Légendes Vivantes : Critique Blu-Ray & DVD

La légende de Ron Burgundy du duo Will Ferrel/ Adam McKay ressemble plus à une première rencontre pleine de promesses, mais avec beaucoup de fausses notes, qu’à une véritable comédie. Certaines vannes et situations font mouches, mais le film laisse le souvenir d’un manque de finesse qui rend l’ensemble très lourd à digérer. Le duo a tout de même récidivé avec Ricky Bobby : Roi du circuit, beaucoup mieux rodé, beaucoup plus drôle, beaucoup plus cohérent dans son délire, presque parfait dans son genre.

Synopsis : Après l’échec de sa carrière à New York et son divorce, le journaliste présentateur Ron Burgundy se voit offrir un poste sur une chaîne d’information 24h/24 et réunit son ancienne équipe.

Anchorman 2 – Légendes Vivantes : Aux limites de l’absurde… 

Après quelques années d’errance les deux partenaires se retrouvent pour Very Bad Cops, qui remet une fois de plus la barre très haute en matière de comédie déjantée. Lorsque les deux compères annoncent qu’ils se réunissent pour reprendre leur premier personnage original et lui donner le film qu’il mérite, on est en droit d’attendre une bombe… mais c’est plutôt une aspirine : c’est rigolo à regarder, ça mousse un peu, et puis après on se dit qu’il va falloir boire le tout d’un coup, ce qui laisse un goût amer.

Le film commence plutôt bien : on retrouve notre présentateur crétin et macho (Will Ferrell) à New York, à l’aube des années 80, qui file le parfait amour avec sa femme Veronica (Christina Applegate) et son fils. Mais très vite, les choses se gâtent. Le patron (Harisson Ford que l’on n’attend pas vraiment dans ce registre) décide de donner les rennes du prime à Veronica et renvoi Ron qu’il juge mauvais. Touché dans son orgueil, la légende du JT de San Diego préfère quitter sa femme plutôt que d’accepter sa réussite. Après six mois de galères, il est embauché par la première chaîne de News 24/24 et décide donc de reformer son équipe d’origine. Comme promis donc, Légendes Vivantes signe les retrouvailles de la bande, pour les emmener vers de nouvelles aventures. Après une succession de gags pas toujours fins, tournant surtout autour des nouvelles vies de ses anciens comparses (Paul Rudd qui photographie des chattes…au sens propre, avec des poils, une queue et des oreilles…), l’équipe est enfin complète et le film se lance avec une violente embardée du camping-car sur l’autoroute, l’occasion pour McKay de ressortir l’idée du ralentit/arrêt sur image déjà présente dans Very Bad Cops, un bonne séquence délirante et bien fendarde. Mais passé cet état de flottement, le souffle retombe très vite. La suite des aventures n’est composée que de blagues parfois poussives qui défilent à une vitesse folle, mais jamais une histoire concrète ne se développe. La rivalité avec l’autre présentateur vedette (James Marsden) est vite reléguée au second plan. La nouvelle histoire d’amour avec la directrice des programmes, une jeune femme noire et indépendante (Meagan Good) est rapidement éclipsée pour faire revenir Veronica ; enfin, la relation de Ron avec son fils est très maladroitement traitée. Will Ferell semble tellement croire en son personnage qu’il oublie de créer autour de lui un univers cohérent qui aurait permis de dépasser la simple bouffonnerie pour faire affleurer un peu d’émotion et un discours critique.

Là où Ricky Bobby et Very Bad Cops renvoient à l’Amérique sa propre connerie et son égocentrisme avec humour, Légendes vivantes ne se contente que de titiller, de chatouiller gentiment le monde de la télévision sans véritablement lui faire du rentre dedans. Ron déclare qu’il trouve les News internationales « chiantes » que les américains veulent simplement entendre que « l’Amérique est le meilleur pays du monde ». Le potentiel est là, mais il n’est jamais exploité à sa juste valeur, Ferrell et sa bande préférant laisser libre cours à leur fantaisie absurde, passant d’une situation débile à une autre sans aucun souci de cohérence. Pourquoi ce long intermède sur la cécité ? Et ce délire avec le bébé requin ? C’est idiot oui, mais moyennement drôle. Pareil pour les délires des trois autres compères (Paul Rudd et sa collection de capotes, Steve Carell et son amour autiste naissant…) Le meilleur moment du film reste, comme dans le premier opus, l’affrontement dantesque entre les équipes des chaînes rivales, composé d’apparition surprises de vieux et nouveaux copains, mais il aurait été préférable de répartir tout ce joli monde dans le film plutôt que de sacrifier tout ce potentiel d’un coup, la séquence n’étant pas suffisamment longue (et assez bordélique) pour s’en satisfaire.

Légendes vivantes est donc une déception, car si l’humour et le délire sont là, le film manque cruellement de fond. On finit alors par trouver le temps long et on se sent comme lors de retrouvailles entres copains où l’on n’aurait pas été invité.

Fiche technique : Légendes Vivantes

États-Unis – 2014
Titre original: Anchorman 2 : The legend continues
Réalisation: Adam McKay
Interprétation: Will Ferell, Steve Carell, Paul Rudd, David Koetcher, Christina Applegate, James Marsden, Meagan Good, Kisrsten Wiig, Greg Kinnear
Date de sortie: 11 juin 2014 (DVD)
Durée: 119 min
Genre: Comédie
Scénario: Adam McKay, Will Ferrell
Musique: Andrew Feltenstien, John Nau
Producteur: Judd Apatow, Will Ferrell, Adam McKay
Production: Apatow Production, Gary Sanchez Production, Paramount Pictures

Note : Sorti très discrètement en France en DVD & Blu-Ray le 11 juin 2014, six mois après sa sortie ciné aux USA sous le titre français : Légendes Vivantes, ce film est la suite réalisé 10 ans après La Légende de Ron Burgundy retrouve  la même fine équipe de journalistes ringards, menée par un Will Ferrell et entouré par Steve Carell, Paul Rudd et David Koechner.

 

 

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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