Mozart in the jungle, saison 1 : Critique Série

Dans le monde des séries musicale, Mozart in the jungle fait figure d’ovni.

Synopsis: Rodrigo, jeune prodige trentenaire, rejoint le prestigieux orchestre de New York suite au départ du maître vieillissant dont l’ego n’a cessé de croître avec l’âge. Ce dernier voit sa mise à l’écart comme une injustice envers son talent et son dévouement. Parmi les nouveaux musiciens, Hailey, hautboïste, réalise ce qui se cache en coulisses…

Variations et fugues

Prenant à contre pieds la tendance actuelle post-glee qui lorgne plutôt vers la pop commerciale pour s’assurer des recettes en amonts (via les ventes de disques), les créateurs Roman Coppola, Paul Weitz et Jason Shwartzman préfèrent revenir aux fondamentaux : la musique classique. Face à ce choix risqué, la phrase « la musique classique est déficitaire depuis 200 ans, ça n’a jamais été une bonne affaire » prononcée par Malcolm McDowell résonne automatiquement comme une amusante mise en perspective de l’aspect casse-gueule de l’entreprise.

Librement inspirée de l’autobiographie de l’hautboïste Blair Tindall (Mozart in the Jungle : Sex, drugs, and classical music), la série suit la vie des membres de l’orchestre philharmonique de New York, entre concerts, répétitions et arrondissement de fin de mois. Au travers de ses nombreux personnages, on découvre ce monde méconnu au service d’un héritage musical qui tend à disparaître car il rapporte peu. Si les scénaristes cèdent parfois au romantisme, notamment avec le personnage de Rodrigo le fougueux chef d’orchestre (Gaël Garcia Bernal), les interactions des personnages sonnent toujours juste et tous ont une partition psychologique écrite avec une précision qui fait plaisir à voir. Du vieux maestro poussé à la retraite au percussionniste dealer de drogue, Mozart… fait défiler énormément de figures diverses et offre un portrait imparfait mais assez juste de cet univers assez mal considéré. Tout ce beau monde se croise dans un univers teinté d’une douce fantaisie, jamais trop vulgaire, trop niais ou trop larmoyant. Un dosage subtile qui donne à la série l’image de la vie même…rythmée par les moments de galères, les instant magiques et les plaisir simple du monde.

Mozart in the jungle ne cesse de surprendre à la fois pas ses choix scénaristiques particuliers (avec quelques passages oniriques), son casting hétéroclite (Malcolm McDowell, Jason Shwartzman…) et son identité musicale qui oscille entre grands classiques (Mozart, Beethoven…) et autres pièces plus confidentielle (Sibelius, Malher…). Les auteurs n’hésitant pas à sortir du cadre de la simple salle de concert, en montrant toujours avec humour le système B auquel les musiciens doivent se plier pour arrondir leurs fin de mois. Spectacles idiots de Broadway (Oeudipe la comédie musicale), cours de musique pour les fils à maman et enregistrement de musiques de films, sont finalement le lot quotidiens de ces artistes que l’on a trop souvent tendance à confondre avec leurs instruments. « Il faut toujours être un peu masochiste pour jouer du hautbois » dit le personnage d’Haylee…on pourrait en dire de même pour tout les musiciens tant le travail abattu n’apporte que très peu de reconnaissance.

Ce petit bijou d’humour détonne dans l’univers formaté des sitcom et autres séries musicale en rendant finalement hommage à ces musiciens trop souvent dans l’ombre des autres artistes. La saison s’enfile d’une traite (merci Amazon) et on en ressort le sourire jusqu’aux oreilles, avec une furieuses envie de réécouter ses classiques.

Mozart in the Jungle : Fiche Technique

Pays : États-Unis
Date : 2014
Créateurs : Alex Timber, Paul Weitz, Roman Coppola, Jason Shwartzman
Castings : Gael Garcia Bernal, Malcolm McDowell, Lola Kirke, Saffron Burrows, Bernadette Peters…
Épisodes : 10
Production : Amazon Studio

 

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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