"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
"The Ugly", de Yeon Sang-Ho, plonge dans un thriller psychologique intimiste où la marginalisation et le jugement social s’entrelacent. Adapté de son roman graphique, le film explore le destin tragique d’une femme stigmatisée pour son visage, mêlant suspense, drame familial et réflexion sur la laideur et les apparences.
"Hi-Five", la comédie d’action coréenne de Kang Hyeong-chul, mêle humour, pouvoirs extraordinaires et satire sociale. Cinq individus ordinaires découvrent des dons inattendus, mais le film oscille entre farce et naïveté, offrant un divertissement sympathique mais inégal.
"My Missing Aunt" est un documentaire bouleversant dans lequel Yang Juyeon ravive la mémoire de sa tante disparue. Par l’enquête, l’animation et la parole retrouvée, la réalisatrice transforme la douleur en un acte de résistance féministe et fait de la mémoire un espace de réconciliation et de lumière.
Premier film de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, "On vous croit" plonge le spectateur au cœur d’une affaire judiciaire bouleversante. Porté par la performance saisissante de Myriem Akheddiou, ce drame minimaliste explore avec justesse la violence domestique et l’injustice institutionnelle, entre réalisme cru et émotion déchirante.
Présenté au festival d’Annecy, "The Square" de Kim Bo-sol explore à Pyongyang une romance interdite sous surveillance. Ce long-métrage animé mêle intimité et huis clos politique, révélant la fragilité humaine, la solitude et l’espoir au cœur d’une ville froide et oppressante, où chaque geste devient un acte de résistance et chaque émotion un trésor fragile.
"Home Behind Bars", de Cha Jeong-yoon, offre un regard féminin et profondément humain sur la vie derrière les barreaux. À travers la maternité, la résilience et la solidarité, le film explore les gestes quotidiens et les micro-événements qui préservent l’humanité dans un univers clos, loin de la violence et des clichés du genre carcéral.
Dans "The Land of the Morning Calm", Park Ri-woong explore l’errance, le deuil et le déracinement à travers Yeong-guk, vieux pêcheur au passé trouble, et Yeong-ran, épouse vietnamienne confrontée à l’exclusion. Entre village côtier brumeux et bureaucratie froide, le film dessine un portrait intimiste et politique d’une Corée à la fois humaine et implacable.
"The Burglars", premier long-métrage de Kim Tae-hwi, suit la rencontre de deux vieillards solitaires sur les routes rurales de Corée. Entre gestes quotidiens et silences contemplatifs, le film transforme la solitude en poésie, explorant tendresse, errance et rédemption dans un road-movie intimiste, doux-amer et profondément humain.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »