Clermont-Ferrand 2016: Compétition Internationale

Festival Clermont 2015, les coups de cœur de la Rédaction leMagduCiné

C’est à présent le moment de vous délivrer nos 10 coups de cœur de cette 28è compétition internationale des courts-métrages du Festival International du Court Métrage à Clermont-Ferrand 2016 qui, avec 79 films en compétition, nous aura fait voyager à travers les 5 continents, dans des styles et genres cinématographiques des plus variés. Une sélection riche et de qualité globalement, et qui a révélé de véritables bijous cinématographiques. En voici quelques-uns:

[COMPETITION INTERNATIONALE]

10) dark_net, Tom Marshall (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 12’31

Synopsis: dans ses questionnements, Alan frappe toujours à la mauvaise porte. Mais cette fois-ci, il a trouvé une réponse… sur internet, sous la forme d’un assassin dangereux et super entraîné. Mais on n’entre pas impunément dans le « dark_net ».

Tom Marshall puise dans le « dark net », où l’on ne trouve pas que de la pornographie, un scénario bien construit, et plein d’humour. Dans un bar, Allan ce anti héros éconduit, un peu looser, un peu cocu, révèle à son pote le plan de sa vengeance contre son rival, un plan pas très régulier… Les dialogues sont savoureux, la réalisation des plus maîtrisées. Jouissif!

https://vimeo.com/151131067

9) Sexy Laundry, Izabela Plucinska (Allemagne, Canada, Pologne, 2015), Animation, 12’00

Synopsis: cinquante nuances de pâte à modeler… pour les vieux.

En français, on pourrait traduire, « sexe pour blasés », tout un programme! Comment ranimer la flamme après vingt-cinq ans de vie commune? Cette question universelle devrait en intéresser plus d’uns. La comédie érotique d’Izabela Plucinska, entièrement réalisée avec de la pâte à modeler, une prouesse technique, pénètre dans l’intimité d’Alice et Henri, un couple de quinquagénaires usé par la routine. Heureusement, ces derniers, malgré quelques atermoiements, débordent d’imagination pour rallumer la flamme! Dialogues intimes et sans tabou, humour ravageur, font de ce film une animation thérapeutique et absolument décomplexante! Sexy Laundry mériterait le prix de l’animation la plus originale.

8) Die Badewanne, Tim Ellrich (Autriche, Allemagne, 2015), Fiction, 12’58

Synopsis: trois frères tentent de faire revivre la magie de l’enfance grâce à une vieille photo de famille.

Die Badewanne pourrait servir d’illustration parfaite lors d’un cours magistral à la grande école des scénaristes ou du théâtre: unité de lieu, unité d’action, unité de temps, les règles de la narration classique sont ici respectées à la lettre. Oui, on peut trouver dans une simple photo d’enfance, la source d’une bonne histoire de cinéma, ici une histoire familiale, de fraternité. La réalisation maîtrisée de Tim Ellrich, qui se déroule dans le huit-clos d’une salle de bain, et même d’une baignoire pourrait-on dire, brille par l’originalité du sujet et procure un rire garanti.

7) Ihr Sohn, Katharina Woll (Allemagne, 2015), Fiction, 23’00

Synopsis: Gregor est musicien, et c’est un doux rêveur. La vie lui sourit, du moins tant qu’il n’a pas de comptes à rendre à sa mère, directrice d’une prestigieuse galerie d’art. Voilà bien longtemps qu’il a abandonné l’espoir d’être pour elle autre chose qu’un fils raté.

ihr-sohn-.katharina-woll

Ihr Sohn (Son Fils) de Katharina Woll est un film sensible: une mère peu compatissante voulant ou croyant tout contrôler, un fils cherchant désespérément sa reconnaissance. Ce film est sublimé par l’interprétation brillante de ses acteurs, Marie-Lou Sellem, et Sebastian Urzendowsky. Délicat et très touchant.

6) 2037, Enric Pardo (Espagne, 2015), Fiction, 12’00

Synopsis: Marc travaille pour une entreprise qui vend des voyages dans le temps. C’est un employé modèle, mais un jour, il décide d’enfreindre le règlement et d’utiliser la machine à voyager dans le temps à des fins personnelles.

Ah, il est certain que la comédie espagnole a de l’avenir! 2037 de Enric Pardo est une belle révélation, son humour irrésistible à la Almodovar dans un esprit futuriste, ses références explicites à Star Wars, son rythme diablement efficace et son scénario solide, ont font une véritable réussite.

5) Amal, Aïda Senna (Maroc, 2015), Fiction, 15’00

Synopsis: Amal rêve de devenir médecin. Lorsqu’elle se fait violer, son avenir risque d’être compromis. Afin de poursuivre ses études, elle garde ce lourd silence en elle. Son meilleur ami, Hicham, lui annonce une nouvelle qui dévoilera son lourd secret. Arrivera-t-elle à sauver les apparences ?

Partons à présent au Maroc, profitons des vapeurs réparatrices du hammam! Dans Amal, Aïda Senna aborde dans de front un sujet difficile, celui du déni de grossesse, suite à un viol. L’enfant de Amal, mère célibataire risque d’être considéré comme un bâtard. Avec Hicham, qui porte également en lui un lourd secret, ils vont former un couple socialement mixte, pour se sauver mutuellement et peut-être construire un autre avenir. La photographie de ce film est magnifique, les images et les séquences d’une puissance exceptionnelle.

4) El Hueco, Germán Tejada, Daniel Martin Rodriguez (Pérou, 2015), Fiction, 14’00

Synopsis: Robert a mis de l’argent de côté pour acheter l’emplacement qui jouxte la tombe de sa femme. Mais au cours de la transaction, il apprend que la place a été vendue à un autre. Sa jalousie et son désir de passer l’éternité avec Yenni vont le pousser dans ses derniers retranchements.

Germán Tejada réussit ici une prouesse avec El Hueco (Le trou), celle de faire un film très drôle à partir d’un sujet qui ne l’est pas du tout. Ce film raconte les péripéties de Robert qui souhaite acquérir la tombe à côté de celle de sa femme et qui découvre que celle-ci a déjà été achetée par quelqu’un d’autre. S’ensuit alors une quête rocambolesque pour parvenir à récupérer cette tombe et pouvoir ainsi passer l’éternité à côté de sa dulcinée.

3) Madam Black, Ivan Barge (Nouvelle-Zélande, 2015), Fiction, 11’19

Synopsis: un photographe écrase le chat d’une petite fille. Il va devoir inventer toute une histoire pour expliquer sa disparition.

Vous aimez les chats? Alors, il est certain que vous succomberez au charme de Madam Black! Sauf si vous êtes superstitieux et que vous avez peur des chats noirs ou empaillés, mais cela est une autre histoire… Le court métrage de 11 minutes d’Ivan Barge fut acclamé par le public à Clermont-Ferrand. Ce film efficace, drôle et touchant, raconte l’histoire d’un photographe qui écrase la chatte d’une petite fille. Il va inventer une histoire à l’animal digne du celle du nain dans Amélie Poulain, afin de justifier de la disparition de Madame Black.

https://vimeo.com/128092320

2) Den Tha Gerasoume Pote, Spiros Charalambous (Grèce, 2014), Fiction, 21’26

Synopsis: le dernier soir du mois d’août, Nikos fait l’amour pour la première fois. Avec le mois de septembre, c’est une nouvelle vie qui commence pour Maria.

Quelle poésie! La sensualité grecque touche ici la grâce même. Den Tha Gerasoume Pote (Jeunes pour toujours) de Spiros Charalambous doit essentiellement sa beauté à l’interprétation de ses acteurs: Kostas Nikouli, joue le rôle d’un jeune homme macho étant sur le point de connaître sa première expérience sexuelle. Vana Pefani a la chance de livrer l’une de ses meilleures performances cinématographiques de sa carrière. Un court-métrage plein de vérités, et de rêveries, explorant avec brio le thème de la perte de l’innocence. Une musique et des chants sublimes, et une dernière danse d’adieu inoubliable.

1) Las Cosas simples (Les choses simples), Alvaro Anguita (Chili, 2015), Fiction, 26’00

Synopsis: Penélope est fonctionnaire, elle vit avec sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Un jour, elle rencontre Ulises, un vieil homme indigent qui a perdu la mémoire et ses papiers. Elle arrive à le convaincre qu’il est son père et qu’il doit rentrer à la maison pour s’occuper de sa femme.

Du grand cinéma! Pour son premier film, le réalisateur chilien Alvaro Anguita, se sert avec finesse du rire et des quiproquos pour évoquer un sujet grave, celui de la maladie d’Alzheimer. Un tableau plein de tendresse, celui d’une jeune femme désespérée et luttant comme elle peut, face à la dégénérescence inéluctable de sa mère. L’amour filial est ici sublimé, Alvaro Anguita un nom à retenir!

 

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.

Digger : satire à balles réelles !

Dans un Hollywood asphyxié par l'absence de prise de risques et l'uniformisation, quel bonheur de pouvoir compter sur une oeuvre telle que "Digger", qui, si elle n'évite pas certains écueils, se révèle être de la trempe de ces films qui osent, qui bousculent, sans ménager le spectacle et le dépaysement attendu de ce genre de productions. Une œuvre qui va diviser, mais qui a le mérite d’exister. Rien que pour cela, l'effort mérite d'être salué.

Doraemon et le Château sous-marin : un cœur sous la carrosserie

"Doraemon et le Château sous-marin" plonge le chat-robot bleu et sa bande dans les abysses, entre camping aquatique, mythes de Mu et de l'Atlantide et peuple des profondeurs. Remake d'un classique de 1983, le film sonde l'âme des machines avec Buggy, véhicule au grand cœur. Une aventure tendre et sage.

Les Roches rouges : L’art de l’enfance

Dans Les Roches rouges, Bruno Dumont filme les jeux et les amours de l’enfance avec le sérieux qu’ils méritent, sans en atténuer le ridicule ni la violence. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’innocence a ses abîmes, et les gestes les plus simples viennent révéler ce que nos vies d’adultes s’emploient à recouvrir.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.