The Ryan Initiative : Critique cinéma

The Ryan Initiative : Un Techno-thriller sans couleurs

Jack Ryan est un personnage créé par l’écrivain Tom Clancy en 1984, un analyste de la CIA utilisé à 13 reprises dans divers romans du même auteur. Ce cinquième film articulé autour du personnage de Jack Ryan a été déjà interprété par Alec Baldwin dans le thriller géopolitique de John McTiernan « À la poursuite d’Octobre Rouge », Harrison Ford dans les films « Jeux de guerre » ou encore « Danger immédiat » et dans le film La somme de toutes les peurs avec Ben Affleck.

Contrairement aux quatre autres films précédents, le long-métrage de Kenneth Branagh est aussi le premier qui ne s’inspire pas de l’un des douze romans, commandé par le studio Paramount Pictures, ce reboot a été écrit par Adam Cozad et co-signé par le scénariste-star David Koepp (Jurassic Park, L’Impasse, Men in Black 3 …).

Réalisé par l’acteur-réalisateur britannique Kenneth Brannagh starifié depuis Thor en 2011, The Ryan Initiative n’est pas une bonne initiative. Même si les scénaristes ont su redonner un coup de jeune au personnage, en élaborant un contexte post 11 septembre où la menace vient de la manipulation des marchés financiers, il n’en reste pas moins que ce film est une déception, le scénario pêche sur plusieurs points, la relation entre Jack Ryan et le spectateur est inexistante rendant les personnages peu attachants, même la relation entre le couple que forment Jack Ryan et Cathy Ryan incarné par Keira Knightley semble factice. Quant à Kevin Costner dans le rôle du mentor, il assure malgré un personnage peu inconsistant et assez peu développé.

Un film sans émotion, dépourvu de tension, de suspens, il ne surprend guère le spectateur, et l’interprétation du célèbre Jack Ryan par Chris Pine, que l’on a pu voir dans la nouvelle saga Star Trek dans le rôle du capitaine Kirk ne rehausse pas le niveau. Il manque totalement de charisme, en fait le personnage est désincarné, superficiel, un très pâle ersatz d’Ethan Hunt ou Jason Bourne.

Par contre, l’interprétation du rôle du méchant, Viktor Cheverin, par le britannique shakespearien Kenneth Branagh est plus intéressante, le personnage est maîtrisé et son accent russe plutôt réussit.

Même si l’intrigue se veut moderne, elle ne fait que revisiter les derniers films du même genre sans atteindre toutefois le niveau de ses prédécesseurs. Des références aux films comme la trilogie Jason Bourne avec la poursuite à moto, James Bond/Casino Royale avec la bataille à mains nus dans une salle de bain, ou encore Mission impossible dans la mythique scène du piratage avec Tom Cruise suspendu.

Des influences copiées jusque dans la musique sans les égaler, même si The Ryan Initiative, (Jack Ryan : Shadow Recruit en version originale) n’est qu’un techno-film d’espionnage banal, les amateurs du genre trouveront sans aucun doute leur compte dans ce film d’action.

Synopsis : Ancien Marine, Jack Ryan est un brillant analyste financier. Thomas Harper le recrute au sein de la CIA pour enquêter sur une organisation financière terroriste. Cachant la nature de cette première mission à sa fiancée, Jack Ryan part à Moscou pour rencontrer l’homme d’affaires qu’il soupçonne d’être à la tête du complot. Sur place, trahi et livré à lui-même, Ryan réalise qu’il ne peut plus faire confiance à personne. Pas même à ses proches.

Fiche Technique : The Ryan Initiative

Titre original : Jack Ryan: Shadow Recruit

Réalisateur : Kenneth Branagh
Casting : Chris Pine (Jack Ryan), Kevin Costner (Harper), Keira Knightley (Cathy), Kenneth Branagh (Viktor Cheverin), Colm Feore (Rob), Nonso Anozie (Embee)…
Genre : Action, Espionnage, Thriller
Directeur de la photographie : Haris Zambarloukos
Montage : Martin Walsh
Décors : Andrew Laws et Judy Farr
Costumes : Jill Taylor
Date de naissance : 2013
Sortie en salle : 29 janvier 2014
Nationalité : USA
Durée du film : 1h46
Budget : 80 millions $

 

Festival

Cannes 2026 : Quelques jours à Nagi, ce que le bois retient

Présenté à Cannes 2026, Quelques jours à Nagi est un drame sensible où Kōji Fukada explore l’art, le deuil et la reconstruction dans un Japon rural suspendu.

Cannes 2026 : In Waves, quand les émotions déferlent

Après le merveilleux "Planètes" de la précédente édition, la Semaine de la Critique cannoise propose en ouverture un nouveau film d'animation, "In Waves". Une splendide histoire d'amour et d'amitié au creux des vagues qui déferlent sur nous par salves d'émotions. Grâce à son animation sublime et à son traitement sensible de la perte et du deuil, "In Waves" compose une œuvre à la fois lumineuse et mélancolique. Une magnifique ode au cinéma et à la mer.

Cannes 2026 : La Vénus électrique, l’amour sous tension

Chaque année, le Festival de Cannes rallume la même flamme, celle qui fait croire que le cinéma peut tout, même ressusciter les morts. Cette année, c'est Pierre Salvadori qui s'en charge, avec une comédie romanesque où un peintre endeuillé, une foraine espiègle et un galeriste ambitieux vont démontrer, à leur corps défendant, que le mensonge est parfois le chemin le plus court vers la vérité. "La Vénus électrique" ouvre le bal.

Festival de Cannes 2026 : la Croisette déroule le tapis

Il y a quelque chose d'inaltérable dans l'air du...

Newsletter

À ne pas manquer

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.