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Evidence, un Court Métrage de Godfrey Reggio

Court Métrage : Evidence, Une courte mise en abyme troublante et efficace !

Synopsis : Godfrey Reggio offre une forme de complément de son œuvre majeure, Koyaanisqatsi dans un documentaire où des enfants avec des regards inquiets regardent la télévision. Sont-ils observés ou c’est cette fameuse télévision qui les perturbent ?

On peut lancer Evidence par simple curiosité puisque c’est le fameux réalisateur de Koyaanisqatsi, Godfrey Reggio qui est l’auteur de ce petit chef-d’œuvre. Si l’on a apprécié ce documentaire contemplatif, on peut naturellement se tourner vers ce documentaire qui s’apparente plus finalement à un Court-Métrage puisqu’il ne dure que 7 minutes. Mais, l’on ne s’attend pas à vivre la même émotion que sur un long métrage car il est assez rare tout de même de trouver un réalisateur qui parvient à véhiculer les mêmes émotions sur une plus petite durée.

Et finalement, on ne peut être que surpris de part ce court-métrage !!! Il est totalement captivant, les jeux de regard de ces différents enfants sont vraiment troublants et terriblement efficaces. On ressent une certaine mysticité dans les yeux de ces enfants, qui permet de vraiment développer son imagination sur ce « documentaire ».

Tout d’abord, on peut être en totale admiration devant ces jeunes regards pleins d’insouciances. Quoi de plus difficile que d’interpréter le regard d’un enfant qui ne sait pas encore gérer la plupart de ses émotions. Il est encore plus compliqué de les analyser lorsque l’on doit suivre une dizaine de regards d’enfants. On passe ainsi d’un sentiment d’admiration à une certaine forme d’inquiétude au point de se demander « mais qu’est-ce que j’ai fait pour que ce gamin me regarde comme ça? ».
Ainsi plusieurs interprétations sur ces fameux regards sont possibles. Premièrement, on peut se demander s’ils ne nous regardent pas comme si nous étions coupables de les faire entrer dans notre monde actuel rempli d’angoisses et de contraintes inutiles.

Ensuite, on peut s’interroger à savoir si ce Court Métrage n’était pas un complément à sa pensée véhiculée dans Koyaanisqatsi pour pouvoir accentuer la contemplation de ce monde. Comme si finalement ce Court Métrage, était en quelque sorte une forme de « post-traumatisme » de Koyaanisqatsi. Puisque l’on voit clairement au début et à la fin de ce CM un homme et une femme avec des regards sereins et avec une lecture beaucoup plus explicite (puisque ils sont ancrés dans notre société). Mais les enfants ne savent pas encore comment réagir face à ce monde « Koyaanisqatsisé » (heureusement que c’est pas un verbe celui-ci), et cela peut expliquer ces regards inquiets.

Après, on peut finir par imaginer que ces enfants avaient peur d’être finalement formatés par notre vie sociétale. Notamment, si l’on interprète le regard de l’homme au départ comme étant autoritaire et assez directif.

Une peur finalement de l’uniformisation, de la standardisation de nos actions etc …. On voit également certains enfants prêts à pleurer; signe sans doute d’une société qui laisse de moins en moins de place à la liberté d’expression ou de création que l’on discerne également dans Koyaanisqatsi notamment, du fait que la technologie a pris une place parfois démesurée dans notre vie quotidienne. Enfin, grâce à la dernière phrase explicative de ce que les enfants regardaient, on peut se dire que toutes ces versions pouvaient être exactes, même si nous n’avons aucune preuve (petit clin d’œil au titre).

Ces enfants regardent finalement avec stupéfaction l’objet qui représente sans doute le plus l’évolution de l’homme et sa dépendance face aux NTIC, la télévision.

Mais regardaient-ils la télé en étant encadrés par l’homme du début et la femme de la fin, ou étaient-ils des projections de la télévision ? Ou tout simplement regardent-ils la télé sans aucune idée précise, comme si cet objet de communication de masse avait empêché leurs esprits de s’émanciper ? Ces enfants étaient-ils bloqués dans un monde fiction loin de nos réalités concrètes ?

Ainsi, cette oeuvre est à la fois très marquante et troublante du fait qu’elle paraît à la fois être très accessible et en même temps tellement impossible à analyser parfaitement.

Godfrey Reggio – « Evidence »

Auteur de la critique : Adrien Lavrat

3 Days to Kill, un film de McG – Critique

3 Days to Kill, une production Besson trop paresseuse

Synopsis : Ethan Renner (Kevin Costner) est un redoutable agent secret résolu à renoncer à sa vie trépidante pour se rapprocher enfin de sa femme et sa fille, qu’il a longtemps tenues à distance pour les protéger, après voir appris qu’il n’en a plus pour longtemps à vivre. Lorsqu’on lui impose une ultime mission avec un remède à la clé, il doit mener de front les deux combats les plus difficiles de sa carrière : traquer un dangereux terroriste et s’occuper de sa fille adolescente pour la première fois depuis dix ans.

Taken a lancé une mode pour le cinéma d’action franco-américain signé par Luc Besson (scénariste/producteur) : faire venir dans notre chère capitale une star hollywoodienne pour que cette dernière « s’amuse » comme il se doit, flingue à la main. Après Liam Neeson et John Travolta (ce dernier dans From Paris with Love), c’est au tour de Kevin Costner. L’acteur emblématique des années 80 (Les Incorruptibles, Sens unique) et 90 (Danse avec les Loups, Robin des Bois : Prince des Voleurs, Bodyguard, Waterworld), qui s’est fait bien rare ces dernières années et qui tente de revenir via les seconds rôles (Man of Steel, The Ryan Initiative) et la télévision (Hatfields & McCoys). Premier rôle principal au cinéma depuis longtemps donc. Mais est-ce un retour qui s’annonce gagnant ?

Ce qui a de bien avec une production Besson, c’est le visionnage du générique du film. Notamment lorsque l’on s’attarde du côté des scénaristes, et qu’apparaît la mention « d’après une idée originale de Luc Besson ». 3 Days to Kill, c’est l’histoire d’un tueur d’élite qui va devoir rempiler contre son gré tout en le cachant à sa fille, avec qui il désire passer un peu de temps sans pour autant lui dévoiler sa double-identité. Une idée originale ? Du déjà-vu, oui ! Et ce n’est pas l’apport d’un enjeu anecdotique ni d’une relation père-fille déjà exploitée par la saga Taken qui vont y changer quoique ce soit.

En même temps, c’est une production Besson, rappelons-le. Ce qui induit que ce n’est pas du côté du scénario qu’il faut critiquer ce film mais plus vers le divertissement annoncé sur le papier. Avec son lot de fusillades, de bastons et de courses-poursuites. À l’instar du tout premier Taken qui ne perdait pas de temps en blabla ni en séquences dramatiques, allant directement à l’essentiel : un protagoniste dangereux qu’il ne faut pas énerver, qui en fait vraiment voir de toutes les couleurs à ceux qui croisent sa route (même la réplique « je vais vous retrouver et vous tuer » sonnait admirablement bien !). Malheureusement, 3 Days to Kill prend tellement de temps à mettre en valeur cette relation père-fille mille fois vues qu’il en oublie le principal : divertir.

Il faut bien avouer qu’on peut se laisser toucher par quelques moments dramatiques pourtant fort appuyés et qui font clichés. Mais ce que nous désirons avant toute chose, c’est de l’action. Or, ce genre de séquences se fait rare dans ce film, un comble ! Une fusillade au début, une autre à la fin, et une course-poursuite en voiture au milieu de tout cela. Rien d’autre. Alors que le film affiche au compteur 1h50, ce qui est largement au-dessus de la moyenne (1h30). Pourtant, il y avait matière à titiller notre attention quand on voit la séquence en voitures, filmée de manière énergique. Mais non, l’ensemble préfère rester paresseux, alambiqué par un montage anarchique (nous avons souvent l’impression de passer du coq à l’âne, certaines scènes ayant l’air incomplètes) et se contentant d’invraisemblances (le héros tirant à travers un épais bloc en béton servant de toit à un hall d’hôtel, par exemple ) qui ne peuvent passer inaperçues.

Sans oublier que 3 Days to Kill se veut être un film cool, voulant flirter avec l’humour. Mais en vous rappelant une nouvelle fois Taken, le long-métrage de Pierre Morel allait à l’essentiel, avec sérieux. Et ça marchait ! Là, le film de McG traîne tellement des pieds que les moments comiques ne font que trop rarement mouche. Si au début on peut se marrer d’une séquence où notre héros compte passer à l’action mais qui se retrouve freiner par la sonnerie de portable de sa fille, ou encore du délire du vélo violet, ces passages s’alourdissent à force d’être répétés sur toute la durée du film. Ponctués par d’autres moments tellement débiles (le héros demandant la recette de sauce tomate au mec qu’il torture) qu’on se retrouve obligé de rigoler devant tant de ringardise non voulue. Au moins, 3 Days to Kill fait sourire, mais pas de la manière dont l’avait prévue Besson ni McG. Et quand ça tombe dans le sujet d’actualité (les squatteurs), on reste impassible devant tant d’intérêts à un thème qui, finalement, n’en a aucun pour ce film.

De trop rares scènes d’actions arrivant à redorer le blason de ce film ? Pas tout à fait… Car d’un point de vue technique, 3 Days to Kill n’est pas une franche réussite. Que ce soient les effets visuels (un décor de fond comme une vue panoramique de Paris en pleine nuit depuis à balcon) qui sentent bons l’écran vert, les effets de styles foireux de la caméra (notamment quand le héros tombe dans les vapes, comme si la mise en scène passait par le found footage à la Projet X) et des défauts de tournage qui sautent aux yeux (les figurants continuant de passer comme si de rien n’était alors qu’un accident de la route vient tout juste de se dérouler). Après avoir pourtant réalisé Terminator Renaissance, McG fait preuve d’amateurisme sur bien des points, ainsi que d’une trop grande négligence.

Bref, 3 Days to Kill est ni plus ni moins un divertissement loupé. Qui ne peut compter que sur le charisme de Kevin Costner et sur le ton de légèreté qui pourra en faire rire certaines par moment. Quoiqu’il en soit, Costner méritait mieux que cela pour revenir sur le devant de la scène. Peut-être qu’un futur projet, qui sait, lui redonnera sa gloire d’antan.

Fiche technique : 3 Days to Kill

France, États-Unis – 2014
Réalisation : McG
Scénario : Luc Besson et Adi Hasak
Interprétation : Kevin Costner (Ethan Renner), Amber Heard (Vivi Delay), Connie Nielsen (Christine Renner), Hailee Steinfeld (Zoey Renner), Richard Sammel (Le Loup), Tómas Lemarquis (L’Albinos), Marc Andreoni (Mitat Yilmaz), Bruno Ricci (Guido)…
Date de sortie : 19 mars 2014
Durée : 1h53
Genre : Action
Image : Thierry Arbogast
Décors : Sébastian Inizan
Costumes : Olivier Bériot
Montage : Audrey Simonaud
Musique : Guillaume Roussel
Budget : 28 M$
Productions : EuropaCorp. et Relativity Media
Distributeur : EuropaCorp. Distribution

 

Brick Mansions, un film de Camille Delamarre : Critique

Brick Mansions : Castagne, Courses-poursuites et explosions à tout-va

Synopsis : Détroit, 2018. Damien (Paul Walker), policier expert en arts martiaux, est chargé d’infiltrer le dangereux ghetto de Brick Mansions. Sa mission : neutraliser une arme de destruction massive détenue par le gang de Tremaine (RZA), qui règne sur les lieux. Pour ce faire, Damien devra faire équipe avec Lino (David Belle), un habitant du quartier qui connaît la banlieue comme sa poche… mais qui a surtout une affaire très personnelle à régler avec Tremaine.

C’est toujours hilarant de voir une production Besson débarquer dans nos salles avec la mention « d’après une idée originale ». D’autant plus que les films ont beau avoir un acteur/protagoniste différent, les trames sont quasiment les mêmes à chaque fois, suivant principalement le schéma scénaristique suivant : un vétéran des forces spéciales ou un tueur qui ne faut pas embêter, un méchant le titille, et c’est parti pour 1h30 minimum de castagne, de courses-poursuites et d’explosions à tout-va. Alors, quand le plus américain de nos réalisateurs français nous livre un remake d’une de ses propres productions, l’hilarité n’en est que plus intense. Mais finalement, pourquoi ne pouvons-nous pas être surpris par un tel divertissement ?

Pour savoir ce qu’est Brick Mansions, il faut remonter 10 ans en arrière, à l’époque où sortait un certain Banlieue 13. Qui se déroulait dans un futur proche, où toute une cité de la banlieue parisienne était cernée par l’armée, pour y « enfermer » la criminalité, laissant tous les habitants livrés à eux-mêmes. Un taudis grandeur nature dans lequel va pourtant se retrouver une bombe nucléaire que doit désamorcer un policier qui, pour le coup, devra faire équipe avec un bon samaritain yamakasi pour y parvenir. Un homme confronté en parallèle au parrain de cette fameuse Banlieue 13, qui détient son ex-petite amie en otage pour une histoire de drogue. Bref, du Besson pur jus, que nous retrouvons à la scène près dans ce remake.

Ne passons pas par quatre chemins : Brick Mansions, c’est la copie conforme de Banlieue 13, à la seule différence que l’histoire ne se déroule plus à Paris mais à Detroit (question criminalité, les États-Unis ne pouvaient rêver mieux comme lieu d’action). Sinon, nous retrouvons les mêmes personnages (Damien, Lola, K2…), les mêmes séquences (les plans n’ont quasiment pas changé entre les deux films). Si vous avez vu Banlieue 13, ce remake n’a clairement aucun intérêt, du moins sur le plan scénaristique. Comme tout bonne production Besson qui se respecte.

Ce que nous voulons avant tout chose, c’est de l’action à outrance. Brick Mansions nous en fournit avec une très grande générosité, lui permettant de remplir amplement son cahier des charges (bien loin de la redondance exaspérante de 3 Days to Kill). La bande-annonce nous promettait un film qui bougeait, le film assure grandement le spectacle. Bien plus que le long-métrage de base, pourtant réalisé par Pierre Morel (le cinéaste de Taken), qui faisait preuve d’amateurisme et de manque de moyens, le tout pour un aspect un peu trop « frenchy » pour un divertissement d’action. Ici, c’est le monteur Camille Delamarre (ayant œuvré sur Le Transporteur 3, Colombiana, Taken 2…) qui s’y colle pour sa première réalisation, et montre qu’il sait s’y prendre avec un film de cet acabit. À défaut d’être original, Brick Mansions ne nous prend aucunement pour des pigeons et livre tout le quota d’adrénaline que nous sommes venus voir, notamment via des cascades ahurissantes et des fusillades qui s’enchaînent sans aucun temps mort. Le tout filmé et monté avec une énergie folle, qui fait oublier tous les défauts de ce divertissement. Même si le long-métrage se termine à la va-vite (encore une fois, comme dans le film originel), nous prenons aisément notre pied.

Là où Brick Mansions surpasse également Banlieue 13, c’est du côté de son casting. Non pas que les comédiens soient bons. Nous en avons certains qui ne jouent pas, préférant rester inexpressifs (David Belle, qui revient faire des sauts de l’ange après Banlieue 13 et sa suite, le rappeur RZA). Mais généralement, là où Brick Mansions l’emporte, c’est par le charisme indéniable de ses interprètes. Ici, les comédiens ont bien plus de présence que dans les premiers films. Notamment Paul Walker, dont le décès influence (malheureusement) ce constat. Déjà, ne pas avoir des bonshommes aussi séduisants qu’une huître aide énormément à l’intérêt que nous pouvons porter à ce divertissement pur et dur.

D’accord, Brick Mansions n’a vraiment rien d’exceptionnel. Mais descendre ce film serait comme attendre du Shakespeare de la part de Transformers. Si l’on voit ce genre de divertissement, nous savons à quoi nous attendre : de l’action ébouriffante qui éclate sous nos yeux du début jusqu’à la fin, tout en mettant de côté les personnages et l’histoire sans que cela nous gêne. Brick Mansions est clairement ce film, qui ne se prend nullement au sérieux (surtout quand on voit le personnage de Yéti/Stéroïde). Un spectacle assurément crétin au possible et qui ne casse pas trois pattes à un canard. Mais bon sang, que cela fait du bien !

Fiche Technique: Brick Mansions

France, Canada – 2014
Réalisation : Camille Delamarre
Scénario : Luc Besson et Robert Mark Kamen, d’après le scénario de Banlieue 13 écrit par Luc Besson et Bibi Naceri
Interprétation : Paul Walker (Damien), David Belle (Lino), RZA (Tremaine), Carlo Rota (George « The Geek »), Bruce Ramsay (le maire), Ayisha Issa (Rayzah), Gouchy Boy (K2), Catalina Denis (Lola)…
Date de sortie : 23 avril 2014
Durée : 1h31
Genre : Action, policier
Image : Christophe Collette
Décors : Jean-André Carrière
Costumes : Julia Patkos
Montage : Carlo Rizzo et Arthur Tarnowski
Musique : Marc Bell et Trevor Morris
Budget : 28 M$
Production : EuropaCorp.
Distributeur : EuropaCorp. Distribution

Auteur de la critique : Sebi Spilbeurg

Doctor Who Saison 8 Episode 2 : Into the Dalek : Critique

Critique Doctor Who Saison 8: Into the Dalek

Plus petit à l’extérieur…

Le Docteur n’avait pas fait un retour très marquant dans le premier épisode, pour cette fois, les auteurs semblent avoir mis le paquet.

L’action démarre pleine balle dans l’espace, un vaisseau poursuivit par les daleks au milieu d’un champ d’astéroïde. Aux commandes de la navette, la jeune lieutenant Journey Blue qui tente de sauver son frère. Quelque tirs de laser plus tard et sa navette est détruite, son frère tué, mais elle se réveille dans le Tardis, accueilli par le seigneur du temps tenant deux café dans sa main. Après un premier contact houleux, il accepte de la ramener au vaisseau amiral où l’équipage, par méfiance, menace de le tuer. Sauf s’il accepte de soigner un prisonnier de guerre particulier : Un Dalek.

Cette nouvelle aventure semble lorgner vers le space opéra plus classique ou vers la science-fiction la plus « pure ». Il s’agira cette fois de rentrer (grâce à la miniaturisation) dans le corps de l’alien (ou plutôt son exosquelette), référence sympathique au Voyage Fantastique de Richard Fleisher (1966) (remaké par Joe Dante sous le titre l’Aventure intérieure en 1987), le Docteur ne se prive d’ailleurs pas de noter que cela ferait un super film, une petite touche d’humour plutôt facile? mais qui fait du bien et permet à la série de dire qu’elle connaît ses classiques. Et justement, la trame principale souffre peut être d’un trop grand classicisme.

Le voyage au centre du robot ne laissera que peu de surprise au spectateur averti. L’idée n’est pas mauvaise, l’écriture non plus, seulement il y a une impression de déjà-vu. Le thème bien sûr déjà vu au cinéma (dans un humain, pas un dalek bien sûr), mais surtout dans les dialogues. Si les différentes incarnations du docteur avaient leurs différences notables, il y a un point commun qui semble revenir, le coté pédagogue de l’extrême. Cette manie qu’a le personnage de répondre aux questions par d’autres questions (un peu tordue parfois). Une façon de rendre l’intrigue assez ludique, faisant participer le spectateur à ce jeu étrange, ce qui est plutôt une riche idée pour stimuler le jeune public qui regarde la série. Oui, mais après 7 saisons de cours magistraux prodigués, notre cerveaux est plus que stimulé, et l’habitude prend le pas sur le goût du jeu. On devine rapidement où le maître d’école veut en venir, donc la surprise de la révélation passe un peu à la trappe. On regrettera aussi le manque de surprise dans l’intérieur du Dalek, qui contient des anticorps (dans un exosquelette difficile de voir l’intérêt), un cœur et un cerveau… rien de bien nouveau en fait.

Mais l’épisode n’est pas mauvais pour autant. Son intrigue est presque anecdotique et ne se hisse pas aux niveau des meilleurs de la série, en revanche on peut noter quand même quelque point positif en parallèle de cette nouvelle aventure. L’apparition de Missy (la nouvelles antagoniste) au moment le plus inattendu, mais surtout l’entrée en scène d’un nouveau personnage et intérêt amoureux pour Clara : le prof de math et vétéran de guerre Danny Pink (Samuel Anderson). Un homme qui apparaît étonnamment sombre et semble avoir vécu quelques traumas dans sa vie. Une touche noire qui prend toute sa place dans cet univers. Ben Wheatley de retour à la réalisation, rend le flirt entre l’assistante joviale et ce professeur triste étonnamment charmante, grâce à un montage non linéaire qui montre un caractère plutôt renfermé et maladroit. Il ne reste qu’une chose à espérer : que ses interactions futures avec le docteur (qu’il ne rencontre pas de suite) apporteront à la série une profondeur nouvelle. Ce dernier étant devenu plus radical dans ses idées, s’il à toujours rejeté la violence, cette fois ce sont carrément les militaires eux même qu’il semble avoir en grippe (quand auparavant il leur témoignait tout de même un certain respect, notamment avec le Brigadier). Danny pourrait alors devenir un miroir intéressant du seigneur du temps, partageant avec lui un passé d’ancien combattant et une certaine complicité avec la fille impossible, mais partant déjà sur de mauvaises bases…

Quand à Peter Capaldi, si sa première apparition laissait un goût étrange, il est heureux de constater qu’il semble cette fois avoir vraiment pris ses marques. Une interprétation plus sombre, plus grincheuse, qui pourrait peut-être laisser certain fans sur le carreau (le voir sacrifier un de ses alliés de sang-froid à quelque chose de dérangeant). Il faudrait attendre encore un peu pour savoir si ce nouveau Docteur est un homme bon, néanmoins l’acteur à suffisamment de charisme pour nous convaincre de le suivre dans ses nouvelles aventures. Bien que tout cela semble avoir perdu un peu de fun.

Fiche Technique: Doctor Who Saison 8

Titre original : Doctor Who
Genre : Aventure, Science fiction
Créateur(s):Steven Moffat (depuis 2008)
Pays d’origine : Royaume-unis
Date : 2005
Chaîne d’origine : BBC
Épisodes : Beaucoup…
Durée : 50 minutes
Statu : en cours
Avec : Peter Capaldi, Jenna Louise Coleman, Samuel Anderson…

Auteur de la critique: Vincent Baudart

 

La Horde sauvage, un film de Sam Peckinpah : Critique

[Critique] La Horde sauvage 

Synopsis : Au sud du Texas, Pike Bishop et ses hommes s’apprêtent à attaquer les bureaux de la compagnie de chemin de fer. Mais Duke Thornton et ses chasseurs de primes les attendent au tournant. Un bain de sang se prépare. 

Les Douzes Salauds partent

Auteurs d’un braquage raté à San Rafael, ville imaginaire du Texas, une demi-douzaine de voleurs en route pour le Mexique sont traqués par une demi-douzaine de chasseurs de primes.

Pour nous narrer les aventures de son Wild Bunch, Peckinpah encre son histoire en pleine révolution mexicaine. Il rythme le récit grâce à un montage nerveux qu’il contraste avec nombre de ralentis, surtout lors de fusillades dantesques et sanglantes, durant lesquelles personne n’est épargné. Le duo Ryan/Holden en impose, le face à face entre Deke Thornton et Pike Bishop est savoureux. Si Ryan multiplie les ruses pour tenter d’attraper la horde et ne passe clairement pas pour un burrito, l’affaire est loin d’être pliée, car Robert aura maille à partir avec un Holden pas sot.

Le toujours sympathique, et salopard à plus d’un titre Ernest Borgnine répond présent. Toujours solide, et fidèle second de Pike, les deux hommes nous gratifieront de quelques-uns des plus beaux dialogues du film. Le reste de la distribution s’en sort très bien, mais peine à exister face au charisme des trois mastodontes susnommés. La bande son est tout à fait dans le ton, et procure une grande intensité à l’ensemble, ponctuant cette déferlante de violence, omniprésente jusqu’au final, apocalyptique comme l’on peut s’y attendre. Le massacre de Fort Mapache, version Peckinpah.

Cette histoire au pessimisme latent, qui s’étale dans l’espace et le temps, aurait pu se régler en une matinée sur le territoire américain, sans verser le sang, autour d’une table. Mais The Wild Brunch n’aurait certainement pas eu la même saveur.

La Horde sauvage : Bande-annonce

La Horde sauvage : Fiche technique

Titre original: The Wild Bunch
Réalisation: Sam Peckinpah
Scénario: Sam Peckinpah, Walon Green
Interprétation: William Holden, Robert Ryan, Ernest Borgnine
Photographie: Lucien Ballard
Musique: Jerry Fielding
Production: Phil Feldman, Roy N. Sickner
Budget : 6 224 087 $
Genre: Western

Durée : 145 minutes
Avertissement : Interdit aux moins de 12 ans

Etats-Unis – 1969

Black Box, Saison 1 : Critique de la série

 Black Box : Dr House au Féminin

Synopsis : Catherine Black est une célèbre neurologiste qui est atteinte de trouble bipolaire; elle est contrainte de cacher sa maladie et la seule personne au courant est sa psychiatre, Dr Helen Hartramph. Elle ne veut pas revivre la bipolarité de sa mère, qui s’est suicidé à cause de sa maladie. Son secret l’empêche d’avoir une vie de famille et d’avoir des relations amoureuses sérieuses.

La récente série réalisée et produite parIlene Chaiken (créatrice deThe L Word) et Bryan Singer (producteur de Dr House), aux allures de nouveau drama dans le milieu médical romanesque, évoquant Dr House et autres Grey’s Anatomy, se révèle par son coté plus sérieux en s’épanchant exclusivement sur les cas concernant la « boite noire », communément appelé le cerveau. En plus d’opter pour l’objet d’étude infatigable qu’est notre cerveau, la série a pour personnage principal une neuroscientifique brillante, une femme  intelligente dans un milieu d’hommes, ce qui est plutôt rare. Atteinte elle-même de bipolarité, la maladie va orchestrer l’avancée de l’intrigue; une maladie rarement évoquée, ou du moins rarement aussi bien mise en avant, que dans cette série.

Son actrice principale, Kelly Reilly, jusque-là connue pour des rôles secondaires ou peu investis, se retrouve à interpréter avec brio ce personnage ambivalent. Le spectateur assiste aux montagnes russes émotionnelles de son être complexe. Même si Catherine est censée être sous traitement, ses penchants autodestructeurs la persuadent parfois d’arrêter de se soigner et libèrent ses instincts bipolaires. Si elle se sait impulsive, et atteinte de trous noirs durant ses crises de bipolarité, elles lui prodiguent également des éclairs de génie qui lui permettent d’exceller dans son travail et de ne pas subir le stress. Des éclats de folie qui subliment l’actrice, avec une palette d’émotions possédant son visage, sa voix, sa gestuelle.

Chaque épisode traite d’un nouveau patient, d’un nouveau cas sérieux, touchant la neurologie. Avec des symptômes déroutants, chaque épisode vaut le détour et relate des cas bien réels. Alors qu’on peut d’abord penser que ces histoires sont totalement inventées, elles sont néanmoins inspirées d’histoires vraies, même rares. L’exemple du « ver musical » (le fait d’avoir une aire musicale coincée dans la tête), décrit un réel symptôme. Heureusement, les avancées médicales de notre époque, permettent pour la plupart de ses cas d’être soignés ou traités. Cette série permet alors de nous renseigner sur les vices de notre cerveau, sans nous perdre en termes scientifiques et incompréhensibles.

Bien que tournant exclusivement autour du personnage de Catherine, sa famille, son fiancé et ses collègues, gardent chacun un rôle essentiel dans le déroulement de la série. Car malgré sa carrière parfaite, sa vie privée est un vrai champ de bataille. Le passé traumatisant de sa mère, elle aussi atteinte de bipolarité, a poussé Catherine à cacher à sa propre fille son existence, pour ne pas lui faire subir sa propre enfance. On s’attache alors aux drames familiaux et complexes qui la touchent, à la difficulté que peut entrainer sa maladie pour établir une relation stable. Puis, sa crédibilité professionnelle est mise à rude épreuve en cachant sa maladie au quotidien pour mieux prospérer dans le milieu de la recherche médicale. Des personnages tout aussi ambivalents, mais néanmoins profonds de complexité. On perd sans doute l’intérêt de certains en cours de route, principalement avec les histoires et maladies en parallèle de ses collègues. Malgré la performance de Vanessa Redgrave, la psy de Catherine, les séances au début intéressantes (qui permettent de construire l’ambivalence du personnage), deviennent répétitives et perdent d’intérêt.

Les amateurs de jazz seront conquis par la B.O. de la série. Utilisant des accords doucereux de pianos, saxophones et trombones comme musique de fond. Le Jazz langoureux s’accorde avec les plans d’un décor lumineux du New York nocturne et agité.

Très peu estimée, la série n’a pas rencontré un succès foudroyant. Ce drame vaut néanmoins le détour pour son sérieux à traiter des maladies touchant le cerveau. L’actrice porte également bien ce rôle aux multi-personnalités, à la fois figure de femme forte et fragile, ambitieuse et désespérée, douce et amère. Une série mature qui elle aussi fait preuve de dualité, à la fois par son coté sombre et profond, mais aussi singulier et pétillant. La série prend le temps de s’inscrire dans les esprits. Toutefois, elle n’entamera pas de saison suivante, elle a été récemment annulée par ABC pour manque d’audience.

Fiche technique – Black Box

Créateur(-rice) : Amy Holden Jones
Année : 2014
Producteur(s) : Ilene Chaiken, Bryan Singer, Oly Obst, Anne Thomopoulos
Casting : Kelly Reilly, Ditch Davey, David Ajala, Terry Kinney, Ali Wong, David Chisum, Laura Fraser, Siobhan Williams, et Vanessa Redgrave.
Genre : Drame, Medical
Nombre d’episodes : 13
Saison(s) : 1/1
Statut : Annulée
Durée : 42 minutes
Origine : Etats Unis

Auteur de la critique : Céline Lacroix

 

Paranormal Activity: The Marked Ones : Critique du film

À l’annonce de ce nouveau Paranormal Activity, l’étonnement était au rendez-vous. Non pas que la sortie d’un énième opus de cette saga à pigeons soit une surprise. Mais plutôt que celui-ci soit difficile à placer dans la série. Nous avons comme titre Paranormal Activity : The Marked Ones. Pourquoi un titre à rallonge alors que, jusqu’ici, la saga s’était contentée de numéro ?

S’agit-il de Paranormal Acivity 5 ? Il faudra attendre plus d’informations quelques mois après la sortie pour apprendre qu’il s’agit en réalité d’un spin-off pour lancer le prochain opus (qui serait soit le fameux numéro 5, soit un The Marked Ones 2, prévu pour octobre 2014). User le concept jusqu’à la moelle n’a-t-il  pas suffi aux producteurs qui décident tout de même de l’étirer avec des épisodes à part ? On peut le croire, le 4 n’ayant pas rapporté autant que ses prédécesseurs, avec notamment une critique encore plus assassine qu’à l’accoutumée. Mais le résultat est-il aussi lamentable qu’auparavant ?

Que les choses soient bien claires : The Marked Ones cherche à se démarquer de la saga initiale. Elle en oublie le concept de base qui était de suivre une famille en proie à des phénomènes paranormaux, un démon tournant autour d’eux, et qui tentait de percer ces mystères en mettant sa maison sous surveillance vidéo.

Ici, il est plutôt question de possession, d’exorcisme. Ce qui n’est pas bien nouveau dans le paysage du cinéma horrifique. D’autant plus que The Marked Ones part dans bon nombre de directions, mettant au premier plan énormément de détails qui nous font perdre par moment le fil. Alors que le but était de raconter une histoire parallèle à la saga, tout en essayant de donner quelques révélations à cette dernière que seuls un œil avisé, (nos héros découvrant une cassette avec les noms de Katie et Kristie, les sœurs de la saga originale, qui apparaissent en mode fantomatique devant notre héros, jeunes) et une imagination débordante, (le fait que l’un des héros se retrouve, à la fin, dans une séquence du premier film, avec Katie) remarqueront les liens tout en les comprenant. Quoiqu’il en soit, l’ensemble se montre assez brouillon.

Quant à la mise en scène, le constat est inévitable : celle-ci, subjective, perd littéralement de sa crédibilité. Son but premier est de faire en sorte que le spectateur doit croire que le film a été filmé par lui-même. Pourtant, bon nombre de détails techniques nuisent au rendu final, dont le montage (qui coupe les scènes quand ça arrange le scénario) et le script (durant plusieurs passages, vous vous demanderez : « Pourquoi tu filmes à ce moment ? Quelqu’un de censé aurait déjà posé ou éteint la caméra ! »). Tout en passant par quelques séquences répétitives, déjà vues dans la saga (le héros filmant ses proches et sa maison, servant d’introduction au film, alors que l’on s’en passerait bien).

Et pourtant, The Marked Ones se présente comme le meilleur opus de la saga, voire un film d’horreur presque efficace, malgré un budget de 5 millions de dollars. Ce film laisse tomber le système de « caméra de surveillance » qui, même s’il se voulait crédible avec un tel concept, n’était jamais angoissant mais plutôt soporifique. Ici, retour à la classique mise en scène de [REC] et consorts, pour un scénario qui démarre dès les 15 premières minutes (alors que pour les autres opus, il fallait attendre les 15 dernières minutes). Même si la trame s’étire un peu trop, celle-ci nous propose bien plus de phénomènes paranormaux. Pas les éternelles et innocentes portes qui claquent, lumières qui s’allument/s’éteignent sans raison, une ombre qui apparaît/disparaît… Il est plutôt question de personnes tombant du ciel, de force surhumaine, de meubles en lévitation parce qu’un personnage possédé apparaît soudainement tout en flottant dans les airs… De véritables séquences qui titillent enfin notre intérêt et qui fournit son petit lot de moments angoissants.

Car la caméra subjective classique (celle qui est toujours portée par un personnage et non simplement posée à un endroit du décor) permet quelques moments de frayeurs, avec des apparitions soudaines ou des « détails » qui passent subitement devant l’objectif de la caméra (comme ce simple mouchoir jeté d’on ne sait où, et qui surprend réellement). Avec en plus le souffle de peur poussé par le cameraman, généralement un personnage auquel on s’est attaché au préalable. Oui, pour une fois dans un Paranormal Activity, on s’intéresse au sort de ses protagonistes !

Dans son délire le plus total, The Marked Ones assume pleinement d’avoir un scénario bordélique, à tel point qu’il se permet un final comme nous ne pouvions l’attendre. À savoir l’introduction, certes pendant quelques minutes, de personnages secondaires, de la racaille qui vient dégommer du possédé avec des fusils à pompe. Inattendu, voire ridicule, mais au combien efficace. Livrant un dernier quart d’heure véritablement saisissant, aussi bien du côté du divertissement que du survivor angoissant. Étonnant et prenant.

En voyant ce film, jamais vous n’oseriez penser vous amuser autant avec un Paranormal Activity. Énorme surprise que ce spin-off, qui casse littéralement les codes de la saga pour être un film d’horreur plutôt efficace et rarement pompeux. Même si les défauts sont forts nombreux, empêchant ce film d’égaler [REC], Cloverfield ou encore Chronicle. The Marked Ones n’est pas l’attrape-nigaud qu’était chaque opus de la saga jusqu’ici. On est curieux de voir ce que va donner le nouvel épisode : va-t-il continuer sur cette lancée encourageante ou reprendre le statut de somnifère de la saga principale ?

Synopsis : Jesse (Andrew Jacobs) est un adolescent de 18 ans, fraîchement diplômé, qui assiste contre son gré à divers phénomènes paranormaux provenant de sa voisine du dessous. Une étrange femme qui se livre à des rites sataniques qui va être à l’origine du comportement suspicieux d’Oscar (Carlos Pratts), une connaissance. Mais aussi d’une morsure au bras dont Jesse se rendra compte un beau matin à son réveil, et qui va le rendre, petit-à-petit, distant et colérique. Renforçant autour de lui ces fameux phénomènes paranormaux, qui entraînent la mort de ses proches.

Fiche technique –Paranormal Activity: The Marked Ones

The Paranormal Activity : The Marked Ones
États-Unis – 2014
Réalisation : Christopher Landon
Scénario : Christopher Landon
Interprétation : Andrew Jacobs (Jesse), Richard Cabral (Arturo), Gabrielle Walsh (Marisol), Carlos Pratts (Oscar Hernandez), Jorge Diaz (Hector), Catherine Toribio (Penelope), Noemi Gonzalez (Evette)…
Date de sortie : 1er janvier 2014
Durée : 1h24
Genre : Épouvante, horreur
Image : Gonzalo Amat
Décors : Nathan Amondson
Costumes : Marylou Lim
Montage : Gregory Plotkin
Budget : 5 M$
Production : Paramount Pictures
Distributeur : Paramount Pictures France

Auteur de la critique : Sebi Spilbeurg

 

Adieu au Langage de Jean-Luc Godard : Critique du film

Adieu au Langage : Un grand réalisateur ne manque jamais son dernier film

Synopsis : Un couple dont la situation se complique recueille un chien errant qui va soudainement prendre la parole. Comment cette histoire se terminera-t-elle ?

Aujourd’hui, on peut distinguer de nombreuses personnes qui peuvent s’offusquer devant ce titre. C’est du Godard de toute façon, quelqu’un qui parle pour ne rien dire, il aurait dû s’abstenir de refaire un film, Godard c’est l’éternelle « Nouvelle-Vague ». Mais on peut dire et penser ce que l’on veut sur ce dernier, aux USA, s’il y a bien un réalisateur français que tout le monde connaît c’est JLG (avec Tati). Ainsi, la notoriété de ce Monsieur n’est pas à remettre en question, même si vous n’adhérez pas à son style, il fait partie des grands réalisateurs français.

Ainsi, Adieu au Langage peut apparaître comme l’un des chefs-d’œuvre de l’année 2014, et ce pour de multiples raisons.

La dynamique intellectuelle

Cette œuvre est destinée tout particulièrement aux personnes qui aiment le cinéma qui fait vraiment réfléchir, où l’on ressort avec de nombreuses questions en tête. Ce qui manque cruellement dans le cinéma actuel…

Certains pensent que Godard impose toujours sa vision des choses … Les choix très personnels du réalisateur ont souvent laissé perplexes de nombreux spectateurs, jugeant son cinéma d’un « style élitiste ».

Justement dans ce film, le réalisateur présente les choses à sa manière, mais sans forcément tout remettre en question, l’objectif étant de modifier notre perception des diverses mutations structurelles de notre société. C’est un film très humain, où l’on a l’impression de repartir de zéro, sans toute cette superficialité ambiante. On redécouvre les rites de notre vie sociétale à son commencement, l’homme en contact avec la nature par exemple. Finalement, Godard nous explique la façon dont il a vu évoluer les choses tout au long de sa carrière de réalisateur.

Ensuite, ce film est 100% « made in JLG », la façon de s’exprimer, de communiquer, de transformer des dialogues simples en des paroles compliquées, cette manière d’articuler. Les français sont connus pour être des poètes, la langue française appréciée comme étant riche… JLG représente ainsi de la meilleure manière toutes ses caractéristiques, tout en restant fidèle à son style. Cela fait du bien de voir des dialogues travaillés aujourd’hui, qui cherchent à faire « philosopher » le spectateur.

adieu-au-langage-godard-critique-film-inversion-3d

Godard qui fait du 3D ?

Quel choix astucieux ! Jean-Luc surprend tout le monde en utilisant la 3D. Ce qui en surprendra certainement plus d’un. Avant ce film, beaucoup « d’anti-Godard » pensaient sans doute, que de toute de façon ce réalisateur ne sait faire que du cinéma archaïque, traduisant finalement son incapacité à être dans l’ère du temps. Il répond ainsi de la meilleure des façons avec une utilisation d’une 3D quasi-parfaite. Dans Adieu au Langage, la 3D est superbement exploitée, ce qui le range parmi les plus beaux films français en 3D.

Finalement, Godard est un génie, capable de s’adapter à n’importe quelle technique de création cinématographique. C’est aussi une manière de laisser en guise de touche finale, une image d’un réalisateur qui a d’innombrables capacités de création. Bien que celui-ci avait décidé de garder son propre style cinématographique jusqu’à présent.

De plus, Godard a très astucieusement décidé de surexploiter la 3D, en réalisant certaines séquences à couper le souffle. Il a notamment osé tenter une 3D inversée à un moment notamment, lorsque la femme devient l’objet de l’homme et doit se soumettre aux ordres et à l’exhibition dans la société. Godard décide alors de nous faire une inversion 3D, qui nous laisse l’impression que c’est le monde à l’envers …C’est sans doute aussi une manière de critiquer les films d’Hollywood actuels, où l’on retrouve très souvent des films en 3D « surfaits ». Godard a toujours jugé que le cinéma américain était un peu trop un « cinéma fiction », trop éloigné des réalités, avec souvent des films imagés.

La personnification et la métaphore

Godard a un certain talent pour exprimer ses opinions au travers de ses acteurs, on peut notamment le remarquer dans Pierrot le Fou. Mais ici, son interprète c’est un chien. D’où la partie sur la métaphore, le chien est l’homme, et l’homme est chien. Ce choix est très habile : souvent on utilise l’expression « Quel monde de chien » pour décrire notre univers un peu cruel, où l’on on est quelque peu désabusé. On pourrait même reprendre l’exemple d’un documentaire culte dans son genre qui reprend directement l’expression « Mondo Cane ». Le choix du chien est peut-être aussi une dédicace aux nombreux sponsors qui ont refusé de financer ou de participer à son dernier film, Godard s’est peut-être vu traité comme un chien lui aussi …… Ainsi, notre chien s’appelle Jean-Luc. Celui-ci contemple notre monde, mais celui-ci n’a pas de langage que l’on pourrait codifier. En quelque sorte, il fait appel à d’autres sens comme l’ouïe et la vision notamment. C’est là qu’intervient la question sur la compréhension du langage.

Le langage est-il indispensable à notre émancipation spirituelle ? Est-il à la fois la cause et la conséquence de notre société ? N’est-il pas un outil démocratique ? Est-il plus intelligible par écrit qu’à l’oral ? La technologie est-elle une nouvelle forme de langage, garde-t-il alors la même valeur ? Le langage universel n’est-il pas au-dessus des mots ? Le langage, une obligation de communication ? Godard, le chien, ne nous donne pas une leçon, il cherche juste à nous faire réfléchir sur ces questions …

Ensuite, on retrouve un Godard que l’on pourrait qualifier d’ »avocat de la femme », comme dans son Court-Métrage, Anticipation ou l’Amour en l’an 2000. Il se personnifie parfois, dans cette jeune femme dénudée, vide de sens et de paroles dans cette société à domination « masculine ». Le message véhiculé ? Surement de changer notre regard sur la perception de la femme qui depuis très longtemps selon l’auteur, est la source de stéréotypes infondés. Adieu au Langage évoque également certains passages du Mépris, où l’on voit BB en femme objet, mais qui reste une femme libre de ses décisions. Comme si la femme avait finalement un pouvoir bien sous-estimé …

La littérature vs NTIC

En outre, Godard s’attarde souvent au cours de son œuvre à la place de la littérature aujourd’hui, qu’il considère certainement comme étant la meilleure utilisation du langage, avec le cinéma bien sur. On voit notamment des jeunes étudiants que l’on pourrait qualifier de marginaux (avec leurs habits) qui sont en train de lire. La littérature n’est-elle pas entrain de se perdre dans les nouvelles générations ? La littérature, une façon archaïque d’utiliser le langage et de communiquer ses pensées et ses idées ? La technologie est-elle un réel un vecteur de communication, n’est-elle pas nuisible à l’évolution de l’être ? L’échange est-il plus complexe, plus simple par l’intermédiaire de la technologie ? L’avenir de la littérature n’est-elle pas dans la technologie ?

Un passage justifie notamment ces nombreuses questions : deux personnes autour d’un stand de livres sont en train d’échanger leurs impressions sur un livre, par téléphone, en partageant leurs connaissances et leurs idées. Dans le même plan, une personne est simplement en train de lire une première de couverture, comme si finalement la lecture avait perdu de son dynamisme …A un autre moment, des personnes échangent de manière brutale et l’on voit dans le fond écrit sur une palissade « LANGAZ ». Cela ne représente-il pas d’une certaine façon notre langage asphyxié ? Comme si au cours de notre évolution, nous étions en train de perdre nos capacités linguistiques et la richesse de nos langues respectives. On peut également l’entendre comme les critiques à l’encontre de Godard dans sa façon de s’exprimer et son utilisation du langage optimal. Un style qui passe de moins en moins aujourd’hui, d’où sans doute ce fameux « LANGAZ ».

Les moments 100% « made in Godard »

Voici un petit panel de moments atypiques appréciables. Mettons-nous à la place du chien (soit de l’homme), Jean-Luc :

– JLG 1 : « Je sais que la majorité des personnes qui verront mon film sont des français, je sais qu’ils sont pour la plupart mauvais en anglais, enfin ils adhèrent à mon cinéma donc c’est l’élite donc ils parlent anglais. Du coup, je vais faire un petit speech de 3 minutes juste en anglais sur les prémices de la démocratie tant pis si certains ne comprennent pas l’anglais »

– JLG 2 : « Et ils pensent (les spectateurs) que je vais les laisser voir tout le temps des images ? Non, ça serait trop beau, je vous laisser philosopher sur ce que je suis en train de vous dire, je vais arrêter le film pendant 3 minutes pour m’assurer que vous soyez bien concentrés. Et puis ça vous vous permettra de vous reposer après toutes les infos emmagasinées »

– JLG 3 : « Je suis un « artiste du langage », et je compte bien le démontrer, qu’avec ma finesse linguistique je suis capable de dénoncer ce que je veux. T’as déjà vu des personnes ne pas du tout freiner lorsque le feu est vert ? Evidemment, Mao Tsé-toung et Che Guevara » … Autre exemple,  » qu’est ce que tu penses de la Russie ? S’ils sont européens ils ne seront plus russes, donc ils ne peuvent pas être européens.  » …

Un demi chef-d’œuvre

Adieu au Langage était déjà le film extraterrestre du dernier Festival. Il a tout de même était nominé ce qui peut surprendre, tant ce film est hors-sujet (ce qui n’est pas plus mal) par rapport aux autres films qui étaient en compétition.

Adieu au langage, est un film que l’on ne retrouvera pour ainsi dire plus jamais dans notre cinéma. C’était la dernière vague du Tsunami Godard … Mais, l’on prend un réel plaisir à couler sous cette dernière vague. Nous avons l’occasion notamment de découvrir un JLC proche de la nature et des choses simples de la vie. Ce film est sans doute finalement même plus positif que Pierrot le Fou, c’est en quelque sorte un hymne à la vie lorsqu’il décide de nous montrer cette nature verdoyante…

Tu nous laisses finalement sur une image de toi, le chien Jean-Luc, partant sur un chemin isolé en pleine nature, loin de nous. Tu nous manqueras forcément …

AH DIEU GoDaRd !!!

Jean-Luc Godard – « Adieu au langage » (2014) (Trailer)

Fiche technique – Adieu au Langage

Réalisateur : Jean-Luc Godard
Scénario : Jean-Luc Godard
Acteurs : Alexandre Païta, Héloïse Godet, Jessica Erickson
Durée : 70 minutes
Date de sortie initiale : 21 mai 2014
Producteurs : Alain Sarde, Brahim Chioua, Vincent Maraval

Auteur de la critique : Adrien Lavrat

47 Ronin de Carl Erik Rinsch : Critique du film

Critique 47 Ronin : De la pub mensongère façon hollywoodienne

Synopsis : Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l’honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l’aide de Kai – un demi sang qu’ils avaient jadis renié – lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d’effroyables dangers. Cet exil sera l’occasion pour cet esclave rejeté de se révéler leur arme la plus redoutable, et de devenir la figure héroïque qui donnera à cette troupe d’insoumis l’énergie de marquer à jamais l’éternité.

Un budget montant jusqu’à 170 millions de dollars (ce qui est énorme) pour un démarrage aux États-Unis de seulement 10 millions de dollars (écho d’un cuisant échec commercial, qui s’est confirmé au fil des semaines). Qu’a-t-il bien pu arriver à cette production Universal pour décevoir à ce point ? D’autant plus que le film nous a été vendu comme une fresque épique et agréable à regarder, une sorte de Seigneur des Anneaux à la japonaise, qui devait servir de tremplin au retour de Keanu Reeves (ses derniers succès en date étant la trilogie Matrix et Constantine, c’est pour dire !)…

À première vue, nous pouvons véritablement nous poser la question, 47 Ronin étant un film réussi du point de vue visuel. Les 170 millions de dollars se sentent énormément à l’écran, et cela se voit dans la plupart des apports techniques du long-métrage. Par là, il faut bien entendre qu’il est question des costumes, véritables prouesses signées Penny Rose (qui a travaillé sur Les Pirates des Caraïbes). Des décors en studio, offrant par moment des plateaux de tournage démesurés. Des effets numériques vraiment jolis. De la photographie de John Mathieson, grand collaborateur de Ridley Scott. Tous ces détails qui font que 47 Ronin est un long-métrage hollywoodien très coloré, qui avait franchement de quoi offrir, et qui voulait nous faire partager un peu de la culture japonaise (cela se ressent par moment). Un nouveau Seigneur des Anneaux ? Pas vraiment…

Le naufrage de 47 Ronin s’explique en un seul mot : la production. En s’intéressant un peu plus au making-of du film, tout devient explicite. Qu’est-ce que 47 Ronin ? Il s’agit d’une « version blockbuster » d’une légende japonaise, adaptée à la sauce fantasy par Universal, qui a nommé un « inconnu » en la personne de Carl Erik Rinsch. C’est là que les ennuis commencent : le réalisateur veut un film 100% asiatique, les producteurs un divertissement accessible à tous (même les plus jeunes). Du coup, le film n’a connu que des divergences artistiques et des changements soudains orchestrés par la production. Le spectateur le ressent énormément.

À commencer par le casting : Keanu Reeves à la base, ni même son personnage, ne faisait partie du scénario. Au début, 47 Ronin devait suivre nos renégats japonais dans leur quête de vengeance, avec que des acteurs asiatiques (Hiroyuki Sanada, Rinko Kikuchi, Kō Shibasaki…). Mais pour les producteurs, ce n’était pas assez vendeur. Du coup, ils y ont greffé le personnage de Keanu Reeves (pour relancer également la carrière de l’acteur), un paria devenu protagoniste principal de cette aventure. Toutefois, cet ajout est trop visible… Pendant tout le long du film, on se pose cette question : « mais à quoi sert-il ? ». Constat cruel mais véridique pour ce comédien qui est carrément inutile à la trame, aux autres personnages, au film, qui se montre perdu comme jamais (le seul Américain dans un casting japonais). Le véritable héros, c’est Hiroyuki Sanada, étant le seul comédien potable de la distribution, celui à qui l’on s’attache le plus, celui dont l’enjeu se montre le plus intéressant de tous. En bref, celui qui aurait dû être en tête d’affiche.

Autre problème : le scénario. Pour une fresque épique à la Seigneur des Anneaux, avoir comme scénaristes Hossein Amini (Blanche-Neige et le Chasseur) et Chris Morgan (Wanted : Choisis ton destin, la saga Fast & Furious) posent déjà problème. Mais surtout, oser prétendre être l’équivalent d’une immense trilogie alors qu’on ne dure qu’1h58, c’est un peu nous prendre pour des imbéciles. Car, pour être l’égal des films de Peter Jackson, il faut étaler minutieusement son univers, ses personnages, ses trames… En moins de deux heures, c’est tout bonnement impossible ! De ce fait, nous nous retrouvons avec un film aux personnages inexistants, aux ellipses permettant des raccourcis maladroits, aux séquences s’enchaînant sans imagination, aux répliques affreusement creuses, aux clichés désespérants (cette romance…), aux incohérences indigestes (le personnage de Keanu Reeves n’utilise ses pouvoirs que de manière aléatoire ; ce géant de 2m30 en armure nous est présenté comme un surhomme, qui meurt au final de la façon la plus débile qui soit…). Sans oublier le remaniement qu’a subi le scénario de la part de la production, qui renforce le côté fouillis de l’ensemble, pour notre plus grand malheur.

 

Ce n’était pourtant pas une si mauvaise idée d’adapter cette légende populaire à la sauce heroic fantasy. Encore faut-il l’assumer pleinement ! La bande-annonce nous promettait des monstres, de la magie. De tout cela, vous n’aurez qu’une créature qui ne ressemble à rien au début du film, et une sorcière se transformant en dragon (au corps d’anguille…). C’est tout ! On a beau nous vendre un Keanu Reeves détenant des pouvoirs, ayant été élevé par des hommes-oiseaux, mais rien de tout cela ne transparaît à l’image. Quant au rythme du film, il est mal dosé. Qui expliquerait cette faible quantité de fantasy, mais également l’ennui qui pointe rapidement le bout de son nez (peu de scènes d’action épiques et flamboyantes comme il a été annoncé) et un montage anarchique (des ralentis ajoutés sans raison, des effets de style qui n’ont pas lieu d’être…).

Enfin, il convient de dénoncer l’énorme publicité mensongère qui a été faite sur ce film. La mise en avant de Keanu Reeves, qui n’a clairement pas sa place ici, alors qu’il est en tête d’affiche. Tout comme certains personnages, qui n’apparaissent dans le film que durant 10 secondes (le mec aux tatouages). Et surtout, où sont ces fameux 47 Ronin dont on ne nous cesse de faire l’éloge ? Nous avons juste droit à Keanu Reeves tentant de sauver sa bien-aimée et Hiroyuki Sanada en sauveur héroïque. Si vous vous attendiez à une bataille spectaculaire à la 300, c’est loupé !

47 Ronin est visuellement beau mais terriblement creux et mal emballé, ce genre de cadeau que l’on attend avec impatience et qui n’est finalement pas celui que l’on voulait, au point qu’il nous tarde de s’en débarrasser au plus vite. Décevant !

Fiche technique – 47 Ronin :

États-Unis – 2013
Réalisation : Carl Erik Rinsch
Scénario : Hossein Amini et Chris Morgan, d’après une histoire de Chris Morgan et Walter Hamada
Interprétation : Keanu Reeves (Kai), Hiroyuki Sanada (Oishi), Rinko Kikuchi (Mizuki), Kō Shibasaki (Mika), Tadanobu Asano (le seigneur Kira), Jin Akanishi (Chikara), Min Tanaka (le seigneur Asano), Masayoshi Haneda (Yasuno)…
Date de sortie : 2 avril 2014
Durée : 1h58
Genre : Action, aventure, fantastique
Image : John Mathieson
Décors : Jan Roelfs
Costumes : Penny Rose
Montage : Craig Wood
Musique : Ilan Eshkeri
Budget : 175 M$
Productions : H2F Entertainment, Mid Atlantic Films, Moving Picture Company et Stuber Productions
Distributeur : Universal Pictures International France

Auteur de la critique : Sebi Spilbeurg

 

Supernatural : Saison 1-9 : Critique de la Série

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Supernatural, c’est d’abord l’histoire de deux frères, celle des Winchester, qui après la mort brutale de leur mère dans des circonstances affreuses, deviennent des chasseurs comme leur père : à la recherche d’événements étranges, surnaturels, qu’ils identifient et éliminent.

Synopsis : Après la mort de leur mère, tuée par un démon, les frères Winchester sont initiés à l’art de la chasse par leur père, déterminé à retrouver le démon responsable. Las de ce train de vie, Sam a préféré retourner à une vie normale, mais il est forcé de reprendre les armes lorsque son frère Dean refait irruption dans son existence. De nouveau sur la route pour lutter contre des menaces diverses, ils ne se doutent pas encore qu’ils sont au centre d’une vaste lutte entre les forces du Bien et du Mal. Un combat qui ne semble jamais se terminer…

On the road again 

Bien que bénéficiant d’une renommée modérée dans le monde des séries, souvent considérée à tort comme une série d’ados, Supernatural possède pourtant des mérites certains, l’amenant à atteindre une qualité qu’il aurait été impossible de prévoir à son commencement. S’aventurant dans un nombre de saison à deux chiffres, elle parvient malgré tout à garder un niveau très appréciable, même s’il elle n’évite pas quelques écueils propre aux séries qui durent longtemps.

Union fraternelle 

Dean, l’ainé, est désinvolte et irrévérencieux. Il a suivi son père sans hésitations, obéissant sans poser de questions. Il donne une image cool, d’homme fort, viril, ignorant la peur et draguant les jolies filles. Mais quand il souffre? il prend tout sur lui et prend bien garde à ne rien montrer, à ne surtout pas se montrer faible. C’est le grand frère et il prend très à cœur son rôle de protecteur, n’hésitant pas à donner sa propre vie pour Sam. Mais à la mort de leur père, il commence à réaliser que cette vie leur a trop coûté, qu’elle leur a demandé trop de sacrifices. Il finit par se demander ce qu’aurait pu être sa vie si les événements s’étaient déroulés autrement. Il ne veut plus être le gentil soldat obéissant de son père. Il est celui qui souffre le plus de chaque perte, où chaque disparition le renvoie à sa propre solitude.

Sam, le plus jeune, est le plus réfléchi. Contrairement à son frère, il se disputait fréquemment avec leur géniteur. Pourtant malgré leurs altercations, il était plus proche de lui que Dean : les deux tenaient plus à la vengeance qu’à préserver la famille. Il n’aimait pas cette vie, sans attaches, toujours à se déplacer, jusqu’à ce qu’il en ait marre et décide de rompre les ponts. Quand ce monde qu’il croyait avoir quitté frappe de nouveau tragiquement, il abandonne tout et se jette entièrement dans la chasse. Bien que de nature moins violente que son frère, il possède un fond sombre qui l’a amené parfois à s’approcher de très près de la ligne rouge.

Les deux frères ont vécu sur les routes, baladés de villes en villes, de classes en classes. Ils ont été éduqués à la dure par leur père. Tandis que les autres enfants apprenaient à jouer au foot, eux ont appris à tuer des monstres, affrontant ce qu’aucun enfant ne devrait affronter.

Ils ne peuvent compter que l’un sur l’autre. Le puissant lien qui les unit est à la fois leur force et leur faiblesse. Leur force car il leur permet de résister aux diverses influences qui pourraient les amener à perdre pied, de continuer le combat coûte que coûte, de toujours se relever. Et leur faiblesse car ils seraient prêt à tout sacrifier pour sauver l’autre, y compris leur propre vie, y compris pactiser avec le diable… une faiblesse que leurs ennemis connaissent bien et qu’ils exploitent. S’ils se sont plusieurs fois séparés, parvenant parfois à profiter d’un court repos, ils ont toujours finis par se retrouver, reprendre la même vie, quitte à laisser derrière les personnes rencontrées en chemin.

Deux tempéraments opposés. La force et l’intelligence. Une équipe efficace, ce qui n’empêche pas de nombreux conflits, exacerbés par leur relation entre frères.

On the road so far 

La série parvient à concocter un mélange de ton étonnant. Des épisodes peuvent se montrer très sombres, d’autres complètement décalés, et la plupart du temps les deux à la fois. Ainsi les Winchester se retrouvent à la merci d’un illusionniste farceur qui les plonge dans une télé réalité burlesque avant de se la jouer experts et sitcom  Une autre fois ils se retrouvent dans un monde parallèle où leurs aventures sont racontées dans une série et où ils rencontrent les vrais créateurs du show !  Une mise en abîme qu’affectionne bien la série. Ou bien encore lorsque Sam revit sans cesse le même jour finissant inlassablement sur la mort de Dean dans un festival d’humour noir. Dean, celui souvent victime des sorts, est devenu ainsi très peureux (on le voit crier de peur devant un chat), et on le voit même se comporter comme un chien. Des moments bien souvent hilarants pour une série pourtant bien plus sombre que les séries pour ado que vise principalement la CW.

La série jouit d’une réalisation maîtrisée, tant au niveau de l’horreur que du suspense que du jeu d’acteur. Elle bénéficie également d’un bel habillage musical, orienté rock, tel « Carry On Wayward Son » véritable symbole de la série qui revient à chaque premier et dernier épisode accompagnant des extraits des épisodes de la saison passée ou de celle qui vient de s’écouler.

Les menaces sont nombreuses et variées. Vampires, loups-garous, djins, métamorphes et autres monstres variés du folklore, démons, esprits, magie noire, malédictions, divinités en manque de sacrifices humains… avec à chaque fois des méthodes propres pour les combattre : exorcisme, sceau de protection, armes spéciales, sel pour éloigner les démons, balles d’argent pour les loups-garous, ou encore brûler les cadavres des esprits. Une variété de situations et un vaste terrain mythologique à l’origine de la longévité de la série.

Durant les deux premières saisons, les épisodes sont majoritairement indépendants, même si une mythologie se met lentement en place (retrouver leur père, connaître le plan du démon aux yeux jaunes). Dès la saison 3, la mythologie prend plus de place (combattre Lilith) pour devenir prépondérante (empêcher la venue de Lucifer, éviter l’Apocalypse). La saison 4 voit ainsi les réponses arriver, les plans du démon aux yeux jaunes, sa présence lors de cette nuit fatidique… Cette saison accueille également un élément clé de la série : les Anges. Mais ces anges là n’ont rien à voir avec de gentilles créatures divines avec une auréole sur la tête. Ce sont des guerriers insensibles et méprisants, ne montrant aucune pitié envers l’humanité,  et les dommages sont collatéraux dans leur lutte contre les démons. Initialement perçus comme des puissants alliés, ils vont dévoiler des objectifs bien moins nobles…

La saison 4 place ainsi les pièces de l’apocalypse destinée à s’accomplir. Le combat final entre le Bien et le Mal, au détriment de l’humanité, avec au milieu les deux frères, face à des rôles prédestinés qu’ils rejettent. A bout, désespérés, la souffrance des pertes subies, la culpabilité de ne pas avoir pu les sauver, celle encore plus forte d’avoir joué un rôle dans les catastrophes qui s’enchaînent, l’impression d’un combat sans fin, sans espoir, une solitude dévorante… Tout aurait pu les diviser, pourtant ils sont restés plus liés que jamais, unis dans une lutte qui semblait impossible. Une saison à laquelle on pourrait reprocher de trop se focaliser sur l’apocalypse, mais qui s’achève sur une fin cohérente et poignante et qui aurait pu tout à fait conclure la série.

Les cinq premières saisons ont été pensés à l’avance, ce qui est appréciable et ce qui manque à certaines séries. Des éléments des premières saisons se retrouvent dans les dernières, des questions trouvent leurs réponses. On apprend à mieux connaître les deux frères, leur père, les relations qui les unissent, au travers de divers histoires, comme les voyages dans le temps qui les amènent à découvrir leurs parents jeune version retour vers le futur. Ainsi, ils finissent par pardonner à leur père de leur avoir donné une éducation qui peut sembler très condamnable, car ils comprennent qu’en en agissant ainsi il leur a sauvé la vie. On a aussi une affaire impliquant une de leur rencontre passée, l’occasion de retrouver les deux frères à l’école, ou encore lorsqu’ils échouent au Paradis, où ils découvrent leur version très différente du bonheur. Malgré le nombre de personnages réduit, la série parvient à suffisamment trouver de quoi raconter.

Mais les Winchester ne sont pas non plus seuls. Ils peuvent compter sur l’aide de Bobby, un vieil ami de leur père, qui va prendre une place de plus en plus importante. Bourru, il renferme pourtant en lui la culpabilité d’avoir dû tuer sa femme, possédée par un démon, et comme tout chasseur, le fardeau d’une vie qui ne peut que se terminer douloureusement. Et aussi Castiel, l’Ange qui s’est découvert des sentiments humains et qui s’est greffé à l’équipe. Désobéissant à ses semblables, il est devenu le plus puissant allié des Winchester, même si dans ses tentatives pour restaurer l’ordre au Paradis, il a commis des actes très condamnables. Ses difficultés pour comprendre l’humanité, notamment les références culturelles de Dean, font partie des meilleurs moments comiques. Et enfin Crowley, démon cynique aux sarcasmes savoureux, propre à figurer dans les répliques cultes, qui a dû à plusieurs reprises, s’allier aux chasseurs pour lutter contre des menaces communes. Une association qui n’est pas sans créer des étincelles. Apparu tardivement, il est devenu un des personnages principaux, tant les scénaristes ont heureusement compris qu’ils n’avaient pas intérêt à l’éliminer.

Une longévité rare 

La décision de continuer au-delà de la durée prévue pouvait s’avérer discutable, tant une telle décision est bien souvent le signe du déclin, mais les créateurs s’en sont bien tirés. Ils ont prolongé la mythologie tout en la respectant, faisant de Crowley un personnage incontournable. Ils sont parvenus à se renouveler malgré le nombre de plus en plus important de saisons, une prouesse pour une série mythologique, et à conserver une fraîcheur suffisante. Malgré des dizaines d’épisodes passés à éliminer des menaces surnaturelles, les scénaristes parviennent toujours à inventer de nouvelles situations où les Winchester ont bien du mal à déterminer l’origine de la menace, et se retrouvent confrontés à des affaires bizarres même pour eux.

La saison 6 s’avère même l’une des meilleures saisons, avec plusieurs rebondissements surprenants, plusieurs intrigues liées regroupant à la fois les démons, les anges et les monstres. Certes, on ne retrouve plus cette cohérence qui s’étalait d’une saison sur l’autre. Certaines intrigues sont plus faibles que d’autres, comme les Léviathans dans la saison 7 (la saison la plus faible). Et des événements répétitifs se produisent néanmoins, Dean et Sam mourant avant de revenir à la vie (surtout Cass en fait), passant un petit séjour en Enfer ou au Purgatoire qui les aura beaucoup affectés… Ils ont une grosse dispute en début de saison avant de faire à nouveau équipe comme avant.

Les scénaristes ont pris l’habitude de régulièrement supprimer les personnages devenus récurrents, occasionnant de nouvelles épreuves aux deux frères qui se retrouvent à chaque fois seuls. Une tendance qui permet certes d’apporter de nouvelles têtes –comme la géniale geek lesbienne jouée par Felicia Day- et d’émouvoir, mais peut-être parfois un peu trop poussée. D’ailleurs, après tant d’années, les Winchester en ont tellement pris plein la tronche, ont tellement souffert, désespéré, culpabilisé, connu des repos trop éphémères, qu’on en vient à souhaiter qu’enfin ils se reposent et sauvent le monde une bonne fois pour toute.

Mais tant que la qualité se maintient, nous sommes demandeurs ! De toute façon, comme l’a dit le Prophète, « les fins sont toujours difficiles à écrire, car les fans ne sauront jamais satisfaits »

Fiche technique : Supernatural

Titre original et français : Supernatural
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Genre : fantastique, horreur, mystère, suspense, thriller
Création : Eric Kripke
Réalisation : Eric Kripke
Production : Eric Kripke
Production exécutive : McG, Robert Singer
Scenario : Sera Gamble, Eric Kripke, Ben Edlund, Andrew Dabb et Daniel Loflin, Brett Matthews, Adam Glass, Jeremy Carver, Cathryn Humphris, Raelle Tucker, John Shiban.
Musique : Carry On Wayward Son
Personnages récurrents : Jared Padalecki est Sam; Jensen Ackles estDean; Jim Beaver est Bobby; Misha Collins est Castiel; Mark Sheppard est Crowley
Société de production : Warner Bros. Television
Sociétés de distribution (télévision) : The WB (saison 1), The CW (saisons 2 à 9)

Auteur de la critique: William

From Dusk till Dawn, Saison 1 : Critique de la série

Si les cinéastes ne se sont jamais privés pour adapter sur grand écran certains des plus grands succès de la télévision, la tendance actuelle serait plutôt à l’opposé. Scorsese et Spielberg ont ainsi annoncé que leurs films Shutter Island et Minority Report auraient droit à une seconde vie sur la petite lucarne. Une bonne manière de creuser un peu plus l’univers développé dans leurs long-métrages. Robert Rodriguez avait lancé la tendance en portant son cultissime Une Nuit en enfer sur petit écran.

Objectif annoncé, explorer la mythologie et les origines du fameux Titty Twister à travers dix épisodes de cinquante minutes. Soit cinq fois la durée du film originel, à une vache près. Alors forcément, pour tenir la distance, il a fallu modifier un peu le scénario original.

De nouveaux personnages pas indispensables

Un peu comme pour le long-métrage, la série peut se diviser en deux parties. Avant et après le lap dance de Salma Hayek, remplacée ici par la jeune Eisa Gonzalez, qui ne manque pas de charme non plus. Les cinq premiers épisodes suivent scrupuleusement la trame narrative du film, racontant la cavale des frères Gecko vers le Mexique. Les personnages y sont plus fouillés, les scènes rallongées, une sous-intrigue est ajoutée, tandis que plusieurs personnages secondaires font leur apparition. Ces derniers font d’ailleurs trop souvent office de cache-misère, et ne font qu’un bref passage avant de disparaître sans explications. Si leur impact sur le scénario se fait parfois ressentir, ils sont pour la plupart loin d’être indispensables.

Après deux épisodes de transition, From Dusk Till Dawn rentre dans une seconde partie qui, dans le film, peut se résumer à un jeu de massacre d’une demi-heure environ. Du coup, pour tenir quatre épisodes, Rodriguez a choisi de s’éloigner de l’histoire d’origine pour une exploration du temple sur lequel se trouve le Titty Twister. Une bonne idée mais qui se retrouve vite gâchée lorsque la trame se divise en deux sous-intrigues : d’un côté, les frères Gecko dans une histoire alambiquée à base de mythologie mexicaine ; de l’autre la famille Fuller dont les mésaventures manquent cruellement d’intérêt, entre rebondissements téléphonés et décisions incompréhensibles. Résultat, les deux derniers épisodes gâchent un peu ce qui, jusqu’à présent, s’avérait être une bonne relecture du film.

Une série aux qualités cinématographiques

Robert Rodriguez n’a pas confié sa série à n’importe qui, et en a même réalisé quatre épisodes. Globalement on retrouve sa patte et celle de son ami Tarantino dans la mise en scène, toujours aussi pêchue et survoltée. On pouvait craindre que le passage sur petit écran ne nuise à la qualité, il n’en est rien. L’autre point de doute pour les fans concernait les répliques, qui faisaient tout le sel d’Une Nuit en Enfer. S’ils n’ont pas le mordant ou la justesse de l’originel, les dialogues sont toutefois de qualité, même si on regrettera que pas une des punchlines du film n’ait bénéficié du transfert.

Côté casting, hormis Robert Patrick, alias le T-1000 de Terminator 2, la plupart des acteurs sont inconnus voire débutants. Ils s’en tirent avec les honneurs, mention spéciale au duo Cotrona/Holtz, (même si le premier a un peu de mal à faire oublier Clooney), et à Eiza Gonzalez, sexy en diable et qui prend parfaitement la place de Salma Hayek. Au final, From Dusk Till Dawn est un excellent complément au film dont elle creuse l’univers, même si elle est loin d’être exempte de défauts. Les novices trouveront une série bien ficelée mais parfois un peu bancale, dont le virage à 180 degrés à mi-parcours risque de rebuter plus d’un. Un peu comme Une Nuit en enfer, finalement. On attendra de voir ce que les producteurs comptent faire pour la saison 2, qui a déjà été annoncée.

Synopsis:  Seth et Richie Gecko sont recherchés par le FBI et les Texas Rangers, suite à un hold-up qui a mal tourné. En route pour le Mexique, les deux frères prennent la famille d’un pasteur en otage pour traverser la frontière. La situation dégénère lorsque le petit groupe fait une halte dans un club de strip-tease fréquenté par des vampires.

Fiche technique – From Dusk till Dawn

Américain – 2014
1 saison, 10 épisodes
Horreur, action
Créée par Robert Rodriguez
Réalisateurs : Robert Rodriguez (4 épisodes), Dwight H. Little (2 épisodes), Fede Alvarez, Nick Copus, Joe Menendez, Eduardo Sanchez (1 épisode)
Casting : DJ Cotrona (Seth Gecko), Zane Holtz (Richard Gecko) Eisa Gonzalez (Santanico Pandemonium), Jessie Garcia (Ranger Gonzalez), Robert Patrick (Jacob Fuller), Madison Davenport (Kate Fuller), Brandon Soo-Hoo (Scott Fuller), Wilmer Valderrama (Carlos)
Producteur : W. Mark McNair
Production : Miramax Films

La série tirée du film culte Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez a déjà été renouvelée par El Rey Network pour une saison 2.

Auteur de la critique : Mikaël Yung

Le Talentueux Mr Ripley, un film de Anthony Minghella : Critique

Le Talentueux Mr Ripley : Un thriller psychologique travaillé mais diablement long

Le Talentueux Mr Ripley est une nouvelle adaptation du livre de Patricia Highsmith (intitulé Monsieur Ripley), quarante ans après Plein Soleil (de René Clément, avec Alain Delon), orchestrée cette fois-ci par Anthony Minghella. Ce dernier livre ici son nouveau film, juste après avoir obtenu l’oscar pour Le Patient Anglais (qui remporta neuf récompenses dont Meilleur film et Meilleur réalisateur). Et avec un trio de choc : Matt Damon, Gwyneth Paltrow et Jude Law. Autant dire que cette nouvelle adaptation avait tout pour être une seconde réussite pour ce cinéaste. Cependant, Le talentueux Mr. Ripley n’a du se contenter que de six nominations (bien que « contenter » soit un bien faible mot). Pourquoi donc ? C’est ce que nous allons voir !

Dans les années 50, un jeune homme désargenté mais ambitieux du nom de Tom Ripley (Matt Damon) attire l’attention d’un milliardaire qui lui demande alors de partir pour l’Italie afin de ramener son fils Dickie (Jude Law), dépensier et frivole. Mais une fois sur place, Ripley découvre un monde entre farniente et boîte de jazz. Et y voit la possibilité d’entrer dans cet univers qui l’a toujours fait rêver, en devenant le meilleur ami de Dickie ainsi que de sa fiancée Marge (Gwyneth Paltrow). Mais Ripley est un homme qui ne fait que vivre dans le mensonge, en s’appropriant l’identité de diverses personnes. Alors, quand Dickie et son existence deviennent pour notre héros un modèle de vie idéal, Ripley se révèle être prêt à tout pour s’octroyer cette vie de rêve. Quitte à commettre l’irréparable !

Un casting cinq étoiles (qui compte également sur la présence de Cate Blanchett, Philip Seymour Hoffman, Jack Davenport et Philip Baker Hall), un cadre de rêve avec l’Italie (Rome, Venise, la Sicile…), une bande originale qui se balance entre jazz et Beethoven en passant par Bach, une mise en scène hypnotisante qui offre de somptueux plans frôlant aussi bien le mysticisme (une statue de la Vierge surgissant de l’eau), que la psychologie de pointe (Ripley filmé pendant quelques minutes par le biais d’un miroir), et un montage grandement travaillé (une séquence de meurtre dévoilée en « voix off » alors qu’autre chose est montré à l’écran)… Autant dire que Le talentueux Mr. Ripley avait tout pour être un nouveau chef-d’œuvre d’Anthony Minghella. Même si, par moment, le film affiche un côté tape-à-l’œil qui peut en énerver certains.

Mais surtout, le réalisateur, également scénariste, a transformé son drame en véritable thriller d’une grande complexité psychologique. Ceci se reflète aussi bien du côté du scénario (de part l’ambiguïté qui entoure le personnage de Ripley, que se soit son propre passé, sa véritable identité ou bien son orientation sexuelle), que de la mise en scène (encore une fois, les merveilleux plans proposés dans ce long-métrage). Ce qui permet au Talentueux Mr Ripley d’arborer un suspense haletant et ce jusqu’à la dernière seconde. Alors pourquoi avons-nous un sentiment de déception une fois le générique de fin entamé ?

Cela se résume au fait que la durée du film fasse 2h20. Non pas qu’un temps aussi conséquent soit un défaut à proprement parler. Mais pour Le talentueux Mr Ripley, il lui est grandement fatal. On ne peut éviter de penser qu’un tel film aurait pu être plus court et bien plus efficace. En effet, avec ses 2h20 au compteur, le long-métrage d’Anthony Minghella prend excessivement son temps à raconter son histoire. À tel point qu’il nous tarde de passer au meurtre principal du livre d’origine, qui arrive ici en plein milieu du film après une exaspérante introduction qui possède bien plus des airs de carte postale qu’autre chose. Qui, en plus de cela, a bien du mal à capter notre attention. Heureusement que la seconde partie du film rattrape le tout et arrive à mettre en valeur ses grandes qualités, que nous avions bien du mal à voir lors de sa première heure.

Oui, il est regrettable que Le talentueux Mr Ripley soit aussi long à se mettre en place et se montre même parfois ennuyeux, car nous tenions sans l’ombre d’un doute, un véritable bijou du thriller psychologique. L’ensemble reste cependant de très bonne facture. Mais il faut bien admettre que devant un tel résultat, un sentiment de frustration ne peut être évité…

Synopsis : Italie, fin des années cinquante. Le jeune Dickie Greenleaf mène la dolce vita grâce à la fortune de son père, en compagnie de Marge Sherwood. Plutôt irrité par son comportement irresponsable, Herbert Greenleaf, riche armateur, demande à Tom Ripley de ramener son fils en Amérique. Tom découvre un monde éblouissant, qu’il ne soupçonnait pas, et ira jusqu’au meurtre pour conserver cette vie de rêve.

Le Talentueux Mr Ripley : Extrait

Fiche technique – Le talentueux Mr. Ripley

Le talentueux Mr. Ripley (The Talented Mr. Ripley)
États-Unis – 1999
Réalisation : Anthony Minghella
Scénario : Anthony Minghella, d’après le roman Monsieur Ripley de Patricia Higsmith
Interprétation : Matt Damon (Tom Ripley), Gwyneth Paltrow (Marge Sherwood), Jude Law (Dickie Greenleaf), Cate Blanchett (Meredith Logue), Philip Seymour Hoffman (Freddie Miles), Jack Davenport (Peter Smith-Kingsley), James Reborn (Herbert Greenleaf), Sergio Rubini (l’inspecteur Roverini)…
Date de sortie : 8 mars 2000
Durée : 2h19
Genre : Drame, thriller
Image : John Seale
Décors : Roy Walker
Costumes : Gary Jones et Ann Roth
Montage : Walter Murch
Musique : Gabriel Yared
Productions : Miramax Films et Paramount Pictures
Distributeur : Miramax Films