Cannes 2019 : Palmarès, cérémonie de clôture et dernière séance avec Hors Normes

Avec un brin de nostalgie et des souvenirs aussi humains qu’artistiques, le 72ème Festival de Cannes s’est achevé ce samedi 25 mai avec un palmarès plutôt décevant.

Après 10 jours de débats intenses et de pronostics, c’est la soirée tant attendue qui met fin à toutes les rumeurs et qui rassure ou achève les festivaliers et cinéphiles suivant de près cet évènement. Le verdict du palmarès. Edouard Baer revient alors sur la scène du Grand Théâtre Lumière pour livrer l’une de ses pires prestations comiques en terme d’animation. Les minutes sont longues et les blagues lourdes n’amusent que lui, et nombreux sont les français qui se sentiront un peu honteux devant un tel carnage. Après avoir fait défiler les grands noms du cinéma sur scène pour remettre les prix avec le Président du Jury Alejandro Gonzalez Inarritu, le palmarès de cette 72ème édition a été rendu.

Palmarès Festival de Cannes 2019 :

Palme d’or : Parasite du Sud-coréen Bong Joon-ho
Grand prix du jury : Atlantique de la Franco-sénégalaise Mati Diop.
Prix du jury : Les Misérables de Ladj Ly et Bacurau du Brésilien Kleber Mendonça Filho
Prix d’interprétation masculine : Antonio Banderas, dans le film Douleur et Gloire de l’Espagnol Pedro Almodóvar
Prix de la mise en scène : les Belges Luc et Jean-Pierre Dardenne pour le film Le Jeune Ahmed
Prix du scénario : Portrait de la jeune fille en feu de la Française Céline Sciamma
Prix de l’interprétation féminine : Emily Beecham , dans le film Little Joe de Jessica Hausner.
Mention spéciale pour It Must Be Heaven d’Elia Suleiman
Prix de la Caméra d’or : Nuestras madres de César Diaz
Palme d’Or du court-métrage : La distance entre le ciel et nous de Vasilis Kekatos
Mention spéciale à Monstruo Dios de Agustina San Martín.

Un palmarès qui ne reflète clairement pas la grande compétition qui était proposée cette année. Devant la cérémonie, les soupirs de déception se font nombreux. Jusqu’au dernier moment où le réalisateur fait enfin un plan sur Bong Joon-Ho, la salle croyait alors qu’un film très mineur emporterait la Palme d’Or. Finalement, l’honneur est sauf, et la palme amplement méritée pour ce film loufoque et très réussi. Il n’est pas le seul à la mériter, la présence de Les Misérables étant aussi respectable à cette hauteur dans les récompenses. Mais quelques incompréhensions subsistent, Atlantique en Grand Prix, les Dardenne en mise en scène face à un Terrence Malick qui renverse pourtant tout en terme de mise en scène. Céline Sciamma repart avec le Prix du scénario alors que c’était l’aspect le moins brillant de son œuvre et que ses actrices auraient au moins mérité un Prix d’interprétation qui faisait clairement l’unanimité dans la tête des festivaliers. En bref, malgré la grande joie pour Bong Jonn-Ho et quelques autres noms (Banderas salué), la déception reste présente face à ce palmarès, mais cela est habituel sur la Croisette.

La dernière séance : Hors Normes, d’Eric Toledano et Olivier Nakache

C’est avec les honneurs que se clôture ce Festival de Cannes 2019. Hors Normes met un point final à ce 72ème festival, avec humilité et sincérité en mettant en scène un sujet difficile : l’autisme. Le film nous fait suivre le parcours de Bruno et Malick qui sont à la tête de deux associations qui s’occupent de jeunes autistes. Dans le même temps, ils essayent d’aider des jeunes de quartiers difficiles et de les insérer dans le monde du travail. Grâce à son casting qui met le cœur à l’ouvrage sans jamais jouer la carte du larmoyant – parfaits Vincent Cassel et Reda Kateb – et avec une écriture qui arrive à faire vivre un film choral avec harmonie, Hors Normes surprend par sa justesse, son non-voyeurisme, et sa capacité à nous happer par ses moments suspendus. Alors qu’on les connaissait avant tout pour leurs comédies et leur capacité à faire rire aux éclats, les deux cinéastes délaissent leur dynamique comique – même si les touches d’humour sont toujours présentes – et s’introduisent avec générosité dans le film social. Sur la question de la réinsertion, de la prise en charge, du système qui laisse ces enfants sur le bas côté de la route, de la difficulté de faire partie intégrante d’un groupe, Hors Normes répond avec réalisme mais aussi avec un vrai sens du romanesque. Certes, le film aurait pu éviter quelques fautes d’écriture, ou l’apparition de ces quelques moments amoureux qui font parfois office de remplissage, mais il n’oublie jamais sa vocation première, celle de faire vivre un quotidien et de rendre hommage à ces oubliés que sont ces enfants qui ne demandent qu’à s’exprimer.

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