Masters of Sex : Musique, Bande Originale

Masters of Sex – Bande-Originale

« What the world needs now is love, sweet love
It’s the only thing that there’s just too little of.. »

A l’occasion de la dernière saison de Masters of Sex, diffusée dimanche 27 septembre à 22h sur Showtime, CSM revient sur l’univers musical de la série « culte ». Ne cédons pas nous-même au cliché, reconstituer une époque passe nécessairement par un travail quasi-fidèle sur les ambiances sonores et musicales, mais la série de Michelle Ashford se détache progressivement de la restitution pour tendre vers une certaine forme de contemporanéité, relativement efficace. Nous ne pouvons faire l’impasse sur le « choc » du dernier épisode qui cède au stéréotype sur une chanson « sad indie » trop conventionnelle pour étonner. Mais ce glissement est présent dès le pilote. En ouvrant sur une chanson jazz lente, Helen Ward – You brought a new kind of love to me et une soirée d’ouverture à l’université St Louis de Washington, et en concluant sur Ólafur Arnalds (Broadchurch) feat. Arnor Dan – For Now I Am Winter et la proposition de Bill à Virginia, sa nouvelle secrétaire, d’être les propres cobayes de leur nouvelle expérience, Master of Sex balance entre un certain désir d’historiciser, coller aux années 50 et une empathie romanesque manipulée à coup de lyrisme sad indie ou néoclassique ambiant bien pensé. Sans compter sur le talent de Dominik Hauser, compositeur multimédia et chef d’orchestre, de formation jazz, à qui l’on doit le thème de la série : entre percussions et accordéon sur métaphores érotiques (pour en savoir plus sur le générique réalisé par le même studio que celui qui a créé True DetectiveElastic, nous vous conseillons de poursuivre la lecture ici). Si l’identité de la série tient donc de cette ambivalence musicale, entre ambiance bal musette, salon jazz et folk indé aérienne, c’est parce qu’en effet un clivage s’opère durant ces Trentes Glorieuses. Un clivage de mentalité qui s’exprime également sur la bande son. Imaginez passer des Chordettes (Barbershop music a capella) à Curtis Mayfield (souljazz funk) sans passer par Mamas & the Papas (folk rock sunshine pop) sur 36 épisodes – aucuns des trois malheureusement ne figurent à la bande son -, la transition est brutale, nous le concédons, mais la facture musicale n’est pas assez précise et c’est le point faible de cette troisième saison. La rédaction s’avancerait même à dire de la série toute entière. D’après les recherches effectuées pour cet article, CSM s’est rendu compte que les musiques sélectionnées tenaient plus de l’ordre de l’impression que d’une véritable rhétorique. D’une, car il vous sera impossible de vous procurer la soundtrack entière des trois saisons et de deux, car l’évolution scénaristique correspond difficilement, si ce n’est pas, aux choix musicaux, procurant ainsi une sensation étrange d’aléatoire, mais très agréable.

Voici un résumé succinct des chansons entendues au cours des trois saisons :

Saison 1

Pilote) You Brought a New Kind of Love to Me – Helen Ward (reprise d’Ella Fitzgerald) : Début de l’épisode sur la soirée/cérémonie organisée à l’université St Louis

Hound Dog – Elvis Presley : Libby est au salon à regarder la performance d’Elvis est retransmise à la télévision lorsque Bill entre.

For Now I Am Winter – Ólafur Arnalds feat. Arnor Dan : Bill annonce à Virginia les expériences à venir. Génériques de fin

Episode 02) Piano Theme de Retrograde – James Blake : Virginia lit une bande dessiné à son fils. Bill l’observe de l’extérieur.

03) Chances Are – Johnny Mathis : Scène de fin. Bill informe Virginia que l’étude reprendra dans l’hôpital, puis Libby célèbre sa grossesse avec du champagne en se réjouissant de sa journée.

04) Sway – Dean Martin : Tout le monde danse à la réception organisée par les Masters

06) My Funny Valentine – Ella Fitzgerald : Chanson émise dans la chambre d’hôtel de Libby lorsque Morris entre avec une bouteille de liqueur. Ils dansent.

07) Love Me Tender – Elvis Presley : Début de l’épisode

08) Love and Marriage – Dinah Shore : Vivian chante dans la cuisine d’Ethan

10) A Mushroom Cloud – Sammy Salvo : Génériques de fin

11) You Don’t Know Me – Lizzy Caplan : Dans la cabine d’enregistrement

Numéro – Titre – Réalisation – Ecriture – Date de diffusion – Audiences (en million)

01 – Pilot – John Madden – Michelle Ashford – 29/09/2013 – 1.00
02 – Race to Space – Michael Dinner – Michelle Ashford – 06/10/2013 – 1.09
03 – Standard Deviation – Lawrence Trilling – Sam Shaw – 13/10/2013 – 1.04
04 – Thank You for Coming – Jennifer Getzinger – Amy Lippman – 20/10/2013 – 1.01
05 – Catherine – Michael Apted – Sam Shaw & Michelle Ashford – 27/10/2013 – 1.01
06 – Brave New World – Adam Davidson – Lyn Greene & Richard Levine – 03/11/2013 – 0.93
07 – All Together Now – Tim Fywell – Tyler Bensinger – 10/11/2013 – 1.10
08 – Love and Marriage – Michael Apted – d’après une histoire de : Tyler Bensinger, Adapté à l’écran par : Michael Cunningham – 17/11/2013 – 1.05
09 – Involuntary – Jennifer Getzinger – Noelle Valdivia – 24/11/2013 – 1.13
10 – Fallout – Lesli Linka Glatter – Sam Shaw – 01/12/2013 – 1.08
11 – Phallic Victories – Phil Abraham – Amy Lippman – 08/12/2013 – 1.23
12 – Manhigh – Michael Dinner – Michelle Ashford – 15/12/2013 – 1.21

Saison 2

01) Bye Bye Love by The Everly Brothers : Bill lance le tourne disque sur les cris du bébé

Will You Still Love Me Tomorrow – The Shirelles : Essie, la mère de Bill, débarque à la réception pour s’entretenir avec son fils, tandis que Lester les filme à distance.

02) Let’s Do It (Let’s Fall In Love) – Ella Fitzgerald, Buddy Bregman & Buddy Bregman Orchestra : Austin invite Virginia à sa petite fête dans son bureau.

07) Catch a Falling Star – Perry Como : Betty arrive dans le bureau avec Don in Toe

The Twist – Chubby Checker : Lester filme à l’anniversaire du petit Johnny Masters

11) Theme from « A Summer Place » – Percy Faith and His Orchestra : Libby et Robert conduisent et changent la station de radio

Numéro – Titre – Réalisation – Ecriture – Date de diffusion – Audiences (en million)

01 – Parallax – Michael Apted – Michelle Ashford – 13/07/2014 – 0.825
02 – Kyrie Eleison – Michael Apted – David Flebotte – 20/07/2014 – 0.716
03 – Fight – Michael Apted – Amy Lippman – 27/07/2014 – 0.837
04 – Dirty Jobs – Michael Engler – Steven Levenson – 03/08/2014 – 0.706
05 – Giants  – Jeremy Webb – Bathsheba Doran – 10/08/2014 – 0.971
06 – Blackbird – Keith Gordon – Eileen Myers – 17/08/2014 – 0.793
07 – Asterion – Michael Dinner – David Flebotte & Michelle – 24/08/2014 – 0.840
08 – Mirror, Mirror – Michael Apted – Steven Levenson – 31/08/2014 – 0.726
09 – Story of My Life – Jeremy Webb – Amy Lippman – 07/09/2014 – 0.760
10 – Below the Belt – Adam Arkin – Bathsheba Doran & Eileen Myers – 14/09/2014 – 0.804
11 – One for the Money, Two for the Show – Adam Bernstein – Amy Lippman – 21/09/2014 – 0.714
12 – The Revolution Will Not Be Televised – Adam Arkin – Michelle Ashford – 28/09/2014 – 0.889

https://www.youtube.com/watch?v=BQHU3hB0oEw

Saison 3

01) You belong to me – Patsy Cline : Générique de fin

03) What the World Needs Now Is Love – Dionne Warwick : Bill et Virginia au lit avec le bébé Lisa, générique de fin

06) At the Zoo – Simon & Garfunkel : Bill regarde son nouveau patient, un gorille, générique de fin

08) Just Like a Woman – Bob Dylan : Austin aide Betty et Helen à avoir un enfant ; Bill trouve Nora en train d’étudier dans la salle « d’opération » ; Dan et Virginia rentre de Las Vegas ; Bill apporte à Virginia de la soupe. Cette dernière ment à Dan sur la présence de Bill derrière la porte ; générique de fin.

11) Les yeux ouverts – Sylvie Vartan : Au restaurant français, après le repas mouvementé.

12) Holland – Novo Amor : Scène finale. Bill arrête le taxi. Virginia monte dans l’avion avec Dan. Bill seul.

Numéro – Titre – Réalisation – Ecriture – Date de diffusion – Audiences (en million)

01 – Parliament of Owls – Jeremy Webb – Michelle Ashford – 12/07/2015 – 0.583
02 – Three’s a Crowd – Dean Parisot – Amy Lippman – 19/07/2015 – 0.535
03 – The Excitement of Release – Miguel Sapochnik – Steven Levenson – 26/07/2015 – 0.509
04 – Undue Influence – Christopher Manley – Gina Fattore – 02/08/2015 – 0.585
05 – Matters of Gravity – Adam Arkin – Esta Spalding – 09/08/2015 – 0.552
06 – Two Scents – Michael Weaver – David Flebotte – 16/08/2015 – 0.734
07 – Monkey Business – Adam Arkin – Michelle Ashford & David Flebotte – 23/08/2015 – 0.643
08 – Surrogates – Matt Earl Beesley – Steven Levenson – 30/08/2015 – 0.688
09 – High Anxiety – Dan Attias – Jonathan Igla – 06/09/2015 – 0.562
10 – Through a Glass, Darkly – Jeremy Webb – Steven Levenson & Esta Spalding – 13/09/2015 – 0.601
11 – Party of Four – Susanna White – Amy Lippman – 20/09/2015 – 0.548
12 – Full Ten Count – Michael Apted – Michelle Ashford – 27/09/2015 – 0.605

En conclusion

Masters of sex propose de très jolis moments sonores, oscillant entre slow jazz (notamment You don’t know me interprété par Lizzy Caplan elle-même) et ondulations piano (qui conclue la plupart des épisodes dont le 2ème season finale). Ces discrètes, mais réussies apartés musicales enrobent l’histoire de ces deux scientifiques, d’un voile pudique tenant à la fois de l’ordre de l’interdit et du plaisir coupable. Le plaisir coupable s’efface au fur et à mesure de cette fin de troisième saison, étirée sur un arc narratif peu original qui ennuie plus que de raison. Il n’y a qu’à retrouver le même schéma évoqué en introduction pour se rendre compte de l’inchangé. Le season premiere se conclue sur You Belong To Me de Patsy Cline et le season finale sur Holland de Novo Amor. Deux sublimes atmosphères romantiques, teintées de mélancolie. Le jazz devient indé folk et toujours cette même sensation maussade au creux de nos tympans qui ne nous a pas quitté depuis trois saisons, malgré quelques entrains un peu plus folk rock, mais qui n’échappe malheureusement à plusieurs stéréotypes insistants, non moins agréables : Ella Fitzgerald, Elvis Presley, Dean Martin, Dinah Shore et The Shirelles… La liste ne sera pas beaucoup plus longue. Pouvons-nous craindre une dernière quatrième saison si Masters of Sex ne sort pas des sentiers déjà trop battus ? Les audiences décroissantes donneraient-elles raison à cette appréhension ?

L’élégance de cette série n’est plus à contredire. La rédaction allait vous laisser avec Lizzy Caplan enregistrant pour Showtime une version arrangée de What The World Needs Now de Jackie DeShannon. (La reprise ne comprend pas « Is Love ». Peut-être pour ne pas céder à la sempiternelle et dégoulinante naïveté véhiculée dans les années 60 ? D’autant plus qu’il est difficilement question d’amour, car la réciprocité n’est jamais stable dans le show de Michelle Ashford) Mais la vidéo a été retirée de Youtube à cause de copyright ! Tristesse. Maigre consolation, la rédaction vous laisse l’originale.

https://www.youtube.com/watch?v=AgeIdl36aEI

En attendant de lire la critique de la troisième saison, CSM vous conseille de revenir sur les deux premières.

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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