) et la fidélité au roman, il s’agit alors de ne jamais trop en révéler sans pour autant perdre le rythme. Alors parfois, on ne saisit pas vraiment où ils veulent en venir, pourquoi un tel agit ainsi à tel moment (par exemple Rob Stark qui se présente à un mariage chez Walder Frey qu’il à insulté auparavant, sans armes, ni gardes du corps). En essayant de montrer un maximum d’événements en un laps de temps très court, on finit par voir des épisodes au format une minute = un personnage. Donc on attend la suite du twist de l’épisode précédent et on nous montre autre chose, ajoutant encore plus à la frustration. Quelques révélations foireuses renforcent encore ce sentiment amère : quelle est l’utilité de révéler que le Mestre Pycelle est en fait en pleine forme et joue la comédie ? Et d’où sort l’armée de Stannis pendant la bataille du mur ? Des questions qui tendent à s’accumuler de plus en plus mais que la série passe sous silence en continuant d’avancer dans son univers somptueux.

La direction artistique n’a quant à elle, quasiment rien à se reprocher. Les costumes sont réussis, donnant une autre image que celle trop stéréotypée des productions médiévales habituelles : de même pour les décors extrêmement variés, peut être manquant un peu de vie et de détails, mais l’effet fonctionne. Les effets numériques sont aussi de très bonnes qualité, ce qui est plutôt rare à la télévision. En revanche la réalisation n’est pas toujours au top. Les combats sont souvent brouillions et mal cadrés (l’affrontement entre Oberyn et La montagne faisant penser à une envolée lyrique du monteur d’Intervilles), ou parfois vaguement chorégraphiés (le duel Brienne/Le limier). L’image manque souvent de poésie, restant tout simplement lisse, de bonne facture mais sans âme, là où d’autres séries comme Hannibal ou American Horror story multiplient leurs expérimentations, Games of thrones reste désespérément plate, rattrapée de justesse par la musique efficace de Ramin Djawadi.

Au final, la série ne manque pas de potentiel mais semble peiner à choisir son camp. Au début on parle de réalisme, et plus l’intrigue avance, plus on se retrouve confronté aux poncifs de l’héroic fantasy classique : d’abords les dragons, justifié par l’idée des vestiges d’une ancienne civilisation, puis la magie noire pratiquée par la sorcière Melissandre, et puis dernièrement des squelettes et des farfadets, finissant par donner à l’ensemble l’impression d’un scénario écrit au cours d’une interminable partie de Donjons & Dragons. Une succession de deus ex machina qui semblent à chaque fois résoudre l’intrigue facilement quand elle va dans le mur. Multipliant également à outrance les personnages et les sous intrigues, le discours se trouve dilué, on ne sait plus qui est juste, qui est mauvais, et l’on perd le questionnement originel de l’auteur … On peut trouver des similitudes entre son univers et le notre bien sur : La guerre des roses, le mur d’Adrien, la chute des grands empires après la première guerre mondiale, l’inquisition… mais pour mener à quoi ? La tradition semble vouloir que les gentils finissent mal et que les méchants gagnent, ou alors ils se retrouvent dans un processus de rédemption classique (Jaimie Lanister, enflure notoire qui devient droit et juste après une mutilation et une rencontre amoureuse…), tant mieux si ça marche, mais où cela va t’il bien finir ?… On assiste plutôt à une succession de meurtres et de complots qu’a une véritable réflexion crépusculaire.

Mais le plus gros reproche que l’on peut faire à la série vient plutôt de ce qui l’entoure, de l’aura de culte qui la protège qui peut s’expliquer par une utilisation intelligente de la culture du spoil. Souvenez vous il n’y a pas si longtemps, ce n’était pas si grave de raconter un détail de l’intrigue pour discuter du dernier épisode avec ses amis, aujourd’hui cela ne semble plus possible. Game of thrones se compose de twists nombreux dispersés un peu partout, quand auparavant ce genre de ficelles était réservé pour les milieux et fins de saison. Alors raconter le moindre point sensible peut dès lors ruiner la surprise de ceux qui ont pris du retard. Ainsi, nous aimons tous la série, mais nous n’en discutons pas, de peur de froisser, d’où la difficulté de prendre du recul et de critiquer (dans le sens peser les qualités et les défauts). Car seulement dire « c’était bien » ou « c’était pas terrible » sans pouvoir argumenter par derrière avec force de détails, tue le débat dans l’œuf. Sans compter un nombre conséquent de fans qui semblent prendre personnellement toute attaque faite à l’univers de Westeros. Par exemple, malgré une critique portant exclusivement sur la série, il y aura toujours quelqu’un pour venir ré-expliquer toute la complexité de l’œuvre de Martin, que cet univers est vaste, mais l’on est en droit de juger la série en tant que telle. Sans être de piètre qualité, elle n’atteint pas toujours des sommets et n’est certainement pas constante dans sa réussite.

Au fond, osons : est ce que Games of thrones est vraiment la meilleure série du moment ? Ou ne profite t’elle pas d’une certaine « hype » grâce à HBO qui est à la télévision ce que Pixar est au film d’animation, une tour d’ivoire, laissant dans l’ombre tant d’autres séries qui mériteraient toute une attention toute aussi particulière (comme Black Mirror ou Black sails) ? Ouvrons dès lors le débat.

Synopsis : Sur le continent de Westeros, le roi Robert Baratheon règne sur le Royaume des Sept Couronnes depuis dix-sept ans, suite à la victoire de la rébellion qu’il a menée contre le « roi fou » Aerys II Targaryen. Jon Arryn, son guide et principal conseiller, vient de décéder. Le roi part alors dans le nord du royaume demander à son vieil ami Eddard Stark (Ned) de remplacer leur regretté mentor au poste de « main du roi ». Eddard, seigneur suzerain du Nord, accepte à contre-cœur de partir à la cour avec ses deux filles, Sansa et Arya.

Fiche technique : Game of thrones

Titre original: Game of thrones
Genre: Drame, Fantaisie
Créateur(s): David Bennioff, D.B Weiss, George R.R Martin
Avec: Peter Dinklage, Charles Dance, Emillia Clarke, Kit Harington, Lena Headey, Nikolaj Coster-Waldau, Sean Bean…
Production: Mark Huffam, Franck Doelger
Pays d’origine: États-Unis
Date: 2011
Chaîne d’origine: HBO
Épisodes: 40
Durée: 50 à 63 min
Statut: en cours (saison 5 annoncée)
Auteur de la critique: Vincent Baudart

 

Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard : Critique du film

Pierrot, l’homme fou de vivre

pierrot-le-fou-affiche-belmondoSynopsis: L’odyssée à travers la France de Ferdinand dit Pierrot le Fou et de son amie Marianne, poursuivis par des gangsters à la mine patibulaire.

Légèreté, liberté et poésie sont les fils conducteurs de cette œuvre qui a indéniablement sa place parmi les chefs d’œuvres du cinéma.
out au long de ce film on se sent bien, on a envie de savoir, envie de goûter, envie d’être, envie d’essayer. Ce film fait tout simplement vivre le spectateur. Jean-Luc Godard nous transporte dans le monde d’un fou, qui n’a pourtant que le nom puisque ce dernier a finalement compris les rites de l’homme dans sa vie sociétale et opte pour une démarche anticonformiste.

Ce film c’est oser, savoir aller à l’essentiel, oublier le superflus. C’est l’explication de ce que devrait être la vie. Le couple négocie, manigance et tue parfois cet environnement externe qui nuit au développement de l’être ou du moins qui empêche le développement de ce que devrait être notre vie. On pourrait même dire que le réalisateur donne l’exemple en n’incluant pas des scènes d’ébats qui auraient sans doute ralenti le rythme de ce film.

Au cours de ce chef d’œuvre, rien n’est superficiel tout est simple, léger et accessible. La mort les attend alors à quoi bon s’attarder sur ce qui ne fera que retarder le fruit de l’émancipation de leur existence (à l’image du passage où Pierrot, où Ferdinand imite une personne âgée faisant le bilan de sa vie). Le message qu’il cherche à faire passer est de montrer qu’il faut vivre sa vie et éviter les regrets qui ont parfois une corrélation trop importante avec le rythme de notre société.

La superficialité et la stupidité sont également évoquées, au travers notamment de la guerre du Vietnam. Une belle preuve d’audace de la part de JLG de critiquer l’inutile est de ce que l’on pourrait comprendre comme étant le summum du ridicule. Comme en témoignent leurs interprétations d’un Vietnamien se faisant exterminer par un Américain.

Godard se moque également de la religion avec un passage osé sur l’islamisme. Il a sans doute choisi cet exemple car c’est sans doute celle qui est la plus décalée de nos religions (finalement assez proches). On peut comprendre implicitement que l’être doit se construire au-delà des croyances et de s’émanciper avec l’accessible et l’authentique.

Ensuite, ce que l’on pourrait qualifier de remarquable est la valeur ajoutée que JLG apporte constamment dans cette œuvre. Les acteurs parlent directement au spectateur, le faisant ainsi s’interroger parfois sur ce qu’il est. Ainsi, le spectateur est amené à se questionner lui-même sur le parcours de son existence.

La chronologie également est habilement choisie à l’image d’une vie simple au départ dans des lieux typiques où la société n’a pas encore exercé son influence. Dans ces moments tout se déroule alors pour le mieux, ce qui n’est pas du tout le cas lorsque le film avance et que le couple finit par être en quelque sorte rattrapé par les attraits de la société. A l’image de la fin où l’on voit écrit VEGAS, lieu où périt le couple. On ressent également le sentiment de révolte de cette société française qui se fera entendre 4 ans plus tard.
En outre, les échanges sont très dynamiques de par l’interactivité des dialogues, où l’un est l’autre complètent les phrases de chacun. Ce qui enlève une certaine monotonie que peut avoir parfois un monologue.

De plus, il y a d’autres artifices dans cette œuvre particulièrement agréables, tel que ce sentiment de liberté sur la plage, dans la voiture ou encore dans le bateau. Il y a une certaine ivresse de la joie de la vie qui lorsque l’on accroche à ce style de cinéma envoute littéralement le spectateur.

Enfin, puisque ce film offre également plusieurs passages où chacun est libre de se faire sa propre interprétation, je pense également que le Godard insiste sur le fait que rien n’arrive au hasard que beaucoup de choses qui ne paraissent pas prédestinées le sont finalement. A l’image du nombre de fois où ils se retrouvent comme par miracle …

Ensuite, l’absurdité de sa réponse 137. L’incohérence apparente de sa réponse avec ce 137 devient évidente dans le sens où le réalisateur cherche à montrer la manière dont on doit optimiser son temps.

Pour finir, la fin, l’autodestruction, est très forte. Les couches de dynamites pour montrer sans doute la honte de l’évolution de notre société ou d’une partie de la société ou de l’évolution de l’être ou peut-être tout simplement de son impossibilité de vivre avec sa « douce », la vie dont il rêverait avec cette ivresse et cette liberté au sein de cette société. Ce dénouement reste ouvert…

Une chose est sûre cependant : Pierrot le Fou est un chef d’œuvre authentique non seulement pour le cinéma français mais également pour l’histoire de cinéma à l’échelle internationale.

Fiche Technique : Pierrot le Fou

Réalisé par Jean-Luc Godard
d’après l’oeuvre de: Lionel White
Scénario: Jean-Luc Godard
Avec: Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Graziella Galvani
Genre: Drame,Policier, Comédie
Nationalité: Français italien et américain
Date de sortie: 5 novembre 1965 (1h55min)
Concepteur de production: Pierre Guffroy
Rédacteur: Françoise Collin
Directeur de la photographie: Raoul Coutard
Compositeur original: Boris Bassiak
Compositeur original: Antoine Duhamel
Producteur: Georges de Beauregard

Auteur de la critique : A.L

L’île des Miam-nimaux : Tempête de boulettes géantes 2 – Critique DVD

L’île des Miam-nimaux : Tempête de boulettes géantes 2 : Les fruits sont nos amis pour la vie !

C’est un véritable rêve pour Flint, qui a toujours rêvé d’être reconnu comme grand inventeur. Malheureusement, il se rend vite compte que sa plus célèbre invention (qui transforme l’eau en nourriture) fonctionne toujours mais qu’elle crée à présent des « miam-nimaux », des croisements entre des aliments et des animaux.

Accompagné de ses amis, Flint va devoir entreprendre une mission dangereuse qui va les confronter à des «tacodiles», « cheddararaignées », « pastèquéléphants », « serpommes » et autres « miam-nimaux » qui menacent l’humanité.

Le premier opus était une bonne surprise. Celui-ci est dans la même veine. Les personnages sont toujours aussi sympathiques. Flint Lockwood reste un inventeur naïf qui a la particularité de crier constamment, mais cette fois-ci, il commence l’aventure avec l’élue de son cœur Samantha Farris et les amis qu’il a su se faire auparavant, le policier Earl Devereaux, l’ancien bébé star Brent McHale, Manny le cameraman de Samantha, son singe Steve et son père Tim Lockwood. De nouveaux personnages font leurs apparitions, Chester V, une sorte de Steve Jobs, qui a fait fortune grâce à une barre nutritive dont il prépare la version 8,0, tel un produit Apple avec l’aide de son bras droit, Barb, une orang-outan qui s’ignore.

Amateur de jeux de mots culinaires, vous allez en avoir plein les oreilles ! Comme vous avez pu le constater dans le titre l’ile des Miam-nimaux, nos héros vont devoir batailler contre des cheeseburgers et tacos qui représentent les méchants, un statut dû à leurs propensions à boucher nos artères et faire grimper notre taux de cholestérol. Au contraire, les fruits et légumes sont leurs alliés et surtout la fraise qui est trop craquante (pas croquante, ce serait considéré comme du cannibalisme ici !), tout comme les cornichons qui sont trop mignons. Nous sommes dans la consommation correcte, la cible de ce film d’animation étant les enfants, il est normal que le message soit aseptisé. Mais pas totalement. En tant qu’adulte, nous pouvons également apprécié la critique de la société de consommation au travers du personnage de Chester V. La suite de l’aventure change la perception que nous avons de nos aliments. Il y a bien sur l’ode à l’amitié, plus fort que tout et surtout que l’argent et le succès, un grand classique. Sans oublier que nous devons accepter les gens tels qu’ils sont, mignon, non ?

Un bon divertissement pour tout public, chacun y trouvant son compte. Le spectateur n’est pas bombardé de chansons mièvres ; le graphisme est toujours aussi agréable, coloré, propre et efficace. Peut-être que l’ensemble manque juste un peu de folie et d’humour.

Synopsis : Flint Lookwood reçoit une invitation de son idole Chester V pour venir travailler avec lui dans sa société. Seuls les meilleurs inventeurs du monde entier peuvent y travailler afin d’y développer des technologies avancées.

Fiche Technique : L’île des Miam-nimaux : Tempête de boulettes géantes 2

Réalisateur : Cody Cameron et Kris Pearn
Casting US : Bill Hader, Anna Faris, James Caan, Terry Crews, Andy Samberg, Neil Patrick Harris, Benjamin Bratt, Will Forte, Kristen Schaal
Casting VF : Jonathan Lambert, Pauline Lefèvre, Cyril Lignac, Stanislas Forlani
Scénario : Judi Barrett, Ron Barrett, John Francis Daley et Jonathan M. Goldstein
Date de sortie dans les salles en France : 5 Février 2014, Sortie DVD : 11 Juin 2014
Musique : Mark Mothersbaugh
Producteur : Kirk Bodyfelt
USA 2013
Genre : animation
Durée : 1h34

Auteur de la critique : Laurent Wu

 

 

 

 

Légendes Vivantes : Critique Blu-Ray & DVD

La légende de Ron Burgundy du duo Will Ferrel/ Adam McKay ressemble plus à une première rencontre pleine de promesses, mais avec beaucoup de fausses notes, qu’à une véritable comédie. Certaines vannes et situations font mouches, mais le film laisse le souvenir d’un manque de finesse qui rend l’ensemble très lourd à digérer. Le duo a tout de même récidivé avec Ricky Bobby : Roi du circuit, beaucoup mieux rodé, beaucoup plus drôle, beaucoup plus cohérent dans son délire, presque parfait dans son genre.

Synopsis : Après l’échec de sa carrière à New York et son divorce, le journaliste présentateur Ron Burgundy se voit offrir un poste sur une chaîne d’information 24h/24 et réunit son ancienne équipe.

Anchorman 2 – Légendes Vivantes : Aux limites de l’absurde… 

Après quelques années d’errance les deux partenaires se retrouvent pour Very Bad Cops, qui remet une fois de plus la barre très haute en matière de comédie déjantée. Lorsque les deux compères annoncent qu’ils se réunissent pour reprendre leur premier personnage original et lui donner le film qu’il mérite, on est en droit d’attendre une bombe… mais c’est plutôt une aspirine : c’est rigolo à regarder, ça mousse un peu, et puis après on se dit qu’il va falloir boire le tout d’un coup, ce qui laisse un goût amer.

Le film commence plutôt bien : on retrouve notre présentateur crétin et macho (Will Ferrell) à New York, à l’aube des années 80, qui file le parfait amour avec sa femme Veronica (Christina Applegate) et son fils. Mais très vite, les choses se gâtent. Le patron (Harisson Ford que l’on n’attend pas vraiment dans ce registre) décide de donner les rennes du prime à Veronica et renvoi Ron qu’il juge mauvais. Touché dans son orgueil, la légende du JT de San Diego préfère quitter sa femme plutôt que d’accepter sa réussite. Après six mois de galères, il est embauché par la première chaîne de News 24/24 et décide donc de reformer son équipe d’origine. Comme promis donc, Légendes Vivantes signe les retrouvailles de la bande, pour les emmener vers de nouvelles aventures. Après une succession de gags pas toujours fins, tournant surtout autour des nouvelles vies de ses anciens comparses (Paul Rudd qui photographie des chattes…au sens propre, avec des poils, une queue et des oreilles…), l’équipe est enfin complète et le film se lance avec une violente embardée du camping-car sur l’autoroute, l’occasion pour McKay de ressortir l’idée du ralentit/arrêt sur image déjà présente dans Very Bad Cops, un bonne séquence délirante et bien fendarde. Mais passé cet état de flottement, le souffle retombe très vite. La suite des aventures n’est composée que de blagues parfois poussives qui défilent à une vitesse folle, mais jamais une histoire concrète ne se développe. La rivalité avec l’autre présentateur vedette (James Marsden) est vite reléguée au second plan. La nouvelle histoire d’amour avec la directrice des programmes, une jeune femme noire et indépendante (Meagan Good) est rapidement éclipsée pour faire revenir Veronica ; enfin, la relation de Ron avec son fils est très maladroitement traitée. Will Ferell semble tellement croire en son personnage qu’il oublie de créer autour de lui un univers cohérent qui aurait permis de dépasser la simple bouffonnerie pour faire affleurer un peu d’émotion et un discours critique.

Là où Ricky Bobby et Very Bad Cops renvoient à l’Amérique sa propre connerie et son égocentrisme avec humour, Légendes vivantes ne se contente que de titiller, de chatouiller gentiment le monde de la télévision sans véritablement lui faire du rentre dedans. Ron déclare qu’il trouve les News internationales « chiantes » que les américains veulent simplement entendre que « l’Amérique est le meilleur pays du monde ». Le potentiel est là, mais il n’est jamais exploité à sa juste valeur, Ferrell et sa bande préférant laisser libre cours à leur fantaisie absurde, passant d’une situation débile à une autre sans aucun souci de cohérence. Pourquoi ce long intermède sur la cécité ? Et ce délire avec le bébé requin ? C’est idiot oui, mais moyennement drôle. Pareil pour les délires des trois autres compères (Paul Rudd et sa collection de capotes, Steve Carell et son amour autiste naissant…) Le meilleur moment du film reste, comme dans le premier opus, l’affrontement dantesque entre les équipes des chaînes rivales, composé d’apparition surprises de vieux et nouveaux copains, mais il aurait été préférable de répartir tout ce joli monde dans le film plutôt que de sacrifier tout ce potentiel d’un coup, la séquence n’étant pas suffisamment longue (et assez bordélique) pour s’en satisfaire.

Légendes vivantes est donc une déception, car si l’humour et le délire sont là, le film manque cruellement de fond. On finit alors par trouver le temps long et on se sent comme lors de retrouvailles entres copains où l’on n’aurait pas été invité.

Fiche technique : Légendes Vivantes

États-Unis – 2014
Titre original: Anchorman 2 : The legend continues
Réalisation: Adam McKay
Interprétation: Will Ferell, Steve Carell, Paul Rudd, David Koetcher, Christina Applegate, James Marsden, Meagan Good, Kisrsten Wiig, Greg Kinnear
Date de sortie: 11 juin 2014 (DVD)
Durée: 119 min
Genre: Comédie
Scénario: Adam McKay, Will Ferrell
Musique: Andrew Feltenstien, John Nau
Producteur: Judd Apatow, Will Ferrell, Adam McKay
Production: Apatow Production, Gary Sanchez Production, Paramount Pictures

Note : Sorti très discrètement en France en DVD & Blu-Ray le 11 juin 2014, six mois après sa sortie ciné aux USA sous le titre français : Légendes Vivantes, ce film est la suite réalisé 10 ans après La Légende de Ron Burgundy retrouve  la même fine équipe de journalistes ringards, menée par un Will Ferrell et entouré par Steve Carell, Paul Rudd et David Koechner.

 

 

Dom Hemingway de Richard Shepard : Critique du film

Dès la première scène, Jude Law entame un monologue sur la grandeur de sa verge ; ceci plante le décor : Dom Hemingway est un personnage insolent, imbu de sa personne, au langage fleuri. Il sort de prison et part directement casser la gueule à l’homme qui a épousé sa femme durant son séjour en prison, puis rejoint son ami Richard E. Grant dont il ne remarque même pas son gant noir à la main gauche, trop occupé à vider les verres d’alcool, à sniffer de la coke et à s’envoyer en l’air avec des putes.

Mais la vraie préoccupation de Dom Hemingway est de récupérer son dû auprès de Mr Fontaine aka Ivan, qui vit dans le sud de la France avec à ses côtés une sublime roumaine à la voix et aux courbes sensuelles, Paolina. Cette période dans le domaine d’Ivan est trop longue. Elle est juste un prétexte à de nouveaux monologues de la part de Dom Hemingway, à nous présenter de belles femmes jusqu’au drame qui va obliger notre héros à retourner en Angleterre auprès de sa fille.

Le personnage de Dom Hemingway n’atteint jamais la grandeur auquel il aspire, Jude Law en fait des caisses. Le problème vient d’un scénario qui n’apporte pas grand chose, d’un manque de rythme, d’intrigues et de personnages secondaires qui puissent épauler notre héros un peu esseulé, qui porte le film sur ses seules épaules.

Richard Shepard est un réalisateur et scénariste qui a fait ses classes à la télévision depuis 15 ans, il mène une carrière de faiseur et non de créateur, ce qui se traduit ici un manque d’imagination et de profondeur. Malgré l’exubérance de Dom Hemingway, on s’ennuie rapidement. Notre « héros » donne l’impression de se battre contre des moulins à vent, tel un Don Quichotte à la barbe quasi-similaire, ce qui explique sûrement son « Dom » (à moins que ce soit pour son côté pétillant comme le champagne Dom Pérignon, ou les deux, bref)….

Malgré une présentation rapide du personnage, donnant l’impression de vouloir nous emporter dans sa folie, à l’aide d’une bande son composée de morceaux entraînants, le film manque de rythme. Le séjour chez Ivan est trop long. On a l’impression que l’histoire n’a toujours pas démarré au bout d’une heure et l’on espère vainement que le film décolle avec son retour en Angleterre.

Mais on demeure toujours dans la même veine. Toute l’intrigue tourne trop autour de Dom Hemingway ; son rapport avec sa fille et sa nouvelle famille est à peine effleuré. Emilia Clarke (Game of Thrones) et Nathan Stewart-Jarrett (Misfists & Utopia) n’ont que des miettes, Richard Shepard préférant offrir des scènes à son héros, qui sont censées être de grands moments, mais qui apportent peu à l’histoire : c’est souvent gratuit, répétitif. Le réalisateur a le tort de vouloir construire un film sur la langue fleurie et l’attitude obscène d’un seul personnage, sans un minimum d’intérêt pour le reste du casting et surtout sans une intrigue digne de ce nom.

A voir pour Jude Law, mais vraiment si vous l’appréciez car en dehors de lui, il n’y a rien d’autre autour. Le pire, c’est qu’on on ne rit pas. Ce film sera vite oublié : un produit sans saveur, une œuvre secondaire.

Synopsis : Après avoir passé 12 ans en prison pour avoir gardé le silence, Dom Hemingway, célèbre pour savoir ouvrir le moindre coffre-fort, est de retour à Londres et a bien l’intention de récupérer ce qu’on lui doit !

Fiche Technique : Dom Hemingway

Réalisateur : Richard Shepard
Casting : Jude Law, Richard E. Grant, Demian Bichir, Emilia Clarke, Kerry Condon, Nathan Stewart-Jarrett, Madalina Ghenea et Jumayn Hunter
Scénario : Richard Shepard
Genre : Comédie
Date de sortie en France: 4 juin 2014
Musique : Rolfe Kent
Photographie : Giles Nuttgens
Montage : Dana Congdon
Producteur : Jeremy Thomas
Royaume-Uni 2013
Genre : comédie policière
Durée : 1h34

Auteur de la critique : laurent Wu

The Major de Yury Bykov : Critique du film

The Major (2013) n’est que le second long métrage de Yury Bykov. Ce fait est déjà remarquable à lui seul, quand on constate la maîtrise dont le jeune réalisateur fait preuve pour développer son histoire. Que dire alors, lorsqu’on apprend qu’il en est également le scénariste, le monteur, le compositeur et qu’il y tient l’un des rôles principaux ?

The Major : Requiem pour un massacre

Inspiré du dérapage d’un membre des forces de l’ordre, auteur d’une tuerie dans un supermarché russe, le film démarre sur un gradé se rendant au chevet de sa femme en plein accouchement. Tout excité qu’il est de sa future paternité, il roule à tombeau ouvert et percute alors un enfant sur la route, le tuant devant sa mère. Paniqué, il décide d’appeler des collègues et d’étouffer l’affaire dans un premier temps.

En de telles circonstances, l’Homme est toujours rattrapé par sa conscience. Pour Sobolev, sera-ce au point de trahir l’omerta ? Ses camarades ? S’il se ravise, ne sera-t-il pas trop tard ? Mieux vaut tsar que jamais après tout, n’est-ce pas ? Dans tous les cas, pas de simple lutte du bien contre le mal ici, dans The Major il n’est pas forcément question de justice. La descente aux enfers aura bien lieu, mais pour qui ?

Le pessimisme, à l’image du climat, est de rigueur. Bykov nous dépeint une société morne et grise, tout au long d’un film noir sur fond blanc. Le rythme est à la fois lent, presque contemplatif, et nerveux. Des plans larges, surlignant la petitesse de la nature humaine fuyant ses responsabilités, des gros plans, pour bien mettre en avant le courage d’une famille devant une rude épreuve. Par cet aspect froid, implacable et ce nihilisme ambiants, il nous renvoie à un certain The Thing de Carpenter.

Techniquement, et malgré son inexpérience, Bykov n’a d’ailleurs pas à rougir de la comparaison avec Big John. A l’aide d’un budget modeste, il parvient à tenir en haleine, grâce à un montage extrêmement habile. De très nombreux plans-séquence souvent filmés à l’épaule confèrent une grande intensité à l’action, sans nuire à la lisibilité. Un travail minutieux sur la lumière, le contraste intérieurs glauques/extérieurs immaculés, renforce l’immersion. Toute cette débauche de savoir-faire est la preuve d’une véritable ambition cinématographique, rarement prise en défaut. Ambition que le scénario n’occultera pas. Plutôt bien ficelé dans l’ensemble, il se montrera surprenant par moments, et lorsque ce ne sera pas le cas, il aura au moins le mérite de demeurer des plus efficaces, grâce aux acteurs aussi, il faut bien le dire. The Major frappe fort et dénonce de manière percutante les abus de ceux qui ont le pouvoir face à une population impuissante. La corruption politique et celle des forces censées représenter l’ordre du pays. Des gradés tout puissants, du moins en apparence…

The Major est un polar polaire glaçant sans concessions. Filmé sans trépied tout en demeurant compréhensible, il constitue une belle performance, dont certains cinéastes estampillés « Stars & Stripes » devraient s’inspirer. Un rollercoaster riche en émotions et lisible en toutes circonstances, serait-ce donc l’apanage des montages russes?

Synopsis: Un hiver, Sobolev, un commandant de police, est en route vers l’hôpital où sa femme s’apprête à accoucher. Surexcité, il conduit trop vite et tue un enfant en le renversant. Paniqué, il décide alors d’appeler un collègue pour l’aider à étouffer l’affaire. Mais par la suite, Sobolev change d’avis pour se racheter, c’est alors que tout se complique…

Fiche Technique : The Major

Réalisation: Yury Bykov
Scénario: Yury Bykov
Montage: Yury Bykov
Compositeur: Yury Bykov
Interprétation: Denis Shvedov, Yury Bykov, Irina Nizina
Durée: 1h39
Directeur de la photographie: Kirill Klepalov
Production: Production Rock Films
Distribution (France): Zootrope Films

Auteur de la critique : Sébastien

The Rover de David Michôd : Critique du film

The Rover : Un western post-apocalyptique teinté d’une douce ironie

En 2010, sortait Animal Kingdom, premier film de l’australien David Michod, œuvre noire et cynique explorant le quotidien d’une famille de criminel dans les bas-fonds de Melbourne. Très justement récompensé au Festival de Sundance et aux Australian Institute Films Awards (Oscar australien), ce film avait séduit la critique tant par sa dextérité à introduire les notions de la famille et de noirceur dans un thriller que par sa contribution à la renaissance du cinéma australien, déjà initiée par John Hillcoat, réalisateur des films La Route et Des Hommes Sans Loi.

Très vite propulsé au rang de réalisateur à suivre, Michod aura pourtant pris son temps avant de présenter sa nouvelle réalisation, sur la Croisette qui plus est, avec The Rover, décrit par Thierry Frémaud, directeur général du Festival de Cannes comme un « western post-apocalyptique teinté d’une douce ironie ».

Une phrase étrange pour un mélange somme toute étrange, mais qui correspond avec précision a l’épopée a laquelle doit s’adonner le personnage principal du film, Eric, interprété par Guy Pearce (Memento ; Iron Man 3) qui évoluant dans une Australie en ruine, se voit voler sa seule possession : sa voiture ! Devant former un fragile tandem avec le frère du braqueur de ladite voiture, celui-ci va entamer un long périple pour la récupérer, périple qui sera empli de violence, de vengeance et d’obsession, dans une Australie agonisante et désespérée, et agissant comme la dernière frontière avant le néant !

Une Australie en lambeaux, des personnes se donnant justice eux-mêmes, des institutions qui se désagrègent et une contrée inhospitalière rongée par le soleil et la corruption : autant d’éléments qui rappellent la mythique saga de George Miller, Mad Max. Saga ayant lancé la carrière internationale de Mel Gibson, tout en donnant au monde un autre visage du cinéma australien, elle jouit encore aujourd’hui d’un statut inégalé dans le paysage cinématographique tant elle avait su montrer à l’époque, le tout avec un minimum de moyen, le reflet presque plausible d’un monde déshumanisé, en proie aux chimères héritées d’une crise économique, ayant instauré la loi du plus fort comme seul mode de vie.

Et pourtant, bien que l’influence madmaxienne reste forte, Michod préfère s’en affranchir en livrant un film à l’identité aussi bien visuelle que scénaristique affirmée. Cultivant ainsi la différence sur de nombreux aspects de son long-métrage, Michod opte alors pour un resserrement de son intrigue, préférant s’attarder sur l’évolution de ses personnages au sein de cet univers asphyxiant plutôt que de dresser un constat alarmiste sur le sort de la population entredéchirée entre sa volonté de survivre et sa volonté de s’en référer aux institutions vacillantes.

Et en opérant de la sorte, Michod surprend car le manichéisme régnant sur Mad Max se retrouve ainsi effacé au profit d’un désespoir et d’une animalité ambiante nourrissant tous ses personnages et notamment la bande de braqueurs, poursuivie sans relâche par Eric.

Désespérée, la population l’est mais Michod, préférant voir ce désespoir dans les yeux et les actes des personnages qui sont au cœur de son récit, opte pour une réalisation épousant ce tandem disparate. Un tandem qui renvoie efficacement à la notion de western qu’on attribue au film tant cette équipe forcée peut s’apparenter à celle du Bon, la Brute et le Truand !

Un choix certes surprenant mais pas tant que ça en fin de compte. Guy Pearce, comme Clint Eastwood dans le film de Sergio Leone, est un personnage, qui de par son magnétisme, suscite la sympathie du spectateur. Il est le leader, l’homme empli de volonté, d’obsession et d’acharnement pour récupérer son bien. Il est l’homme qui va devoir être contraint de compter sur le truand, joué par Robert Pattinson, sorte de simple d’esprit lâchement abandonné par son frère et qui est son seul espoir de retrouver la voiture !

Et comme dans le film de Leone, une certaine alchimie nait entre eux et forme ainsi un mélange intéressant. Car Guy Pearce, aveuglé par le désir de vengeance qui le consume, apparait comme une enveloppe corporelle dénuée d’âme, un homme qui tente tant bien que mal de survivre dans un monde ayant abandonné sa raison de vivre et ne fait que survivre. Un homme qui connaissant le monde dans lequel il évolue, peut se permettre d’adopter un tel comportement, comportement allant de la froideur extrême, a la fureur vengeresse en passant, mais dans des proportions moindres, par la pitié !

Une pitié qu’il entretient avec Rey, le frère simple d’esprit et lâchement abandonné par le voleur de la fameuse voiture. Campé par Robert Pattinson, qui après avoir enchainé les tournages avec Werner Herzog, Olivier Assayas, David Cronenberg et David Michod, peut se targuer d’avoir effacé l’étiquette Twilight, son personnage illustre la faiblesse d’une partie de la population, qui ignorante des instituions jadis existantes, peut afficher un comportement idiot, presque ignorant  et malgré tout une certaine stature crainte par beaucoup. Une stature qui n’impressionne nullement Eric, qui par plusieurs moments, transformera cette relation obligée en relation amicale.

Et au milieu du bush australien ou se rejoignent routes sinueuses, habitants dangereux et soleil accablant, le ton du film est lui aussi une surprise. A l’instar d’un Drive de Nicolas Winding Refn, le film malgré sa violence omniprésente et son ton sec et épuré, est très doux ! Un paradoxe obtenu grâce à un montage qui, non soucieux de coller au ton sec et rapide de Mad Max, préfère se concentrer sur la longueur du voyage et sur la déchéance d’un monde en pleine implosion.

Résultat, le montage, loin des délires steam-punk baroque de George Miller, est quasi onirique ! Un onirisme, qui doublée de plans atmosphériques et totalement maitrisées, rendent le voyage presque agréable, et loin de l’animalité exposée au grand jour par les protagonistes.

Une animalité et une fureur déployée jusqu’à une scène finale saisissante tant cette dernière en plus de clore ce trip rude et crasseux, est surprenante, révélant ainsi la réelle motivation se cachant sous la détermination et l’acharnement sans borne dont fait preuve Guy Pearce pour récupérer son bien !

Ainsi The Rover, fortement attendu au tournant et sélectionné à très juste titre en Sélection Officielle du dernier Festival de Cannes, comble toutes les attentes légitimement placées sur David Michod et laisse place à une longue attente pour son prochain film, déjà annoncé comme le récit d’un général américain basé en Afghanistan, campé à l’écran par le très beau et charismatique Brad Pitt.

Synopsis : Après l’effondrement de l’économie occidentale, l’Australie est devenue un véritable far-west où règne la loi du plus fort. Désespérée, la population est prête à tout pour survivre, même à tuer.  Les mines sont la seule industrie qui subsiste et la criminalité est galopante. Alors qu’il boit un verre dans un bar, Eric, un vagabond qui a tout perdu, se fait voler sa voiture par trois braqueurs de banque qui ont raté leur coup. Pour retrouver le gang qui lui a volé sa voiture, sa seule et unique possession, Eric, assoiffé de vengeance, est contraint de faire équipe avec Rey, le frère grièvement blessé du chef,  un simple d’esprit lâchement abandonné par les siens.

Ce film est présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2014.

Fiche Technique : The Rover

États-Unis, Australie – 2014
Réalisation: David Michôd
Interprétation: Guy Pearce (Eric), Robert Pattinson (Rey), Scoot McNairy (Henry), David Field (Archie), Anthony Hayes (Soldat 1), Gillian Jones (Grand-Mère), Susan Prior (Dorothy Peeples), Nash Edgerton (Soldat)…
Date de sortie: 4 juin 2014
Durée: 1h42
Genre: Drame
Scénario: David Michôd, Joel Edgerton
Image: Natasha Braier
Décor: Josephine Ford
Costume: Cappi Ireland
Montage: Peter Sciberras
Musique: Sam Petty, Anthony Partos
Producteur: Liz Watts, David Linde, David Michôd
Production: Porchlight Films, Lava Bear, Screen Australia
Distributeur: Metropolitan FilmExport

 

A toute épreuve de John Woo : Critique du film

L’ouverture est grandiose avec un gunfight d’une dizaine de minutes dans le salon de thé, Chow Yun-Fat allumant dans toutes les positions, tout en gardant son cure-dent dans la bouche, la classe ultime! Le talent de John Woo pour ce genre de scènes n’est plus à démontrer. Il faudrait sûrement ouvrir le débat mais pour ma part, c’est sa plus grande scène d’action période hongkongaise. Après ce film, il partira se perdre dans la folie hollywoodienne où son talent sera dissolu dans des productions trop aseptisées, en dehors de Volte-Face.

Synopsis : Hong-Kong 1997. Les Britanniques vont rendre dans quelques mois à la Chine populaire une ville corrompue par le crime. Alors que les policiers ont baissé les bras, un groupe d’inspecteurs, mené par Yuen, surnommé Tequila, décide de mettre fin a la suprématie des gangs.

A toute épreuve : Danse avec les balles

John Woo a un défaut majeur, l’abus de ralentis, à tout moment et pour n’importe quoi. Cela pénalise le rythme du film d’une durée de 2h02, qui aurait mérité un montage plus serré et nerveux, à l’image des nombreux gunfights qui permettent de se maintenir éveillé, malgré les quelques longueurs.

Mais au contraire de son soi-disant chef d’œuvre Une balle dans la tête, on le sent plus à l’aise techniquement, sa caméra étant un personnage à part entière de l’histoire. Il est impossible de regarder le film, sans remarquer les superbes plans séquences, même s’il en fait souvent des tonnes, comme l’entrée de Tony leung dans la bibliothèque. Il serait capable de te rendre épique l’ouverture d’un réfrigérateur. John Woo a trop de talent dans ses mains.

Le film est superbe techniquement, mais un autre défaut de John Woo, est qu’il privilégie la forme au fond. Le scénario est juste une excuse pour enchaîner les scènes d’actions. Heureusement, il se repose sur un duo d’acteurs majeur avec Chow Yun-Fat et surtout Tony Leung, dont le seul Andy Lau peut rivaliser avec sa classe et son talent. Dix ans plus tard, on retrouvera d’ailleurs Andy lau dans un rôle similaire dans le grandiose Internal Affairs, dont Martin Scorsese fera un remake intéressant Les Infiltrés. C’est la preuve de l’influence de John Woo sur le cinéma asiatique, lui-même s’inspirant du cinéma américain, dont la dernière heure a des similitudes avec le célébrissime Die hard ou la série Deux flics à Miami avec son ambiance jazzy, le bateau et le style vestimentaire de Tony Leung. Ils s’inspirent des meilleurs John McTiernam et Michael Mann, une raison suffisante pour visionner toute sa filmographie.

Pour les amateurs de cinéma d’action, de gunfight jusqu’à l’overdose, de héros qui sont censés mourir toutes les cinq minutes, de revolvers au barillet illimité, d’acrobaties improbables, de méchant qui a une vraie gueule de méchant, encore plus avec un œil en moins, même s’il n’est pas dénué de cœur. N’oubliez pas de ranger vos neurones, on a juste besoin de ses yeux pour apprécier la folie de la caméra de John Woo.

Fiche Technique : A toute épreuve

Réalisation: John Woo
Scénario: John Woo, Barry Wong et Gordon Chan
Nationalité: Hong-Kongais
Distribution: Chow Yun-Fat, Tony Leung, Teresa Mo, Philip Chan, Philip Kwok et Anthony Wong
Musique: James Wong et Michael Gibbs
Photographie: Wang Wing-Heng
Genre: action, policier
Durée: 2h02
Date de sortie: 21 Novembre 1992

Auteur de la critique Laurent Wu

Série Silicon Valley : Critique de la saison 1

Silicon Valley saison 1 : Les héritiers de Steve Jobs

Synopsis : La série décrit l’aventure de six programmeurs vivant ensemble et essayant de percer dans la Silicon Valley, en Californie.

Mike Judge est connu pour ses Beavis & Butt-Head, une série d’animation vulgaire et médiocre sur MTV, qui a pourtant eu du succès, le trash faisant souvent recette. La suite fût encore moins glorieuse avec son film Idiocracy, tout aussi navrant et vulgaire que la plupart de ses productions, c’est dire comme sa nouvelle série malgré qu’elle soit sur HBO.

A 51 ans, il semble avoir atteint sa maturité et nous offre une série adulte, tout en injectant de temps à autre, un peu de vulgarité, mais sans que cela soit de mauvais goût, sûrement le fait de ne pas être seul à l’écriture, entouré de scénaristes chevronnés comme Alec Berg et Dan O’Keefe (Seinfeld), Ron Weiner (Futurama et 30 Rock), puis Dave Krinsky et John Altschuler (King of the hill et Les rois du patin).

D’ailleurs, il faut attendre le troisième épisode pour voir un peu de vulgarité. Avant cela, on nous laisse du temps pour faire la connaissance de ses 6 sympathiques programmateurs, même si ce sont des clichés de geeks, aussi bien physiquement, que dans leur manière de vivre, de parler, bref de fonctionner.

Richard Hendrix est la tête pensante de ce groupe d’amis, un génie effacé qui va créer un logiciel permettant de compresser tout les formats possibles, avec moins de perte que ceux existants. Vous n’avez pas vraiment compris ? Pas grave. Malgré un vocabulaire propre aux informaticiens, on n’ai jamais largué, les dialogues étant adaptés aussi aux non-initiés.

Autour de lui, gravite des personnalités différents avec Elrich, celui qui héberge tout ce monde et réussit à prendre part à l’aventure grâce à sa tchatche, ce qui soulage Richard Hendrix qui préfère rester dans l’ombre. Dinesh, le quota immigré mais surtout le souffre-douleur de Gilfoyle, l’autre quota immigré mais canadien, ce qui est pire que tout pour eux, ce nous offrira un des meilleurs moments de la série. Big Head, est le meilleur ami de Richard Hendrix mais aussi le seul qui va devoir quitter le navire et partir chez l’ennemi Matt Ross, une sorte de Mark Zuckerberg, remplacé par Jared, celui qui va structurer la start up, tout en étant encore plus effacé que Richard Hendrix, ce qui est un véritable exploit.

La série Silicon Valley ne se contente pas de nous faire rire, elle offre aussi une vraie trame. On suit avec plaisir la mise en place de leur start up, qui les fait basculer dans un monde moins calme que celui dans lequel ils se complaisaient et vont découvrir la compétition, les coups bas et autres difficultés pour se faire une place au soleil de Californie.

Les épisodes durent 30 minutes, il y en a que 8, c’est un peu frustrant et tellement loin des standards habituels avec plus de 20 épisodes par saison. Un format court comme les séries anglaises, auxquelles elles se rapprochent sans les rires enregistrés, ce qui la rend moins énervante que The Big Bang Theory, dont on ne peut éviter la comparaison.

En dehors de Martin Starr ; Freaks & Geeks, qui est abonné à ces rôles mais cela lui sied bien, le reste du casting est peu connu, cela permet de ne pas avoir d’à priori sur eux. C’est rafraîchissant, une série attachante et renouvelée pour une seconde saison, une très bonne nouvelle, même s’il faudra attendre Avril 2015.

Fiche Technique : Silicon Valley

Créée par : Mike Judge, John Altschuler, Dave Krinsky et Alec Berg
Distribution : Thomas Middleditch, TJ Miller, Josh Brener, Martin Starr, Kumail Nanajiani, Christopher Evan Welch, Amanda Crew, Zach Woods et Matt Ross
Genre : comédie
Format : 1 saison avec 8 épisodes de 30 minutes
Chaîne de diffusion : HBO

Auteur de la critique : Laurent Wu

 

Arrow : saison 1 & 2 : Critique série

Saison Arrow saison 1 & 2 : Mieux vaut une bonne série qu’un mauvais blockbuster

Tandis que Marvel semble tout réussir au cinéma (en tout cas ces ce que disent les chiffres) grâce à une stratégie d’univers partagé tendant dangereusement à étouffer dans l’œuf toutes intentions originales, son passage à la télévision avec Agent of S.H.I.E.L.D ne fut pas des plus réussis, la faute à un scénario poussif et des personnages creux. Chez DC comics en revanche c’est plutôt l’inverse : les films ne réussissent pas toujours leur coup, ce qui s’explique avec la politique de Warner (propriétaire de DC depuis un moment déjà) qui laisse étonnamment une certaine liberté aux réalisateurs pour adapter leur panthéon. Ainsi les Batman de Nolan seront des succès mais Green Lantern de Martin Campell aura été un flop retentissant et le Superman de Snyder, bien que rentable, n’a pas fini de faire criser pas mal de fans.

Une stratégie différente parfois payante mais comportant quelques risques. En revanche, là où DC écrase Marvel, c’est à la télévision. Cela remonte à loin, déjà dans les années 60 la série Batman avec Adam West était un très populaire, et qui se souvient qu’a la même époque il y avait eu aussi une série Spiderman ? Personne, car même Stan Lee ne veut plus en entendre parler. On pourrait aussi discuter longuement de la merveilleuse série animée sur le chevalier noir de Paul Dini, ou même de Smallville qui s’est étalée sur 10 saisons pour le pire, mais parfois le meilleur. DC à la télé, c’est une affaire qui roule. Alors comment ne pas leur faire confiance pour adapter un nouveau justicier à l’écran ? Pourtant des craintes il y en avait et elle se résumait toutes à une seule chose, l’identité du héros : Green Arrow.

Green Arrow c’est qui ? C’est l’équivalent de Hawkeye chez Marvel, un humain lambda dont la seule particularité est une aptitude redoutable à l’arc. Un milliardaire philanthrope qui se ballade la nuit pour arrêter les criminels en tout genre accompagné de son acolyte Speedy…et là c’est le moment où on se dit que ça ressemble beaucoup à Batman avec un arc et un slip vert, et on aurait pas tort de le penser car à son époque, il n’était que cela…un simili chevalier noir, avec même une cave secrète pour ranger tous ses gadgets High Tech… Ajouter à cela que le personnage était déjà apparu dans Smallville et qu’il ne dispose pas d’un ennemi juré charismatique comme le Joker ou Lex Luthor, lui offrir sa propre série n’avait rien d’un plan sans accrocs. Et pourtant, une fois de plus DC a battu Marvel.

Arrow n’essaie pas de se hisser au niveau des productions cinématographiques, contrairement à Agents of S.H.I.E.L.D qui multiplie les effets spéciaux coûteux pour cacher son vide scénaristique. Il s’agit d’une série dans la pure tradition du genre, avec une intrigue qui se relance régulièrement, des personnages nombreux et surtout qui ne semble pas être trop écrite à l’avance, se laissant assez de marge pour évoluer ou corriger ses erreurs en cas d’échec. Les premiers épisodes laisseront un goût de déjà vu : un approche réaliste à la Nolan, une ambiance familiale de Soap opéra qui parfois rappelle les feux de l’amour ou Gossip Girl, une structure dans le style « méchant de la semaine »…bref Arrow s’inscrit dans une tradition télévisuelle bien rodée afin de s’installer tranquillement, mais les flash-back réguliers sur l’île et les scènes d’actions étonnamment rythmée et nerveuses feront la différence. Au fil des semaines, la série finit par prendre son identité, reléguant de plus en plus au second plan tout le coté romances, amitiés, secrets de familles, pour aller vers l’action et le thriller pur, devenant de plus en plus addictif.

L’écriture progresse, les personnages se densifient un peu, les scènes d’actions sont toujours aussi réussie et les comédiens, sûrement d’abord choisi pour leur physique, finissent par incarner parfaitement leurs personnages. Stephen Amell (Green Arrow), qui n’en menait vraiment pas large au début avec sa tronche de quarterback sorti d’un film avec Lindsay Lohan, devient attachant à force de ne pas se prendre trop au sérieux, son duo avec Emily B. Rockard (Felicity), l’informaticienne qui cumule les gaffes, fonctionne à merveille et apporte la touche d’humour qui manquait parfois à la série. Il en va de même pour les autres personnages devenant au fur et à mesure aussi important que le justicier lui-même et Super héros oblige, quelques méchants réussissent à sortir du lot comme John Barrowman, anciens de Doctor Who et Torchwood qui retrouve enfin un rôle de premier plan à la télévision (de quoi se consoler de son absence dans l’épisode des cinquante ans du seigneur du temps). D’autres personnages viendront compléter cette belle famille comme l’ambigu Slade Wilson/Deathstroke, la ligues des assassins et bien d’autres figures emblématiques de l’univers DC, pas toujours là où on les attend, mais toujours traités avec respect, changeant souvent leurs origines mais gardant leur essence intacte.

Tout n’est pas forcément réussi non plus, quelques interprètes un peu à la ramasse comme Michael Rowe (Floyd Lawton/Deadshot) un peu trop caricatural ou encore Cathy Lotz (Black Canary) qui finit par devenir exaspérante à faire sa moue sexy en toute circonstance (même en plein combat)… des petites erreurs de casting qui peuvent parfois rebuter, et quelques envolée scénaristiques maladroites comme l’arrivée de la suicide squad ou l’inutilité de certain méchants comme le compte Vertigo ou Ravager, sans compter le coté bipolaire de toute les femmes de série grand public : « je ne t’aime pas mais ne t’avise surtout pas de mater une autre femme ! ». Ce genre de personnage qui gonfle tout le monde et ne donne pas une image sympathique de la féminité mais qui, pour une raison obscure, continue d’exister…. Néanmoins on retrouve tout de même le charme de certain show des années passées, qui apprennent de leurs erreurs pour en ressortir plus fort encore, au milieu de toutes ces séries virtuoses qui semblent ne laisser aucune place à l’imprévu.

Arrow est donc contre toute attente une bonne surprise. Suffisamment divertissante et pas trop prétentieuse, la série continue et on peut espérer qu’elle ait encore de beau jours devant elle. Avec en plus l’annonce de la série Flash dans le même univers partagé, le futur s’annonce imprévisible et plutôt intéressant. Reste à savoir si les studios comptent lier le tout ensemble (série et cinéma) pour leur film Justice League et pour la série Gotham… En attendant, on peut toujours continuer à rire de Marvel qui multiplie ses projets de séries avant même de songer a corriger son premier essai.

Synopsis : Après un violent naufrage, le milliardaire et playboy Oliver Queen, porté disparu et présumé mort depuis cinq ans, est découvert vivant sur une île isolée dans la Mer de Chine. Quand il rentre chez lui, à Starling City, Il devient un justicier qui va réparer les torts de sa famille, lutter contre la criminalité et redonner à la ville de Starling son ancienne gloire. Oliver joue également le rôle d’un coureur de jupons riche, insouciant et négligeant afin de cacher son identité secrète.

Fiche technique : Arrow saison 1 & 2

Titre original : Arrow
Genre : policier, action, Aventure
Créateur(s): Andrew Kreisberg, Greg Brelanti, Marc Guggenheim
Avec : Stephen Amell, Katie Cassidy, David Ramsey, John Barrowman, Manu Bennett, Paul Blackthorne…
Production : Andrew Kreisberg, Greg Brelanti, Marc Guggenheim
Pays d’origine : États-Unis
Date : 2013
Chaîne d’origine : CW
Épisodes : 46
Durée : 45 min
Statut : en cours (saison 3 annoncée)

 

 

 

Band of Brothers – Frères d’Armes : Critique de la série

Band of Brothers – Frères d’Armes  : Save the Easy Company

Après « Il faut sauver le soldat Ryan », Steven Spielberg et Tom Hanks s’associent pour produire « Band of brothers » pour HBO, une mini-série de 10 épisodes sur l’histoire de la Easy Company de ses débuts jusqu’à la fin de la guerre, le tout avec des moyens digne d’une production hollywoodienne. La série se vit en deux parties : la première est un peu répétitive, enchaînant les scènes d’action influencées par l’énorme scène du débarquement dans « Il faut sauver le soldat Ryan », se focalisant sur un lieu et une opération, laissant de côté les personnages dont on a du mal à les identifier.

Pourtant, on a eu un premier épisode au camp d’entrainement pour faire leurs connaissances mais Damian Lewis sort tellement du lot au début, qu’en dehors de Scott Grimes, les autres semblent effacés et laissent le pouvoir aux rouquins. Il y a aussi David Schwimmer en contre-emploi, une belle performance, tellement le rôle de Ross lui colle à la peau.
Certes, la réalisation est parfaite, on a souvent l’impression d’être au cœur de l’action mais cela se résume à cela, on regarde mais l’ennui s’installe doucement au fil des épisodes, tout comme la déception dû à l’immense notoriété de la série datant de 2001.

Hasard ou pas, l’épisode 5 « la croisée des chemins » ou Damian Lewis prend du galon et s’éloigne du champ de bataille, permet à l’histoire d’être plus humaine, les personnages devenant plus importants avec Donnie Wahlberg discret jusque-là, de devenir un des plus importants et surement le plus attachant par sa retenue. Cela se confirme avec l’épisode 6 « Bastogne » ou l’on suit un infirmier et ou la voix-off devient le nouveau mode de narration, donnant plus de puissance aux faits et nous permettant d’être encore plus dans l’histoire, de mieux connaitre les protagonistes et de procurer plus d’émotions. Cet épisode est surement le meilleur des dix, l’ennemi est invisible mais bombardent constamment l’Easy Company, ne leur laissant aucun répit. Ils sont coincés dans leurs abris, l’infirmier nous permettant de faire le tour de chacun et donc de mieux les découvrir, tout comme leurs conditions précaires (absence de munitions, de médicaments, de vêtements, etc…) en plein hiver dans la forêt Ardennaise, Donnie Wahlberg le relayant dans ses déplacements.

A partir de là commence la seconde partie, la série prend une autre dimension dramatique ou le sommet est atteint avec l’épisode 9, la compagnie entrant en Allemagne et découvrant un camp de concentration, difficile de ne pas rester ému devant la violence de ses corps décharnés et des conditions inhumaines d’emprisonnement.
La série n’est pas une ode à la guerre, ni à l’armée américaine, elle n’omet pas les atrocités de celle-ci, ni la stupidité de la hiérarchie (comme la mission de nuit en Alsace ou les soldats sont sacrifiés pour faire des otages), comme dans les témoignages des rescapés de cette compagnie qui ouvre chaque épisode, assumant le fait de s’être engagé pour l’argent et non pour la gloire du drapeau, tout en nous émouvant par la forte amitié qui est née entre eux au cours de leur campagne, un des rares bons côtés de cette guerre.

Il est aussi plaisant de voir les débuts de certains acteurs, comme James McAvoy, Michael Fassbender et Colin Hanks (il y aussi Tom Hardy…), Simon Pegg apparaissant furtivement au début ou Kirk Acevedo avec un rôle plus conséquent, comme Ron Livingston qui devient l’égal de Damian Lewis sur la fin, même si celui-ci domine la distribution du début à la fin. Frank John Hugues, Neal McDonough, Eion Bailey, Dexter Fletcher, Rick Gomez ou encore James Madio, des noms qui ne vous disent surement rien, mais des gueules que vous avez vu ailleurs. Un casting impressionnant, des réalisateurs confirmés comme Phil Alden Robinson et David Frankel, entre autres, avec la musique de Michael Kamen et Graham Yost au scénario.

Les moyens ont été mis en place pour réussir l’adaptation de l’œuvre de l’historien Stephen E. Ambrose (merci wikipédia), on va garder en mémoire l’histoire de la Easy Company et surtout, ça donne envie de se plonger dans « The Pacific » avec la même équipe technique, même concept mais avec un nouveau casting dans un lieu différent comme le signifie clairement son titre.

Synopsis : Vivez la Seconde Guerre Mondiale aux côtés de la Easy Company, un groupe de soldats américains. Suivez-les en tant que groupe, ou individuellement, depuis leur formation en 1942, jusqu’à la libération de l’Allemagne Nazie en 1945, en passant par leur parachutage en Normandie le 6 juin 1944.

Fiche Technique: Band of brothers

Créée par: Tom Hank et Steven Spielberg… Avec : Damian Lewis, Donnie Wahlberg, Ron Livingston, Michael Fassbender,  Neal McDonough…Genre: Guerre / Action / Drame Format: 60 min Saisons : Format Mini-série donc 1 seule de 10 épisodes Chaîne de diffusion : HBO (US) / France2 (FR)

Auteur de la critique : Laurent Wu

Star Trek – Enterprise : Critique de la série culte

Star Trek – Enterprise :  Saga cosmique aussi culte que les oreilles de Spock

Synopsis : Le premier vaisseau terrien Enterprise, dirigé par le capitaine Jonathan Archer, part à la découverte de mondes nouveaux, de nouvelles formes de vie et de civilisation différentes.
Note : L’histoire se déroule 100 ans avant les aventures du capitaine Kirk dans la série originale Star Trek.

La franchise Star Trek n’a jamais vraiment fonctionné en France. La meilleure preuve est que jusqu’à ce que J.J. Abrams s’en mêle, le plus gros succès en salles de la saga (le premier des films en fait) a fait un peu moins de 700 000 entrées. Le plus gros bide ayant été Star Trek 6, avec à peine plus de 58 000 entrées. Autant dire que les 861 000 entrées France de Star Trek : Into Darkness (ce qui n’est pourtant pas grand chose) résonnent un peu comme un vrai succès. Difficile donc d’être un Treker (fan de la saga) dans l’hexagone, encore plus difficile d’être fan d’Enterprise, dernière série en date tirée de l’univers crée par Gene Roddenberry. Cette série a été très critiquée par les puristes extrémistes, pour son générique chanté (une première !) et il paraît, pour une foule d’incohérences. Autopsie.

Enterprise (appelée ensuite Star Trek – Enterprise) pourrait être le chaînon manquant dans l’univers de Roddenberry, malgré les protestations de nombreux fans qui y voient un manque de respect du créateur de la saga. Enterprise vient se placer en parallèle du film Star Trek – Premier Contact, sorti en 1996, qui racontait la première rencontre entre Terriens et Vulcains et la découverte de la vitesse de distorsion par Zefram Cochrane puis sa mise en application par Henry Archer. Dans la série son fils, Jonathan Archer (l’inoxydable Scott Bakula), est le capitaine du tout premier vaisseau interstellaire Enterprise de Starfleet, chargé d’explorer le cosmos et d’étendre la présence humaine dans le cosmos. Au fil des épisodes, on croise différentes races et on assiste à la première rencontre avec les Klingons. Si l’équipage est moins cosmopolite que dans la série d’origine, on a tout de même droit à la Vulcaine de service, ici sous les traits de T’Pol, personnage encore plus insupportable de logique que ne l’était Spock. On sourira aussi devant la peur qu’a l’équipage de la téléportation, technologie qui n’en est qu’à ses balbutiements et ne sert pratiquement qu’au transport de matériel.

La production de la série n’a pas à rougir des précédentes, les moyens sont là et évitent le côté cheap que peut avoir aujourd’hui la série originelle. Les pyjamas moulants ont été troqués contre des bleus de travail, les phasers ressemblent à de vraies armes et l’esthétique du vaisseau est au moins aussi réussie que celle créée pour le cinéma. Quant aux effets spéciaux, même s’ils sont limités dès qu’on sort des scènes spatiales, ils sont suffisamment crédibles pour éviter les rires moqueurs. Le seul bémol viendra peut-être des scénarios qui ne semblent pas toujours à la hauteur de la réputation de la franchise, pas assez d’énigmes et de mystères, un peu trop d’action. Mais il reste le côté philosophique, la diplomatie, la rencontre de nouvelles espèces ou encore le non-interventionnisme dans l’histoire des civilisations. Les quelques effets spéciaux ratés sont rattrapés par les acteurs, Scott Bakula en tête, avec toujours ce même capital sympathie à défaut d’un réel talent, Jolene Blalock alias T’Pol est parfaite en Vulcaine sans aucune émotion. Autour d’eux gravite la galerie habituelle de personnages secondaires dont les caractères s’affirment au fil des épisodes.

Sans être la réussite absolue de la franchise à la télévision, Enterprise a le mérite de lever le voile sur beaucoup de questions et de satisfaire la curiosité de beaucoup de fans. Bénéficiant d’un univers malgré tout respectueux, elle privilégie le côté space-opera qui a fait son succès outre-Atlantique. Reste que chez nous son manque de succès la relègue toujours aux chaines satellites, les Français n’ayant toujours pas compris le fort potentiel de cet univers qui allie la beauté d’un univers de science-fiction à l’intelligence de ses scénarios. J.J. Abrams y changera peut-être quelque chose…

Fiche technique :  Star Trek – Enterprise

Créée par Brannon Braga, Rick Berman (2001)
Avec: Dominic Keating, Scott Bakula, John Billingsley plus
Nationalité: Américaine
Genre: Fantastique
Format: 42 minutes

Auteur de la critique : Jambalaya