FIFAM 2024 : Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, en présence de l’actrice du film

Samedi 16 novembre, salle comble pour Vampire humaniste cherche suicidaire consentant au FIFAM 2024 en présence de l’actrice Sara Montpetit. L’occasion d’explorer la sélection consacrée aux vampires du cinéma, versant humour et empathie

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Rencontre avec Sara Montpetit.
Photo Chloé Margueritte

Synopsis : Sasha est une jeune vampire avec un grave problème : elle est trop humaniste pour mordre ! Lorsque ses parents, exaspérés, décident de lui couper les vivres, sa survie est menacée. Heureusement pour elle, Sasha fait la rencontre de Paul, un adolescent solitaire aux comportements suicidaires qui consent à lui offrir sa vie. Ce qui devait être un échange de bons procédés se transforme alors en épopée nocturne durant laquelle les deux nouveaux amis chercheront à réaliser les dernières volontés de Paul avant le lever du soleil.

À l’origine de la rencontre entre Paul, humain suicidaire, et Sasha, vampire humaniste (oui oui!), il y a un manque cruel d’alchimie. C’est en tout cas ce que raconte Sara Montpetit au public du fifam. « Quand je suis sortie du casting, j’étais limite en larmes, je n’avais rien compris au jeu de mon partenaire, mes répliques en réponse aux siennes tombaient toutes à côté« . Pourtant, c’est ce duo que la réalisatrice Ariane Louis-Seize va choisir à l’écran. Il fallait que Paul et Sasha ne soient pas immédiatement attirés l’un par l’autre mais bien que leur rencontre soit une nécessité pour les deux. Sasha parce qu’elle ne veut pas tuer et Paul parce qu’il veut mourir. En réalité, Sasha veut boire du sang – question de survie – mais sans avoir à tuer pour ça et Paul ne veut pas vraiment mourir, il veut ne plus être la cible des autres humains. « On peut projeter ce qu’on veut à propos de cette relation. Ariane imaginait qu’ils allaient partir en coloc après le film…J’aime que l’on ne décrive pas trop ce qu’ils ont comme relation mais qu’on sent qu’il se passe quelque chose ». Tout se joue notamment dans une scène de danse, face caméra, autour d’un vinyle. À la fois proches et totalement dans leurs mondes, Sasha et Paul finissent tout de même par communiquer, du moins entrer en résonance.

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant n’est pas seulement un film drôle, sincère et rafraîchissant, c’est aussi une belle utopie à deux. « Ce personnage veut respecter au plus profond Ses valeurs, mais n’arrive pas à le faire dans le monde dans lequel elle évolue. Puis, elle trouve une personne un peu semblable et à deux ils créent le monde dans lequel ils veulent vivre. C’est quelque chose qui m’a énormément parlé et touchée ». Tout le film joue du décalage entre Sasha et le monde qui l’entoure, dès la scène d’ouverture, une de ses fêtes d’anniversaire. La voilà mélomane et sensible quand elle devrait simplement être sanguinaire.

« Il y a quelques scènes qu’on a bien répétées parce que si pour certains films on n’a pas besoin de répéter et que justement l’improvisation peut être très intéressante, pour celui-là je pense qu’il était nécessaire de maîtriser certaines scènes parce qu’il y a vraiment un timing comique« . À ce jeu-là les acteurs sont tous formidables, Sara Montpetit en tête, qu’on avait déjà pu découvrir dans Falcon Lake (le premier long de Charlotte Lebon) et qu’on pourra prochainement retrouver aux côtés de Monia Chokri (le tournage vient de s’achever). Le film travaille tellement cette veine comique, on pense notamment au récit d’une scène coupée fait par Sara Montpetit où il était question d’un repas entre les vampires et la mère de Paul qui partageaient du sang et un plat de pâtes. Quoi de plus incongru?

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant doit aussi beaucoup à sa BO et à sa mise en scène très stylisée, perdue entre des époques indéfinies. Le film n’a pas à rougir de références récentes telles que Under the skin et Only lovers left alive.

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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