Séries Mania 2018 – Compétition Officielle : Mystery Road

Présentée en compétition officielle, la série Mystery Road, produite par David Jowsey et Greer Simpkin, est un spin-off du film du même nom (et sa suite Goldstone) réalisé par Ivan Sen. Une sorte de True Detective dans l’outback australien, qui marque surtout par sa photographie sublime.

Mystery Road : Welcome to the Outback

Une série australienne de David Jowsey et Greer Simpkin, avec Aaron Pedersen et Judy Davis

Synopsis: Avec l’aide de l’inspectrice Emma James, l’inspecteur Jay Swan est chargé d’enquêter sur la mystérieuse disparition de deux jeunes hommes dans une ferme du désert australien. Mais à mesure que l’enquête avance, des mystères irrésolus du passé refont surface, bouleversant le calme de la communauté locale.

Sorte de Clint Eastwood de l’outback, Jay Swan (Aaron Pedersen) est un détective mutique et solitaire, envoyé en renfort dans une petite ville reculée du désert australien. Malgré son instinct qui ne le trompe jamais, la collaboration avec la cheffe de la police locale (Judy Davis), ne se fait pas sans accroc. Alors que lui préfère foncer dans le tas et n’hésite pas à poser les questions qui fâchent, sa coéquipière de fortune préfère une démarche plus empathique et subtile, car elle est une figure locale importante dans cette petite ville où tout le monde se connaît. Rapidement, l’enquête les amène à révéler les secrets les plus dérangeants de cette communauté apparemment sans histoire.

Voulu par ses créateurs comme un « outback noir » (sorte de film noir typiquement australien se déroulant dans l’outback), Mystery Road propose tout ce que l’on peut attendre de ce genre de série : des flics avec un lourd passé, des secrets cachés derrière les portes, des sous-intrigues glauques, et une enquête qui piétine. L’enquête suit son cours comme dans tout néo-noir qui se respecte, et l’on comprend très vite que la disparition de deux jeunes gens risque bien de se rattacher à une réalité beaucoup plus large. Quelques éléments comiques tentent de détendre l’atmosphère, mais nous ne somme clairement pas venus en Australie pour rigoler. La seule différence viendra du paysage, qui donne à l’ensemble une texture aride.

Ce dernier point a son importance, car Mystery Road est peut être la première série vue durant ce festival qui témoigne d’un vrai travail de photographie. Impossible de le nier, certains plans sont d’un beauté renversante et montrent un vrai savoir-faire technique, tout en ajoutant une touche d’étrangeté dans cet univers. Là où, pour d’autres séries, nous ressentions l’aspect « étiré » de l’image, afin de remplir la totalité de l’écran, ici nous avons vraiment l’impression d’être devant un film pensé pour le cinéma. Les paysages sont sublimes et ressortent dans toute leur grandeur. Pour une fois, on ne se sent pas floué quand les créateurs nous promettent un voyage en Australie. Le dépaysement est total, et l’on ressent le gigantisme de cette partie du pays qui fait « la moitié de la taille de l’Europe » (selon le producteur).

Mystery Road est donc surtout un voyage dans les terres désolées de ce « mini-continent ». Car au delà des ces (très) belles images, l’intrigue passionne peu et l’interprétation n’est pas toujours parfaite, particulièrement le héros qui force un peu trop le côté bourru (ce qui semble étonnant pour un acteur qui reprend le rôle pour la troisième fois). Selon les créateurs, l’objectif était de jouer avec les éléments du western et du film noir. Pour l’instant nous restons dans les sentiers du genre et sur notre faim. Mais comme d’habitude, il reste encore des épisodes à découvrir, et donc encore plus de paysages. Peut être que le voyage en vaudra la peine.

La réalisatrice Rachel Perkins et le scénariste Michaeley O’Brian (à droite) présentant la série.

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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