Avec "Gibier", Abel Ferry tente le retour au cinéma de genre nerveux. Si le point de départ intrigue, le film s’embourbe vite dans une mise en scène confuse, un rythme mal maîtrisé et des personnages peu incarnés. Faute de tension et de cohérence, ce survival finit par perdre son impact et lasse plus qu’il ne secoue.
"Dead Lover", deuxième long-métrage de Grace Glowicki, mêle théâtre, grotesque et satire pour revisiter le monstre romantique à la Frankenstein. Entre humour absurde et body horror, le film explore un amour désespéré qui refuse le deuil, transformant la mort en une farce tragi-comique. Avec une esthétique bricolée et un jeu d’acteurs multirôles, Glowicki offre une réflexion sincère sur l’amour transgressif et monstrueux.
Premier long-métrage mexicain en stop motion, "Je suis Frankelda" mêle esthétique gothique, narration poétique et réflexion sur la liberté créative. Porté par les frères Ambriz et soutenu par Guillermo del Toro, ce conte hanté explore les pouvoirs de l’imaginaire à travers une autrice en quête de sens. Une œuvre visuellement éblouissante, entre horreur libératrice et hommage au cinéma d’animation artisanal.
"Girl America" de Viktor Tauš est un film sensoriel et bouleversant inspiré d’une histoire vraie. À travers le destin d’une orpheline tchèque marquée par l’abandon, l’oppression et la toxicomanie, il explore la mémoire fragmentée, la résistance intime et la quête d’une liberté intérieure. Un biopic onirique, viscéral et audacieux, entre réalisme cru et envolées poétiques.
"Hold the Fort" est une série B fauchée mais attachante qui rend hommage au cinéma d’horreur artisanal. Entre satire sociale, humour potache et monstres déchaînés, William Bagley signe un film sincère mais inégal, porté par l'énergie d'un collectif de potes. Un chaos assumé, parfois bancal, qui séduit autant qu’il frustre.
Dans "Flush", Grégory Morin nous plonge dans un huis clos complètement dingue où un cocaïnomane se retrouve littéralement coincé, la tête dans des toilettes crasseuses. Avec son humour noir bien corrosif et ses touches de body horror, ce premier film balance entre absurdité et tension, offrant une expérience choc et mémorable du cinéma de genre français.
Œuvre satirique et provocante, la trilogie "Intolérance" de Phil Mulloy confronte l’humanité à son rejet viscéral de l’altérité. À travers une animation grotesque et crue, Mulloy dénonce la peur, la haine et la paranoïa qui nourrissent l’intolérance. Une fresque noire présentée en hommage à l’Étrange Festival 2025, deux mois après sa disparition.
En ouverture de l’Étrange Festival 2025, "The Forbidden City" de Gabriele Mainetti propose un mélange audacieux de kung-fu, drame familial et romance. Entre Rome et la Chine, le film impressionne par sa mise en scène énergique et son humanité, confirmant le talent du cinéaste pour un cinéma de genre singulier et ambitieux.
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.