Festival de Cannes 2022 : Three Thousand Years of Longing de George Miller

Nombreuses sont les œuvres majeures du septième art qui racontent des histoires plus belles les unes que les autres. Three Thousand Years of Longing est une de celles-ci. George Miller donne dans un sentimental enchanté et plein de lumière.

Depuis des millénaires, les contes nourrissent l’imaginaire des petits et des grands. Source de merveilles et d’aventures, il est rare qu’une personne n’ait pas été bercée par l’un d’entre eux.

Il était une fois…

Il est clair que George Miller s’amuse dans son éclectisme cinématographique. Entre film d’animation, sorcières charmées par le diable, ou action movie post-apocalyptique, son travail est accessible à tous types de cinéphiles.
C’est avec Three Thousand Years of Longing que le réalisateur revient sur les écrans de Cannes, bien décidé à raconter sa propre version du conte fantastique.

Ouvrez vos cœurs, Monsieur Miller va s’en emparer.

Synopsis : Alithea Binnie est une Britannique solitaire et amère. En voyage à Istanbul, elle découvre une ancienne bouteille. Il en sort un Djinn qui lui offre trois vœux. Apathique et sans désir d’aimer ou d’être aimée, cette femme demeure incapable d’imaginer un seul vœu. Leur conversation, dans une chambre d’hôtel, va avoir des conséquences auxquelles personne ne s’attendait.

On a beau se répéter que notre vie est satisfaisante, que nous n’avons besoin de personne, que seul l’amour que nous nous portons suffit, quand bien même, l’amour est toujours le souhait le plus recherché. Habituée à voyager afin de nourrir une imagination pleine de culture, Alithea s’engage dans les rues d’Istanbul à la recherche d’un souvenir, une pièce en verre, imparfaite et hypnotique, sans savoir qu’un grand voyage sonne à sa porte.

Le réalisateur confesse l’idée qu’il se fait d’une fable pleine de magie, des grands de ce monde, et de la puissance de la volonté. Quand ce Djinn, beau et mystérieux raconte ses histoires passées à base d’amour, de trahisons et de secrets, le personnage joué par Tilda Swinton tombe irrévocablement amoureuse des sacrifices qu’un homme est capable de faire pour l’amour d’une femme. Elle qui affectionnait sa vie de solitaire, se voit quémandée d’être aussi aimée que ses sœurs. De là, des portes s’ouvrent, des âmes s’embrassent, et la poussière de fée enveloppe leurs entrailles d’une passion aussi fortifiée que destructrice pour ce génie en quête de liberté.

Couleurs en mosaïque

Les codes ont beau être primaires, la beauté vaporeuse que Miller apporte à l’ensemble de son œuvre défie toutes les critiques. Par une esthétique semblable à des peintures ou par des récits enchanteurs, nous sommes bercés par l’histoire aux douces chimères d’une femme qui apprend à vivre, à aimer, à se libérer quand elle ne se contentait que d’étudier.

Un message fort pour un amoureux de la vie qui rappelle au monde entier que l’espoir que nous apportent les contes ne s’éteint jamais et que notre capacité à y croire nous permet de goûter à la vie, plutôt que de la subir. Le genre de film que le cinéma d’aujourd’hui peut être fier d’avoir à son arc, une œuvre digne de conquérir la Palme d’or, même dans sa catégorie. 

Le film est présenté en Sélection officielle, hors-compétition, lors du Festival de Cannes 2022.

Three Thousand Years of Longing – Bande annonce :

Three Thousand Years of Longing – Fiche technique :

  • Titre original : Three Thousand Years of Longing
  • Titre français : Trois mille ans à t’attendre
  • Réalisation : George Miller
  • Scénario : George Miller et Augusta Gore, d’après la nouvelle The Djinn in the Nightingale’s Eye d’A. S. Byatt
  • Musique : Junkie XL
  • Direction artistique : Nicholas Dare
  • Décors : Roger Ford
  • Costumes : Kym Barrett
  • Photographie : John Seale
  • Production : George Miller et Doug Mitchell
  • Sociétés de production : Metro Goldwyn Mayer, FilmNation Entertainment, Kennedy Miller Mitchell, CAA Media Finance et Elevate Production Finance
  • Pays de production : États-Unis Australie
  • Format : couleur
  • Genre : romance, fantastique, film épique, drame
  • Durée : 108 minutes
  • Sortie : 24 août 2022

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.

Good Luck, Have Fun, Don’t Die : autopsie d’une humanité sous perfusion numérique

Gore Verbinski convoque voyages dans le temps, IA malveillante et équipe de bras cassés pour radiographier notre addiction au numérique. "Good Luck, Have Fun, Don't Die" est un film généreux et inventif, hanté par l'ombre des Daniels, et qui bute, comme nous tous, sur l'incapacité à vraiment se déconnecter.

Juste une illusion : Ce qu’on croyait déjà vivre

Avec "Juste une illusion", Toledano et Nakache replongent dans les années 80 pour raconter l’éveil amoureux de Vincent, 13 ans, au cœur d’une famille juive et arabe haute en couleur. Entre les disputes des parents, les maladresses du grand frère et les premiers élans du jeune adolescent, le film explore avec humour et tendresse ce moment fragile où l’on croit déjà comprendre la vie. Porté par une mise en scène vibrante, une direction d’acteurs impeccable et une reconstitution délicieusement vintage, le récit mêle questionnements intimes, enjeux sociaux et nostalgie lumineuse. Une comédie dramatique généreuse, où chaque émotion sonne juste et où l’on se reconnaît, quel que soit notre âge.
Charlotte Quenardel
Charlotte Quenardelhttps://www.lemagducine.fr/
Mordue de ciné depuis mes jeunes années, allant de The Thing à Moulin Rouge, Lost Highway ou encore To Have and Have Not, je m'investis à nourrir cet hétéroclisme cinématographique en espérant qu'il me nourrisse à son tour. Et peut-être qu'en passant, je peux en happer un ou deux sur ma route. Après tout, comme disait Godard : “Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout.”

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.