"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
Présenté à la Quinzaine des cinéastes, "Dangerous Animals" de Sean Byrne revisite le slasher avec une héroïne forte et une critique acérée de la masculinité toxique.
Avec "Eddington", Ari Aster signe un cauchemar politique glaçant, disséquant une société post-pandémie rongée par la peur, la violence et la désinformation.
Mais qui est donc Johan Otto von Spreckelsen, cet architecte danois dont presque personne ne connaît le nom ? Comment un tel artiste a-t-il pu tomber complètement dans l’oubli ? Dans "L’Inconnu de la Grande Arche", Stéphane Demoustier fournit des éléments de réponse en nous plongeant dans la construction d’un monument emblématique de Paris, entre 1983 et 1987. Le drame traite avec intelligence des liens de dépendance étroits entre création artistique et pouvoirs publics. Il rend aussi un bel hommage au travail d’un homme, à l’œuvre d’une vie.
Après "La Nuit du 12", présenté à Cannes Première et récompensé par 6 césars en 2023, Dominik Moll foule à nouveau le tapis rouge avec "Dossier 137". Un film d'enquête passionnant qui s'insère, contrairement à son prédécesseur, dans un contexte de crise politique. Il nous plonge dans le fonctionnement de l'IGPN en questionnant notre rapport à la police, ainsi que dans le tiraillement, plus intime, entre esprit de corps et désir de justice. Une œuvre brillante d'une actualité brûlante.
Entre introspection, humour et tendresse, "Laurent dans le vent" explore la fragilité d’un jeune homme en quête de sens, naviguant d’une rencontre à l’autre sans direction précise. Le trio de cinéastes – composé d’Anton Balekdjian, de Léo Couture et de Mattéo Eustachon – poursuit ici son exploration de personnages à la dérive, à travers une mise en scène minimaliste qui privilégie les silences aux éclats.
Christopher McQuarrie, réalisateur et coscénariste de la saga depuis "Rogue Nation", a choisi de découper l’histoire de "Dead Reckoning" en deux parties afin de lui donner plus d’ampleur et d’émotions. Ce parti pris risqué n’a pas vraiment réussi au premier film, inutilement étiré en longueur. D’ailleurs, le titre de "Dead Reckoning partie 2" a été révisé afin de minimiser la référence au premier volet. Après la mort expéditive d’Ilsa Faust, nous avions laissé Ethan Hunt en possession d’une mystérieuse clé capable de maîtriser le code source de l’Entité, une intelligence artificielle émancipée, située au cœur d’un sous-marin russe englouti. Malgré une séquence sous-marine tendue et spectaculaire, "The Final Reckoning" ne parvient pas à se dépêtrer de l’intrigue linéaire, il faut le dire peu palpitante, amorcée par la première partie.
Dans "L’Intérêt d’Adam", Laura Wandel explore avec intensité le tumulte d’un service pédiatrique, entre drames familiaux et tensions médicales. Présenté à la Semaine de la Critique 2025, ce huis clos hospitalier interroge la protection de l’enfance et l’humanité des soignants.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »