Promised Land d’Eugene Jarecki mêle avec génie la vie d’Elvis Presley et le portrait d’une Amérique en pleine crise identitaire.
Synopsis : Au volant de la Rolls Royce de 1963 d’Elvis Presley, PROMISED LAND nous entraîne dans une balade musicale sur les routes américaines, durant la campagne électorale de 2016, pour essayer de comprendre comment un garçon issu d’une petite ville s’est perdu en chemin puis est devenu le King tandis que son pays, qui fut une démocratie, est devenu Empire.
Quelle folle ambition ! A travers une traversée des États-Unis à bord de la Rolls-Royce ayant appartenu au King en 1963, Eugene Jarecki dresse autant le portrait nuancé de la légende du rock’n’roll que celle de son pays en pleine incertitude à l’approche des dernières élections présidentielles américaines. Il faut dire que le documentariste a eu une inspiration bien sentie lorsqu’il a pris conscience que l’histoire d’Elvis était considérablement liée à celle de son pays. Plus encore, il y a vu la parfaite métaphore de l’ascension et de la chute du chanteur et anticipe les doutes et craintes de ses concitoyens sur son pays. Il ne s’agit de rien d’autre que de la mort du rêve américain. Promised Land exploite avec brio les témoignages de célébrités ou d’inconnus, justes et sincères, partisans et opposés, réfléchis et impulsifs. Tous ces échanges débordent de réflexion, d’humour, de conviction, de passion et de détresse. Promised Land semble ainsi universel en tout point tant il partage les points de vue de tous horizons et les met en parallèle avec le portrait de la plus grande idole des États-Unis et de l’empire dans lequel il évolue. Mais derrière le personnage au sourire ravageur et dansant « comme un noir« , il y avait le mal-être de l’homme en pleine crise existentielle. A une époque où le pays est en pleine explosion économique et capitaliste, Elvis Presley perce dans le milieu de l’industrie musicale et deviendra une figure inséparable de l’image des États-Unis à travers le monde. Il reniera ainsi toute opinion et personnalité au détriment du devoir son pays et de l’argent que celui-ci lui donne.
C’est dans la première partie du film que le parcours du chanteur est le plus fidèlement détaillé et discuté à travers différents témoignages, notamment ceux pour qui il n’a jamais rien signifié. Promised Land prend un virage radical à mi-parcours dès lors qu’il croise véritablement les premiers éléments de la réussite d’Elvis en parallèle du libéralisme prégnant des États-Unis. Car la vitalité personnelle et artistique du chanteur sera détournée par le cocktail destructeur du pouvoir et de l’argent, à l’instar des États-Unis qui ont vu leur propre santé sapée par un capitalisme impitoyable et le détournement du bien commun au profit d’intérêts privés. Le documentaire n’oublie pas de rappeler que cette « terre promise » a été bâtie sur les fondements du colonialisme, de l’esclavagisme, de l’apartheid et de l’argent, celui-là même qui participera à la mort soudaine d’Elvis. Derrière des milliers d’heures de rushs captées, Eugene Jarecki en a gardé le meilleur pour construire un récit qui évoque le passé, le présent, la politique et la culture de la figure d’Elvis Presley au sein de la première puissance mondiale que le documentariste juge comme étant devenu un empire. Un travail titanesque qui fait de Promised Land un très grand documentaire et déjà un incontournable de cette année. Nul doute qu’il continue sa route jusqu’aux prochains Oscars.
[SÉANCES SPÉCIALES] Promised Land
Un film de Eugene Jarecki
Avec Eugene Jarecki, Ethan Hawke, Ashton Kutcher
Distributeur : The Jokers / Les Bookmakers
Durée : 1h57
Genre : Documentaire
Date de sortie : Prochainement
États-Unis – 2017
Promised Land : Bande-annonce
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Jean-Stéphane Sauvaire n’est pas un novice des univers violents et radicaux. Fort d’une expérience d’assistant réalisateur au milieu des années 1990 jusqu’en 2010, on doit au cinéaste français le film Johny Mad Dog, récit brutal d’enfants soldats africains qu’il avait lui-même écrit et co-produit, avec Matthieu Kassovitz, et qui avait obtenu le Prix de l’Espoir en 2008 à Un Certain Regard. Avec A Prayer Before Dawn, il revient à la réalisation neuf ans après son dernier long métrage. Sans doute attiré par les univers bestiaux où la violence est une nécessité pour survivre, il pose cette fois-ci sa caméra dans une prison thaïlandaise et y raconte la véritable histoire de Billy Moore, un boxeur condamné pour consommation de drogues qui sera prêt à tout pour survivre dans cet environnement hostile et primitif.







Qu’a t-il pris à Kornél Mundruczó de partir d’un contexte sociétal aussi grave que le sort des immigrés en Hongrie pour bâtir un conte fantastique aussi dénué de sens que ce Jupiter’s Moon ? Sans doute a t-il cru malin de placer une allégorie christique dans un cadre tel que son personnage principal pourrait apparaitre comme un guide spirituel… sauf que non. La chose qui ressort de ce personnage, dénué de tout charisme messianique, qui se met, sans véritable raison, à défier les lois de la gravité est finalement d’être une victime de plus dans un système oppressant. Alors quoi? Donner comme message qu’il vaut mieux être un demi-dieu pour avoir sa place en Europe? Si c’est le cas, son discours est tout simplement détestable. A moins qu’il n’ait fait que se trouver un prétexte bateau pour épater la galerie avec quelques effets spéciaux désuets. Alors c’est sa proposition de cinéma qui est détestable. Dans les deux cas, il est difficile de soutenir son long-métrage et tout ce qu’il implique.
